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Title: Grammaire, cours moyen

Date of first publication: 1911

Author: Claude Augé

Date first posted: Nov. 7, 2018

Date last updated: Nov. 7, 2018

Faded Page eBook #20181112

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GRAMMAIRE

COURS  MOYEN

PAR

CLAUDE AUGÉ

Règles.—Exceptions.—Remarques.—Syntaxe.

Exemples.Questionnaires.

Analyse du mot, de la proposition, de la phrase.

Synonymes.Antonymes.Homonymes.

Dérivation.Périphrases.Proverbes.Locutions.

Comparaisons.Symboles, etc.

800 Exercices.—150 Dictées ou Poésies.

Élocution.—230 Sujets de Rédaction.

LIVRE  DE  L’ÉLÈVE

Illustré de 240 gravures

Conforme à la nouvelle nomenclature grammaticale.

 

 

LIBRAIRIE  LAROUSSE,  PARIS  (6e)

13 À 21, RUE MONTPARNASSE, ET BOULEVARD RASPAIL, 114

Succursale: 58, rue des Écoles (Sorbonne)


Tous droits réservés


LE COURS DE GRAMMAIRE

CLAUDE AUGÉ

comprend quatre livres:

Grammaire enfantine (cours préparatoire et cours élémentaire 1re année). 160 exercices, 100 dictées, historiettes, fables et poésies, 80 rédactions d’après l’image, 100 gravures. Livre de l’élève et Livre du maître.

Grammaire, cours élémentaire (cours élémentaire et cours moyen 1re année). 600 exercices, 220 lectures, dictées ou poésies, 120 rédactions d’après l’image, 180 gravures. Livre de l’élève et Livre du maître.

Grammaire, cours moyen (cours moyen et cours supérieur 1re année). 800 exercices, 380 dictées et rédactions, 240 gravures. Livre de l’élève et Livre du maître.

Grammaire, cours supérieur (cours supérieur et cours complémentaire). Théorie grammaticale complète, notions de grammaire historique, abrégé de littérature. 1200 exercices, 220 gravures. Livre de l’élève et Livre du maître.



NOTIONS PRÉLIMINAIRES

⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓

Idée.

On nomme idée la représentation, l’image de quelque chose dans l’esprit.

Quand on dit: soldat, patrie, aussitôt se peignent dans l’esprit:

1º Un homme vêtu d’un uniforme, porteur de certaines armes, etc.

2º La terre où l’on est né, où l’on a sa famille, sa maison, etc.

Langage.—Langue.

On appelle langage tout moyen d’exprimer nos idées.

On peut exprimer ses idées:

1º Au moyen des signes: c’est le langage d’action;

2º Au moyen de la parole: c’est le langage parlé;

3º Au moyen de l’écriture: c’est le langage écrit.

Une langue est le procédé particulier par lequel un peuple exprime ses idées par la parole ou par l’écriture.

Les langues mortes sont celles qu’on ne parle plus, comme le latin, le grec ancien.

Les langues vivantes sont celles qu’on parle actuellement, comme le français, l’anglais, l’allemand, l’italien, l’espagnol, le russe, etc.

Grammaire.

Chaque langue a ses règles spéciales, qui enseignent à la parler et à l’écrire correctement. L’ensemble de ces règles forme la Grammaire.

La Grammaire nous enseigne à parler et à écrire sans faire de fautes.

Mots.—Lettres.

Pour parler et pour écrire, on se sert de mots.

Les mots expriment, représentent nos idées.

Il y a deux sortes de mots: les mots parlés et les mots écrits.

Les mots parlés sont formés de sons et d’articulations.

Les mots écrits sont formés de lettres.

Les lettres sont les signes des sons et des articulations.

Questionnaire: Qu’appelle-t-on idée?—Qu’appelle-t-on langue?—De quelles différentes manières peut-on exprimer ses idées?—Qu’est-ce qu’une langue?—Qu’appelle-t-on langues mortes?—Qu’appelle-t-on langues vivantes?—Que nous enseigne la Grammaire?—De quoi se sert-on pour parler et pour écrire?—Qu’expriment ou que représentent les mots?—Combien y a-t-il de sortes de mots!—Que sont les lettres?

Alphabet.

On appelle alphabet la réunion de toutes les lettres d’une langue. L’alphabet français se compose de vingt-six lettres, qui sont:

a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s,

t, u, v, w, x, y, z.

Ces vingt-six lettres se divisent en voyelles et en consonnes.

Voyelles.

Les voyelles représentent les sons. Ce sont des lettres qui ont par elles-mêmes un son, une voix.

Il y a six voyelles, qui sont:

a, e, i, o, u, y[1].

Les voyelles sont longues ou brèves:

Les voyelles longues sont celles que l’on prolonge en les prononçant, et les voyelles brèves sont celles que l’on prononce rapidement. Ainsi:

a est long dans pâte et bref dans patte.

e est long dans tête et bref dans trompette.

i est long dans gîte et bref dans petite.

o est long dans rose et bref dans botte.

u est long dans flûte et bref dans chute.

REMARQUES SUR LES VOYELLES.

e.—Il y a trois sortes d’e:

L’e muet, ainsi appelé parce qu’il ne se prononce pas, comme dans soierie, ou parce qu’il se prononce faiblement, comme dans monde.

L’e fermé, ainsi appelé parce qu’il se prononce la bouche presque fermée, comme dans bonté, cocher, assez.

L’e ouvert, ainsi appelé parce qu’il se prononce la bouche presque grande ouverte, comme dans succès, regret, pelle.

⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓

y.—L’y s’emploie pour un i ou pour deux i:

L’y, non précédé d’une voyelle, se prononce comme un i: yeux, jury, analyse.

Après une voyelle, l’y se prononce comme deux i: pays, paysan (prononcez pai-is, pai-i-san).

Nota.—Néanmoins, dans quelques mots comme Bayard, Bayonne, La Haye, Biscaye, Mayence, Hendaye, Blaye, La Fayette, Cayenne, bayadère, cipaye, mayonnaise, bruyère, l’y, quoique précédé d’une voyelle, a le son d’un i simple.

Questionnaire: Qu’appelle-t-on alphabet?—De combien de lettres se compose l’alphabet français?—Nommez les lettres de l’alphabet.—Comment se divisent ces lettres?—Que représentent les voyelles?—Qu’appelle-t-on voyelles?—Combien y a-t-il de voyelles? Nommez-les.—Qu’appelle-t-on voyelles longues?—Qu’appelle-t-on voyelles brèves?—Combien y a-t-il de sortes d’e?—Pourquoi les appelle-t-on e muet, e fermé, e ouvert?—Quand l’y s’emploie-t-il pour un i? Pour deux i?—Citez quelques exceptions.

Consonnes.

Les consonnes sont les lettres qui représentent les articulations; elles ne peuvent former un son qu’avec le secours des voyelles.

Il y a vingt consonnes, qui sont:

b, c, d, f, g, h, j, k, l, m, n, p, q, r, s, t, v, w, x, z.

Certains groupes de consonnes représentant une seule articulation sont dits consonnes composées: ch, gn, ph, th, ill, qu, gu.

REMARQUES SUR LES CONSONNES.

h.—La consonne h est muette ou aspirée:

Elle est muette quand on ne l’entend pas dans la prononciation: l’homme, l’histoire.

Elle est aspirée quand elle fait prononcer du gosier la voyelle suivante: le héros, le hameau.

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s.—La lettre s, placée entre deux voyelles, a le son de z: rose, vase.

⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓

w.—Le double v (w) a été emprunté à l’anglais et à l’allemand. Il se prononce ou dans les mots d’origine anglaise: whist, Washington, Wight.

Il se prononce v dans les mots d’origine allemande: Wagram, Weser, Wagner.

Diphtongue.

Une diphtongue est la réunion de deux sons que l’on entend très distinctement et successivement, bien qu’ils n’exigent qu’une seule émission de voix.—Voici quelques diphtongues:

ia: diamant.oe: moelle.iai: biais.iou: pioupiou.
ie: pied.oi: emploi.iau: matériaux.oua: ouate.
io: violon.ui: tuile.ieu: pieu.oui: louis, etc.

Syllabe.

On appelle syllabe une ou plusieurs lettres qui se prononcent d’une seule émission de voix.

Les mots se composent d’une ou de plusieurs syllabes. On les appelle:

Monosyllabes, quand ils n’ont qu’une syllabe: , bon, Pau.

Dissyllabes, quand ils en ont deux: Pa..ris, Fran..ce, che..val.

Trisyllabes, quand ils en ont trois: é..co..le, cha..ri..té, vé..ri..té.

Polysyllabes, quand ils en ont plusieurs, quel qu’en soit le nombre: peu..pla..de, che..ve..lu..re, per..pen..di..cu..lai..re.

Questionnaire: Qu’appelle-t-on consonnes? Nommez-les.—Qu’appelle-t-on consonnes composées? Citez-en.—Quand la lettre h est-elle muette? aspirée?—Quelle remarque faites-vous sur l’s placé entre deux voyelles?—Quand le double v se prononce-t-il v? Quand se prononce-t-il ou?—Qu’est-ce qu’une diphtongue?—Qu’appelle-t-on syllabe?—Comment nomme-t-on les mots d’une syllabe? de deux? de trois? de plusieurs?

Voir l’orthographe d’usage, page 241, et les Signes de Ponctuation, page 243.

Signes orthographiques.

Les signes orthographiques sont: les accents, l’apostrophe, le tréma, la cédille et le trait d’union.

Accents.—Il y a trois sortes d’accents:

L’accent aigu (´) se met sur la plupart des e fermés: bonté, vérité, charité.

L’accent aigu ne se met pas sur l’e fermé des syllabes er, ez: cocher, nez.

L’accent grave (`) se met sur les e ouverts: mère, père, dès (préposition).

Il se met aussi sur l’u dans (adverbe ou pronom) et sur certains a: à (préposition), (adverbe), holà, déjà, voilà, deçà, delà, etc.

On ne met pas d’accent quand l’e ouvert précède un x ou quand il est suivi de deux consonnes: examen, pelle, reste, messe, effort.

L’accent circonflexe (ˆ) se met généralement sur les voyelles longues: pâte, fête, gîte, côte, flûte.

L’accent circonflexe se met aussi:

1º Sur l’u des participes passés masculin singulier des verbes devoir, croître, mouvoir: , crû, .

2º Sur l’u des adjectifs mûr, mûre; sûr, sûre.

3º Sur l’o des pronoms possessifs: le nôtre, le vôtre; les nôtres, les vôtres, pour les distinguer des adjectifs possessifs notre, votre.

4º Sur la voyelle de l’avant-dernière syllabe des deux premières personnes du pluriel du passé simple: Nous aimâmes, vous redîtes.

5º Sur la voyelle de la dernière syllabe de la troisième personne du singulier de l’imparfait du subjonctif: qu’il aimât, qu’il renaît.

6º Sur l’i des verbes en aître et en oître, quand cet i est suivi d’un t. Ex.: il paraît, il croîtra.

Apostrophe.—L’apostrophe () marque la suppression d’une des voyelles a, e, i, dans les mots le, la, je, me, ne, te, se, de, que, ce, si, devant un mot commençant par une voyelle ou un h muet: l’homme, l’amitié, s’il, etc., pour le homme, la amitié, si il.

On emploie encore l’apostrophe:

1º Avec les mots lorsque, puisque, quoique, mais seulement devant il, ils, elle, elles, on, un, une. Ex.: lorsqu’il, puisqu’elle, quoiqu’il soit pauvre.

2º Avec entre, presque, lorsqu’ils font partie inséparable d’un mot composé: entr’acte, presqu’île.

3º Avec quelque devant un, une: quelqu’un, quelqu’une.

Remarque.—L’élision n’a pas lieu devant certains mots. Ainsi, on dit: le onze, le onzième, la ouate (ou l’ouate), le oui, le uhlan, le yacht, le yatagan, la yole, le yucca.

Tréma.—Le tréma (¨) se met sur l’une des voyelles e, i, u, pour faire prononcer séparément la voyelle qui précède: ciguë, aïeul, Saül.

Cédille.—La cédille (¸) se met sous le c pour lui donner le son de s dur, devant les voyelles a, o, u: façade, leçon, reçu.

Trait d’union.—Le trait d’union (-) sert à unir deux ou plusieurs mots: chef-lieu, Clermont-Ferrand, moi-même, allez-y, aime-t-il?

Dans les noms de nombre, on met le trait d’union entre les dizaines et les unités: dix-huit, quarante-quatre, etc. Il faut appliquer cette règle au mot quatre-vingts.—Cependant, on écrit: vingt et un, trente et un, quarante et un, cinquante et un, soixante et un, soixante et onze.

Questionnaire: Quels sont les signes orthographiques?—Combien y a-t-il de sortes d’accents?—Sur quoi se met l’accent aigu? l’accent grave? l’accent circonflexe?—Que marque l’apostrophe?—Sur quelles voyelles met-on le tréma?—Où se met la cédille?—A quoi sert le trait d’union?—Comment l’emploie-t-on dans les noms de nombre?

GRAMMAIRE

LES NEUF PARTIES DU DISCOURS

Une phrase est une réunion de mots formant un sens complet.

Une suite de phrases se rattachant à un même sujet forme un discours.

On appelle parties du discours les différentes espèces de mots qui existent dans une langue.

Il y a dans la langue française neuf espèces de mots ou parties du discours; ce sont: le nom, l’article, l’adjectif, le pronom, le verbe, l’adverbe, la préposition, la conjonction et l’interjection.

MOTS VARIABLES ET MOTS INVARIABLES

Ces neuf espèces de mots se divisent en mots variables et en mots invariables.

Mots variables.—Le nom, l’article, l’adjectif, le pronom et le verbe sont des mots variables; cela veut dire qu’ils peuvent changer de forme.

Mots invariables.—L’adverbe, la préposition, la conjonction et l’interjection sont des mots invariables; ils s’écrivent toujours de la même manière.

Questionnaire: Qu’est-ce qu’une phrase?—Qu’est-ce qu’un discours?—Qu’appelle-t-on parties du discours?—Combien y a-t-il d’espèces de mots en français?—Nommez les neuf parties du discours.—Comment les divise-t-on?—Quels sont les mots variables?—Quels sont les mots invariables?


Nota.Nous engageons les maîtres à exercer tous les jours les élèves à la conjugaison des verbes, oralement ou par écrit. Les verbes sont longtemps des pierres d’achoppement pour tous ceux gui commencent à écrire sous la dictée.


I.—LE NOM

Quand on dit: soldat, on nomme une personne; lion, on nomme un animal; drapeau, on nomme une chose.

Les mots qui servent à nommer les personnes, les animaux et les choses, sont appelés noms ou substantifs.

Le nom ou substantif est un mot qui sert à nommer une personne, un animal ou une chose: Ex.: Soldat, lion, drapeau.

Il y a deux sortes de noms: le nom commun et le nom propre.

Nom commun.

On appelle nom commun celui qui convient, qui est commun à toutes les personnes, à tous les animaux ou à toutes les choses de la même espèce.

Ex.: Homme, chien, fleur.

Le nom homme convient à tous les hommes; le nom chien convient à tous les chiens; le nom fleur convient à toutes les fleurs.

REMARQUE.

On distingue, parmi les noms, les noms collectifs, les noms concrets ou physiques, les noms abstraits et les noms composés.

Collectif.—On appelle nom collectif un nom qui exprime une réunion, une collection de personnes, d’animaux ou de choses de la même espèce. Ex.: bataillon, troupeau, flotte. (V. p. 231.)

Concret.—Le nom concret ou physique est celui qui désigne un être ou un objet qui existe dans la nature, que nous pouvons voir, toucher, etc. Ex.: soldat, cheval, arbre.

Abstrait.—Le nom abstrait est celui qui exprime une qualité, une manière d’être, et non un objet existant par lui-même. Ex.: amitié, courage, sagesse.

Composé.—On appelle nom composé un nom formé de plusieurs mots ne désignant qu’un seul être, une seule chose, et réunis ou non par un trait d’union. Ex.: arc-en-ciel, jeune homme (V. p. 202.)

Questionnaire: Qu’est-ce que le nom?Combien y a-t-il de sortes de noms?—Qu’appelle-t-on nom commun?—Qu’appelle-t-on nom collectif? nom concret ou physique? nom abstrait? nom composé?

 

Exercices 1 et 2.L’élève nommera quatre noms communs de:

Modèle du devoir: Minéraux: le fer, la houille, l’or, le marbre.

1. Minéraux. Métaux. Pierres précieuses. Quadrilatères. Polygones. Solides. Quadrupèdes. Poissons. Insectes. Amphibies. Volailles. Reptiles. Espèces de chiens. Voitures. Arts. Légumes. Fleurs. Outils.

2. Soldats. Céréales. Fléaux. Embarcations. Mode d’éclairage. Mode de locomotion. Grandes découvertes. Termes géographiques. Mois de 31 jours. Mois de 30 jours. Sortes de lignes. Oiseaux de proie. Oiseaux chanteurs. Mots variables. Liquides. Instruments de musique.

Exercices 3, 4, 5.Remplacez chaque point par une voyelle, de manière à former deux noms communs français:Modèle: sac, soc.

 3 s.c s.l 4 l.t b.t p.n 5 v.n f.u
   r.ve c.p   b.c p.pe c.ne   r.me b.is
   m.re r.se   m.le p.le h.te   t.pe p.rc
   d.me b.lle   r.le .tre jur.   c.ble b.che

Exercices 6 et 7.Composez trois noms communs en mettant une consonne devant les lettres suivantes:Modèle: bac, lac, sac.

6. ac—al—an—as—il—in—oi—ol—ot—ou—age.

7. ain—are—iel—ime—ire—oin—ois—ort—our—onde.

LECTURE et DICTÉE.—Conseils à un enfant.

Enfant, couche-toi et lève-toi de bonne heure, tu ne t’en porteras que mieux. A ton réveil, modeste et rapide, lave avec soin ton visage, tes oreilles, ta bouche, tes mains; peigne tes cheveux. La propreté entretient la santé et nous attire la sympathie de nos semblables. Dès que tu es prêt, va saluer tes parents. Leur pensée, le désir de leur plaire t’aideront tout le jour à te bien conduire. Le soir venu, ne gagne pas ton lit sans avoir terminé tes devoirs, appris tes leçons, rangé dans un ordre parfait les objets à ton usage. L’ordre nous fait gagner du temps. Au matin, tu jetteras encore un coup d’œil sur tes livres et sur tes cahiers, avant ton départ pour l’école; à cette condition seule, le travail te profitera.

Le soir, avant de goûter le repos, prends congé de tes parents. Ensuite, récapitule en toi-même les actes du jour. Vois sans faiblesse les fautes que tu as commises, pour éviter d’y retomber dorénavant. Alors, cher enfant, après une journée bien remplie, tu passeras une nuit excellente. Une conscience satisfaite est la meilleure garantie de la santé, de la paix et du bonheur.

C. A.

Exercice 8.Soulignez les noms contenus dans cette dictée.

Exercices 9 et 10.Composez une petite phrase dans laquelle vous ferez entrer chacun des noms suivants:

Modèle du devoir: La nation est l’ensemble des habitants d’une même contrée.

9. Nation. Patrie. Famille. École. Paix. Travail. Devoir. Courage. Charité. Franchise. Probité. Générosité. Ordre. Économie. Sobriété.

10. Océan. Continent. Ile. Archipel. Presqu’île. Lac. Montagne. Volcan. Golfe. Cap. Détroit. Isthme. Fleuve. Rivière. Embouchure. Source.

Exercices 11 et 12.Indiquez la famille ou la catégorie à laquelle appartiennent les êtres ou les objets désignés par les noms:

Modèle du devoir: Soleil, astre.—Charité, vertu.

11. Soleil. Charité. Bracelet. Bottine. Veste. Juillet. Fève. Bilboquet. Géométrie. Dimanche. Marteau. Musique. Hussard. Do. Sculpteur. Charron. Béret. Merle. Boa. Goujon. Homicide. Prune.

12. Papillon. Maïs. Avarice. Guerre. Chêne. Rhum. Odorat. Jaune. Nickel. Trombone. Ouest. Torpilleur. Rose. Sou. Huître. Éponge. Pommier. Tigre. Buffet. Yucca. Revolver. Sabre. Gramme. Hiver.

Exercice 13.Changez les noms abstraits suivants en noms concrets ou physiques ayant même radical.—Modèle: L’humanité, l’homme.

L’humanité. L’enfance. La guerre. L’esclavage. La pauvreté. L’avarice. La chasse. Le jeu. La paresse. La fraternité. La poésie. L’héroïsme. La servitude. L’amitié. La peinture. Le malheur. L’art. Le vol. La royauté. L’inimitié. La vieillesse. Le consulat. L’étude.

LECTURE et DICTÉE.—L’Europe.

L’Europe est la plus petite, mais la plus civilisée et la plus peuplée, relativement à son étendue, des cinq parties du monde. Elle est presque entièrement comprise dans la zone tempérée, et son climat est encore adouci par l’influence de la mer. Aussi, l’Europe, bien arrosée par une infinité de cours d’eau, a-t-elle des productions nombreuses. Les végétaux y sont des plus variés; on y cultive les céréales, la pomme de terre, le lin, le chanvre, la vigne, le houblon, le tabac, le riz, une foule d’arbres fruitiers, à côté desquels poussent un grand nombre d’arbres forestiers. Les animaux domestiques y foisonnent. L’ours, le loup, le renard, le sanglier, le cerf, le chamois, l’élan, le blaireau et quelques autres petits quadrupèdes sont à peu près les seuls animaux sauvages qu’on y rencontre. Comme minéraux, on y trouve la houille, le fer, le cuivre, l’étain, le plomb, le zinc, le mercure, l’argent, l’or, le soufre, le marbre.

L’Europe, habitée par la race blanche, enrichie par l’industrie et le commerce, peuple de ses colons l’Amérique et l’Australie. Elle domine sur la plus grande partie de l’Asie, occupe presque tout le littoral de l’Afrique et envahit peu à peu ses immenses déserts.

C. A.

Exercice 14.Mettez un trait sous les noms de choses, deux sous les noms d’animaux et une croix sous les noms de personnes.

Exercice 15.Reproduisez de mémoire la dictée ci-dessus.

Exercice 16.Comment appelle-t-on celui ou celle qui s’occupe de:

Photographie. Maçonnerie. Charpenterie. Peinture. Sculpture. Reliure. Serrurerie. Gravure. Pêche. Chasse. Couture. Gymnastique. Poterie. Menuiserie. Ébénisterie. Passementerie. Plomberie. Horlogerie. Ganterie. Bijouterie. Tapisserie. Géométrie. Histoire. Géographie. Grammaire. Encyclopédie. Mathématiques. Physique. Chimie. Botanique. Zoologie. Minéralogie. Géologie. Astronomie. Médecine. Chirurgie. Mégisserie. Philosophie. Poésie. Musique. Fumisterie. Brocantage. Friperie. Arpentage. Optique. Magie. Prestidigitation.

LECTURE ET DICTÉE.

Les deux Paysans et le Nuage.

Deux paysans considéraient un nuage dans le ciel. «C’est de la grêle qu’il nous apporte, dit l’un.—Non, répliqua l’autre, c’est de la pluie.—Je te dis que c’est de la grêle qui ravagera nos fruits et nos moissons. Nos femmes, nos enfants, nos chevaux, nos bœufs, nos brebis, nos volailles et nous-mêmes n’aurons plus rien à manger; ce sera la famine et avec elle la ruine, la maladie, la mort.—Tu te trompes, camarade; la pluie qui va tomber fera le plus grand bien. La terre, bien arrosée, nous donnera le double de foin, de froment, de raisin.—Non!—Si!» La discussion s’échauffe, se change en querelle, et voilà les deux compagnons sur le point d’en venir aux coups. Pendant ce temps, le vent emportait le nuage vers une autre contrée: il n’y eut ce jour-là ni grêle ni pluie.

Ne perdons point notre temps en discussions inutiles, et employons-le de notre mieux à bien remplir tous nos devoirs.

C. A., d’après Florian.

Exercice 17.Mettez un trait sous les noms de choses, deux sous les noms d’animaux et une croix sous les noms de personnes.

Exercice 18.Racontez cette fable: 1º oralement; 2º par écrit.

Exercice 19.Remplacez le tiret par le nom commun convenable:

Le ——, le —— et le —— sont nos couleurs nationales. L’oisiveté est la mère de tous les ——. L’amour filial est le premier des ——. On pêche la —— dans les mers polaires. La ligne droite est le plus court —— d’un —— à un autre. Le —— abrège le temps. Le —— travaille la terre. Les anciens comptaient quatre éléments: la ——, l’ ——, le —— et l’ ——. Le —— et l’ —— habitent les fleuves de l’Afrique. Le —— est l’organe central de la —— du sang. Le —— partage la circonférence en deux —— égales. La —— nous donne son lait et le —— sa laine. Les —— sont les organes de la vue et les ——, ceux de l’ouïe. Le nez est l’ —— de l’ —— et le ——, celui du goût. Tout le corps, mais principalement les ——, sont les —— du toucher. L’ —— étudie les astres. On trouve la —— d’un triangle en multipliant la —— par la moitié de la ——. Le rayon est la —— du ——.

Exercice 20.Donnez trois:

Noms contenant: un e muet; un e fermé; un e ouvert.

Noms contenant: un h muet; un h aspiré.

Noms contenant: un s se prononçant comme z.

Noms contenant: un w se prononçant ou; un w se prononçant v.

Noms composés de: une syllabe; deux syllabes; trois syllabes; quatre syllabes; cinq syllabes; six ou sept syllabes.

Noms collectifs; concrets; abstraits.

Noms communs composés, avec ou sans trait d’union.

LECTURE et DICTÉE.—Éponine et Sabinus.

Les Gaulois se révoltèrent souvent contre les Romains. Sabinus, chef du pays des Lingons, tenta sous Vespasien d’affranchir sa patrie. Vaincu, il s’enfuit et se réfugia près de Langres, dans un souterrain perdu au fond des bois. De là, il fit savoir à sa jeune femme Éponine le secret de son existence. Tous les soirs, cette généreuse épouse venait lui apporter des aliments, et, pendant huit années, elle sut, par sa prévoyance, l’indemniser de la privation du jour et de la perte de la liberté. Mais les soldats romains finirent par découvrir la retraite du fugitif et le conduisirent, chargé de chaînes, devant l’empereur Vespasien.

Éponine suivit son mari, en emportant ses deux fils. Elle se jeta avec eux aux pieds de Vespasien: «César, dit-elle, vois ces enfants; j’ai voulu les nourrir dans une prison obscure pour que nous fussions trois à demander la grâce de leur père.» Mais l’empereur déclara que la sévérité était nécessaire, et Sabinus dut s’apprêter à mourir. Éponine ne voulut pas survivre à son mari. Elle marcha résolument au supplice, et le bourreau réunit dans la mort ceux que rien n’avait pu séparer dans la vie.

C. A.

Exercice 21.Soulignez d’un trait les noms physiques et de deux traits les noms abstraits.

Exercice 22.Racontez cette histoire: 1º oralement; 2º par écrit.

ANTONYMES.

On appelle antonyme ou contraire un mot qui a un sens opposé à un autre mot. Ex.: Guerre, paix.—Naissance, mort.

Exercice 23.Donnez l’antonyme ou contraire des noms suivants:

Modestie. Matin. Clarté. Soustraction. Division. Économie. Perte. Créancier. Espoir. Courage. Vérité. Force. Blâme. Nain. Descente. Gaieté. Haine. Supériorité. Malheur. Disette. Sympathie. Méfiance.

 

Nom propre.

On appelle nom propre le nom particulier, celui qui est la propriété d’une personne, d’un animal ou d’une chose. Ex.: Paul, Médor, France.

Le nom Paul ne convient pas à tous les hommes; Médor ne convient pas à tous les chiens; France ne convient pas à toutes les contrées.

Nota. La première lettre d’un nom propre doit être une majuscule.

Questionnaire: Qu’est-ce qu’un nom propre?—Que doit être sa première lettre?

 

Exercices 24 et 25.Donnez cinq noms propres de:

24. Femmes. Hommes. Peuples. Villes. Généraux. Marins. Victoires. Défaites. Traités. Ministres. Reines. Rois. Écrivains. Savants.

25. Contrées. Iles. Fleuves. Rivières. Lacs. Mers. Océans. Montagnes. Détroits. Caps. Golfes. Ports. Provinces. Contes. Fables.

Exercices 26 et 27.Remplacez le tiret par un nom propre:

26. Vercingétorix, vainqueur à ——, fut pris à ——. Clovis battit les —— à Soissons, les —— à Tolbiac, les —— à Dijon et les —— à Vouillé. Frédégonde était la rivale de ——. Dagobert fit construire la basilique de ——. Charles-Martel battit les —— à ——. Charlemagne fut couronné à —— empereur d’ ——. Sous les successeurs de Charlemagne, les —— dévastèrent la ——. Les Capétiens succédèrent aux ——. Les croisades commencèrent sous ——. Louis VI eut —— pour ministre. La victoire de —— rendit Philippe Auguste très puissant.—— était la mère de Louis IX; elle mit fin à la guerre des ——. Saint Louis entreprit d’abord une croisade en ——, puis à ——, où il mourut. Philippe le Bel abolit l’ordre des ——. Avec —— finirent les Capétiens directs.

27. La France est arrosée par cinq grands fleuves: la ——, la ——, la ——, le —— et le ——. La Seine reçoit sur sa rive droite l’A ——, la M —— et l’O —— grossie de l’A ——; sur sa rive gauche elle reçoit l’Y —— grossie de l’A ——, le L —— et l’E ——. Les affluents de la Loire, rive droite, sont: la N ——, puis la M —— formée de la réunion du L ——, de la S —— et de la M ——; ceux de la rive gauche sont: l’A ——, le C ——, l’I ——, la V —— grossie de la C —— et du C ——, et la S ——. La Garonne reçoit sur sa rive droite: l’A——, le T—— grossi de l’A——, le L—— et la D—— grossie de l’I—— et de la V —— grossie de la C ——; sur la rive gauche, elle reçoit: la S ——, le G —— et la B ——. Les affluents du Rhône, rive droite, sont: l’A ——, la S —— grossie du D ——, l’A —— et le G ——; ceux de la rive gauche sont: l’I ——, la D —— et la D ——. Les principaux fleuves côtiers sont: la S ——, l’O —— qui se jettent dans la Manche; le B ——, la V ——, la C —— et l’A —— qui se jettent dans l’Atlantique; l’A ——, l’H —— et le V —— tributaires de la Méditerranée. Ajoutons les affluents de la mer du Nord: la M —— grossie de la M —— et l’ ——, se jetant dans le Rhin; la M —— sortant de France par la pointe de Givet et que rejoint la S ——; l’Escaut grossi de la S —— et de la L ——.

Exercices 28 et 29.Comment appelle-t-on les habitants de... (ou du):

28. L’Algérie. Brésil. Mexique. Tonkin. La Tunisie. Madagascar. Dahomey. Pérou. Maroc. La Perse. Danemark. L’Hindoustan. Congo. Canada. L’Égypte. Monténégro. Sénégal. Annam. La Franche-Comté. Berry. Poitou. La Flandre. L’Anjou. Béarn. Cambodge. Guyane.

29. Paris. Lyon. Marseille. Bordeaux. Lille. Toulouse. Rouen. Nancy. Le Havre. Berlin. Vienne. Épinal. Moscou. Strasbourg. Palerme. Cahors. Auch. Besançon. Pau. Oran. Amsterdam. Metz. Ajaccio. Genève. Monaco. Naples. Florence. Madrid. Toulon. Saint-Étienne.

Exercices 30 et 31.Indiquez à quelle catégorie de personnes ou de choses se rapporte chacun des noms propres suivants:

Modèle du devoir: Bayard, nom propre de chevalier ou de guerrier.

30. Bayard. La Russie. Les Pyrénées. L’Europe. Le Rhin. Henri IV. L’Adriatique. La Convention. Jersey. Gris-Nez. Le Sahara. La Noël. Blanche de Castille. Charles-Quint. Les Anglais. Colomb. Michelet. L’Etna. Le Sund. Florian. Corneille. Molière. Bossuet. Descartes.

31. La Vienne. Tourville. Mozart. Marseille. Le Tchad. La Crimée. Hoche. L’Anjou. Gutenberg. Colbert. Les Ardennes. Le Finistère. Jeanne d’Arc. Raphaël. Ney. L’Algérie. Buffon. La grande Ourse. La Hire. Le Canigou. Le Zuyderzée. Lavoisier. Jupiter. Minerve.

Exercice 32.Remplacez le tiret par le nom propre convenable:

Notre pays s’appelait autrefois ——; il fut conquis par les ——, mais les —— vinrent ensuite et lui donnèrent leur nom. Il est borné au nord-est par l’A —— et la B ——; au nord par la mer du —— et le P ——; au nord-ouest par la M ——; à l’ouest par l’ ——; au sud par les —— et la ——; à l’est par les ——, le J —— et le ——. Dix-sept de ses cités ont plus de cent mille habitants; ce sont: P ——, M ——, L ——, B ——, L ——, S ——, T ——, S ——, L ——, N ——, N ——, R ——, R ——, R ——, N ——, T ——, C ——. Il a cinq ports militaires: ——, ——, ——, ——, ——. Ses principales montagnes à l’intérieur sont les V ——, les C ——, les C ——, les monts d’A —— et ceux du M ——; puis viennent les collines du L ——, du P ——, de P ——, de N —— et de B ——. Une île de la ——, la ——, forme un de ses départements, et sa plus belle colonie est l’ ——, qui se divise en trois départements: ——, —— et ——. A l’est de l’Algérie se trouve la T —— et à l’ouest le M ——, placés sous le protectorat de la France.

 

Genre.

Il y a deux choses principales à considérer dans le nom: le genre et le nombre.

Le genre grammatical sert à exprimer la distinction des sexes.

Il y a, en français, deux genres: le masculin et le féminin.

Tous les noms d’hommes et tous les noms devant lesquels on peut mettre le ou un sont du genre masculin: le zouave, un obus.

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Tous les noms de femmes et tous les noms devant lesquels on peut mettre la ou une sont du genre féminin: la bergère, une brebis.


FORMATION DU FÉMININ DANS LES NOMS.

Généralement dans les noms de personnes ou d’animaux, le féminin se forme du masculin:

1º En ajoutant un e: Français, Française; ami, amie.

2º En changeant er en ère: écolier, écolière; ouvrier, ouvrière.

3º En changeant e en esse: maître, maîtresse; tigre, tigresse.

4º En changeant en, on en enne, onne: Parisien, Parisienne; Breton, Bretonne; chien, chienne; lion, lionne.

5º En changeant eur en euse: parleur, parleuse.

6º En changeant teur en teuse ou en trice: acheteur, acheteuse; instituteur, institutrice.

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Certains substantifs n’ont pas le même radical au masculin et au féminin: père, mère; monsieur, madame; cheval, jument.

D’autres noms, appliqués le plus souvent à des hommes, tels que amateur, auteur, littérateur, écrivain, professeur, peintre, philosophe, témoin, imposteur, etc., ne changent pas au féminin.—Docteur fait au féminin doctoresse. (V. p. 191.)

Questionnaire: Que distingue-t-on dans le nom?—Qu’est-ce que le genre?—Combien y a-t-il de genres?—Quels sont les noms du genre masculin?—Quels sont ceux du genre féminin?—Comment forme-t-on le féminin dans les noms?

 

Exercice 33.Citez cinq noms qui forment le féminin...

en ajoutant un e au masculin. en changeant on en onne.
en changeant er en ère. en changeant eure en euse.
en changeant e en esse. en changeant teur en teuse.
en changeant en en enne. en changeant teur en trice.

LECTURE et DICTÉE.

La Légende de la mort de Roland.

Lorsque l’armée de Charlemagne revint d’Espagne, l’arrière-garde, commandée par le comte Roland, fut attaquée dans la gorge profonde de Roncevaux par les Basques qui, du haut des montagnes, firent rouler sur les soldats francs des rochers et des troncs d’arbre. Roland sonna du cor pour appeler Charlemagne à son secours. Celui-ci l’entend, mais le traître Ganelon lui assure que c’est le cor d’un pâtre qui rappelle le troupeau. Un second appel plus puissant arrive bientôt aux oreilles de l’empereur, qui veut aussitôt revenir sur ses pas; mais le traître lui dit que Roland chasse sans doute quelque lièvre dans la montagne. Cependant, Roland, se voyant près de succomber, sonne si fort qu’il se rompt les veines du cou. Cette fois, Charlemagne a compris, et son armée rétrograde en toute hâte; mais il est trop tard: tous les compagnons du paladin ont été écrasés par les rochers. Roland vit encore; il essaye, avant d’expirer, de briser son épée, sa Durandal, pour qu’elle ne tombe pas aux mains des ennemis. Il frappe sur le roc avec tant de force, qu’il fait dans la montagne une large ouverture, appelée depuis la Brèche de Roland. Mais ses efforts sont impuissants; son épée reste intacte. Alors, le vaillant paladin la jette dans une source empoisonnée, où elle doit rester jusqu’à la fin du monde. Ce fut son dernier effort.

C. A.

Exercice 34.Soulignez d’un trait les noms masculins et de deux traits les noms féminins contenus dans cette dictée.

Exercice 35.Racontez cette légende: oralement; par écrit.

Exercices 36 et 37.Dites de quel genre sont les noms suivants:

36. Argile. Antipode. Écritoire. Alcôve. Épisode. Armoire. Satellite. Ongle. Omoplate. Atmosphère. Hémisphère. Image. Orifice. Incendie. Indice. Ancre. Épiderme. Orange. Épigraphe. Épitaphe. Amnistie. Automne. Anagramme.

37. Obélisque. Isthme. Orbite. Ivoire. Age. Fourmi. Alvéole. Ébène. Apologue. Ustensile. Exorde. Argent. Réglisse. Antichambre. Horloge. Enclume. Antre. Éclair. Équivoque. Mollusque. Ulcère. Éloge. Ouïe. Ambre. Artère. Oasis. Concombre. Agrafe. Épigramme. Érésipèle.

Exercices 38 et 39.Donnez le féminin des noms suivants:

38. Père. Neveu. Parrain. Filleul. Jouvenceau. Oncle. Gendre. Maître. Roi. Hôte. Empereur. Marquis. Duc. Baron. Héros. Druide. Musicien. Serviteur. Acteur. Ouvrier. Ogre. Moniteur. Porteur. Lecteur. Mercier. Abbé. Géant. Tsar. Prophète. Monsieur.

39. Jean. Léon. Henri. Louis. Antoine. Émile. Denis. Yvon. Élie. Ernest. Eugène. Claude. Paul. Maurice. Armand. Sylvain. Christian. Orphée. Robert. Mathieu. Charles. Jules. Albert. Laurent. Fernand. Auguste. Simon. Gabriel. Adrien. Georges. Victor. Lucien. François. Odon. Frédéric. Baptiste. Clément. Clair. Félix. Octave. Théodore.

DICTÉE et RÉCITATION.

L’Enfant, le Cheval et le Taureau.

Un cheval vigoureux, monté par un enfant,

Semblait s’en amuser au milieu d’une plaine,

        Tantôt effleurant l’herbe à peine,

        Tantôt sautant, caracolant.

«Quoi! lui dit un taureau mugissant de colère,

Un écuyer pareil te gouverne à son gré!

        Comment n’en es-tu pas outré?

        Va, fais-lui mordre la poussière.

        —Moi? répond le noble coursier,

Ce serait là vraiment un bel exploit de guerre!

        Aurais-je à me glorifier

        De jeter un enfant par terre?»

Le Bailly.

Le cheval a raison de ne pas écouter les conseils du taureau. Il connaît la faiblesse de l’enfant et sait qu’on retire peu de gloire d’une victoire trop facile.

Exercice 40.Soulignez d’un trait les noms masculins et de deux traits les noms féminins contenus dans cette dictée.

Exercice 41.Racontez cette fable en prose: oralement; par écrit.

Exercices 42 et 43.Le masculin étant donné, indiquez le nom féminin qui a même radical:

Modèle Du Devoir: Grain, graine. Salon, salle.

42. Grain. Salon. Ballon. Rocher. Tonneau. Espoir. Total. Médaillon. Mont. Village. Soliveau. Herbage. Ravin. Mur. Rêve. Brasier. Chaînon. Don. Sac. Vitrail. Jour. Cerveau. Cordeau. Matin. Rivage. Hôtel. Feuillage. Minois. Soir. Tombeau.

43. Grêlon. Ilot. Pilier. Casier. Rang. Vallon. Drap. Lit. Char. Vol. Plumeau. Peloton. Semis. Coteau. Portail. Peuple. Le chaud. Le froid. Fossé. Rameau. Grillage. Cruchon. Tuileau. Lorgnon. Poids. Aiguillon. Paillasson. Renom. Seing. Nuage. Boulet. Poupon. Casque. Ceinturon. Croûton. Glacier. Bridon. Bûcher. Jupon. Banc.

 

Le Nombre.

Le nombre grammatical sert à indiquer que l’on parle d’un seul être, d’un seul objet, ou de plusieurs êtres, de plusieurs objets.

Il y a deux nombres: le singulier et le pluriel.

Un nom est au singulier quand il ne désigne qu’un seul être ou un seul objet: un enfant, une quille.

⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓

Un nom est au pluriel quand il désigne plusieurs êtres ou plusieurs objets: des enfants, des quilles.


Formation du pluriel dans les noms.

Règle Générale.—On forme le pluriel dans les noms en ajoutant la lettre s au singulier. Ex.: le laboureur, les laboureurs; une ville, des villes.

Exception.

Les noms terminés au singulier par s, x ou z ne changent pas au pluriel. Ex.: le rubis, les rubis; la noix, les noix; le nez, les nez.

Questionnaire: Qu’est-ce que le nombre?—Combien y a-t-il de nombres?—Quand un nom est-il au singulier? Au pluriel?—Comment forme-t-on le pluriel dans les noms?—Quel est le pluriel des noms terminés au singulier par s, x, z?

 

Exercice 44.Mettez au pluriel les mots suivants:

La maison. La fauvette. La croix. Un fil. Le fils. Le gaz. La source du fleuve. Le cadenas de la malle. Le fusil du soldat. Le canon du fort. Le flottement du pavillon. Le roulement du tambour. Le sifflement de la balle. La truelle du maçon. La hache du charpentier. Le diamant du vitrier. La hie du paveur. La cire du frotteur. Le réchaud du plombier. Le soudoir du ferblantier. L’échelle du peintre. Le maillet du marbrier. L’assette du couvreur. Le compas de l’architecte. Le casque du pompier. Le puits de la mine. Le phare du port. La soie de la bobine. L’étui de la couturière. Le fer de la repasseuse. L’aéroplane de l’aviateur. Le moteur et le châssis de l’automobile.

Exercice 45.Mettez au singulier les mots suivants:

Les ruses des renards. Les rugissements des lions. Les griffes des tigres. Les plumes des paons. Les soies des sangliers. Les salsifis des jardins. Les engrais des champs. Les os des poulets. Les tapis de vos tables. Les rivages de ces mers. Les arbres de nos forêts. Les noix et les noisettes. Les rubans et les velours. Les heures de vos repas. Les remords des criminels. Les repos des consciences. Les cuirs et les taffetas. Les cabas de ces cuisinières. Les pois et les fèves. Les rubis de ces couronnes. Les croix et les médailles. Les logis des villageois. Les plis de mes vêtements. Les livrées de tes laquais. Les chants de vos pays. Les joncs des marais. Les aiguilles et les épingles.

LECTURE et DICTÉE.—La Plante précieuse.

Deux servantes, Marie et Marguerite, portaient chacune un panier très lourd: celle-ci murmurait continuellement et se plaignait de la pesanteur de son fardeau; celle-là en riait et en plaisantait comme s’il était léger. «Comment peux-tu rire? dit Marguerite; ton panier est aussi lourd que le mien, et tu n’es pas plus forte que moi.—C’est parce que j’ai mis dans le mien, répondit Marie, une petite plante qui en diminue le poids.—De grâce, dis-moi, Marie, quelle est cette plante? Je voudrais en avoir pour alléger aussi mon panier.» Marie lui dit: «La plante si précieuse qui rend tous les fardeaux légers, c’est la patience.»    schmid

Exercice 46.Indiquez le genre et le nombre des noms de cette dictée.

Modèle Du Devoir: Servantes, nom féminin pluriel.

Exercice 47.Racontez cette historiette: oralement; par écrit.

Exercice 48.Corrigez, s’il y a lieu, les noms en italique:

Il y a cinq parties du mondes. Un pays plein de marais est malsain. La mers reçoit les fleuves. Un archipels est un groupes d’îles. La pierres est un corps solide. L’os de la cuisses se nomme fémurs; ceux de la jambes sont appelés péronés et tibias. Les deux os de l’avant-bras sont appelés radius et cubitus; celui du bras se nomme humérus. Le guanos est un excellent engrais. Les chamois agiles habitent les régions escarpées des Alpes. La perdrix fait son nids dans les jeunes blés. La mousses étend sous les pieds un tapis frais. L’hydrogènes est le gaz le plus léger. Le citadins se couche tard et le villageois se lève tôt. Le haricots, la fèves et le pois sont des légumes. Le Chinois cultive le thés et le riz. On fait avec l’anis des bonbons et de la liqueurs. Écoutez toujours l’avis des personnes sages.

 

Pluriel des noms en: au, eu, ou

Les noms terminés au singulier par au, eu, prennent x au pluriel. Ex.: l’oiseau, les oiseaux; un enjeu, des enjeux.

Il faut excepter bleu et landau, qui prennent s: des bleus, des landaus.

⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓

Sept noms terminés par ou: bijou, caillou, chou, genou, hibou, joujou, pou, prennent x au pluriel: des bijoux, des cailloux, des choux, des genoux, des hiboux, des joujoux, des poux.

Tous les autres noms en ou prennent s: des trous, des verrous, etc.[2].

QUESTIONNAIRE: Comment les noms terminés au singulier par au, eu, forment-ils leur pluriel?—Quels sont les noms en ou qui prennent x?

 

Exercice 49.Mettez au pluriel le devoir suivant:

Le marteau et le clou. Le niveau de l’eau. L’essieu du landau. Le licou du veau. La tourelle du château. Le brou de la noix. Le caillou de la route. Le bambou et le roseau. Le trou du tonneau. Le pieu et l’échalas. Le chant du coucou. Le chameau de l’Arabe. Le rouge et le bleu. La chouette et le hibou. Le berceau de l’enfant. Le cadeau et le joujou. La croix du tombeau. Le cadenas et le verrou. Le jeu et le ris. Le vœu du matelot. Le chou et le poireau. Le cou de la girafe. Le jus du pruneau. La table et le bureau. La quenouille et le fuseau. La vis et l’étau. Un lambeau du drapeau. Le sage et le fou.

DICTÉE et RÉCITATION.—Les Souris et le Soulier.

Un valet très naïf s’en vint, fort affligé,

Conter à Beaumarchais que, la nuit précédente,

Son soulier des souris avait été rongé,

«Chose qui lui semblait tout à fait effrayante.

Mon Dieu! dit Beaumarchais, reprenez vos esprits!

Cet accident en lui n’a rien d’épouvantable;

Mais, si votre soulier eût mangé les souris,

Ç’aurait été plutôt un prodige effroyable.»

Exercice 50.Indiquez le genre et le nombre des noms de cette poésie.modèle: Valet, nom, masc. sing.

Exercice 51.Devoir à mettre au singulier:

Les sous et les louis. Les bouleaux, les buis et les houx. Les oasis des déserts. Les préaux des cours. Les aveux des coupables. Les perroquets et les sapajous. Les graisses et les saindoux. Les écrous et les boulons. Les toupies et les cerceaux. Les voleurs et les filous. Les adieux des voyageurs. Les eaux des puits. Les radis et les navets. Les noyaux des pruneaux. Les douleurs des genoux. Les palissandres et les acajous. Lés carreaux des châssis. Les semis et les greffes. Les mâts des vaisseaux. Les renards et les corbeaux. Les toux des malades. Les feux des fourneaux. Les chalumeaux des pastoureaux.

LECTURE et DICTÉE.—La Justice du Lion.

Le lion, assis sur son trône et ayant à ses côtés son ministre l’ours, donnait un jour audience à ses sujets. La brebis vint en larmes réclamer son cher petit agneau, qu’on lui avait enlevé la nuit précédente. Le lion examina sévèrement la physionomie de tous ceux qui l’entouraient, car le crime se peint ordinairement sur le visage.

«Je ne suis pas l’auteur du méfait, s’écria le loup: non, sire, je le jure: depuis plusieurs jours une indisposition m’oblige à la diète; je dis la vérité, ce n’est pas moi!—C’est toi! répliqua le lion. En te défendant quand personne ne t’accuse, tu t’accuses toi-même; tu as dévoré l’agneau, et l’ours va te rendre la pareille.» Sans autre forme de procès, le loup fut mis en pièces, et, quelques jours après, des témoins oculaires déclarèrent qu’il était bien, en effet, le coupable.

C. A.

Exercice 52.Faites quatre listes: 1º une des noms masc. sing.; 2º une des noms fém. sing.; 3º une des noms masc. plur.; 4º une des noms fém. plur. de cette dictée.

Exercice 53.Racontez cette fable: 1º oralement; 2º par écrit.

SYNONYMES.

On appelle synonymes des mots qui ont à peu près la même signification, comme courage, bravoure, intrépidité.—Historiette, conte, récit.

Exercices 54 et 55.Donnez deux synonymes aux noms suivants:

54. Drapeau. Rive. Cime. Barbarie. Orage. Portion. Grotte. Dispute. Bataille. Haine. Boue. Javelot. Emploi. Joie. Motif. Conte. Flatterie.

55. Insulte. Terreur. Courage. Destinée. Lexique. Émeute. Visage. Carnage. Discorde. Revers. Chagrin. Pauvreté. Cabane. Tombe. Gorge. Durillon. Vitesse. Cloître. Rival. Défaut. Voleur. Respect. Exil. Cap.

 

Pluriel des noms en: al, ail.

Les noms terminés en al changent au pluriel al en aux. Ex.: le cheval, les chevaux; un caporal, des caporaux.

Il faut excepter bal, cal, carnaval, chacal, festival, récital, régal, qui prennent s au pluriel: des bals, des cals, des carnavals, des chacals, des festivals, des récitals, des régals.

Quelques autres, peu employés au pluriel, prennent aussi s: ainsi aval, archal, bancal, narval, nopal, official, pal, santal ou sandal, serval, font des avals, des officials, etc.

Sept noms en ail: bail, corail, émail, soupirail, vantail, travail, vitrail, changent au pluriel ail en aux: des baux, des coraux, des émaux, des soupiraux, des vantaux, des travaux[3], des vitraux.

Tous les autres noms en ail prennent s: des portails, des détails.

Ail fait au pluriel aulx: J’ai planté des aulx. Cependant, en terme de botanique, ail fait ails: la famille des ails.

Bercail n’a pas de pluriel.—Bestiaux sert de pluriel à bétail.

Généralement, aïeul fait au pluriel aïeux; ciel fait cieux, et œil fait yeux (V. p. 198).

Questionnaire: Comment les noms en al forment-ils leur pluriel? Quels sont ceux qui font exception?—Nommez les noms en ail qui changent ail en aux, au pluriel.—Quels sont les pluriels de ail?—Quelle remarque faites-vous sur les noms bercail et bétail?—Quel est le pluriel le plus ordinaire de aïeul, ciel, œil?

 

Exercice 56.Mettez au pluriel les membres de phrase suivants:

Le vaisseau de l’amiral. Le portail du château. Le bétail de la ferme. L’hyène et le chacal. Le bal du carnaval. Le vitrail du caveau. L’aïeul de ce héros. La larme à l’œil. Le chapeau du général. Le cactus et le nopal. Le bouchon du bocal. Le camail du cardinal. Le cri du serval. La couleur de cet émail. L’épouvantail pour l’oiseau. Le minéral et le végétal. Le succès du rival. Le travail de l’ouvrier. Le total de l’addition. Le poitrail du cheval. Le chirurgien de cet hôpital. L’éventail de la dame. L’étoile du ciel. Le gouvernail du bateau. Le chenal du canal. Le pied du corail. Le détail de l’histoire. Le vantail de la porte. La signature du bail. Le socle et le piédestal.

Exercice 57.Mettez au pluriel les phrases suivantes:

Le métal est un minéral. Le chou est un légume. La guerre est un fléau. Le sapajou est un singe. L’éponge est un animal. La queue du cygne est un gouvernail. Le narval est un cétacé. Une bague est un bijou. Le cal est un durillon. Le lionceau est le petit du lion. Le bancal est un sabre. Le sandal est un bois de l’Inde. Le pou est un insecte. Le bétail est la fortune du fermier. Le bigarreau est une cerise. Le neveu est le fils du frère ou de la sœur. Le canezou est un vêtement. L’amadou est un végétal. Le boisseau est une mesure. L’arsenal est un magasin. Le chalumeau est un instrument. Cette boisson est un cordial. Le fanal est une lanterne. Le pic est un oiseau.

LECTURE et DICTÉE.—Les Normands.

Exercice 58.Remplacez le tiret par le nom convenable:

Les Normands ou —— du —— étaient des —— danois et norvégiens qui, chaque ——, au printemps, abandonnaient leur —— pour aller piller, voler et tuer. Ils étaient d’un —— si aventureux et si téméraire qu’on les appelait et qu’ils s’appelaient eux-mêmes —— de la mer. Rapides comme des —— de proie, ils débarquaient soudainement sur les ——, en dépit de la ——; ils remontaient l’embouchure des ——, et changeaient en déserts les plus belles ——; ils tuaient les —— et les —— ou les jetaient vivants dans les —— des maisons incendiées, réduisaient les hommes en ——, et revenaient à la côte chargés de ——.

Charlemagne avait prévu les —— normandes. Voyant un —— les —— de ces pirates s’avancer jusque dans un —— de la Méditerranée, il les considéra longuement, et ses —— se remplirent de ——. «Je ne crains pas ces ——, dit-il, mais j’éprouve une grande —— en songeant aux —— dont ils accableront mes ——.»

C. A.

Exercice 59.Faites ce récit: 1º oralement; 2º par écrit.

Exercice 60.Corrigez, s’il y a lieu, les noms en italique:

Les python sont les serpent les plus gros. Les cheval et les bœuf sont les plus utiles des animal. Les chameau plient les genou pour recevoir les fardeau. Les lynx, chat sauvages, ont les œil perçants. Les roues des voiture tournent autour des essieu. Les chacal pullulent dans les déserts africains. Il y a plusieurs patois dans nos province. Les petits ruisseau font les grandes rivière. Notre-Dame a des vitrail superbes. Les hibou sont des oiseau utiles. Les nègre ont les cheveu crépus. On trouve des corail rouges et des corail blancs. Les astre brillent dans les ciel. Les wagon glissent sur les rail. Les Hindou vénèrent les crocodile. Les habitant de la Gaule sont nos aïeul.

EXERCICES DE RÉCAPITULATION.

Exercice 61.Nommez celui qui habite ou qui se trouve dans:

Une colonie. Une pension. La province. Un lycée. Une école. Un faubourg. Une métairie. Une mine. Une saline. Une caserne. Le Midi. L’Occident. Le Levant. Une prison. Un navire. Une ferme. Une plantation. Une pêcherie. Un consulat. Un ministère. Un atelier. Une île. Les montagnes. Un collège. L’Orient. Un château. La campagne. Une cité. Un village. Une préfecture. Les bords d’une rivière.

Exercices 62 et 63.Remplacez le tiret par un nom propre:

62. Le chevalier ——. Le connétable ——. Le maréchal ——. Le général ——. Le roi ——. L’empereur ——. La reine ——. L’impératrice ——. Le ministre ——. Le cardinal ——. Le conventionnel ——. Le philosophe ——. Le poète ——. Le fabuliste ——. Le peintre ——. Le sculpteur ——. Le musicien ——. Le naturaliste ——. Le chimiste ——. Le navigateur ——. Le duc de ——. Le prince de ——. Le dey d’——. Le bey de ——. Le sultan de ——. Le khédive d’——. Le schah de ——. Le tsar de ——. Le doge de ——.

63. L’inca du ——. Le calife de ——. Le stathouder de ——. Le négus d’——. La victoire de ——. La défaite de ——. La chaîne des ——. Le mont ——. Le détroit de ——. Le cap ——. Le lac ——. Le golfe de ——. L’île de ——. L’océan ——. La mer ——. Le ——, fleuve. La ——, rivière. Les draps de ——. Le miel de ——. Les soieries de ——. La coutellerie de ——. Les plaines de la ——. Les landes de ——. Les dunes de ——. Les falaises de ——. Les rochers de ——. L’étang de ——. La presqu’île de ——. La baie d’——. La pointe ——. Le vin de ——. Le cidre de ——. La bière du ——.

Exercices 64 et 65.Nommez celui qui tient une (ou un):

64. Boutique. Fabrique. Manufacture. Auberge. Filature. Tannerie. Usine. Moulin. Boulangerie. Épicerie. Mercerie. Pharmacie. Cordonnerie. Charcuterie. Boucherie. Teinturerie. Chapellerie. Banque. Hôtel. Taverne. Cabaret. Vannerie. Carrosserie. Papeterie. Librairie.

65. Imprimerie. Quincaillerie. Corderie. Tonnellerie. Coutellerie. Bourrellerie. Forge. Fonderie. Marbrerie. Fruiterie. Café. Pâtisserie. Lampisterie. Cantine. Journal. Brasserie. Restaurant. Pépinière. Jardin. Confiserie. Verrerie. Caisse. Blanchisserie. Laiterie. Herboristerie. Crémerie. Vinaigrerie. Corroirie. Charbonnerie. Graineterie.

Exercice 66.Comment appelle-t-on un (ou une) très jeune:

Lion. Loup. Lapin. Lièvre. Ane. Aigle. Cerf. Chat. Caille. Cheval. Chèvre. Canard. Coq. Carpe. Dindon. Poule. Sanglier. Ours. Souris. Bœuf. Mouton. Renard. Rat. Serpent. Baleine. Oie. Vipère. Tourterelle. Mouche. Perdrix. Pigeon. Ver. Couleuvre. Bécasse. Barbeau. Oiseau.

Exercice 67.Que conduit le ...

Pilote. Charretier. Bouvier. Berger. Chevrier. Vacher. Anier. Muletier. Porcher. Dindonnier. Batelier. Cornac. Gondolier. Voiturier. Chamelier. Mécanicien. Aéronaute. Vélocipédiste. Bicycliste. Passeur. Camionneur. Cavalier. Jockey. Cicerone. Guide. Cocher. Capitaine. Commandant. Colonel. Piqueur. Aviateur. Wattman.

Exercices 68 et 69.Nommez cinq noms:

68. qui prennent s au pluriel.69. en ou prenant s au pluriel.
   terminés par s au singulier.   en al changeant al en aux.
   terminés par x au singulier.   en al prenant s au pluriel.
   terminés par au au singulier.   en ail prenant s au pluriel.
   terminés par eu.   en ail changeant ail en aux.

LECTURE et DICTÉE.—La Rave.

Un paysan, ayant récolté une rave d’une grosseur extraordinaire, crut faire plaisir à Louis XI en la lui envoyant. Le roi n’était pas fort généreux, mais il aimait à favoriser les humbles, les petits, et il avait ses raisons pour cela. Aussi ordonna-t-il que l’on comptât cent pistoles au paysan.

Un gentilhomme, très riche et très avare, apprit cette libéralité et se dit: «Je ne ferais pas mal d’aller offrir au roi le plus beau de mes chevaux. Puisqu’il a donné cent pistoles pour une rave, quelle fortune ne va-t-il pas m’offrir pour un cheval!» Aussitôt, il prend le plus beau coursier de ses écuries et le mène à Louis XI, qu’il prie de vouloir bien l’accepter. Celui-ci, devinant le motif de vil intérêt qui avait poussé cet avare gentilhomme à lui faire ce cadeau: «J’accepte votre cheval, lui dit-il, et, comme je veux vous récompenser de votre générosité, je vous donnerai en retour quelque chose qui m’a coûté le double de la valeur de votre présent.» En achevant ces mots il offrit à l’avare, interdit et consterné..., la grosse rave dont celui-ci avait entendu parler.

C. A.

Exercice 70.Faites quatre listes: 1º une des noms masc. sing.; 2º une des noms fém. sing.; 3º une des noms masc. plur.; 4º une des noms fém. pl. de cette dictée.

Exercice 71.Racontez cette histoire: 1º oralement; 2º par écrit.

Exercices 72, 73, 74 et 75.Nommez cinq noms:

72. propres masc. sing. de personnes.73. propres fém. sing. de choses.
   propres fém. sing. de personnes.   propres masc. pl. de choses.
   propres masc. pl. de personnes.   propres fém. pl. de choses.
   propres fém. pl. de personnes.   communs m. s. de personnes.
   propres masc. sing. de choses.   communs f. s. de personnes.
74. communs masc. s. d’animaux.75. communs f. pl. de personnes.
   communs fém. sing. d’animaux.   communs m. pl. d’animaux.
   communs masc. sing. de choses.   communs f. pl. d’animaux.
   communs fém. sing. de choses.   communs m. pl. de choses.
   communs masc. pl. de personnes.   communs f. pl. de choses.

RÉDACTION D’APRÈS L’IMAGE.

 

Le bien pour le mal.

élocution: 1. Que font ces enfants?—2. Quel accident arrive-t-il? Que se passe-t-il?—3. Quel est le dénouement?Rédaction: Écrivez une historiette d’après ces images.

Exercice 76.Nommez le tout dont les noms suivants désignent une partie:

Modèle du devoir: La nacelle, partie de l’aérostat.

La nacelle. Le parapet. Le radius. La corolle. La France. L’Asie. La Bretagne. La page. Le pistil. La proue. Le moyen. Le cerneau. L’alvéole. Le cadran. La rampe. La hampe. La pupille. Le pépin. La margelle. Le tibia. Le sarment. Le tympan. Le soc. La lame. Le goulot. Le clapet. L’essieu. Le gluten. Les fanons. La crosse. La jugulaire. Les mailles. L’anse. La bielle. Une lettre. Un mot. Une phrase. La nef. Le bataillon. Le pêne. L’arc. Le segment. Le musoir. La bride.

LES TROIS RÈGNES DE LA NATURE

Tout ce qui est dans la nature se divise en trois règnes:

1º Le règne animal, comprenant les êtres animés qui naissent, vivent, se meuvent, grandissent et meurent: homme, chat.

2º Le règne végétal, comprenant les plantes qui naissent, vivent, grandissent, sans changer de place, et meurent: chêne.

3º Le règne minéral, comprenant les êtres inanimés, c’est-à-dire dépourvus de vie: fer, pierre.

Exercice 77.Dites si les choses suivantes sont fournies par un animal, par un végétal ou un minéral:

Le bois. Le pain. Le cuir. Le vin. Le poivre. Le suif. Le diamant. Le tapioca. La vanille. Le parchemin. Le fromage. La chaux. Le coton. La laine. Le gaz. La poix. La soie. La fonte. La corne. Le liège. La quinine. L’écaille. Les perles. Le carton. La baleine. L’aérolithe. La nacre. Le vinaigre. La ficelle. L’ivoire. La gomme. Les cordes de violon. Les pépites. Le vaccin. Le caoutchouc. Le tabac. La bougie. Le chocolat. La colle forte. Le sel. Les bonbons. La cire. La tôle. Le rhum. L’édredon. La margarine. La résine. L’encens, L’éponge. Le cordial. Le papier. Le verre. La porcelaine. Le pétrole. L’amiante. L’indigo. Le pastel. Le feutre. L’arsenic. Le musc.

 

ANALYSE DU NOM

Pour analyser le nom, on en indique:

L’Espèce: c’est-à-dire s’il est propre ou commun.

Le Genre: s’il est du masculin ou du féminin.

Le Nombre: s’il est du singulier ou du pluriel[4].

Par abréviation on écrit:

n. pr. pour nom proprefém. pour féminin.
n. c. pour nom commun;sing. pour singulier;
masc. pour masculin;pl. pour pluriel.

La France produit du vin, des céréales.

Francen. pr. fém. sing.
modèle d'analyse{vinn. c. masc. sing.
céréalesn. c. fém. pl.

Questionnaire: Que faut-il indiquer dans l’analyse du nom?

 

Exercices 78 et 79.Analysez les noms des phrases suivantes:

78. La France est un des pays les plus beaux du monde. La prudence est mère de la sûreté. D’énormes serpents vivent dans les forêts vierges de l’Amérique. L’union fait la force. Les rivières se jettent dans les fleuves. Bayard fut le modèle des chevaliers. L’empereur Charlemagne vainquit les Saxons. La modestie est l’ornement du mérite.

79. Il y a dans les Pyrénées des sites merveilleux. L’instruction est un trésor, le travail en est la clef. L’amiante est incombustible. La tendresse des enfants soutient les vieillards. Les soldats de la Révolution luttèrent victorieusement contre les armées de l’Europe. A Franklin est due l’invention du paratonnerre.

Exercice 80.Citez deux mots de même famille que les noms en italique.

DICTÉE et RÉCITATION.

Barbe et Cheveux.

Henri Quatre et Crillon, en bac passant la Loire,

Virent que leur passeur, robuste compagnon,

Avait les cheveux blancs et la barbe très noire:

«Le contraste est plaisant! fit remarquer Crillon;

D’où vient-il, s’il vous plaît?—Parbleu! quelle sornette!

Dit en riant le roi. Comment! toi, plein de sens,

Tu ne devines pas?... La barbe est la cadette:

Les cheveux, pour le moins, sont plus vieux de vingt ans

C. A.

Exercice 81.Analysez les noms contenus dans cette poésie.

Exercice 82.Citez deux mots de même famille que les noms en italique.

 

Complément du nom.

Le complément du nom est le mot qui complète la signification de ce nom.

Le complément d’un nom est généralement joint à ce nom par un article contracté ou par un des mots à, de, en, par, pour, sans, etc., qu’on appelle prépositions (V. p. 181).

Ex.: L’odeur de la rose est agréable.

Rose est complément du nom odeur.

Le pronom et le verbe peuvent être aussi des compléments du nom. Ex.:

Le chien est le seul animal dont la fidélité soit à l’épreuve.

Dont, pronom, est complément de fidélité (fidélité duquel).

Le désir de plaire nous rend aimables.

Plaire, verbe, est complément de désir.

Apposition.

Le nom peut avoir un autre complément, qu’on appelle apposition.

L’apposition ou complément appositif d’un nom est un mot qui, placé à côté de ce nom, n’exprime avec lui qu’une seule et même personne, un seul et même animal, une seule et même chose. Ex.: Le roi Henri. Capitaine renard. Le fer, métal précieux, est tiré de la terre.

Henri est appositif de roi; renard, de capitaine; métal, de fer.

Questionnaire: Qu’est-ce que le complément du nom?—Par quoi est-il joint à ce nom!—Quels mots peuvent être encore compléments du nom?—Qu’appelle-t-on apposition?

 

Exercice 83.Remplacez chaque tiret par l’un des noms en italique, placés entre parenthèses à la fin de la phrase:

On juge de notre esprit par nos ——, de notre cœur par nos —— (actions, paroles). A vaincre sans —— on triomphe sans —— (péril, gloire). Le bon —— fait le bon —— (soldat, capitaine). On paye cher le —— les folies du —— (matin, soir). On dit —— du froid, —— du beau (la sensation, le sentiment). —— est fille de —— (l’ignorance, la présomption). Préfère les qualités —— à celles —— (du cœur, de l’esprit). Tout —— n’est pas un —— (changement, progrès). Le monde est économe —— et prodigue —— (de critiques, d’éloges). L’avare rencontre —— au sein de —— (l’abondance, la disette). Une excellente —— ne vaut pas une bonne —— (action, affaire). On est ferme par —— et têtu par —— (principes, tempérament). —— passe —— (contentement, richesse). L’homme n’est grand que par ——, noble que par ——, respectable que par —— (la pensée, les sentiments, les vertus). Le —— sans —— n’est que —— (folie, génie, jugement).

Exercice 84.Analysez les compléments en italique dans les phrases suivantes:

La reine Marie Stuart monta sur le trône d’Ecosse. Le Cheliff, fleuve d’Algérie, se jette dans la mer Méditerranée. L’hirondelle est la messagère du printemps. Le cardinal Mazarin continua la politique de Richelieu. L’abbé Suger était le ministre du roi Louis VI. Capitaine renard fut dupe de la ruse de commère la cigogne. Les hauts pics de la chaîne des Alpes sont toujours couverts de neige. Syagrius, général des Romains, fut vaincu à Soissons par Clovis, roi des Francs.

LECTURE et DICTÉE.—Le Coq et le Renard.

Un vieux coq, volatile malin et rusé, était perché sur une branche d’arbre. Capitaine renard survient et lui dit d’une voix douce: «Frère[5], le peuple des renards et la nation des volailles ne sont plus en guerre. La signature de la paix vient d’avoir lieu. Descends vite, que je t’embrasse.—Ami[6], répond compère le coq, l’annonce de cet événement me comble de joie. J’aperçois d’ici deux chiens, agiles lévriers, qui viennent vers nous au galop, sans doute pour m’apporter la confirmation de la nouvelle. Je descends pour que nous la fêtions ensemble.—Adieu, dit le renard, je suis trop pressé aujourd’hui.» Là-dessus, il s’enfuit de toute la vitesse de ses jambes, tandis que le coq riait du succès de son invention. Car la nouvelle de l’arrivée des chiens était aussi fausse que la signature de la paix générale. Le vieux coq, animal expérimenté, avait déjoué par une ruse la ruse du renard.

C. A., d’après La Fontaine

Exercice 85.Analysez les noms en italique de cette dictée.

Exercice 86.Racontez cette fable: 1º oralement; 2º par écrit.

Exercice 87.Remplacez le tiret par le complément convenable:

Saint Louis, —— de ——, mourut de la peste à ——. Les soldats de —— vainquirent à Austerlitz les troupes des —— de —— et d’——. L’abeille, —— de l’activité, butine le suc des ——. Jeanne d’Arc, la célèbre ——, délivra la France du joug des ——. Le général —— battit à Valmy les soldats de ——. La Constituante proclama les droits de l’—— et du ——. Maître —— fut victime de la ruse du ——. L’invention de l’—— est due à Gutenberg. Édouard III, —— de —— VI, à Crécy, alla faire le siège de la —— de ——. Charles le Téméraire, —— de ——, fut le principal adversaire du —— —— XI. L’eau de la —— est salée. Le Volga, grand —— de Russie, se jette dans la mer ——. L’amour du —— natal ne s’éteint jamais dans le cœur de l’——. Louis XIV commit une grande —— en révoquant l’—— de ——.

Exercice 88.Choisissez dans la colonne de droite le complément qui convient à chacun des noms de la colonne de gauche:

Morceau, bout, tranche.de cigare, de melon, de sucre.
Les griffes, les ongles, les serres.de l’homme, du lion, de l’aigle.
Collection, réunion, galerie, recueil.d’anecdotes, de plantes, de tableaux, d’électeurs.
Différence, distinction, variété.d’âge, de couleurs, de rang.
Carapace, coquille, écaille.d’huître, de limaçon, de tortue.
Débris, décombres, ruines.d’une maison, d’un pâté, d’un château.
Baril, barrique, pipe.d’eau-de-vie, de poudre, de vin.
Capitaine, commandant, général.d’armée, de place, de vaisseau.
Garde, gardeur, gardien.de dindons, d’une forêt, de prison.
L’arome, le fumet, le parfum.du café, de la fleur, du rôti.
Les bornes, les limites, le terme.d’un champ, de l’Océan, de la vie.
Le bâton, la béquille, la crosse, la houlette.de l’évêque, du berger, du voyageur, de l’infirme.
Le chant, le cri, le ramage.de l’aigle, du coq, du pinson.
Les dents, les crocs, les défenses.du sanglier, du chien, du cheval.

Exercice 89.Comme pour l’exercice 88:

Les contes, les comédies, l’histoire, les tragédies, les fables, les lettres.de Molière, de Corneille, de Perrault, de Mme de Sévigné, de Florian, de Michelet.
Bourriche, caisse, picotin, pot, tasse, seau.de confitures, d’eau, d’huîtres, de savon, d’avoine, de café.
Écriteau, épitaphe, épigraphe, enseigne, inscription.d’un livre, d’un magasin, d’un tombeau, d’un monument, d’une rue.
La cime, le comble, le faîte, le sommet, le bout.d’une maison, des grandeurs, d’un arbre, d’un bâton, de la tête.
Civet, fricassée, gibelotte, ragoût, matelote, purée.de mouton, d’anguille, de lièvre, de pois, de poulet, de lapin.
Comtat, comté, duché, empire, principauté, royaume, république.de Nice, de Suède, d’Avignon, des Indes, d’Andorre, de Monaco, de Luxembourg.
La mer, l’île, le détroit, le golfe, l’isthme, le mont, le pic, la chaîne, le lac, le cap, l’océan, le puy, les collines, le canal, la pointe.Blanc, de Gibraltar, Indien, de la Hague, du Raz, du Caucase, de Genève, du Midi, de Briare, de Ré, de Sancy, du Lion, du Nord, de Corinthe, du Poitou.

Exercice 90.Donnez deux compléments à chaque nom:

Modèle du devoir: Un sac de dragées, de pommes.

Un sac. Un régiment. Une botte. Un troupeau. Une poignée. Une paire. Une gerbe. Une caisse. Une pile. Une douzaine. Un banc. Un essaim. Un paquet. Une nichée. Une planche. Un trousseau. Une troupe. Une rangée. Une masse. Une chaîne. Un tas. Une provision.


 

II.—L’ARTICLE

L’article est un mot qui se place devant les noms pour indiquer qu’ils sont pris dans un sens défini, indéfini ou partitif.

L’article s’accorde toujours en genre et en nombre avec le nom auquel il se rapporte.

Il y a trois sortes d’articles: l’article défini, l’article indéfini et l’article partitif.

Articles définis.

Les articles définis se mettent devant les noms dont le sens est déterminé, défini: le chien du berger.

Les articles définis sont: le, la, les; au, aux, du, des.

Le, pour le masculin singulier: le ciel.

La, pour le féminin singulier: la terre.

Les, pour le pluriel des deux genres: les airs, les eaux.

Remarque.—Les noms propres de personnes et de villes, qui ont par eux-mêmes un sens déterminé, complet, ne sont pas précédés de l’article: Paul, Pierre, Paris, Lyon.

Les autres noms géographiques doivent suivre l’article: ainsi l’on dit: la France, le Rhin, les Alpes, pour la contrée appelée France, le fleuve appelé Rhin, les montagnes appelées Alpes.

Questionnaire: Qu’est-ce que l’article?—Comment s’accorde l’article?—Combien y a-t-il de sortes d’articles?—Devant quels noms place-t-on les articles définis?—Nommez les articles définis.—Quels sont les noms propres qui ne doivent pas être précédés de l’article?—Quels sont ceux qui doivent en être précédés?

 

Exercice 91.L’élève placera devant chacun des noms suivants un des articles définis le, la, les:

1º Victoire. Légumes. Roses. Cime. Platine. Gloire. Papillons. Parafe. Pore. Pantomime. Masque. Neiges. Quine. Phare. Drapeaux. Cèpe. Dinde. Génie. Pensées. Girofle. Clown. Réglisse. Poésie. Père. Paire. Arts. Crabe. Sentinelle. Décime. Musique. Cuillère.

2º Chrysanthème. Carpes. Falaise. Bécarre. Quinine. Richesses. Pétale. Racine. Trèfle. Nacre. Rochers. Patère. Girafe. Pédale. Feuilles. Défilés. Centime. Cataracte. Vagues. Flamme. Concombre. Chanvre. Fleurs. Baie. Paroi. Crique. Cirque. Scarabée. Étoiles. Jujube. Trapèze. Maire. Mère. Foi. Foie. Gaz. Gaze. Chaîne. Chêne.

 

Article défini élidé.

Les articles définis le, la, sont sujets à l’élision, et les articles définis le, les, à la contraction.

L’élision consiste dans la suppression (dans le, la) des voyelles e, a, qui sont remplacées par une apostrophe.

L’élision a pour objet d’empêcher un hiatus, c’est-à-dire l’effet désagréable produit par la rencontre de deux voyelles, comme dans le ami.

On élide les articles définis le, la, devant tout mot commençant par une voyelle ou un h muet. Ainsi:

Au lieu d’écrire et de prononcer: le oiseau, la histoire, la amitié, on écrit et on prononce: l’oiseau, l’histoire, l’amitié.

L’article l’ est alors appelé article élidé.

Questionnaire: A quoi est sujet l’article défini?—En quoi consiste l’élision?—Quel est l’objet de l’élision?—Quand élide-t-on les articles définis le, la?

 

Exercice 92.Remplacez le tiret par le, la, l’ ou les:

—— hirondelle nous quitte en automne. —— hérisson a des piquants. —— haricot, —— lentille, —— fève et —— pois sont des féculents. —— poisson se prend à —— hameçon. —— hareng quitte tous —— ans —— océan Glacial pour venir sur —— côtes de —— Hollande et de —— Écosse. —— guerriers se servaient autrefois de —— hache d’armes. —— hanneton ronge —— racines des plantes et —— écorce des arbres. —— yucca est une plante exotique. Ne comptez pas sur —— hasard. —— héroïsme de d’Assas sauva —— armée. Ney est —— héros de —— retraite de Russie. —— uhlan est armé de —— lance. —— herse sert à couvrir —— semence et à écraser —— mottes. —— ouate est du coton soyeux. —— yacht est un bateau.

Exercices 93 et 94.Mettez l’article défini:

93.Le devant cinq noms de94.Les devant cinq noms masc. de
 personnes. personnes.
Le devant cinq noms d’animaux.Les devant cinq noms fém. de
Le devant cinq noms de choses. personnes.
La devant cinq noms deLes devant cinq noms masc.
 personnes. d’animaux.
La devant cinq noms d’animaux.Les devant cinq noms fém.
La devant cinq noms de choses. d’animaux.
L’ devant cinq noms deLes devant cinq noms masc.
 personnes. de choses.
L’ devant cinq noms d’animaux.Les devant cinq noms fém. de
L’ devant cinq noms de choses. choses.

 

Article défini contracté.

Contracté veut dire resserré. La contraction est la réunion de plusieurs mots, de plusieurs sons en un seul.

Les articles contractés sont formés par la réunion des articles définis le, les avec les prépositions à, de.

Les articles définis contractés sont:

au, mis pour à le.    du, mis pour de le.
aux, mis pour à les.    des, mis pour de les.

On contracte l’article:

1º devant les mots pluriels: aux amis, des villes;

2º devant un mot masculin singulier commençant par une consonne ou un h aspiré: du village, au hameau.

Questionnaire: Qu’est-ce que la contraction?—Comment sont formés les articles définis contractés?—Nommez-les.—Quand contracte-t-on l’article?

 

Exercice 95.Remplacez les points par un article défini ou élidé, et le tiret par un article contracté ou par à l’, à la, de l’, de la:

.. lever —— aurore.. serres —— vautour.. bifteck —— pommes
.. rayon —— soleil.. sardine —— huile.. sifflement —— balles
.. pêche —— grenouille.. asperge —— vinaigre.. savanes —— Amérique
.. crème —— vanille.. chasse —— lièvre.. anguille —— matelote
.. leçons —— maître.. steppes —— Russie.. perdrix —— choux

Exercice 96.Faites passer les noms suivants par chacune des trois formes: 1º Le, la, les; 2º Du, de la, des; 3º Au, à la, aux:

Modèle du devoir: L’honneur, de l’honneur, à l’honneur.

Honneur. Patrie. Devoir. Haie. Spectacle. Chevaux. Hibou. Obus. Image. Peau. Pot. Joujoux. Harmonie. Héron. Mort. Mors. Oasis.

DICTÉE.—Le Charbonnier et le Blanchisseur.

Exercice 97.Remplacez le tiret par un article défini:

—— charbonnier, voisin —— blanchisseur, lui dit un jour: «—— maison où je demeure contiendrait bien —— marchandises que nous possédons tous deux; venez donc l’habiter, ce sera une diminution —— frais.» «Merci de —— intention, —— ami,» répondit —— blanchisseur, «mais je me trouverais mal —— mélange: —— charbons noirciraient —— toile que j’ai tant de peine à blanchir.»

Cet apologue montre —— enfants que nous devons nous garer —— contacts qui peuvent ternir —— pureté de —— conscience. Qu’ils imitent toujours —— prudence —— blanchisseur!

C. A.

Exercice 98.Faites ce récit: 1º oralement; 2º par écrit.

 

Articles indéfinis.

Les articles indéfinis se mettent devant les noms dont le sens est vague, général, indéfini: La rose est une fleur.

Les articles indéfinis sont:

Un, pour le masculin singulier: un bouquet.

Une, pour le féminin singulier: une fleur.

Des, pour le pluriel des deux genres: des lis, des roses.

Remarque.Des est article défini quand il est le pluriel de du; il est article indéfini quand il est le pluriel de un, une.

Questionnaire: Devant quels mots place-t-on les articles définis?—Quels sont les articles indéfinis?—Quand des est-il article défini? Quand est-il article indéfini?

 

Exercice 99.Remplacez le tiret par l’article convenable:

Franklin est —— inventeur —— paratonnerre. —— autruche est impropre —— vol bien qu’elle ait —— ailes. —— lune réfléchit —— lumière —— soleil. —— iceberg est —— masse flottante détachée de —— banquise ou d’ —— glacier polaire. —— renne est aussi utile —— Lapons que —— dromadaire ou —— chameau —— Arabes. —— Gange se jette dans —— golfe —— Bengale par —— vaste delta. —— odorat est —— avant-coureur —— goût. —— bonbons sont —— friandise et non —— aliment. —— frère est —— ami donné par —— nature. —— cours annuel —— soleil ajuste tous —— ans un cercle —— troncs —— arbres. —— France est —— —— plus beaux pays —— monde.

LECTURE et DICTÉE.—Le rusé pillard.

Dans le sac d’une ville de la Turquie d’Asie, des cavaliers et des fantassins pillaient la maison d’un riche négociant. Un brave Arabe avait mis la main sur une énorme bourse d’or. Craignant qu’on ne lui enlevât sa proie, le malin compère s’avisa de la jeter dans une marmite qui était auprès du feu dans la cuisine; puis il prit la marmite dans ses bras, et se retira en toute hâte. Les nombreux camarades qui l’aperçurent ne purent s’empêcher de rire en le voyant faire un pareil choix, tandis que tous les autres s’emparaient de choses plus précieuses. Le pauvre Arabe répondait tranquillement aux pillards: «J’emporte ce qui est nécessaire à ma famille; pour le reste, Allah et le hasard y pourvoiront.» Et le rusé compère sauva ainsi son butin.

C. A.

Exercice 100.Racontez cette historiette: 1º oralement; 2º par écrit.

Exercice 101.Dites si les articles en italique sont définis (élidés ou contractés) ou indéfinis.

 

Articles partitifs.

Les articles contractés du, des et le groupe de la sont dits articles partitifs, parce qu’ils se placent devant les noms qui ne désignent qu’une partie d’un tout. Ex.:

J’ai mangé du beurre, de la crème, des fruits.

Si le nom est précédé d’un adjectif, on emploie de au lieu de du, de la, des. Ex.:

J’ai mangé de bon beurre, de bonne crème, de bons fruits[7].

Remarque.—Cependant si l’adjectif et le nom sont liés de manière à former une sorte de nom composé, comme jeunes gens, petits pois, bas-relief, etc., on met du, de la, des, et non de. Ex.: J’ai mangé des petits pois.

Questionnaire: Quand emploie-t-on du, de la, des?—Quand doit-on employer de au lieu de du, de la, des?—Quelle remarque faites-vous?

 

Exercices 102 et 103.Remplacez le tiret par l’un des articles du, de la, des, ou par la préposition de:

102. Brunehaut périt dans —— souffrances atroces. Ne vous liez qu’avec —— honnêtes gens. Molière a écrit —— comédies célèbres et La Fontaine —— jolies fables. La Bourgogne produit —— vin excellent. En été, —— fortes chaleurs dessèchent la terre. Lyon fabrique —— belles soieries. Le Nord fabrique —— bière délicieuse. Nous aimons mieux —— exemples bien choisis que —— savantes théories. On trouve en Afrique —— vastes déserts, —— immenses forêts, —— arbres gigantesques, —— énormes serpents, —— nombreux crocodiles, —— animaux féroces, —— innombrables singes et —— oiseaux de toutes sortes.

103. La légèreté est le défaut —— jeunes gens. La France donne surtout —— bon blé et —— vin exquis. Nous eûmes à déjeuner —— pâté délicieux, —— excellents œufs frits, —— petits pois, —— bon fromage et —— fruits savoureux. Que de gens croient dire —— mots spirituels et ne disent que —— mauvais quolibets! Dans le Roussillon on voit —— orangers superbes pousser en pleine terre. Langres fabrique —— coutellerie renommée. Les Pyrénées donnent —— beaux marbres. L’écolier paresseux a toujours —— mauvaises notes. Il y a en Belgique —— grandes fabriques et —— usines importantes. L’Amérique du Sud est couverte —— forêts impénétrables que coupent —— larges cours d’eau. Préférons —— censeurs éclairés à —— complaisants amis. On va chercher loin —— beaux sites, quand on a —— paysages si merveilleux en France.

 

ANALYSE DE L’ARTICLE.

Pour analyser l’article, on en indique:

L’Espèce: c’est-à-dire s’il est défini (élidé ou contracté), indéfini, partitif.
Le Genre: s’il est du masculin ou du féminin.
Le Nombre: s’il est du singulier ou du pluriel.
La Fonction: c’est-à-dire le nom qu’il détermine.

Par abréviation, on écrit:

art. pour article;  cont. pour contracté;
déf. pour défini;  indéf. pour indéfini;
él. pour élidé;  dét. pour détermine.

Ex.: Le fusil du soldat. L’obéissance aux lois.

Leart. déf. masc. sing. dét. fusil.
MODÈLE{duart. déf. cont. masc. sing. dét. soldat.
D’ANALYSEL’art. déf. fém. sing. dét. obéissance.
auxart. déf. cont. fém. pl. dét. lois.

Questionnaire: Que faut-il indiquer dans l’analyse de l’article? (V. analyse, p. 259.)

 

Exercices 104 et 105.—1º Remplacez le tiret par l’article convenable; 2º analysez ces articles:

—— amour filial est —— premier devoir —— enfants. —— présomption est fille de —— ignorance. —— travail est —— loi de —— vie. —— printemps, —— nature sourit —— pauvres gens. C’est de —— instruction de —— jeunesse que dépend —— sort —— États. —— bons maîtres font —— bons serviteurs. —— gloire —— méchants en —— moment s’éteint. —— morale est —— science —— devoir. —— motif n’est pas —— excuse. —— ordre, c’est —— temps et de —— argent. La plupart —— oiseaux accrochent leurs nids —— branches —— arbres. —— cimeterre et —— yatagan sont —— sabres.

LECTURE et DICTÉE.—Le Déserteur.

C’est pendant la guerre, le pays est envahi. Les ténèbres couvrent la campagne. Un jeune soldat, fuyant l’armée, revient à la cabane que sa mère habite à la lisière des bois. Il frappe à la porte. «Qui est là? demande la mère.—C’est moi, votre fils.—Vous, mon fils? Vous mentez! Mon fils est au régiment; il défend la patrie.»

La mère, dans sa droiture héroïque, ne peut croire au retour du fils. C’est que déserter devant l’ennemi est un crime affreux, dont la pensée même ne saurait venir aux âmes loyales.

C. A., d’après A. de La Forge.

Exercice 106.Analysez les articles contenus dans cette dictée.

Exercice 107.Faites ce récit: 1º oralement; 2º par écrit.


III.—L’ADJECTIF

Tous les êtres, tous les objets possèdent des qualités. Ainsi: le soldat est brave, l’abeille est laborieuse, la terre est ronde, etc.

Les mots brave, laborieuse, ronde, qui qualifient, qui disent comment sont le soldat, l’abeille, la terre, sont appelés adjectifs.

Dans les phrases suivantes: mon cahier est propre, cette fleur est fanée, le quatrième mois de l’année, le sens des mots cahier, fleur, mois, est précis, déterminé. Il ne s’agit pas d’un cahier, d’une fleur, d’un mois quelconques, mais il est question d’un cahier particulier (mon cahier), d’une fleur particulière (cette fleur), d’un mois particulier (le quatrième).

Les mots mon, cette, quatrième, qui déterminent l’étendue de la signification des noms, en joignant à chacun d’eux une idée particulière de possession, d’indication, d’ordre, sont des adjectifs.

L’adjectif est un mot qui s’ajoute au nom pour le qualifier ou pour le déterminer.

On distingue: 1º les adjectifs qualificatifs; 2º les adjectifs possessifs, démonstratifs, interrogatifs, indéfinis et numéraux.

Adjectif qualificatif.

L’adjectif qualificatif est un mot qui s’ajoute au nom pour en faire connaître la qualité: enfant studieux, tigre cruel, marbre poli.

Les mots studieux, cruel, poli, qui ajoutent une qualification aux noms enfant, tigre, marbre, sont des adjectifs qualificatifs.

On reconnaît qu’un mot est adjectif quand on peut y joindre un nom de personne, d’animal ou de chose.

Ainsi modeste, fidèle, propre, sont des adjectifs qualificatifs, parce qu’on peut dire enfant modeste, chien fidèle, cahier propre.

Questionnaire: Qu’est-ce que l’adjectif?—Combien distingue-t-on d’adjectifs?—Qu’est-ce que l’adjectif qualificatif?—A quoi le reconnaît-on?

 

Exercice 108.Joignez deux noms à chaque adjectif:

Modèle du devoir: Dévouémère dévouée, maître dévoué.

Dévoué. Fraternel. Terrible. Rapide. Pauvre. Glorieux. Délicieux. Agile. Courageux. Vaste. Profond. Facile. Haut. Nuisible. Précieux.

Exercice 109.Faites entrer chaque adjectif dans une phrase:

Modèle du devoir: Les maîtres et les maîtresses sont dévoués à leurs élèves.

Exercice 110.Joignez trois adjectifs qualificatifs à chacun des noms suivants:

Papillon. Coup. Océan. Ville. Campagne. Pays. Récit. Fleur. Liqueur. Esprit. Été. Couleur. Santé. Eau. Nuage. Guerre. Raisin.

DICTÉE et RÉCITATION.

L’Enfant et les Noisettes.

Un jeune enfant, moitié gourmand et moitié sot,

Dans l’office, un beau jour, pénétrant en cachette,

            Met sa main dans un petit pot

Où logent fin pruneau, figue grasse et noisette.

Il en emplit sa main tant qu’elle en peut tenir,

Puis veut la retirer, mais n’y peut parvenir.

    De là des pleurs, des cris, de la colère:

Il voulait tout avoir et ne le pouvait pas.

«Cher enfant, dit alors son indulgent grand-père,

Contente-toi de peu; et ce peu, tu l’auras.»

C. A.

Exercice 111.Soulignez les adjectifs qualificatifs de cette dictée.

Exercice 112.Racontez cette fable: 1º oralement; 2º par écrit.

Exercices 113 et 114.Joignez trois adjectifs à chaque nom:

113. Hirondelle. Conte. Bataille. Carton. Tigre. Orage. Sabre. Lune. Coteau. Camarade. Figure. Source.—114. Ferme. Parc. Grotte. Nuit. Travail. Navire. Nation. Rivière. Ruche. Chamois. Sceau. Demeure.

LECTURE et DICTÉE.—La Patrie.

La patrie, chers enfants, ce n’est pas seulement votre plaine ou votre coteau, la flèche élancée de votre clocher ou la cime verdoyante de vos arbres, ou les chansons monotones de vos pâtres! La patrie, c’est ce qui parle notre belle langue, c’est ce qui fait battre nos cœurs, c’est l’unité de notre magnifique territoire, c’est notre indépendance absolue, c’est la gloire ineffaçable de nos pères, c’est la communauté du nom français, c’est la grandeur de la liberté! La patrie, c’est l’azur de notre ciel bleu, c’est le doux soleil qui nous éclaire, les beaux fleuves qui nous arrosent, les vertes forêts qui nous ombragent et les terres fertiles qui s’étendent sous nos pas! La patrie, c’est l’ensemble indivisible de nos concitoyens, grands ou petits, riches ou pauvres! La patrie, c’est la nation qui a droit à notre entier dévouement, et que vous devez honorer, servir, défendre de toutes les facultés de votre intelligence, de toutes les forces de vos bras, de toute l’énergie et de tout l’amour d’un cœur désintéressé!

D’après Cormenin.

Exercice 115.Soulignez les adjectifs qualificatifs de cette dictée.

Exercice 116.Citez deux mots de même famille que les noms en italique.

Exercice 117.Indiquez un adjectif dérivant des noms suivants:

Modèle du devoir: Histoire, historique.

Histoire. Fable. Orgueil. Cruauté. Difficulté. Champ. Victoire. Nation. Honneur. Douleur. Héros. Pardon. Verdure. Fureur. Soleil. Faveur. Triangle. Étude. Horizon. Horreur. Mensonge. Loyauté. Appétit. Ministre. Agrément. Grammaire. Vertu. Enthousiasme.

LECTURE et DICTÉE.—Le Distrait spirituel.

La Fontaine, ce poète d’une sensibilité délicate et d’une malicieuse bonhomie, dont les fables exquises sont devenues un livre universel, était l’homme le plus distrait de la terre. Il rêvait sans cesse à ses personnages ou à ses auteurs favoris.

Le prince de Condé l’invita un jour à un repas, mais le poète oublieux n’y alla point. De là, grande colère du prince. Sur le conseil d’un ami, La Fontaine se rendit auprès du vainqueur de Rocroi pour lui présenter ses humbles excuses. Dès que Condé l’aperçut, il lui tourna le dos. «Merci, Monseigneur, s’écria le malin fabuliste. On m’avait dit que vous étiez fâché contre moi, mais je vois bien qu’il n’en est rien.—Voilà qui est singulier, fit le prince surpris; et à quoi donc voyez-vous cela?—Votre Altesse me tourne le dos, et elle n’a pas l’habitude d’agir ainsi avec ses ennemis.» Cet adroit compliment fit tomber la mauvaise humeur de Condé, qui tendit la main au spirituel poète.

C. A.

Exercice 118.Soulignez les adjectifs qualificatifs de cette dictée.

Exercice 119.Racontez cette histoire: 1º oralement; 2º par écrit.

Exercice 120.Joignez à chaque nom de la colonne de gauche l’adjectif de la colonne de droite qui lui conviendra le mieux:

Écolier, jongleur, négociateur. Adroit, habile, intelligent.
Aliment, suc, viande. nourricier, nourrissant, nutritif.
Air, eau, fruit. pur, sain, salubre.
Chapeau, viande, marchandise. avarié, gâté, abîmé.
Torrent, caractère, coursier. fougueux, impétueux, violent.
Rang, présidence, titre. honorifique, honorable, honoraire.
Asile, île, maison. désert, inhabité, solitaire.
Éclair, papillon, chamois. léger, rapide, agile.
Être, homme, siècle. éclairé, instruit, intelligent.
Vêtement, discours, parole. succinct, court, bref.
Bois, odeur, saveur, goût. doux, exquis, odorant, suave.

 

Formation du féminin dans les adjectifs.

L’adjectif n’a par lui-même ni genre ni nombre; mais il varie dans sa terminaison, selon le genre et le nombre du nom auquel il se rapporte.

Règle générale.

On forme le féminin d’un adjectif en ajoutant un e muet au masculin. Ex.: un homme poli, une femme polie; un océan glacial, une mer glaciale.

Exception.—Si l’adjectif est terminé au masculin par un e muet, comme honnête, sobre, habile, il ne change pas au féminin. Ex.: un général habile, une manœuvre habile.

Féminin des adjectifs en: f, x.

Les adjectifs terminés au masculin par f changent au féminin f en ve: vif, vive; neuf, neuve.

⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓

Les adjectifs terminés au masculin par x changent au féminin x en se: heureux, heureuse.

Il faut excepter doux, faux, roux, préfix, vieux, qui font au féminin douce, fausse, rousse, préfixe, vieille.

Questionnaire: Comment forme-t-on le féminin d’un adjectif?—Quel est le féminin des adjectifs terminés au masculin par un e muet?—Comment se forme le féminin des adjectifs terminés par f?—Par x?—Quelles sont les exceptions?

 

Exercices 121 et 122.Mettez au féminin le devoir suivant:

Modèle de devoir: Le maître instruit, la maîtresse instruite.

121. Le maître instruit.  L’ouvrier actif.  Le poulain vif.
  Le chien fidèle.  Le mulet entêté.  L’oncle vieux.
  Le marchand juif.  Le mur délabré.  Le salon obscur.
  Le pré vert.  L’agneau doux.  Le nègre paresseux.
  Le père heureux.  L’écolier oisif.  Le coteau verdoyant.
  Le lecteur intelligent.  L’ours gourmand.  Le neveu respectueux.

⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓

122. Le héros généreux.  Le fossé profond.  L’espoir déçu.
  Le tigre féroce.  Le bœuf roux.  Le paon orgueilleux.
  Le duc hautain.  L’hôte poli.  L’herbage tendre.
  L’inspecteur sévère.  Le lion courageux.  Le frère prévenant.
  Mon petit cousin.  Le compère bavard.  Le citoyen loyal.
  Le compagnon gai.  Le serviteur diligent.  Le directeur habile.
  Le terrain sablonneux.  L’acteur prétentieux.  Le chat fin et sournois.

Exercices 123 et 124.Joignez à chacun des adjectifs suivants un nom masculin et un nom féminin convenables:

Modèle du devoir: Bleu: océan bleu, mer bleue.

123. Bleu. Instructif. Doux. Gai. Sournois. Faux. Chétif. Prudent. Original. Généreux. Escarpé. Bavard. Grand. Vrai. Dangereux. Bref.

124. Captif. Parfait. Fertile. Niais. Majestueux. Plaintif. Belliqueux. Exquis. Plat. Saint. Brillant. Oisif. Exact. Touffu. Délicat. Sincère.

LECTURE et DICTÉE.—Jules et Paul.

Le petit Jules était orphelin. Il habitait chez un oncle âgé, fort riche, et comme sa bourse était bien garnie, il se montrait généreux envers les indigents. Il faisait régulièrement l’aumône à Paul, jeune garçon très pauvre, un peu plus grand que lui. Une nuit, le feu prit chez Jules, et le malheureux, surpris par les flammes, ne put sortir à temps de sa chambre. Effrayé, tremblant, il appelait à l’aide par la fenêtre, et son oncle, désespéré, mais trop vieux, ne pouvait le secourir. Jules était perdu. Tout à coup, Paul, désireux de montrer qu’il est reconnaissant envers son petit bienfaiteur, s’élance au milieu des flammes. Haletant, épuisé, mais courageux et persévérant, il arrache Jules à la mort; puis, modeste autant que brave, il rentre chez lui en se dérobant aux applaudissements de la foule.

Paul montra, une fois encore, que les bienfaits portent toujours leur fruit.

C. A.

Exercice 125.Racontez cette historiette: 1º oralement; 2º par écrit.

Exercice 126.Dans la dictée ci-dessus, mettez au féminin les mots en italique, et prenez comme titre: Julie et Pauline.

Exercice 127.Remplacez le tiret par un adjectif convenable:

Le soleil est ——. La mer est ——. La fourmi est ——. L’âne est ——. Bayard était ——. La Beauce est ——. Le loup est ——. Le perroquet est ——. Le bœuf est ——. Le chien est ——. La chèvre est ——. Le lion est ——. Le jonc est ——. Le verre est ——. La brebis est ——. Crésus était ——. Néron était ——. Ésope était ——. Mirabeau était ——. Le diamant est ——. Le rubis est ——. La topaze est ——. L’émeraude est ——. Le saphir est ——. L’améthyste est ——. Le grenat est ——. La turquoise est ——. Le corail est ——. L’arc-en-ciel est ——, ——, ——, ——, ——, ——, ——. Le houx est ——. La cendre est ——. La neige est ——. La suie est ——. L’argent est ——. L’or est ——. Le miel est ——. Le fiel est ——. L’eau, qui est —— à l’état naturel, devient —— par le refroidissement, et —— par la chaleur.

 

Féminin des adjectifs en: er, gu.

Les adjectifs terminés au masculin par er forment leur féminin en changeant er en ère: léger, légère; entier, entière.

⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓

Les adjectifs terminés au masculin par gu prennent au féminin un e surmonté d’un tréma: son aigu, voix aiguë.

Sans le tréma, la finale gué serait muette, comme dans figue, bague.

⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓

Féminin des adjectifs en: el, eil, en, et, on.

Les adjectifs terminés au masculin par el, eil, en, et, on, doublent au féminin la consonne finale et ajoutent l’e muet: solennel, solennelle; vermeil, vermeille; ancien, ancienne; cadet, cadette; bon, bonne.

EXCEPTIONS ET REMARQUES.

Complet, concret, discret, inquiet, replet, secret, font au féminin complète, concrète, discrète, inquiète, replète, secrète.

Nul, épais, gros, gentil, exprès, profès, doublent au féminin la consonne finale et prennent l’e muet: nulle, épaisse, grosse, gentille, expresse, professe.

Bas, gras, las, sot, vieillot, pâlot, paysan, suivent la même règle: basse, grasse, lasse, sotte, vieillotte, pâlotte, paysanne.

Aucun des autres adjectifs en as, ot, an ne redouble au féminin la consonne finale: ras, rase; idiot, idiote; persan, persane.

Questionnaire: Comment se forme le féminin des adjectifs en er?—Comment se forme le féminin des adjectifs en gu?—Comment se forme le féminin des adjectifs en el, eil, en, et, on?—Quels sont les adjectifs en et qui font exception?—Donnez le féminin des adjectifs cités en remarque: nul, épais, gros, etc.

 

Exercices 128 et 129.Faites entrer chaque adjectif dans une phrase:

128. Gai. National, Aigre. Sucré. Honnête. Rusé. Égal. Charitable, Doux. Soyeux. Fin. Aimable. Lent. Riche. Influent. Misérable. Valeureux. Propre. Houleux. Paisible. Radieux. Généreux. Diligent.

129. Tricolore. Fier. Industrieux. Grimacier. Poltron. Amer. Étroit. Difficile. Victorieux. Utile. Lourd. Avare. Spirituel. Méfiant. Gentil. Superbe. Profond. Agréable. Admirable. Audacieux. Bienfaisant.

Exercices 130 et 131.Joignez à chacun des adjectifs suivants un nom masculin et un nom féminin convenables:

Modèle du devoir: Léger: Papillon léger, plume légère.

130. Léger. Épais. Violet. Paysan. Altier. Exigu. Las. Cher. Officiel. Indiscret. Mignon. Prisonnier. Forestier. Gras. Sauf. Sot.

131. Guerrier. Contigu. Curieux. Vermeil. Ancien. Exprès. Neuf. Familier. Persan. Inquiet. Amer. Douillet. Mitoyen. Net. Tel. Périlleux.

LECTURE et DICTÉE.—Un Ami dévoué.

Léon était désobéissant et léger, mais très bon. Cette qualité le rendait poli envers les serviteurs, généreux pour les pauvres, doux pour les animaux. Il était surtout caressant et gentil pour son chien, ami dévoué qui le suivait partout. Par un matin vermeil, Léon, malgré la défense formelle de son père, s’en alla tout seul au bois. Il ne tarda pas à s’égarer sous les branchages épais. Le jour entier s’écoula, le soir vint; le père de Léon était bien inquiet. Le petit garçon se trouvait très las et fort sot, très effrayé surtout. Il pleurait, il appelait et ses cris finirent par attirer un loup. La bête féroce allait se jeter sur lui et le dévorer, quand un protecteur inattendu se précipita sur l’animal et l’étrangla.

C’était le chien de Léon qui venait d’arriver juste à point pour sauver la vie de son jeune maître.

C. A.

Exercice 132.Racontez cette historiette: 1º oralement; 2º par écrit.

Exercice 133.Dans la dictée ci-dessus, mettez au féminin les mots en italique, et prenez comme titre: Une Amie dévouée.

Exercice 134.Mettez au féminin les adjectifs en italique:

La fauvette est vif et léger. L’éponge est une substance flexible, mou et poreux. Le travail est la vrai source du bonheur. Blanche de Castille se montra ferme, habile et prudent. La Garonne coule calme et limoneux à travers une campagne gras et fertile. Une vilain action rend la conscience inquiet. La pièce de terre du paresseux est improductif. La poule est tendre et soigneux pour sa cher couvée. Ma cher mère, je serai docile, attentif, studieux, aimant et obéissant, afin que vous soyez toujours content et satisfait de votre petit fille. La tourbe est combustible, spongieux et noirâtre. Une personne vain et orgueilleux se fait toujours haïr. Une beau pomme gâté représente une mauvais nature sous une superbe apparence. La feuille de papier blanc, léger, et cependant solide, est fait avec de vieux chiffons.

 

Féminin des adjectifs en: eur, teur.

Les adjectifs en eur et en teur, formés d’un participe présent par le changement de ant en eur, font leur féminin en euse: flatteur, flatteuse (de flattant); trompeur, trompeuse (de trompant).

Les adjectifs en teur qui ne sont pas formés d’un participe présent changent généralement teur en trice: protecteur, protectrice.

REMARQUES.

Les noms auteur, amateur, professeur, littérateur s’emploient quelquefois adjectivement; mais, comme ils ne s’appliquent ordinairement qu’à des hommes, ils ne changent pas au féminin: une femme auteur, professeur, etc.

Majeur, mineur, meilleur, supérieur, inférieur, intérieur, extérieur, antérieur, postérieur, suivent la règle générale: majeure, mineure, meilleure, supérieure, inférieure, intérieure, extérieure, antérieure, postérieure.

EXCEPTIONS.

Enchanteur, pécheur, vengeur, changent eur en eresse: enchanteresse, pécheresse, vengeresse[8].

Blanc, franc, frais, sec, public, caduc, turc, grec, ammoniac, font au féminin: blanche, franche, fraîche, sèche, publique, caduque, turque, grecque, ammoniaque.

Long, oblong, bénin, malin, font au féminin: longue, oblongue, bénigne, maligne.

Beau, jumeau, nouveau, fou, mou, font belle, jumelle, nouvelle, folle, molle[9].

Favori, coi, tiers, muscat font favorite, coite, tierce, muscade.

Les adjectifs grognon, châtain, témoin, contumax, dispos, fat, rosat, capot, conservent leur forme masculine, même quand ils se rapportent à des noms féminins: petite fille grognon, chevelure châtain, etc.

Questionnaire: Comment font au féminin les adjectifs en eur et en teur formés d’un participe présent?—Comment font les adjectifs en teur qui ne sont pas formés d’un participe présent?—Citez les remarques.—Nommez les adjectifs dont le féminin est irrégulier.—Nommez les adjectifs qui ne changent pas au féminin.—Nommez ceux qui ne sont employés qu’au masculin.

 

Exercices 135 et 136.Joignez à chacun des adjectifs suivants un nom masculin et un nom féminin convenables:

135. Rêveur. Cher. Mou. Turc. Frais. Serein. Pâlot. Supérieur. Vengeur. Querelleur. Protecteur. Long. Sec. Bénin. Fou. Franc.

136. Châtain. Grondeur. Boudeur. Caduc. Nouveau. Moqueur. Malin. Antérieur. Oblong. Enfantin. Diffus. Consolateur. Humain. Naïf.

LECTURE et DICTÉE.—L’Aigle et le Loup.

Un bel aigle brun, puissant, fier et majestueux, plaça son aire à la cime d’un rocher escarpé et très haut, tandis qu’un vieux loup roux et gris, gros, fort et audacieux établissait sa demeure au pied de ce rocher, près d’un ravin abrupt et profond. Compères dangereux, renommés pour leurs méfaits, ni l’un ni l’autre ne fut ravi d’avoir un pareil voisin. Néanmoins ils se firent bon visage: chacun se montra poli, complaisant, et tous deux jurèrent même de ne jamais se nuire; mais aucun d’eux n’avait l’intention de tenir sa promesse. L’aigle chassait sur les grands monts neigeux, glacés, inaccessibles; le loup pillait les vallées fleuries où de beaux et blancs moutons, des bœufs gras parquaient dans les frais herbages.

Tant que durèrent les beaux jours, la vie fut facile, mais dès que vinrent les mauvais, la famine se fit sentir. Il n’en fallait pas tant au roi des airs et au mangeur de moutons pour oublier bien vite leur serment. Par un certain soir orageux, l’aigle dévora les petits du loup absent et, sur le matin, celui-ci mangea les aiglons que la tempête avait fait tomber du nid.

C. A.

Exercice 137.Racontez cette historiette: 1º oralement; 2º par écrit.

Exercice 138.Dans la dictée ci-dessus mettez au féminin tous les mots eu italique (en prenant pour titre: L’Aigle (fém.) et la Louve).

Exercice 139.Mettez au féminin le devoir suivant:

Fils affectueux. Linot chanteur. Porc vorace. Faisan doré. Aiglon fier. Neveu Jean. Canard glouton. Loup carnassier. Singe imitateur. Garçons jumeaux. Prince étranger. Gamin turbulent. Cheval poussif. Bélier blanc. Terrain sec. Oncle Émile. Renard malin. Coq matinal. Acteur bouffon. Fermier laborieux. Gendre complaisant. Paysan grec. Lièvre poltron. Taureau furieux. Empereur Joseph. Parrain Eugène. Jeune pastoureau. Vieux grognon. Filleul majeur. Moniteur patient. Sultan turc. Homme caduc. Bouc capricieux. Chameau sobre. Dindon sot. Ane rétif. Serin jaune. Cerf léger. Chevreuil timide. Épagneul roux. Lévrier élancé. Jars gras. Daim agile. Sanglier brutal.

 

Formation du pluriel dans les adjectifs.

Règle Générale.—On forme le pluriel d’un adjectif en ajoutant la lettre s au singulier: un enfant intelligent, des enfants intelligents.

Les adjectifs terminés au singulier par s ou x ne changent pas au pluriel: un vin exquis, des vins exquis; un fruit délicieux, des fruits délicieux.

Adjectifs en: eu, au, ou.

Tous les adjectifs terminés par le son eu ont un x au singulier: heureux, honteux, etc.

Il faut excepter bleu, feu et hébreu.

Bleu et feu prennent s au pluriel: des yeux bleus, les feus princes.—Hébreu prend x: des livres hébreux.

Les adjectifs beau, jumeau, nouveau, prennent x au pluriel: de beaux livres, des frères jumeaux, des fruits nouveaux.

Les adjectifs en ou prennent s au pluriel: des prix fous.

Questionnaire: Comment forme-t-on le pluriel d’un adjectif?—Quel est le pluriel des adjectifs terminés au singulier par s ou x?—Comment sont terminés, au singulier, les adjectifs qui ont pour son final eu?—Citez les exceptions.—Quel est le pluriel de beau, jumeau, nouveau?—Celui des adjectifs en ou?

 

DICTÉE et RÉCITATION.—La Grenouille ambitieuse.

Une grenouille ambitieuse,

        Pour égaler

Un bœuf de taille monstrueuse,

        Voulut s’enfler;

Pleine de son projet frivole,

        Elle s’enfla,

Et tant s’enfla la bête folle,

        Qu’elle en creva.

Le désir d’améliorer sa position est une ambition légitime; mais il ne faut point jeter des regards envieux sur la situation d’autrui. Ne jalousez pas les camarades riches dont les vêtements sont plus beaux que les vôtres; ils n’en sont pas plus heureux pour cela. La vraie félicité ne dépend ni des habits élégants, ni des demeures somptueuses, ni des mets délicats: une conscience pure, des goûts modestes et la noble fierté du devoir accompli sont la meilleure garantie d’un bonheur paisible et durable.

C. A.

Exercice 140.Mettez un trait sous les adjectifs employés au singulier et deux sous les adjectifs employés au pluriel.

Exercice 141.Mettez au pluriel le devoir suivant:

Les arbres.—Le chêne robuste. Le peuplier élancé. L’orme rugueux. Le mélèze droit et léger. Le cyprès funéraire. Le cèdre orgueilleux. Le bouleau argenté. Le tremble frissonnant. Le saule pleureur. L’ébène noire. Le buis lourd. L’acacia odorant. Le houx sauvage. L’if vert. L’érable élégant. Le hêtre dur et incorruptible. Le frêne blanc et compact. Le sapin montagnard. Le pin résineux. Le charme uni et blanchâtre. L’aune inaltérable. Le platane hâtif. Le marronnier grand et touffu. Le tilleul odoriférant. Le mancenillier vénéneux. Le palissandre violet et marbré. Le palmier lisse et élevé. Le baobab gigantesque. Le cocotier précieux. L’acajou rougeâtre. Le caféier joli et luisant. Le cacaoyer cassant. Le petit cotonnier. L’ailante japonais. Le dragonnier massif et séculaire.

Exercice 142.Mettez au pluriel le devoir suivant:

La couturière active, diligente et soigneuse. La nuit obscure et profonde. Le chat, matou gourmand et capricieux. L’abeille laborieuse et le frelon paresseux. Le ciel bleu et azuré. Le travail fatigant, mais lucratif. La gentille hirondelle, messagère fidèle de la belle saison. Le remords rongeur du méchant. Le hibou, oiseau nocturne, ennemi acharné du rat et destructeur de la souris alerte. Le chacal, animal carnassier du désert africain. Le cheval noble, fougueux et intrépide. Le détail historique, amusant et instructif. Le grand soupirail de la cave obscure. L’âne doux, patient, très sobre, très utile à l’habitant de la campagne, mais très têtu, très obstiné. L’homme laborieux devenu libre; l’homme studieux devenu savant. L’étoile grande, belle, brillante, scintillante dans le ciel pur, profond, vaste, immense.

Exercice 143.Mettez au singulier le devoir suivant:

Les fleuves rapides, larges et profonds. Les vieux amis dévoués et généreux. Les émaux, substances vitreuses et colorées. Les bois épais traversés par des chemins. Les chevaux sauvages plus beaux, plus nerveux, plus légers, mais plus petits que nos chevaux domestiques. Les chameaux forts, sobres, indispensables aux Arabes. Les faibles roseaux courbés par les aquilons furieux. Les couleurs diaprées des gentils oiseaux-mouches. Les progrès rapides des écoliers studieux. Les velours soyeux des industries françaises. Les joujoux brisés des enfants désordonnés. Les livres propres et les cahiers bien tenus des jeunes filles soigneuses. Les solides essieux des lourds tombereaux. Les fleurs charmantes des printemps et les fruits exquis des automnes. Les chiens des bergers, fidèles compagnons et gardiens vigilants des troupeaux. Les poules, animaux craintifs et mères intrépides.

 

Adjectifs en: al.

La plupart des adjectifs en al changent au pluriel al en aux: un homme loyal, des hommes loyaux.

Remarques.—Certains adjectifs en al prenaient autrefois s au masculin pluriel: l’usage tend de plus en plus à généraliser leur forme plurielle en aux. Ainsi, l’on dit: des fruits automnaux; des troubles mentaux; des signes zodiacaux; des concerts instrumentaux, etc.

Quelques adjectifs, peu usités au masculin pluriel, font indifféremment als ou aux; tels sont: austral, boréal, final, jovial, matinal, pascal.

Mais les adjectifs bancal, fatal, glacial, natal, naval, tonal prennent s au pluriel.

Questionnaire: Comment se forme le pluriel dans les adjectifs en al?—Quelles remarques faites-vous sur les adjectifs en al?

 

Exercices 144 et 145.Mettez au pluriel les devoirs suivants:

Plantes et fleurs.—144. La rose superbe. L’humble violette. Le muguet printanier. Le lis pur et majestueux. Le frais lilas. Le dahlia inodore. Le myosotis sentimental. Le bluet azuré. Le coquelicot rouge. L’œillet fin. La pervenche bleue. Le chrysanthème automnal. La pensée tricolore. La camomille stomachique. L’amarante tardive. Le souci jaune. La blanche marguerite. La renoncule vivace. La tulipe orgueilleuse. L’iris nuancé. L’élégante azalée. La jacinthe gracieuse. L’héliotrope odoriférant. Le jasmin délicat. La sensible sensitive. La giroflée multicolore. La pivoine cramoisie. La poétique églantine. Le réséda modeste. Le bel hortensia. L’orchidée équatoriale.

145. L’absinthe amère. Le liseron grimpant. Le jonc souple et docile. Le laurier glorieux. Le narcisse bulbeux. La balsamine fragile. La verveine odorante. Le basilic aromatique. La jonquille dorée. L’acanthe ornementale. La campanule pyramidale. Le géranium rustique. La glycine persistante. Le tournesol immense. L’ajonc épineux. Le mimosa méridional. Le yucca imposant. La bruyère sauvage. La fougère arborescente. La ciguë vénéneuse. L’ortie piquante. Le camélia japonais. L’immortelle funéraire. La brillante amaryllis. Le colchique médicinal. L’angélique confite. La bourrache calmante. La digitale dangereuse. L’ellébore purgatif. La garance tinctoriale. La gentiane fébrifuge. Le pâle perce-neige. La marjolaine champêtre. La bardane importune. La mélancolique scabieuse. La lavande parfumée.

Exercice 146.Mettez au pluriel le devoir suivant:

Un sentiment filial. Un exercice grammatical. Un océan glacial. Le tapis oriental. Le bail ruineux. Le manteau royal. Un caractère jovial. Le chant choral. L’arrêt fatal. Un concert instrumental. Le canal latéral. Un langage trivial. Un paysage austral. Le pays natal. Un transport cérébral. L’os frontal. Le calcul mental. L’ordre magistral. Le château féodal. Le four banal. Le plan vertical. L’oiseau matinal. Le trait horizontal. Un jeu brutal. L’instrument musical. Le combat naval. L’exercice vocal. Le signe zodiacal. Le régime dotal. L’examen oral. Le tableau mural. Le point final. Le chapiteau ornemental.

LECTURE et DICTÉE.—Le Château féodal.

Exercice 147.Mettez au pluriel les mots en italique:

Le château féodal s’élevaient sur une colline escarpée, de manière à dominer l’environ et à surveiller la route. La muraille épaisse et solide étaient entourée de fossé large, profond et rempli d’eau. Au pied de la colline, on voyait la petite cabane pauvre et misérable du paysan. La porte étaient surmontée de tourellele soldat faisaient bonne garde. La muraille étaient couronnée de parapet, de créneau et de mâchicoulis, large rainure qui permettaient de jeter une pierre ou une matière inflammable sur l’assaillant. L’échauguette étaient de petite loge qui servaient de poste à la sentinelle. Le donjon, tour élevée, se dressaient au milieu de la cour. Le château féodal étaient immense. On y trouvait une chapelle, une chambre, une salle, une écurie, un magasin à provision et un souterrain.

C. A.

Exercice 148.Faites la description du château féodal.

Exercice 149.Mettez au pluriel le devoir suivant:

Le combat naval perdu par l’amiral inexpérimenté. Le chêne colossal, altier, orgueilleux, brisé par l’ouragan épouvantable. L’adjectif numéral cardinal ou ordinal. Le chou vert, mets délicieux, mais lourd et indigeste. Le verrou solide du portail principal du vieux château seigneurial. Le train spécial pour ce département méridional. Le vent du pays austral, plus froid que le vent du pays boréal. Le local spacieux et aéré du collège communal. Le travail du cantonnier utile au chemin vicinal et à la route départementale. L’aveu franc et loyal du petit écolier repentant et soumis. Ce livre moral écrit pour l’enfant intelligent et studieux. Le sort fatal de l’explorateur colonial. Le jugement impartial du tribunal arbitral. Le costume original pour le bal du carnaval. Le procès-verbal du conseil municipal.

 

Accord de l’adjectif avec le nom.

L’adjectif prend toujours le même genre et le même nombre que le nom auquel il se rapporte: un livre joli, des fleurs odorantes.

Joli est au masculin singulier, parce qu’il qualifie livre qui est au masculin singulier; odorantes est au féminin pluriel, parce qu’il qualifie fleurs qui est au féminin pluriel.

Accord de l’adjectif avec plusieurs noms.

Tout adjectif qui qualifie plusieurs noms se met au pluriel.

L’adjectif est du masculin si les noms qu’il qualifie sont du masculin. Ex.: L’âne et le mulet sont têtus.

L’adjectif est du féminin si les noms qu’il qualifie sont du féminin. Ex.: L’alouette et la poule sont matinales.

Si l’adjectif qualifie des noms de différents genres, il se met au masculin pluriel. Ex.: La biche et le cerf sont légers.

Questionnaire: Quel genre et quel nombre prend l’adjectif?—Quand un adjectif qualifie plusieurs noms, à quel nombre se met-il?—Si les noms sont de différents genres, à quel genre et à quel nombre met-on l’adjectif qui les qualifie?

 

Exercices 150 et 151.Faites accorder l’adjectif avec chaque nom:

Modèle: Le récit vrai, l’histoire vraie, les amis vrais, les anecdotes vraies.

150.Vrai le récit, l’histoire, les amis, les anecdotes.
National le drapeau, la fête, les biens, les lois.
Cruel Néron, la mort, les tigres, les souffrances.
Mitoyen le mur, la muraille, les fossés, les haies.
Mignon le visage, la figure, les pieds, les mains.
Complet l’omnibus, la ruine, les trains, les diligences.
Coquet le mobilier, la coiffure, les jardins, les dentelles.
Épais le bois, la forêt, les sourcils, les cuirasses.
Bas le siège, la marée, les plafonds, les chaises.
151.Ras le menton, la barbe, les cheveux, les têtes.
Bref le ton, la parole, les ordres, les syllabes.
Doux le temps, la saison, les agneaux, les brebis.
Aigu le son, la voix, les poignards, les épées.
Généreux le vainqueur, l’action, les dons, les aumônes.
Fier le regard, la réponse, les guerriers, les attitudes.
Moqueur le sourire, la raillerie, les propos, les chansons.
Réparateur le sommeil, la paix, les travaux, les vacances.
Grec le livre, la grammaire, les thèmes, les versions.

Exercices 152 et 153.Trouvez trois adjectifs convenables s’accordant avec les noms suivants:

152. La vallée. Les déserts. Les histoires. Le pêcheur. La soirée. Les devoirs. Les cabanes. Le lac. La prairie. Les bois. Les étoiles. L’école. Les cahiers. La flotte.—153. Les chiens. La capitale. La mer. Les armées. Les vacances. Les tableaux. La montagne. Le sel. L’abîme. Le torrent. Le nuage. La charité. L’avarice. Le firmament.

LECTURE et RÉCITATION.

Une Mystification hardie.

L’académicien Bautru servit Richelieu, puis Mazarin, et ces deux grands ministres lui confièrent parfois des missions délicates. Mais il est célèbre surtout par ses bons mots et ses amusantes fantaisies.

La reine mère, Anne d’Autriche, ayant témoigné un jour le désir aimable de voir sa femme, Bautru promit de la lui présenter. «Mais, Madame, ajouta-t-il, soyez assez bonne pour parler à voix très haute, car ma pauvre femme est sourde.» Il alla aussitôt annoncer la flatteuse nouvelle à Mme Bautru et lui recommanda de crier en s’adressant à l’auguste princesse, car, dit-il, elle a l’oreille très dure. La présentation eut lieu. Anne d’Autriche parlait très fort à la visiteuse étonnée, et celle-ci, à son tour, criait de toutes ses forces. Louis XIV, alors âgé de vingt ans, prévenu par le hardi mystificateur, riait à perdre haleine. Surprise de cette gaieté, la reine finit par en deviner le motif. «Je parie, dit-elle, que votre mari vous a assuré que j’étais sourde?» Mme Bautru en convint. «Ah! le plaisant incorrigible! reprit la souveraine en riant, il m’avait dit pareille chose de vous.»

C. A.

Exercice 154.Dites à quel genre et à quel nombre sont les adjectifs en italique dans la dictée ci-dessus.

Exercice 155.Racontez cette historiette: 1º oralement; 2º par écrit.

Exercice 156.Faites accorder l’adjectif avec les noms suivants:

Vert: le pré et la pelouse.Secret: l’entretien et la confidence.
Tardif: les fleurs et le fruit.Austral: la mer et l’océan.
Rond: l’orange et la terre.Nouveau: les saisons et les fleurs.
Régulier: le polygone et la figure.Turc: le tapis et la tapisserie.
Rétif: l’âne et le mulet.Matinal: la poule et le coq.
Grossier: le pain et la farine.Délicieux: la fraise et l’ananas.
Voyageur: le pigeon et l’hirondelle.Doux: les sirops et la liqueur.
Vicinal: les routes et le chemin.Dévastateur: la peste et la guerre.

Exercice 157.Faites accorder les adjectifs avec les noms qu’ils qualifient:

La colline et la montagne boisé. Le citron et l’orange acide et juteux. Rome et Carthage rival. La vertu et la justice sont estimé et respecté. Le courage et la patience sont victorieux des plus grand obstacles. La datte et la grenade sont originaire des pays méridional. Le juge et l’arbitre doivent être impartial. Les Gaulois désuni furent vaincu par les légions romain bien discipliné. La Suisse est montagneux. Les personnes d’une sensibilité excessif sont sujet à de grand chagrins. Les bon actions rendent la vie heureux. La langue français est beau, riche et harmonieux. Les fièvres malin sont souvent mortel. Les forêts américain sont plein de serpent venimeux.

DICTÉE et RÉCITATION.—Les deux Picotins.

Plein de réflexion et de sagacité,

        Un âne s’était arrêté

Devant deux picotins d’avoine appétissante.

«Par lequel, disait-il, commencer mon festin?

La question est grave et fort embarrassante;

De plus savants que nous y perdraient leur latin.»

Ce doute le tenait en une peine extrême;

Un cheval survenant résolut le problème:

Sous le nez de la bête aux calculs incertains,

          Il mangea les deux picotins.

 

Vous dont l’âme s’endort indécise, hésitante,

Entre les lots heureux que le sort vous présente,

Choisissez, ou bientôt un plus adroit viendra,

          Qui l’avoine vous mangera.

Lachambeaudie.

Exercice 158.Racontez cette fable: 1º oralement; 2º par écrit.

Exercice 159.Expliquez l’orthographe des adjectifs en italique.

Exercice 160.Indiquez l’adjectif dérivant des noms suivants:

Majorité. Prodige. Monstre. Asie. Lassitude. Ministre. Prince. Rigueur. Canton. Équateur. Univers. République. Territoire. Adverbe. Torrent. Vapeur. Université. Sinuosité. Poète. Valeur. Paralysie. Science. Majesté. Instinct. Métal. Lèpre. Patrimoine. Analyse. Année. Déluge. Énormité. Glu. Plaisanterie. Diversité. Merveille. Gentillesse.

Exercice 161.Un adjectif étant donné, formez-en le substantif:

Sociable. Maladroit. Sobre. Rhénan. Sénatorial. Adulateur. Net. Charitable. Ducal. Léonin. Mûr. Annulaire. Sec. Bruyant. Discret. Matinal. Monétaire. Tributaire. Incertain. Vieux. Extrême. Excusable. Ennuyeux. Civil. Fin. Royal. Ardent. Solennel. Gourmand. Faux. Nébuleux. Roux. Famélique. Citoyen. Solitaire. Fervent. Férié. Caduc. Séculaire. Mineur. Haïssable. Souple. Exact. Probe. Guéable.

Exercice 162.Traduisez le nom en adjectif et l’adjectif en nom:

Modèle Du Devoir: Bonté paternelle, bon père.

Bonté paternelle. Mort horrible. Nuit bruyante. Vivacité enfantine. Gouvernement faible. Éclat prodigieux. Sottise orgueilleuse. Intrépidité héroïque. Administration sévère. Beauté matinale. Dévouement maternel. Lâcheté honteuse. Musique instrumentale. Peine douloureuse. Azur céleste. Difficulté grammaticale. Modestie méritoire. Franchise louable. Honnêteté pauvre. Injure grossière. Manière polie. Présomption ignorante. Silence dédaigneux. Docteur grave. Homme clément.

LECTURE et DICTÉE.

Émile et la vieille Mendiante.

Émile n’avait pas mauvais cœur, mais un vilain défaut gâtait toutes ses qualités: il était impatient et emporté. La moindre contradiction le mettait en colère; aussi avait-il de fréquentes querelles avec ses compagnons. Si par hasard quelqu’un le heurtait, Émile s’oubliait jusqu’à lui adresser des paroles désagréables, parfois des menaces ridicules, ou même à le repousser d’un geste brutal. Un soir qu’il rentrait chez lui par un étroit sentier, une pauvre vieille mendiante, venant en sens inverse, le bouscula un peu au passage. Émile, furieux, lui donna une violente poussée: la femme trébucha et faillit tomber. «Ah! dit-elle d’une voix grave, la personne qui a fait cela en aura bien du regret quand elle saura que je suis aveugle!» Émile, en effet, devint rouge de honte. Il fit d’humbles excuses à la pauvre femme, et le profond regret qu’il éprouva de cette aventure pénible l’aida à se corriger de son vilain défaut. Il devint doux et patient et conquit ainsi l’amitié de tout le monde.

C. A.

Exercice 163.Donnez le contraire des adjectifs en italique.

Exercice 164.Racontez cette anecdote: 1º oralement; 2º par écrit.

Exercice 165.Reproduisez cette dictée en prenant pour titre: Émilie et le vieux Mendiant, et faites les changements nécessaires.

ANTONYMES.

Exercice 166.Donnez le contraire des adjectifs en italique:

Fardeau lourd. Chant joyeux. Rose fraîche. Voix faible. Temps froid. Ouvrier adroit. Soldat courageux. Teint pâle. Peuple captif. Vêtement long. Rue étroite. Mer houleuse. Ami absent. Pain tendre. Corps robuste. Opération fausse. Nouvelle fausse. Champ fertile. Fruit sec. Cœur sec. Linge sec. Terrain sec. Devoir facile. Ligne verticale. Peuple ami. Polygone régulier. Arme offensive. Pôle arctique. Corps opaque. Pays plat. Eau dormante. Contrée riche. Grade supérieur. Miroir concave. Jardin inculte. Visage propre. Nom propre.

 

Qualités morales, physiques.

Les qualités morales sont celles qui se rapportent à l’âme, à l’esprit et au cœur; elles ne peuvent tomber sous nos sens.

Ainsi, dans les exemples suivants: enfant sage, soldat brave, homme heureux, les adjectifs sage, brave, heureux expriment des qualités morales.

Les qualités physiques sont celles qui se rapportent au corps; elles tombent sous nos sens.

Ainsi, dans les exemples suivants: enfant chétif, soldat robuste, homme grand, les adjectifs chétif, robuste, grand, expriment des qualités physiques.

Questionnaire: Qu’appelle-t-on qualités morales?—Qualités physiques?


Comparatifs et superlatifs.

On appelle comparatifs et superlatifs certaines formes prises par les adjectifs qualificatifs pour exprimer une qualité en y joignant l’idée de comparaison. Ce vin est bon, mais l’autre est meilleur. Il est riche, mais non pas richissime.

Bon et riche sont des adjectifs ordinaires; meilleur est un comparatif, richissime un superlatif.

Comparatif.—Un adjectif est au comparatif quand il exprime la qualité avec une idée de comparaison.

Il y a trois comparatifs: 1º le comparatif d’infériorité exprimé par l’adverbe moins: je suis moins heureux que toi;—2º le comparatif d’égalité exprimé par l’adverbe aussi: je suis aussi heureux que toi;—3º le comparatif de supériorité exprimé par l’adverbe plus: je suis plus heureux que toi.

Trois adjectifs bon, mauvais, petit ont pour comparatif, meilleur, pire, moindre.

On dit aussi plus mauvais, plus petit, mais on ne dit pas plus bon.

Superlatif.—Un adjectif est au superlatif quand il exprime une qualité portée au plus haut degré ou à un très haut degré.

On distingue: 1º le superlatif avec complément ou relatif, qui se marque par le comparatif précédé de l’article défini: Paris est la plus belle ville du monde; ou par le comparatif précédé de l’adjectif possessif: c’est mon meilleur ami;—2º le superlatif sans complément ou absolu, qui se marque par le suffixe issime, d’origine italienne, ou par les adverbes très, fort, bien, extrêmement, etc., les préfixes extra, super, sur, ultra, archi: illustrissime, très sage, fort riche, bien, beau, extra-rapide, superfin, archifaux, etc.

Questionnaire: Qu’appelle-t-on comparatifs? superlatifs?—Quand un adjectif est-il au comparatif?—Avec quels adverbes est-il employé au comparatif?—Quels sont les trois comparatifs?—Qu’exprime le superlatif?—Combien distingue-t-on de superlatifs?—Qu’est-ce que le superlatif relatif? le superlatif absolu?

 

RÉDACTION D’APRÈS L’IMAGE.

Le troisième Larron.

élocution: Que font les deux renards dans la première image?—Dans la seconde?—Qu’arrive-t-il dans la troisième?—Rédaction: Composez un petit conte d’après ces images.

DICTÉE et RÉCITATION.—Les Champignons.

«Oh! les beaux champignons! s’écria petit Pierre;

Papa, cueillons-les donc pour notre cuisinière.

        Que leurs voisins sont laids!

        Sans doute, ils sont mauvais?

—Ces voisins sont des mets précieux pour nos tables,

Et ceux que tu choisis, des poisons redoutables

        Qui donneraient la mort.

Ton erreur, mon enfant, dans la vie est commune:

Tel nous semble odieux qui sert notre fortune,

Tel autre qui nous plaît souvent nous fait du tort.»

C. A.

Exercice 167.Ajoutez une qualité physique et une qualité morale aux noms de cette dictée. (Ex.: Champignons blancs, dangereux.)

Exercices 168 et 169.Remplacez le tiret par une qualité morale et les points par une qualité physique.

168. Le plumage du corbeau est... L’élève —— sera récompensé. La violette exhale un parfum ... Le chameau est très ——. Le hibou a un cri ... Soyez —— pour vos camarades. Il y a des oranges ... et des oranges ... L’écriture doit être ... Le chien est un animal ——. Le sapin est un arbre toujours ... Le renard se montra plus —— que le corbeau. Le verre et le cristal sont ... Les enfants doivent être —— envers leurs parents. Le cuir de l’éléphant est très ... Les —— langues disent que les —— filles sont généralement très ... L’osier est très ...

169. Le mont Blanc est le plus ... pic des Alpes. Les nègres ont le nez .... Le soldat français est ——. Tous les contes ne sont pas ——. Tous les champignons ne sont pas .... Tous les chants ne sont pas .... Tous les accusés ne sont pas ——. Tous les amis ne sont pas ——. Toutes les fleurs ne sont pas .... Tous les orateurs ne sont pas ——. Tous les portraits ne sont pas .... Tous les hivers ne sont pas .... Toutes les défaites ne sont pas ——. Tous les écoliers ne sont pas ——. Tous les cygnes ne sont pas .... Tous les coraux ne sont pas .... Les Français sont ——. Toutes les mémoires ne sont pas ——.

 

ANALYSE DE L’ADJECTIF QUALIFICATIF.

Pour analyser l’adjectif qualificatif, on en indique:

Le Genre: s’il est du masculin ou du féminin.

Le Nombre: s’il est au singulier ou au pluriel.

La Fonction: le nom ou les noms qu’il qualifie.

Placé près du nom, l’adjectif qualificatif est adjectif épithète. Ex.: la mer vaste.—Il est adjectif attribut quand il exprime la qualité qu’on attribue au sujet. Ex.: la mer est vaste. (V. p. 102.)

Par abréviation on écrit:
Adj. pour adjectifQual. pour qualificatif et pour qualifie.

Ex.: Le père bon, la mère bonne, les frères bons, les sœurs bonnes.

bon adj. qual. masc. sing. qual. père.
modèle{bonne adj. qual. fém. sing. qual. mère.
d'analysebons adj. qual. masc. pl. qual. frères.
bonnes adj. qual. fém. pl. qual. sœurs.

Remarque.—Il arrive souvent que le qualificatif figure seul dans la phrase; le nom est sous-entendu. On dit alors que l’adjectif est employé substantivement, et il acquiert les propriétés du nom. Ex.:

Je préfère l’utile à l’agréable. (La chose utile à la chose agréable.)

modèle d'analyse{agréable adj. pris subst. masc. sing.
utile adj. pris subst. masc. sing.

Questionnaire: Que faut-il indiquer dans l’analyse de l’adjectif?

 

DICTÉE et RÉCITATION.—Le Chien barbet.

    A son fils encor dans l’enfance

Un fidèle barbet disait: «Je ne veux pas

Te voir sauter, jouer sans cesse avec les chats;

La jeunesse souvent se perd par imprudence.

—Mais ces petits minets sont gais, doux et jolis,

Et je suis bien certain qu’ils sont de mes amis.

    —Non, mon cher, cela ne peut être:

    Le chat est un ingrat, un traître,

    Et tu sauras, en grandissant,

Qu’on doit craindre toujours et sa griffe et sa dent.

Pour sauver les dangers de ton erreur extrême,

Avec cet animal il faut rompre à l’instant.

        Qui se lie avec un méchant,

        Tôt ou tard le sera lui-même.»

Mme de La Ferrandière.

Exercice 170.Analysez les adjectifs en italique de cette dictée.

Exercice 171.Racontez cette fable: 1º oralement; 2º par écrit.

Exercice 172.Analysez les adjectifs qualificatifs contenus dans les phrases suivantes:

La flatterie est une fausse monnaie qui n’a cours que par notre sotte vanité. L’œillet et la rose sont fort odorants. Les troupes françaises écrasèrent l’infanterie espagnole à Rocroi. Le vaniteux n’est occupé que de sa personne et de sa parure. Les coteaux et les plaines fertiles de notre belle France donnent des produits très estimés. Jeunes enfants, respectez les vieilles femmes: votre mère sera vieille un jour. La Révolution a supprimé les distinctions entre les diverses classes sociales. Tous les papillons si légers, si brillants, ont été d’abord des chenilles rampantes et hideuses. Les rois mérovingiens portaient de longs cheveux. La Fontaine passe du plaisant au sévère.

LECTURE et DICTÉE.—Le Grillon.

Un pauvre petit grillon, caché dans l’herbe émaillée de fleurs, regardait un joli papillon qui voltigeait dans la prairie. Il admirait les brillantes couleurs de l’insecte léger, son vol capricieux; il aurait bien voulu lui ressembler. Il se trouvait laid et misérable.

Tout à coup arrive une joyeuse troupe d’enfants. Aucun d’eux ne vit l’humble grillon, mais tous se mirent à courir après le bel insecte. La chasse ne fut pas longue; la mort du papillon fut prompte, car chacun se le disputait. «Oh! dit le grillon, je ne regrette plus ma condition obscure; il en coûte trop pour briller dans le monde. Combien je vais aimer ma paisible et profonde retraite! Le véritable bonheur, je le vois, se rencontre plus aisément dans les situations modestes.»

C. A., d’après Florian.

Exercice 173.Racontez cette fable: 1º oralement; 2º par écrit.

Exercice 174.Analysez les adjectifs qualificatifs de cette dictée.

SYNONYMES.

Exercice 175.Donnez deux synonymes à chaque adjectif:

Vent violent. Personne violente. Travail utile. Terrain aride. Caractère jovial. Figure pâle. Paysage superbe. Parole insolente. Ami complaisant. Famille pauvre. Écolier paresseux. Homme brave. Brave homme. Nuit sombre. Vieillard infirme. Fruit exquis. Malheur subit. Air niais. Marcheur fatigué. Conscrit poltron. Lecture intéressante. Discours bref. Fléau épouvantable. Élève mutin. Fleur fanée. Mendiant vieux. Monument vieux. Teint hâlé. Marchandise gâtée. Fortune considérable. Mulet têtu. Humeur bizarre. Ignorance orgueilleuse. Taureau furieux. Mer furieuse. Maître instruit.

 

Complément de l’adjectif.

Tout mot qui complète la signification d’un adjectif est le complément de cet adjectif.

L’adjectif et ce mot sont liés ensemble par une des prépositions à, de, etc., simples ou contractées. Ex.:

Un homme utile à sa patrie, au pays.

Un homme utile à quoi?—A sa patrie, au pays.

Les mots patrie, pays sont les compléments de l’adjectif utile.

⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓

Il arrive parfois que le complément ne suit pas l’adjectif. Ex.:

A la patrie soyons toujours fidèles.

En faisant disparaître l’inversion, on obtient:

Soyons toujours fidèles à la patrie.

Patrie est le complément de fidèles (V. p. 214).

⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓

Nota.—Le complément de l’adjectif peut être représenté:

1º Par un nom: il est digne de ses aïeux (aïeux compl. de digne).

2º Par un pronom: il est digne d’eux (eux compl. de digne).

3º Par un infinitif: il est urgent de partir (partir compl. de urgent).

Questionnaire: Qu’appelle-t-on complément d’un adjectif?—Comment sont liés ensemble l’adjectif et le complément?—Est-ce que le complément suit toujours l’adjectif?—Par quels mots peut être représenté le complément de l’adjectif?

 

Exercice 176.Analysez les compléments des adjectifs en italique:

Le blé est nécessaire à l’homme. Condé était prodigue du sang de ses soldats. Il est prudent de travailler pendant qu’on est jeune. Envers nos parents soyons toujours reconnaissants. La récréation est utile aux enfants; elle est même indispensable pour eux. Le chameau est capable de marcher plusieurs jours sans boire ni manger. Le froid est redoutable pour les hommes et pour les plantes. Peu encaissée dans son lit, la Loire est sujette aux débordements. Dévoué à Henri IV, Sully lui fut toujours fidèle. La Hongrie est fertile en blé.

Exercice 177.Analysez les membres de phrases suivants:

Écolier complaisant pour les camarades. Le sol de la France, fertile en vins exquis.—Le bouc naïf, dupe du renard rusé. Le phylloxera, insecte ravageur, nuisible à la vigne.—Le jeune général Bonaparte, vainqueur des troupes autrichiennes. La Convention nationale, fondatrice des écoles primaires.—Corneille, père de la tragédie française. Bayard, chevalier français sans peur et sans reproche.

EXERCICES DE RÉCAPITULATION.

Exercice 178.Remplacez le complément de chaque nom par un adjectif qualificatif dérivé de ce complément:

Modèle du devoir: Océan de glace, océan glacial.

Océan de glace. Jardin de délices. Monnaie de France. Visite d’ami. Nuit d’orage. Taille de colosse. Pays de marécages. Température du Midi. Désert de l’Afrique. Navigation sur le fleuve. Cœur de mère. Vertu de héros. Site des Alpes. Drapeau de la nation. Édits du roi. Moisson de gloire. Fleur des champs. Volonté de dictateur. Chant de guerre. Eau de pluie. Temps de pluie. Armée de la République.

LECTURE et DICTÉE.—Le Crime puni.

Trois bandits tuèrent sur la route un riche voyageur. Ils s’emparèrent de sa fortune qu’ils transportèrent dans leur caverne et ils en firent trois parts égales. Peu de jours après, ayant épuisé leurs vivres, ils convinrent que le plus jeune irait en acheter d’autres à la ville la plus voisine. Celui-ci partit. «Me voilà riche, se disait-il en chemin; mais ma part serait plus belle si j’avais été seul à acquérir ce fameux trésor. Pour me débarrasser de mes deux fâcheux compagnons, je vais empoisonner les vivres que je leur donnerai; ils mourront et je resterai l’unique maître des richesses.» Pendant ce temps, les deux autres brigands faisaient un calcul analogue et formaient le criminel projet de tuer leur jeune compagnon à son retour. Chacun fit comme il l’avait dit: le messager, dès son arrivée, tomba percé de coups; ses assassins mangèrent les vivres empoisonnés, moururent à leur tour, et le trésor resta sans maître.

C. A.

Exercice 179.Racontez cette anecdote: 1º oralement; 2º par écrit.

Exercice 180.Analysez les adjectifs qualificatifs de cette dictée.

Exercice 181.Remplacez par un synonyme les mots en italique.

ANTONYMES.

Exercice 182.Donnez le contraire des adjectifs en italique:

Devoir amusant. Action blâmable. Écolier attentif. Lettre initiale. Planche épaisse. Encre épaisse. Faute grave. Son grave. Animal doux. Orange douce. Peau douce. Pente douce. Petit arbre. Petit sou. Jour maigre. Vin blanc. Pain blanc. Linge blanc. Viande blanche. Peuple sauvage. Animal sauvage. Bois dur. Lit dur. Oreille dure. Maître sévère. Meuble vieux. Cheval vieux. Date antérieure. Récit fabuleux. Lettre majuscule. Acte légal. Chemin sûr. Réussite sûre. Histoire ancienne. Mode ancienne. Caractère belliqueux. Nature sympathique.

Exercices 183 et 184.Joignez cinq adjectifs qualificatifs à chacun des noms suivants:

183. Ami. Soldat. Soleil. Langage. Voix. Voie. Fleuve. Désert. Arbre. Chasseur. Armée. Montagne. Vent. Histoire. Étoffe. Boisson.

184. Orateur. Plaine. Voyage. Métier. Hiver. Règne. Traité. Cheval. Nuit. Chapeau. Colonie. Arme. Place. Tour. Fable. Régiment.

Exercice 185.Le nom étant donné, formez-en l’adjectif:

Liberté. Laideur. Zèle. Mois. Soin. Pitié. École. Soleil. Tyran. Forêt. Colonie. Mètre. Pluie. Voix. Venin. Sang. Centre. Brièveté. Diamètre. Infection. Dérision. Exemple. Aptitude. Lettre. Mutisme. Mutinerie. Féerie. Duvet. Aliment. Muscle. Iniquité. Conscience.

DICTÉE et RÉCITATION.—Pauvre petit!

«Pauvre petit de l’école chassé!

Viens, mon fils, ces maîtres sévères

N’ont point des entrailles de mères.

Viens donc, et dans mes bras pressé,

Disait la mère, oublions leurs colères.»

 

Dix ans après: «Va-t’en, maudit!

Pour le prix de mes sacrifices,

Dans le plus amer des calices,

Tu ne m’as fait boire, ô bandit!

Que des larmes et des supplices,»

Disait-elle au pauvre petit.

Dutremblay.

La mère, en se montrant trop faible pour son fils, en a fait un mauvais sujet. Elle lui a donc rendu un déplorable service. Enfants, qui trouvez parfois vos maîtres trop rigoureux, dites-vous bien que votre bonheur est leur souci continuel. Ils vous reprennent pour que vous soyez meilleurs, ils vous punissent pour que vous deveniez presque parfaits, et qu’ainsi vous soyez heureux.

Exercice 186.Joignez cinq noms convenables à chaque adjectif en italique de cette dictée.

Exercice 187.Donnez le contraire des adjectifs en italique.

Exercice 188.Exprimez par un nom et par l’adjectif dérivé de ce nom le côté le plus saillant du caractère des animaux suivants:

Modèle du devoir: Lion, courage, courageux.

Lion. Renard. Fourmi. Paon. Brebis. Chameau. Singe. Chien. Tigre. Lièvre. Perroquet. Éléphant. Oie. Tortue. Coq. Âne. Mulet. Abeille. Serpent. Écureuil. Castor. Linotte. Chat. Biche. Cerf. Loup.

 

Adjectifs possessifs.

Les adjectifs possessifs marquent la possession; ils indiquent à qui appartient la personne, l’animal ou la chose dont on parle.

Les adjectifs possessifs sont:

Masculin singulier: mon, ton, son, notre, votre[10], leur.

Féminin singulier: ma, ta, sa, notre, votre, leur.

Pluriel des deux genres: mes, tes, ses, nos, vos, leurs.

Devant un mot féminin commençant par une voyelle ou un h muet, on emploie mon, ton, son, au lieu de ma, ta, sa. Ex.: Mon amitié, ton histoire, son épée.

Questionnaire: Qu’indiquent les adjectifs possessifs?—Nommez-les.—Quand emploie-t-on mon, ton, son, au lieu de ma, ta, sa?

 

Exercices 189 et 190.—Remplacez le tiret par un adjectif possessif:

189. Chérissez toujours —— parents. Aimez bien —— patrie. Obéis à —— père et à —— mère. Le chien vient mettre aux pieds de —— maître —— courage, —— force, —— talents. Appliquez-vous bien à —— devoirs. Les araignées vivent de —— filets comme les chasseurs de —— chasse. Saint Louis mourant dit à —— fils: «—— fils, aide les pauvres de —— aumônes; ne convoite pas le bien de —— peuple; entoure-toi d’hommes sages et écoute —— conseils.» —— amis, secourez —— prochain. Travaillons bien à —— devoirs et méritons, par —— application, l’affection de —— maîtres. L’avare ne songe qu’à —— trésor. Les hommes font eux-mêmes —— destinée. Le travail porte avec lui —— récompense. Tu dois obliger —— amis, mais ne compte que sur —— propres efforts.

190. Chaque pays a —— coutumes. César vainquit —— rival Pompée. —— flotte fut vaincue à Trafalgar. Pichegru, avec —— hussards, prit la flotte hollandaise. Voltaire ridiculisait —— ennemis. Écoliers, apprenez —— leçons. Henri IV dit à —— soldats: «Ralliez-vous à —— panache blanc.» Les palmiers se rapprochent des fougères par —— port et —— structure. Le riche, en —— palais, n’est pas plus à l’abri des chagrins que le pauvre en —— cabane. Souvent —— soucis, —— peines nous viennent de nous. Les abeilles nourrissent —— larves avec —— miel. Chaque peuple a —— airs nationaux et —— airs populaires. Si —— patrie est en danger, volons à —— secours. Le paon est un des plus beaux oiseaux de —— pays; —— livrée est brillante, —— port est imposant, —— démarche est fière.

 

Adjectifs démonstratifs.

Les adjectifs démonstratifs servent à montrer la personne, l’animal ou la chose dont on parle.

Les adjectifs démonstratifs sont:

Ce, cet, pour le masculin singulier: ce lis, cet arbre.

Cette, pour le féminin singulier: cette rose.

Ces, pour le pluriel des deux genres: ces lis, ces roses.

Remarque.—On emploie cet au lieu de ce devant une voyelle ou un h muet: cet arbre, cet homme.

Distinction entre: ses et ces.

Il ne faut pas confondre ses, adjectif possessif, avec ces, adjectif démonstratif.

Ses exprime une idée de possession: Une mère aime ses enfants.

Ces exprime une idée d’indication: Ces fruits sont mûrs.

Questionnaire: Qu’appelle-t-on adjectifs démonstratifs?—Nommez les adjectifs démonstratifs.—Quand emploie-t-on cet au lieu de ce?—Quelle différence y a-t-il entre ses, adjectif possessif, et ces, adjectif démonstratif?

 

Exercices 191 et 192.Remplacez le tiret par un adjectif démonstratif, et faites accorder l’adjectif qualificatif avec le nom:

191. —— pavillon blanc. —— artère ouvert. —— antre profond. —— joujoux précieux. —— hameau désert. —— homme jovial. —— image joli. —— hameçon brisé. —— traités loyal. —— statue équestre. —— grand auteur. —— grand hauteur. —— journées entier. —— long intervalle. —— oriflamme flamboyant. —— omoplate fracturé. —— épisode intéressant. —— landaus bleu. —— pétale parfumé. —— argile vert. —— incendies fameux. —— obélisques pyramidal. —— ongle long. —— triangles équilatéral. —— amnistie général. —— office étroit. —— omnibus complet.

192. —— sentinelle avancé. —— hémisphère boréal. —— vieux armoire. —— exemples nouveau. —— nacre argenté. —— albâtre transparent. —— plantes amer. —— vert oasis. —— encrier propre. —— bel écritoire. —— air pur. —— isthme étroit. —— étangs profond. —— ébène noir. —— hache tranchant. —— ouvrage achevé. —— alcool camphré. —— hospices municipal. —— agrafe blanc. —— dindes gras. —— entrecôte cuit. —— sandwich beurré. —— idoles doré. —— chrysanthèmes panaché. —— nocturne mélodieux. —— orchidée violet. —— ambre gris. —— horloge exact. —— abbaye ancien. —— antichambre étroit. —— abreuvoir profond. —— appel nominal. —— alcôve petit. —— heureux auspices. —— outre plein.

DICTÉE.—Le Lièvre et les Grenouilles.

Exercice 193.Remplacez le tiret par un adjectif possessif et les points par un adjectif démonstratif:

Un lièvre réfléchissait dans —— gîte ... animal est craintif: un souffle, un rien, —— ombre même, tout lui fait peur. Le nôtre avouait —— faiblesse et la déplorait; mais, disait-il, je ne puis me corriger de —— sottes frayeurs. Un léger bruit vint interrompre —— réflexions. Voilà ... pauvre lièvre qui détale. Dans —— fuite, il passe près d’un étang, sur le bord duquel étaient des grenouilles ... petites bêtes épouvantées sautèrent dans l’eau. A ... vue —— lièvre fut enchanté d’être à —— tour un sujet de terreur. «Je suis donc un foudre de guerre! s’écria —— fuyard, en dressant —— oreilles, puisque —— aspect, —— seule approche fait fuir ... batraciens vers —— retraite!»

—— épouvante, ami lièvre, puis —— illusions sur —— prétendue vaillance sont fort amusantes! Si vous êtes poltrons, —— enfants, que ... exemple vous engage à vous corriger de —— poltronnerie, à vous guérir de —— vaines terreurs. La peur nous rend malheureux et ridicules.

C. A., d’après La Fontaine.

Exercice 194.Racontez cette fable: 1º oralement; 2º par écrit.

Exercices 195 et 196.Remplacez le tiret par ces, adjectif démonstratif, ou par ses, adjectif possessif, suivant le sens:

195. Le renard est célèbre par —— ruses. La civilisation pénètre peu à peu dans —— vastes régions désertes de l’Afrique. A la mort de Clovis, —— quatre fils devinrent rois; l’un de —— princes, Clotaire Ier, finit par réunir dans —— mains les royaumes de —— frères. Le Nil promène —— eaux dans —— plaines de l’Égypte qu’il féconde par —— débordements. Bonaparte dit à —— soldats: «Souvenez-vous que du haut de —— pyramides, quarante siècles vous contemplent.» Henri II périt dans un de —— tournois qu’il aimait, en joutant avec Montgomery, capitaine de —— gardes. Pasteur est célèbre par —— découvertes scientifiques.

196. Le Danube, après avoir arrosé —— belles vallées du centre de l’Europe, verse —— eaux dans la mer Noire. Attila vit —— troupes vaincues dans —— champs Catalauniques, qui s’étendent entre Châlons et Troyes; la Gaule, grâce à la vaillance de —— défenseurs, fut à jamais délivrée de l’invasion de —— terribles Huns. Le linot et le chardonneret, —— oiseaux chanteurs de nos pays, sont utiles: chacun d’eux soigne bien —— petits. Les six bourgeois de Calais allaient être exécutés, lorsque Philippine de Hainaut obtint par —— prières la grâce de —— braves gens. Hoche et Marceau, —— jeunes héros républicains, périrent à la fleur de l’âge.

 

Adjectifs interrogatifs.

Le seul adjectif interrogatif est quel, qui s’emploie dans une interrogation, avec un nom ou un pronom, et varie en genre et en nombre (quelle au féminin; quels, quelles au pluriel).

Ex.: Quel âge avez-vous? Quelle heure est-il? Quels devoirs faites-vous? Quelles leçons apprenez-vous?

Employé dans une exclamation, cet adjectif est appelé adjectif exclamatif. Ex.: Quel bonheur! Quelle chance![11].

Questionnaire: Quand le mot quel est-il adjectif interrogatif?—Quand est-il adjectif exclamatif?

 

Exercice 197.Remplacez le tiret par un adjectif interrogatif ou exclamatif et faites accorder les adjectifs qualificatifs en italique:

—— joli images coloriez-vous? —— terrible incendie! —— épisodes intéressant nous conterez-vous? —— misérable oasis on trouve dans ce désert! —— beau cartouches décorent cette façade! —— cartouches donnera-t-on aux soldats? —— réglisse sucré et rafraîchissant! —— est le gros artère qui aboutit au cœur? —— héliotrope odorant vous cultivez! —— ancres lourd fixent les navires! —— épigraphe a-t-on mis sur ce livre et —— épitaphe touchant écrira-t-on sur ce tombeau? —— antidote actif emploiera-t-on pour le malade? —— beau spectacle que celui de la nature! —— hémisphère habitons-nous? —— triste avenir se prépare le paresseux! —— somme total avez-vous dépensé? —— bon somme nous avons fait cette nuit! —— livres voulez-vous lire? —— livres de pain distribuerez-vous aux malheureux?

DICTÉE et RÉCITATION.

Le Milan, la Poule et les Poussins.

Avec des cris d’angoisse, une poule effarée

Près d’elle rassemblait son errante couvée.

      «Quel peut être, dis-je à part moi,

      L’objet de son subit effroi?»

Je regarde et je vois dans l’atmosphère

Un petit point: la poule avait, dans ce point noir,

Qu’à peine mes regards pouvaient apercevoir,

Découvert un milan à la sanglante serre.

      Rien n’échappe à l’œil d’une mère.

Théodore Lorin.

Exercice 198.Écrivez de mémoire, en vers, cette fable.

Exercice 199.Indiquez la nature des mots en italique et dites à quel mot se rapporte chacun d’eux.

 

Adjectifs indéfinis.

Les adjectifs indéfinis sont ceux qui déterminent le nom d’une manière vague, générale, indéfinie.

Les adjectifs indéfinis sont:

Aucun, autre, certain[12], chaque, maint, même, nul, plusieurs, quel[13], quelconque[14], quelque, tel, tout.

Questionnaire: Qu’appelle-t-on adjectifs indéfinis?—Nommez les adjectifs indéfinis.

 

LECTURE et DICTÉE.—La Vigne et le Roseau.

La vigne, plantée sur une colline aride et sablonneuse, se plaignait d’être forcée de porter des fruits exquis, tandis que le roseau, planté au bord d’une eau courante, ne produisait qu’une hampe spongieuse. Une voix lui dit: «Console-toi; le roseau séchera et sera oublié, et tes fruits produiront une liqueur délicieuse, qui consolera les chaumières et réjouira les palais.»

Bernardin de Saint-Pierre.

Exercice 200.Analysez les mots en italique de cette dictée.

Exercice 201.Remplacez le tiret par un adjectif indéfini:

L’orgueil étouffe —— les vertus. —— renard gascon vit des raisins au haut d’une treille. Il faut une place pour —— chose et —— chose doit être à sa place. La loi est une règle établie par la volonté nationale et à laquelle —— les citoyens sont tenus d’obéir. —— astronomes pensent que —— planètes sont habitées. Les étourdis retombent sans cesse dans les —— fautes. —— chemin de fleurs ne conduit à la gloire. —— homme n’est content de son sort. Après Nimègue, l’orgueil de Louis XIV fut —— qu’il choqua bientôt —— l’Europe. —— que soient les fatigues, le bon soldat doit les supporter courageusement. Il ne sait à —— parti s’arrêter. —— complots furent tramés contre la vie de Henri IV. En été, saint Louis allait —— les dimanches, à —— heures, rendre lui-même la justice sous le grand chêne de Vincennes. —— instant dans la vie est un pas vers la mort. Les canards dirent à la tortue: «Nous vous voiturerons par l’air en Amérique; vous verrez —— république, —— royaume, —— peuple.» —— rat de campagne, en son modeste gîte, de —— rat de ville eut un jour la visite. Un conte de fée, une anecdote —— intéressent toujours les enfants. —— animaux dorment —— l’hiver.

 

Adjectifs numéraux.

Les adjectifs numéraux déterminent le nom en y ajoutant soit une idée de quantité: trois soldats; soit une idée de rang: troisième chapitre.

Il y a deux sortes d’adjectifs numéraux:

Les adjectifs numéraux cardinaux, qui marquent le nombre, la quantité: un[15], deux, trois, cinq, dix, cent, mille, etc.

Les adjectifs numéraux ordinaux, qui marquent l’ordre, le rang: premier, deuxième, troisième, cinquième, dixième, centième, millième, etc.

Remarque.—Dans ces expressions: Louis XI (onze), Henri IV (quatre), le douze mars, page cent, etc., les adjectifs onze, quatre, douze, cent, ne sont cardinaux que pour la forme; ce sont de véritables adjectifs numéraux ordinaux. Onze est mis pour onzième (Louis onzième), quatre, pour quatrième (Henri quatrième); douze, pour douzième (douzième jour de mars); cent, pour centième (page centième).

Questionnaire: Qu’appelle-t-on adjectifs numéraux?—Combien y a-t-il de sortes d’adjectifs numéraux?—Que marquent les adjectifs numéraux cardinaux?—Que marquent les adjectifs numéraux ordinaux?

 

Exercice 202.Remplacez le tiret par un adj. numéral cardinal:

Eustache de Saint-Pierre et —— de ses compagnons se dévouèrent pour le salut des habitants de Calais. L’angle droit a —— degrés. L’hectare vaut —— mètres carrés. Le zodiaque se divise en —— signes. Il y a —— notes en musique. L’homme a —— dents: —— incisives, —— canines et —— molaires. Le papillon a —— ailes; les mouches n’en ont que ——. Le mètre cube équivaut à —— hectolitres. Une pièce de deux francs vaut —— sous. Henri II laissa —— fils, mais —— seulement portèrent la couronne royale. Les insectes ont —— pattes, et les araignées en ont ——. Un pentagone a —— côtés, un hexagone ——, un heptagone ——, un octogone ——. Chaque saison dure —— mois. Il y a —— jours dans la semaine et chaque jour se compose de —— heures; il y a donc —— heures dans une semaine. Un siècle est l’espace de —— ans, et un lustre l’espace de —— ans. Il y a —— espèces de mots dans le discours. Le pied valait environ —— centimètres. Le Directoire se composait de —— membres, assistés de —— Assemblées: le conseil des Anciens et celui des ——.

Exercice 203.Remplacez le tiret par un adjectif numéral ordinal:

Philippe Auguste entreprit la —— croisade. La minute est la —— partie de l’heure, et l’heure la —— partie du jour. Le Directoire fut la —— Assemblée de la Révolution. Le moyen âge finit au —— siècle. Charlemagne est le plus illustre des rois de la —— race. Juillet est le —— mois de l’année. Clodion est le —— roi franc connu. Les Huns envahirent la Gaule au —— siècle. En Europe on fit, pour la première fois, usage de la poudre au —— siècle. Charles IX était le —— fils de Henri II. Gutenberg inventa l’imprimerie au —— siècle. Le mètre carré est la —— partie de l’are. Le degré est la —— partie de la circonférence. Le centime est la —— partie du franc. Le kilogramme est la —— partie de la tonne et la —— du quintal métrique. La Révolution française éclata à la fin du —— siècle.

Exercice 204.Remplacez le tiret par un adjectif numéral:

Le traité de Westphalie mit fin à la guerre de —— ans. Le litre est la —— partie du mètre cube. Le mode indicatif a —— temps; le conditionnel ——; l’impératif ——; le subjonctif ——; l’infinitif ——; le participe ——. C’est sous Philippe Ier qu’eut lieu la —— croisade. On appelait Metz, Toul et Verdun, les —— Évêchés. Il y a —— opérations fondamentales en arithmétique. Saint Louis régna au —— siècle. Il y a —— mois qui ont —— jours, et —— mois qui n’en ont que ——. Février a ordinairement —— jours, mais, dans les années bissextiles, il en compte ——. L’année a —— jours; l’année bissextile en a ——. C’est tous les —— ans que l’année est bissextile. Le peuple de Paris s’empara de la Bastille le —— juillet ——. Bordeaux, d’après sa population, est la —— ville de France. Le pied valait —— pouces et le pouce valait —— lignes. La seconde est la —— partie de la minute. Le premier empire a duré —— ans, et le second —— ans. La France est divisée en —— départements. Le mètre cube a —— faces.

EXERCISES DE RÉCAPITULATION.

Exercice 205.Joignez cinq noms à chaque adjectif suivant:

Violent. Faible. Gracieux. Pur. Suprême. Dur. Doux. Frais. Vert. Amer. Glacial. Abondant. Sublime. Profond. Pauvre. Somptueux.

DICTÉE et RÉCITATION.—Soleil couchant.

Les ajoncs éclatants, parure du granit,

Dorent l’âpre sommet que le couchant allume;

Au loin, brillante encor par sa barre d’écume,

La mer sans fin commence où la terre finit.

A mes pieds, c’est la nuit, le silence. Le nid

Se tait, l’homme est rentré sous le chaume qui fume;

Seul, l’angélus du soir, ébranlé dans la brume,

A la vaste rumeur de l’océan s’unit.

Alors, comme du fond d’un abîme, des traînes,

Des landes, des ravins, montent des voix lointaines

De pâtres attardés ramenant le bétail.

L’horizon tout entier s’enveloppe dans l’ombre,

Et le soleil mourant, sur un ciel riche et sombre,

Ferme les branches d’or de son rouge éventail.

José-Maria de Heredia.

Exercice 206.Faites entrer dans une phrase chacun des douze qualificatifs de cette poésie.

Exercice 207.Expliquez ou définissez les mots en italique.

LECTURE et DICTÉE.—Le Roi et le Bûcheron.

Certain jour, François Ier, s’étant égaré dans la vaste forêt de Fontainebleau, fut surpris par l’orage et dut se réfugier dans la modeste cabane d’un bûcheron. Cet excellent homme, bien que nul détail ne lui révélât la haute naissance de son hôte, le reçut fort bien et lui fit cent politesses. Un bon feu sécha promptement les habits du roi, quelques mets rustiques réparèrent ses forces. Après quoi l’on causa. «Êtes-vous heureux, mon brave? demanda le monarque, gardant toujours l’incognito.—Oui, répondit le bûcheron, quoique j’aie bien du mal à gagner ma vie. J’y arriverais plus aisément si le Long-Nez (c’est, vous le savez peut-être, le sobriquet que l’on donne à notre roi), si le Long-Nez, dis-je, voulait me permettre de couper du bois près de ma maisonnette. Mais, par son ordre exprès, ses gardes me l’interdisent, et il me faut chaque jour aller de plus en plus loin. Ah! le roi ne pense qu’à ses plaisirs, et n’a aucun souci de son pauvre peuple!»

(A suivre.)

Exercice 208.Soulignez d’un trait les adj. qualificatifs et de deux traits les autres adj. (possessifs, démonstratifs, etc.) de cette dictée.

LECTURE et DICTÉE.—La Bienfaisance.

Vivre en soi, ce n’est rien; il faut vivre en autrui.

«A qui puis-je être utile, agréable aujourd’hui?»

Voilà chaque matin ce qu’il faudrait se dire;

Et le soir, quand des cieux la clarté se retire,

Heureux à qui son cœur tout bas a répondu:

Ce jour qui va finir, je ne l’ai pas perdu;

Grâce à mes soins, j’ai vu sur une face humaine

La trace d’un plaisir ou l’oubli d’une peine.

Andrieux.

Exercice 209.Soulignez d’un trait les articles et de deux traits les adjectifs possessifs, démonstratifs, etc., de cette poésie.

Exercice 210.Faites deux listes: 1º une des noms; 2º une autre des adjectifs qualificatifs contenus dans cette poésie.

LECTURE et DICTÉE.—Le Roi et le Bûcheron (suite).

En entendant ces critiques, François Ier souriait dans sa barbe. «Écoutez, dit-il à ce brave homme, voulez-vous que j’intercède pour vous auprès du roi?—Vous le voyez donc?—Quelquefois.—Je vous remercie de votre intention, mais vous êtes le dixième à me faire cette offre obligeante. Maints protecteurs ont déjà essayé plusieurs fois de me faire avoir cette faveur; ils n’ont jamais obtenu un résultat quelconque.—En tout cas, j’essayerai. Venez dans deux ou trois jours chercher la réponse au château, où je serai de service.» La pluie avait cessé: le bûcheron remit le monarque dans le bon chemin, et les deux compagnons se quittèrent les meilleurs amis du monde. Dès le surlendemain, notre homme alla au rendez-vous. François Ier avait donné les ordres nécessaires pour qu’on l’introduisît en sa présence dès qu’il serait arrivé. Qu’on juge de la stupéfaction de ce malheureux, quand il vit que l’hôte si familièrement traité par lui était le roi lui-même, le Long-Nez dont il avait parlé avec tant d’irrévérence!... Il se crut perdu et se jeta à genoux. François Ier le releva avec bonté. «Sans me connaître, lui dit-il, tu t’es montré généreux à mon égard; je ne veux pas demeurer en reste avec toi. Je te pardonne, et même je t’accorde, pour toi et pour tes descendants, jusqu’à la quatrième génération, le droit de couper du bois dans toutes mes forêts. Seulement, une autre fois, ne parle plus si légèrement de ton souverain. Les hommes doivent toujours respecter le chef de leur pays.»

C. A.

Exercice 211.Soulignez d’un trait les adjectifs qualificatifs et de deux traits les autres adj. (possessifs, démonstratifs, etc.) de cette dictée.

Exercice 212.Racontez cette historiette: 1º oralement; 2º par écrit.

 

ANALYSE DES ADJECTIFS POSSESSIFS,

DÉMONSTRATIFS, ETC.

Pour analyser l’adjectif possessif, etc., on en désigne:

L’Espèce:s’il est possessif, démonstratif, interrogatif, indéfini, numéral (cardinal ou ordinal).
Le Genre: s’il est du masculin ou du féminin.
Le Nombre: s’il est du singulier ou du pluriel.
La Fonction: le nom qu’il détermine.

Par abréviation on écrit:

  pos. pour possessif.    indéf. pour indéfini.
  dém. pour démonstratif.    num. pour numéral.
  inter. pour interrogatif.    card. pour cardinal.
ord. pour ordinal.

Ex.: Honorez vos parents. Nous avons cinq doigts à chaque main.

vos adj. pos. masc. pl. dét. parents.
modèle{cinq adj. num. card. masc. pl. dét.
d'analyse doigts.
chaque adj. ind. fém. sing. dét. main.

Questionnaire: Que faut-il indiquer dans l’analyse des adjectifs possessifs, etc.?

 

DICTÉE et RÉCITATION.—Le Lion.

Le lion règne en roi dans ce vaste domaine;

Libre de tout souci, sa grandeur s’y promène;

C’est pour lui que l’Afrique a ses arbres épais

Qui versent la fraîcheur, les parfums et la paix;

Il trouve au pied des monts la grotte familière

Que le ciel tapissa de velours et de lierre;

Il trouve le beau lac couronné de roseaux,

Où s’étanche sa soif dans de limpides eaux;

Quand la faim à ses flancs vient attacher des ailes,

Il choisit son festin dans un vol de gazelles;

Il mange la chair vive, il boit le sang vermeil,

Et, sa griffe léchée, il dort d’un doux sommeil.

Exercice 213.Analysez: 1º les adjectifs possessifs, démonstratifs etc.; 2º les adjectifs qualificatifs contenus dans cette poésie.

Exercice 214.Expliquez et définissez les mots en italique.

Exercice 215.Donnez un synonyme à chaque adjectif qualificatif.

Exercice 216.Analysez les membres de phrase suivants:

Les plantes diverses et les fleurs spéciales à chaque climat. Plusieurs grands vaisseaux défenseurs de nos côtes. La mort héroïque de Léonidas et des trois cents Spartiates. Le général Hoche, vainqueur des Vendéens. Sire Grégoire, le savetier, voisin du riche financier.

LECTURE et DICTÉE.—Le Singe et le Chat.

Un singe et un chat avaient même maître et même logis. Ils étaient fort malfaisants. Certain jour, restés seuls au coin du feu, ils regardaient rôtir des marrons. Gourmands et voleurs, ils résolurent de les manger. «Tire-les de ce feu, dit le singe au chat. Tu es si adroitFlatté du compliment, ce brave chat, avec mille précautions, fit rouler hors de la cendre chaude un marron, puis deux, puis trois. Ce ne fut pas sans se faire quelques brûlures. Pendant ce temps, sans être vu, le singe croquait les marrons. Un serviteur entra et mit les voleurs en fuite. Le chat, qui avait eu la peine sans aucun profit, n’était pas content.

Il faut être complaisant, mais non point sot. Méfiez-vous des gens qui cherchent à laisser à autrui les risques et à garder pour eux les profits.

C. A., d’après La Fontaine.

Exercice 217.Analysez tous les adjectifs de cette dictée.

Exercice 218.Mettez au féminin les mots en italique.

Exercice 219.Racontez cette fable: 1º oralement; 2º par écrit.

DICTÉE et RÉCITATION.—L’Hirondelle.

Quand les froids sont venus, la prudente hirondelle

Quitte nos durs climats pour des pays plus doux;

Mais l’oiseau du retour, en s’éloignant de nous,

Pense au toit de son hôte, et lui reste fidèle.

Le nid abandonné hante son souvenir,

Et quand elle s’en va, la bonne voyageuse

En emporte avec elle une image joyeuse

Que son âme d’oiseau saura bien retenir.

Adieu donc, et partez, frileuses hirondelles,

Mais revenez chez nous pour les feuilles nouvelles,

Et vous retrouverez, comme tous les printemps,

Avec vos anciens nids accrochés aux solives,

Le bonjour familier et les regards contents,

Qui rendent chaque fois les amitiés plus vives.

Henri Chantavoine.

Exercices 220 et 221.Donnez: 1º un contraire; 2º un synonyme des mots en italique.

Exercice 222.Analysez tous les adjectifs de cette poésie.

LECTURE et DICTÉE.—Le Sifflet.

Quand j’étais un enfant de cinq à six ans, dit Franklin, mes amis, un jour de fête, remplirent ma petite poche de sous. J’allai tout de suite à une boutique où l’on vendait des babioles; mais, étant charmé du son d’un sifflet que je rencontrai en chemin dans les mains d’un petit garçon, j’offris à cet enfant et lui donnai volontiers tout mon argent en échange de ce sifflet.

Revenu chez moi, sifflant par toute la maison, fort content de mon achat, je fatiguais les oreilles de toute la famille. Mes frères, apprenant que j’avais payé si cher ce mauvais sifflet, me dirent que j’avais donné dix fois plus que sa valeur. Alors ils me firent penser au nombre de bonnes choses que j’aurais pu acheter avec le reste de ma monnaie, si j’avais été plus prudent; ils me ridiculisèrent tant de ma folie, que j’en pleurai de dépit, et la réflexion me causa plus de chagrin que le sifflet ne m’avait donné de plaisir.

Depuis, quand j’étais tenté d’acheter une chose qui ne m’était pas indispensable, je me disais, dans mon for intérieur: «Ne donnons pas trop pour le sifflet,» et j’épargnais mon argent.

Exercice 223.Reproduisez de mémoire cette anecdote.

Exercice 224.Remplacez par un synonyme ou par une expression synonyme les mots en italique.

DICTÉE et RÉCITATION.—Le Chien de l’Avare.

Un avare alla vivre aux champs. «Pour vous garder,

Achetez, lui dit-on, un bon chien sans tarder.

—Je l’ai déjà, dit-il, dogue de belle taille,

Vigoureux, vigilant, prêt à livrer bataille.»

Chaque nuit, en effet, derrière sa muraille,

On entendait courir des abois furieux.

Or, il advint qu’un soir, un voisin curieux,

Qui, connaissant le sire, à bon droit le soupçonne,

Veut contempler ce chien qu’on ne montre à personne.

«Lui, se payer un dogue et le nourrir?... Jamais!»

Il se hisse, il épie... Aucun chien n’est là; mais

Du gardien trop coûteux, assumant seul la tâche,

L’avare, en galopant, aboyait sans relâche.

Comme les autres vices, l’avarice sordide, passion insatiable, dégrade l’homme; elle bannit de son cœur tous les sentiments humains; elle le rend méprisable et parfois extravagant. L’avare ne jouit pas de ses biens: il n’en a jamais assez; il se prive de tout; il est toujours inquiet. Il est égoïste, sot et malheureux.

C. A.

Exercice 225.Racontez cette fable: 1º oralement; 2º par écrit.

Exercice 226.Analysez les mots en italique de cette fable.


 

IV.—LE PRONOM

Le pronom est un mot qui tient la place du nom, et qui en prend le genre et le nombre.

Ainsi, au lieu de dire: l’écureuil est si léger que l’écureuil saute au lieu de marcher, on dit: l’écureuil est si léger qu’il saute au lieu de marcher.

Le mot il, qui remplace le nom écureuil, est un pronom; il est masc. sing., parce que écureuil est masc. sing.

Il y a six sortes de pronoms: les pronoms personnels, possessifs, démonstratifs, relatifs, interrogatifs et indéfinis.

Questionnaire: Qu’est-ce que le pronom?—Nommez les sortes de pronoms.

 

Exercice 227.Quels noms remplacent les pronoms en italique:

Le Chat botté était très habile; il fit la fortune de son maître. La mère chérit ses enfants; elle se dévoue pour eux. En consolant les malheurs d’autrui, nous sentons moins les nôtres. La Garonne a sa source dans les Pyrénées, la Loire a la sienne dans les Cévennes. Si l’on accuse votre ami absent, défendez-le. L’altitude moyenne des Alpes est égale à celle des Pyrénées. Le climat de l’Angleterre est plus froid que le nôtre. On prend les habitudes des personnes avec lesquelles on vit. Le Rhin et le Rhône sortent des Alpes: l’un coule vers le nord et l’autre vers le sud. La paresse est une maladie dont il est difficile de guérir. Le méchant dort mal; tout l’agite.

LECTURE et DICTÉE.—L’Humanité.

Enfant, tu seras soldat un jour. S’il t’arrive de te battre, tu te battras en conscience, parce que c’est ton devoir; mais, une fois le combat fini, si ton ennemi est blessé, ne vois plus en lui qu’un frère malheureux. Vous n’avez pas la même patrie, mais vous en avez chacun une, et il a fait son devoir envers la sienne, comme toi envers la tienne; vous ne parlez pas la même langue, mais il a des sentiments pareils aux tiens; il a un pays comme toi, une famille comme toi, et il les regrette. Aie pitié de lui, soigne-le, console-le. Tu mériteras peut-être que, si toi aussi tu tombes un jour blessé, il vienne un ennemi qui te soigne et te console. Cela, mon enfant, c’est l’humanité.

Bersot.

Exercice 228.Quels noms remplacent les pronoms en italique?

 

Personnes.

Il y a trois personnes dans le discours:

La première est celle qui parle: je chante.

La deuxième est celle à qui l’on parle: tu chantes.

La troisième est celle de qui l’on parle: il ou elle chante.

Pronoms personnels.

Les pronoms personnels sont ceux qui désignent les trois personnes. Ils indiquent le rôle que ces personnes jouent dans le discours.

Les pronoms personnels sont:

singulier.pluriel.
Pour la 1re personne:je, me, moinous.
Pour la 2e personne:tu, te, toivous[16].
il, elle, lui, le, lails, elles, eux.
Pour la 3e personne:{se, soi, en, yse, les, leur.

Questionnaire: Combien y a-t-il de personnes?—Qu’est-ce que les pronoms personnels?—Nommez les pronoms de la 1re personne; de la 2e; de la 3e.

 

Exercice 229.A quelle personne sont les pronoms en italique?

Je travaille. Vous chantez. Ils se promènent. Nous écrivons. Tu étudies. Elle coud. Nous lui parlons. Je vous le dis. Le coupable se repent. Il vous supplie. Vous lui pardonnez. Vous voyez vos amis malheureux. Nous les plaignons et nous leur portons secours. Il aime ses parents et il se dévoue pour eux. Nous aimons la patrie; nous la défendrons.

DICTÉE et RÉCITATION.—Le Coucou.

Exercice 230.Remplacez le tiret par un pronom personnel:

«Qu’est-ce donc qui déplaît dans le chant des coucous?

        Pour ——, —— —— trouve assez doux.

—— ne sais ce qu’on peut —— trouver à redire.»

        «Mon enfant, —— vais —— —— dire:

Dans la voix du coucou, ce qui cause l’ennui,

        C’est qu’—— parle toujours de ——.»

L. Ratisbonne.

—— faut que les enfants soient modestes: qu’—— ne parlent pas toujours d’—— ou de ce qui —— appartient. Nos actions seules doivent parler pour ——; seules —— —— font apprécier. Pensez ——: si —— voulez que l’on dise du bien de ——, n’en dites pas —— même. —— vanter toujours est le plus sûr moyen de —— faire détester.

Exercice 231.Développer en prose la fable ci-dessus.

LECTURE et DICTÉE.—Méchanceté et Finesse.

Exercice 232.Remplacez le tiret par un pronom personnel:

Un lion, devenu vieux et malade, voulait qu’on —— rendît la santé. Des animaux réputés par leur savoir —— empressèrent d’accourir; mais le renard, loin de faire comme ——, —— tint blotti dans sa demeure. Le loup, qui —— voulait du mal, ne manqua pas de faire remarquer son absence, espérant bien qu’on —— —— punirait. En effet, le lion irrité ordonne qu’on amène sur l’heure cet indifférent ou qu’on —— enfume dans son terrier. Le renard vient aussitôt, bien renseigné sur ce que le loup a dit de ——. Fort habilement —— explique que, si on ne —— a point vu empressé auprès du roi souffrant, c’est qu’—— accomplissait un pèlerinage pour que le monarque recouvrât la santé. «—— —— acquittais d’un vœu, dit- ——, et en route, —— ai appris un grand secret. Sire, —— ne manquez que de chaleur; la vieillesse en —— —— a détruite: si —— voulez éprouver un grand soulagement, enveloppez- —— dans la peau toute fumante d’un loup écorché vif; si —— voulez, messire loup que voilà —— servira de robe de chambre; —— suis sûr que le remède est infaillible.» Le lion suivit ce conseil, et le loup perdit la vie.

Hommes, cessez de —— nuire, car chez —— le mal —— rend au quadruple du bien.

C. A. d’après La Fontaine.

Exercice 233.Racontez cette fable: 1º oralement; 2º par écrit.

Exercice 234.Employez, à la place de chaque nom en italique, le pronom personnel en harmonie avec la phrase:

Modèle: Il vaut mieux souffrir le mal que de le faire.

Il vaut mieux souffrir le mal que de faire le mal. Villars trouva les Impériaux à Denain, et Villars vainquit les Impériaux. La lecture me plaît, je fais de la lecture mes plus chères délices. Quand la neige couvre la terre, la neige préserve la terre des grands froids. Le chien est si affectueux que souvent le chien meurt quand le chien est privé de son maître. L’hippopotame nage plus vite que l’hippopotame ne court. L’éléphant est si lourd que l’éléphant écrase plus de plantes que l’éléphant ne mange de plantes. Le plus savant ignore plus de choses que le plus savant ne sait de choses. Alexandre le Grand gagna autant de batailles qu’Alexandre le Grand livra de batailles. On ne triomphe de la calomnie qu’en dédaignant la calomnie. Les rats dévorent les rats entre les rats quand la faim presse les rats. La paresse va si lentement que tous les vices atteignent bientôt la paresse. Condé révolta Condé contre Mazarin, et Condé enrôla Condé dans l’armée espagnole. Nous avons tous des devoirs à remplir: pensons à nos devoirs.

 

Remarques sur les pronoms personnels.

1re Remarque.—Le, la, les sont articles ou pronoms.

Ils sont articles quand ils précèdent un nom: le bonheur et la fortune attirent les amis.

Ils sont pronoms quand ils accompagnent un verbe: ce devoir, fais-le; cette leçon, apprends-la; ces bons conseils, tu les suivras.

Le représente devoir; la représente leçon; les représente conseils.

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2e Remarque.—Leur est adjectif ou pronom.

Leur est adjectif possessif quand il précède un nom; dans ce cas, il prend un s devant un nom pluriel: Les renards sont fameux par leus ruses.

Leur est pronom personnel lorsqu’il signifie à eux, à elles; il accompagne alors le verbe et ne prend jamais d’s:

Le bon fils aime ses parents et leur obéit (obéit à eux).

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3e Remarque.—Les pronoms le, en, y[17], au lieu de représenter un nom, tiennent lieu souvent d’une proposition déjà exprimée et dont on veut éviter la répétition.

Le est mis pour cela, en pour de cela, y pour à cela. Ex.:

Venez, je le désire.—Je désire cela, que vous veniez.

C’est vrai? jen doute.—Je doute de cela, que ce soit vrai.

Vous partez, je my oppose.—Je m’oppose à cela, à ce que vous partiez.

Dans les phrases comme: il va pleuvoir; je le crois; jen suis sûr; jy compte, les pronoms il, le, en, y, représentent quelque chose d’indéterminé qui ne peut être ni masculin ni féminin. Ces pronoms sont du genre neutre.

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Pronoms composés.—Pour donner plus de force à l’expression, on réunit par un trait d’union certains pronoms personnels à l’adjectif indéfini même; on a alors les pronoms composés: moi-même, toi-même, lui-même, elle-même, nous-mêmes, vous-mêmes, eux-mêmes, elles-mêmes, soi-même.

Questionnaire: Quand le, la, les sont-ils articles? Quand sont-ils pronoms?—Quand leur est-il adjectif? Quand est-il pronom?—Quelle remarque faites-vous sur les pronoms le, en, y?—Quand en est-il pronom? Quand est-il préposition?—Quand y est-il pronom? Quand est-il adverbe?—Quels sont les pronoms personnels qui se joignent par un trait d’union à l’adjectif même pour former des pronoms composés?

 

Exercice 235.—Composez deux phrases dans lesquelles...

le sera article défini.le sera pronom personnel.
la sera article défini.la sera pronom personnel.
les sera article défini.les sera pronom personnel.
leur sera adjectif possessif.leur sera pronom personnel.

DICTÉE et RÉCITATION.—Naïveté.

    Un jour, au sortir de l’école,

J’aperçois un enfant qui crie et se désole.

Je m’approche de lui: «Mon petit, qu’avez-vous?

    —Ah! j’ai l’âme bien chagrinée,

Me dit-il: j’ai perdu la pièce de dix sous

    Que ma mère m’avait donnée.

—Cessez, mon bon ami, de vous désespérer;

C’est un petit malheur facile à réparer.

    Tenez, prenez cette autre pièce.»

L’enfant sourit d’abord, puis reprit sa tristesse.

«Eh bien! qu’avez-vous donc? Encore du chagrin?

—Eh! mais, monsieur, dit-il, voici pourquoi je pleure:

    Si je n’avais pas tout à l’heure

    Perdu dix sous, j’en aurais vingt.»

Exercice 236.Racontez cette petite historiette et dites comment cet enfant se montra naïf.

Exercice 237.Dites à quelle personne du singulier ou du pluriel appartiennent les pronoms en italique dans cette poésie.

Exercice 238.Remplacez les pronoms le, en, y, par les membres de phrases dont ils tiennent la place:

Modèle du devoir: Obéissez, il faut cela, que vous obéissiez.

Obéissez, il le faut. Jeanne d’Arc voulait retourner dans son pays; on s’y opposa. On prétend que le soleil est habité; il est permis d’en douter. «Rendez-moi service, dit le cerf aux bœufs; vous n’en aurez point de regret.» Jacques Cœur ne fut pas récompensé comme il le méritait. Charles-Quint ayant demandé la permission de traverser la France pour aller châtier les Gantois, François Ier y consentit. Faites l’aumône aux malheureux chaque fois que vous le pourrez. Nos pères ont fait de précieuses découvertes; nous en profitons. L’homme est avide d’honneurs, comme l’enfant l’est de joujoux. Napoléon Ier se confia à la générosité des Anglais, mais il eut lieu de s’en repentir. Racine fut disgracié par Louis XIV; il en mourut de chagrin. Les habitants de la Patagonie ne sont pas aussi grands qu’on l’avait cru. La paresse conduit toujours à la misère; pensez-y. Soyez bons, honnêtes, travailleurs, et vous serez heureux: je le désire de tout mon cœur.

 

Pronoms possessifs.

Les pronoms possessifs sont ceux qui tiennent la place du nom en faisant connaître à qui appartiennent les personnes, les animaux ou les choses dont on parle. Ex.: Le Tibre a son cours en Italie, la Seine a le sien en France.

Le mot le sien, tenant la place du nom cours, est un pronom possessif.

Les pronoms possessifs sont:

singulier.pluriel.
Masculin.Féminin.Masculin.Féminin.
Le mien.La mienne.Les miens.Les miennes.
Le tien.La tienne.Les tiens.Les tiennes.
Le sien.La sienne.Les siens.Les siennes.
Le nôtre.La nôtre.DesLes nôtres.
Le vôtre.La vôtre.deux{Les vôtres.
Le leur.La leur.genresLes leurs.

Remarque.—Il ne faut pas confondre les adjectifs possessifs notre, votre avec les pronoms possessifs le nôtre, le vôtre, la nôtre, la vôtre.

Les adjectifs notre, votre s’écrivent sans accent et précèdent toujours un nom: notre maison, votre jardin.

Les pronoms le nôtre, le vôtre, la nôtre, la vôtre prennent un accent circonflexe sur l’o et ne se joignent jamais à un nom: chacun a ses peines, et nous avons les nôtres.

Questionnaire: Qu’est-ce que les pronoms possessifs? Nommez-les.—Quelle distinction faites-vous entre les adjectifs notre, votre et les pronoms le nôtre, le vôtre, la nôtre, la vôtre?

 

Exercice 239.Remplacez le tiret par un pronom possessif:

Le devoir de vos parents est de vous guider; et ——, de leur obéir. Respecte la propriété de ton voisin, si tu veux qu’il respecte ——. N’oublions pas que le sort du malheureux peut devenir ——. En soulageant les douleurs d’autrui, nous allégeons ——. Accepte les services d’un ami, mais ne refuse jamais ——. La Loire a sa source en France, tandis que la Garonne a —— en Espagne. Certaines personnes reprochent durement les défauts des autres et n’aperçoivent pas ——; elles blâment leur conduite, mais —— est-elle plus sage? Condé ne ménageait pas ses soldats, mais Turenne était très bon pour ——. Je fermerai les yeux sur ta conduite afin que tu fermes —— sur ——. Si le paresseux ne fait pas son devoir, vous du moins, faites ——. Si ton ennemi flétrit ta réputation, ce n’est pas une raison pour que tu flétrisses ——. Je vois une paille dans l’œil du voisin, mais je ne vois pas celle qui est dans ——. Les pauvres ont leurs peines et les riches ont ——. Vous critiquez les dépenses d’autrui, —— sont-elles plus raisonnables? Fermons les yeux sur les torts des autres, afin qu’ils ferment —— sur ——. Vous avez vos petits défauts; qui n’a pas ——?

DICTÉE et RÉCITATION.—Le Droit du plus fort.

«J’ai cinq ans, lui trois: je serais son père!

Papa, n’est-ce pas qu’il est dans son tort!

Et que j’ai le droit, étant le plus fort,

De prendre son livre à mon petit frère?

—Sans doute, et je prends le tien tout d’abord.

Pourquoi donc papa?—Je suis le plus fort!»

Paysant.

Cet enfant croyait qu’il suffit d’être le plus fort pour avoir raison. Son père lui montre qu’il se trompe, en le rendant lui-même victime de cette manière de penser. Nous devons toujours être justes et bienveillants, surtout envers ceux qui sont plus faibles que nous.

Exercice 240.A quelle espèce de pronoms appartiennent les mots en italique? A quelle personne sont les pronoms personnels?

Exercice 241.Développez en prose la poésie ci-dessus.

LECTURE et DICTÉE.—La Prétention.

Exercice 242.Remplacez le tiret par un pr. personnel ou possessif:

Jupiter, ayant convoqué tous les êtres, demanda à chacun d’—— s’—— —— trouvait beau. «Dans le cas contraire, —— dit- ——, —— pouvez réclamer sans crainte, —— ——’engage à modifier ce qui —— déplaît. Singe, exprime- —— le premier. Es- —— content de ta figure?» «De ——? demanda le singe; mais certainement! En revanche, —— doute que l’ours soit satisfait de ——.» L’ours, pourtant, déclara qu’à son avis rien ne manquait à sa beauté. Mais, ajouta-t- ——, —— connais d’autres animaux qui n’en diraient pas autant de ——. L’éléphant, par exemple, est fort laid.» L’éléphant protesta et ne parla ensuite que pour dire qu’—— trouvait la baleine trop grosse. La fourmi jugea le ciron beaucoup trop petit, —— croyant, quant à ——, un colosse. Bref, —— apercevaient tous les défauts des autres, mais —— ne voyaient pas ——. Les hommes, consultés, ne furent pas plus sages que les animaux, et personne ne réclama rien de Jupiter.

Appliquons- —— à être indulgents pour les défauts d’autrui, clairvoyants et sévères pour ——.

C. A., d’après La Fontaine.

Exercice 243.Racontez cette fable: 1º oralement;par écrit.

 

Pronoms démonstratifs.

Les pronoms démonstratifs sont ceux qui tiennent la place du nom en montrant les personnes, les animaux ou les choses dont on parle. Ex.: Voici deux livres; celui-ci est le plus beau.

Le mot celui-ci, tenant la place du nom livre qu’il indique, est un pronom démonstratif.

Les pronoms démonstratifs sont:

singulier.pluriel.
Masculin.Féminin.Masculin.Féminin.
Celui.Celle.Ceux.Celles.
Celui-ci.Celle-ci.Ceux-ci.Celles-ci.
Celui-là.Celle-là.Ceux-là.Celles-là.

Ce, ceci, cela[18].

Ce, ceci, cela, sont invariables et du genre neutre.

Distinction entre se et ce.

Il ne faut pas confondre se, pronom personnel, avec ce, pronom démonstratif:

Se peut être remplacé par un autre pronom personnel tel que lui, elle, eux, elles, soi; il appartient toujours à un verbe pronominal. Ex.:

Le sage se contente de peu (contente lui).

Pour un âne enlevé deux voleurs se battaient (battaient eux).

Ce, pronom démonstratif, peut toujours être remplacé par ceci, cela, ou par un nom (le plus souvent par le mot chose). Ex.:

Diviser, c’est partager (cela est partager).

Retenez bien ce que vous apprenez (les choses que vous apprenez).

Remarque.Ce est encore adjectif démonstratif; alors il précède et détermine le nom: ce livre, ce cheval.

Questionnaire: Qu’est-ce que les pronoms démonstratifs?—Nommez-les.—Quelle distinction faites-vous entre se, pronom personnel, et ce, pronom démonstratif?—Que peut être encore ce?

 

Exercice 244.Remplacez le tiret ou les mots en italique par un pronom démonstratif:

Le cours de la Loire est plus long que le cours de la Seine. —— qui est semé dans l’enfance se récolte dans l’âge mûr. Les Français ont des mœurs toutes différentes des mœurs des Anglais. L’Allier et la Saône sont deux grandes rivières: la Saône se jette dans le Rhône, et l’Allier dans la Loire. Écoutez ——: travaillez bien d’abord, jouez bien après. Qui n’obéit pas à la voix de ses parents ne saura jamais obéir à la voix de sa conscience. Heureux sont —— qui chérissent leurs parents! On fait son propre bonheur en s’occupant du bonheur des autres. —— qui font le bien pour la récompense qu’ils espèrent ne la méritent pas. Il faut entretenir la vigueur du corps pour conserver la vigueur de l’esprit. Tout —— qui reluit n’est pas or. Toujours s’amuser, —— n’est vraiment pas raisonnable.

Exercices 245 et 246.Remplacez le tiret par le pronom personnel se ou par le pronom démonstratif ce, suivant le sens:

245. Le tigre —— tapit dans les jungles. La richesse du pauvre, —— est l’honnêteté. —— est le printemps qui prépare la richesse de l’été. On —— voit d’un autre œil qu’on ne voit son prochain. Aime —— qui est vrai, admire —— qui est beau, fais —— qui est bien. Ni le grenier, ni l’armoire ne —— remplissent à babiller. —— qui est vraiment beau, —— est —— qui rend l’homme meilleur. La grenouille —— enfla tant qu’elle creva. La violette —— cache sous les buissons touffus. Fais —— que dois, advienne que pourra. On —— sent heureux du bonheur des personnes que l’on aime. —— que l’on conçoit bien —— énonce clairement.

246. On perd à parler —— qu’on gagne à —— taire. —— rendre utile vaut mieux que briller. La manière de donner vaut mieux que —— qu’on donne. —— sont les Phéniciens qui —— sont les premiers confiés à la mer. La Sicile —— souleva contre la tyrannie de Charles d’Anjou. Le bavard dit tout —— qu’il pense, et l’honnête homme pense —— qu’il dit. Les méchants —— craignent, —— détestent, —— fuient. Les jeunes gens disent —— qu’ils font; les vieillards, —— qu’ils ont fait, et les sots, —— qu’ils —— proposent de faire. —— que l’on donne ne doit jamais —— reprocher. Il faut —— entr’aider; —— est la loi de la nature. Celui qui —— est endormi dans la paresse —— réveillera dans l’indigence. —— n’est pas l’habit, —— n’est pas le métier qui dégrade l’homme: —— sont les défauts auxquels il —— livre et dont il ne veut pas —— corriger. Les membres de la Convention —— déchirèrent entre eux. —— est du sein de la terre que sort —— qu’il y a de plus précieux. Le sucre —— dissout dans l’eau. Catherine de Médicis —— employa à diviser les catholiques et les protestants. On —— persuade aisément —— que l’on désire. Rien de —— qui est bien fait ne —— fait aisément. Le sage —— contente de —— qu’il a.

 

Pronoms relatifs.

Les pronoms relatifs, appelés aussi conjonctifs, sont ceux qui servent à joindre le mot dont ils tiennent la place à ceux qui le suivent.

Ex.: L’homme qui a un cœur pur est heureux.

Le mot qui, joignant le nom homme, dont il tient la place, aux mots qui suivent, est un pronom relatif.

Les pronoms relatifs sont:

singulier.pluriel.
Masculin.Féminin.Masculin.Féminin.
Lequel.Laquelle.Lesquels.Lesquelles.
Duquel.De laquelle.Desquels.Desquelles.
Auquel.A laquelle.Auxquels.Auxquelles.
   
Des deux genres et des deux nombres:
Qui, que[19], quoi, dont[20].

Remarque.—Le mot dont le pronom relatif tient la place est appelé antécédent, parce qu’il le précède dans la phrase. Ainsi, dans l’exemple: l’homme qui a un cœur pur est heureux, homme est l’antécédent de qui.

Pronoms interrogatifs.

La plupart des pronoms relatifs peuvent être placés au commencement d’une phrase. Ils servent alors à interroger, et on les appelle pronoms interrogatifs: qui est venu? que veux-tu? a quoi pense-t-il? laquelle de ces pommes désires-tu?

Qui et quoi interrogatifs sont du genre neutre.

Questionnaire: Qu’appelle-t-on pronoms relatifs? Nommez-les.—Qu’appelle-t-on antécédent?—Quand certains pronoms relatifs sont-ils interrogatifs?

 

Exercices 247 et 248.Remplacez le tiret par un pronom relatif:

247. Celui —— fréquente les méchants devient méchant. On prend les habitudes des personnes avec —— on vit. Une grenouille vit un bœuf —— lui semblait de belle taille. L’ivresse est l’état le plus honteux dans —— l’homme puisse tomber. On finit par vaincre les obstacles contre —— on s’accoutume à lutter. La bonne administration de Henri IV et de Sully guérit les maux —— la France souffrait depuis longtemps. Celui-là est heureux —— a le cœur pur. Celui-là est heureux —— le cœur est pur. Nous admirons rarement les choses —— nous avons l’habitude de voir. Les personnes —— on parle le moins ne sont pas celles —— ont le moins de mérite. —— veut tout n’a rien.

248. Les richesses après —— nous courons sont bien fragiles. Les exercices —— vous vous livrez développent et fortifient votre corps. Quel que soit le travail —— l’on vous confie, faites-le bien. Tâchez que chacun de vous puisse dire: «Il n’est personne —— ait à se plaindre de moi.» Chacun a son défaut —— toujours il revient. L’Algérie, —— nous avons conquise après tant d’efforts et pour —— nous avons fait tant de sacrifices, est aujourd’hui une seconde France. Aimez vos parents —— vous recevez tant de marques d’affection. —— aime bien châtie bien. —— faire en un gîte, à moins que l’on ne songe? La Réforme —— Luther donna le signal fut prêchée en France par Calvin.

LECTURE et DICTÉE.—Le trouvère Blondel.

Richard Cœur de Lion quitta la Palestine, où il s’était illustré par ses exploits, pour revenir en Europe défendre les possessions qu’il avait en France et dont Philippe Auguste avait entrepris la conquête. Ayant fait naufrage dans la mer Adriatique, il fut jeté par la tempête sur les terres du duc d’Autriche, qui le retint prisonnier. Personne ne sut ce qu’il était devenu. Le trouvère français Blondel, qui était un de ses favoris, se mit à parcourir l’Allemagne pour tâcher de le retrouver. Après de longs et pénibles voyages, il arriva devant un vieux château fort, dans lequel gémissait le roi captif. Il se mit à chanter une romance qu’il avait autrefois composée avec lui. Aussitôt une voix, celle de Richard, répondit à la sienne du haut de la tour, et Blondel, reconnaissant celui qu’il cherchait, partit au plus vite pour l’Angleterre, où il raconta son aventure.

L’Angleterre, que Richard avait à moitié ruinée pour les préparatifs de son expédition, oublia ses griefs contre lui. Tous, riches et pauvres, contribuèrent à donner la somme que réclamait le duc d’Autriche pour la rançon du roi, et celui-ci sortit enfin libre de la tour dans laquelle il avait été enfermé pendant quatorze mois.

C. A.

Exercice 249.Dites à quelle espèce de pronoms appartiennent les mots en italique de cette dictée.

Exercice 250.Racontez cette légende: 1º oralement; 2º par écrit.

 

Pronoms indéfinis.

Les pronoms indéfinis sont ceux qui représentent les personnes, les animaux ou les choses d’une manière vague, générale, indéfinie.

Ex.: On a souvent besoin d’un plus petit que soi.

Le mot on, tenant la place d’une personne quelconque, est pronom indéfini.

Les pronoms indéfinis sont:

On, chacun, personne, quiconque, quelqu’un, rien, autrui, l’un, l’autre, l’un et l’autre.

Il faut ajouter: Aucun, certain, nul, plusieurs, tel, tout, qui sont tantôt adjectifs indéfinis, tantôt pronoms indéfinis.

Ils sont adjectifs quand ils précèdent le nom. Ex.: nul homme n’est content de son sort. (Ici, nul est adjectif parce qu’il détermine le nom homme.)

Ils sont pronoms s’ils tiennent la place d’un nom. Ex.: nul n’est content de son sort. (Ici, nul est pronom parce qu’il tient la place du nom homme.)

Questionnaire: Qu’est-ce que les pronoms indéfinis? Nommez-les?—Quand aucun, certain, nul, plusieurs, tel, tout sont-ils pronoms? Quand sont-ils adjectifs?

 

Exercice 251.Remplacez le tiret par un pronom indéfini:

L’ours a, dit- ——, l’odorat plus fin que tout autre animal. Quand Turenne fut mort, —— de ses soldats crut avoir perdu un père. L’égoïste n’aime ——. Il est triste de ne rien savoir et d’avoir continuellement recours à ——. —— doit respecter la propriété d’——. —— aime le danger y périra. L’honnête homme est discret: il remarque les défauts d’——, mais il ne parle mal de ——. —— n’est prophète dans son pays. —— brille au second rang qui s’éclipse au premier. Récompensez —— selon son mérite et n’ayez de préférence pour ——. Ne fais pas à —— ce que tu ne voudrais pas qu’on te fît. Louis XI fit périr des seigneurs sur l’échafaud et en enferma —— dans des cages de fer. Le grincheux crie toujours contre —— ou contre quelque chose. —— passe, les hommes et les choses. —— pour soi est une devise très égoïste. —— oublie ses peines en partageant celles d’——.

Exercice 252.Remplacez le tiret par un pronom indéfini:

Aidez-vous —— ——; ne médisez jamais —— ——. Le mal de —— ne guérit pas celui de ——. Il faut, autant qu’—— peut, obliger tout le monde. —— n’aime que soi, n’est aimé de ——. La Garonne n’a qu’une embouchure; le Rhône en a ——. —— ne connaît l’avenir. Nous nous pardonnons ——, et nous ne voulons —— pardonner aux ——. Le paresseux n’est bon à ——. La vigne n’est pas cultivée dans toutes les provinces de France, mais dans —— seulement. Les saisons apportent —— leur tribut. —— est riche doit assister les pauvres. —— qui rit vendredi, dimanche pleurera. Ce qu’—— donne aux méchants, toujours —— le regrette. Un «tiens» vaut, ce dit- ——, mieux que deux «tu l’auras»; —— est sûr, —— ne l’est pas. Je ne trouve —— de majestueux comme le lever du soleil. —— vient à point à qui sait attendre. Des premiers croisés partis avec Pierre l’Ermite, —— seulement arrivèrent à Jérusalem. L’avarice perd —— en voulant —— gagner. On ne donne —— si libéralement que ses conseils. Nous avons —— assez de force pour supporter les maux d’——.

LECTURE et DICTÉE.—Les Trois Amis.

Un homme avait trois amis: deux d’entre eux surtout lui étaient très chers; l’autre lui était indifférent, quoique celui-ci lui portât un attachement sincère. Un jour, il fut, bien qu’innocent, appelé en justice, accusé par quelqu’un d’avoir commis un grand crime. «Chacun, dit-il, dans les moments difficiles, a besoin de ses amis; moi, en cette circonstance, j’ai recours aux miens. Qui de vous peut venir témoigner en ma faveur? Car on a lancé contre moi une accusation très grave et le juge est en colère.» Le premier de ses amis s’excusa de ne pouvoir l’accompagner: il avait des affaires pressantes qui l’obligeaient à partir sur-le-champ. Le second le suivit jusqu’aux portes du palais de justice; là il s’arrêta et revint sur ses pas, après avoir déclaré qu’il n’oserait jamais se présenter devant le juge, dont il redoutait la colère. Le troisième, sur lequel il avait compté le moins, entra, parla en sa faveur, et témoigna de son innocence avec tant de conviction que le juge le renvoya absous et le récompensa.

Nous nous trompons souvent sur la valeur réelle de ceux qui se prétendent nos amis. Mettons-les à l’épreuve. Les vrais, seuls, nous consoleront dans le malheur: les autres nous abandonneront bien vite si la fortune nous est contraire.

C. A., d’après Schwab.

Exercice 253.Dites à quelle espèce de pronoms appartiennent les mots en italique de cette dictée.

Exercice 254.Racontez cet apologue: 1º oralement; 2º par écrit.

 

ANALYSE DU PRONOM.

Pour analyser le pronom, on en indique:

L’Espèce:c’est-à-dire s’il est personnel, possessif, démonstratif, relatif, interrogatif, indéfini.
La Personne:pour les pronoms personnels seulement.
Le Genre et le Nombre.
Le Rapport:c’est-à-dire le nom qu’il représente[21].

Par abréviation on écrit: pr. pour pronom; pers. pour personnel, personne; rep. pour représente; etc. (V. les adj. possessifs, démonstratifs, p. 70.)

Ex.:Tous les chiens qui aboient ne mordent pas. Nul n’est parfaitement heureux.
modèlequi pr. rel. masc. pl. représente chiens.
d'analyse{ 
Nul pr. indéf. masc. sing.

Questionnaire: Que faut-il indiquer dans l’analyse du pronom?

 

Exercices 255 et 256.Analysez les pronoms en italique:

255. Si votre ennemi a faim, donnez-lui à manger. La lecture me plaît, j’en fais mes plus chères délices. Plus d’un général a vu la victoire lui échapper, au moment où il croyait la saisir. On double son bonheur en le partageant avec un ami. Chacun a ses habitudes; nos camarades ont les leurs, nous avons les nôtres. L’indiscret se repent souvent de ce qu’il a dit. Les avares se privent de tout.

256. Le requin et le brochet sont deux poissons destructeurs; celui-là est le tyran des mers, celui-ci ravage les rivières. N’oublions jamais que le sort du malheureux peut devenir le nôtre. L’or est un talisman au moyen duquel les portes s’ouvrent. L’ambitieux veut tout, partant il n’aura rien. Le Lot et le Gers se jettent dans la Garonne: celui-ci est un affluent de gauche, celui-là un affluent de droite. L’esprit est la fleur de l’imagination; le jugement en est le fruit. Tous les hommes regrettent la vie quand elle leur échappe. Le moment où je parle est déjà loin de moi.

Exercice 257.Analysez les mots en italique de l’exercice suivant:

On avait écrit des livres injurieux contre le cardinal Mazarin, dont on connaît l’avarice. Il feignit d’en être très irrité et fit rechercher tous les exemplaires comme pour les détruire. Quand il les eut tous rassemblés, il les fit vendre secrètement à ceux même qui criaient le plus contre lui, et fort habilement en retira dix mille écus.

RÉDACTION D’APRÈS L’IMAGE.

Le Chien du Saint-Bernard.

Élocution: 1. Que fait ce touriste?—2. Que lui arrive-t-il?—3. Quel est le dénouement?Rédaction: Écrivez une historiette d’après ces images.

EXERCICES DE RÉCAPITULATION.

Exercice 258.Mettez au féminin les mots en italique et tous leurs correspondants:

Le tigre est cruel, carnassier et toujours altéré de sang. Le chevreau est vif, léger, capricieux et vagabond. Les dieux de la Fable étaient vindicatifs et cruels. Les vieux vitraux peints de la Sainte-Chapelle sont plus beaux et plus précieux que ceux de Notre-Dame, mais ils ne sont pas aussi anciens. Mon fils, tu peux ne pas être joli, mais tu dois être toujours bon. Ce comédien est à la fois le directeur, le principal acteur, le meilleur musicien et le chanteur le plus distingué de ce théâtre. Craignez pour l’avenir d’un petit garçon jaloux, sournois et boudeur: il sera malheureux toute sa vie, à charge aux autres et à lui-même. Votre pré est frais, gras et fécond, le mien est marécageux et improductif; les herbages qu’il produit sont malsains et peu savoureux. Les murs qui entourent les prisons sont hauts et épais.

Exercice 259.Mettez au masculin le devoir suivant:

Une sœur est une amie donnée par la nature. Une bonne mère vit avec sa fille comme avec sa meilleure amie. Quand la température est sombre, froide, pluvieuse, les murailles des appartements sont fraîches et humides. L’ânesse est gaie, gentille et même assez jolie, quand elle est jeune; mais elle devient, par l’âge, lente, indocile et têtue. Cette jeune femme est étourdie, folle, indiscrète, prétentieuse, railleuse, pointilleuse; tandis que sa sœur est réservée, sérieuse, très attentive, très assidue, travailleuse. La serine et la linotte sont les musiciennes de la chambre. Les reines se traitent entre elles de sœurs et de cousines. La louve, naturellement grossière et poltronne, devient ingénieuse par besoin et hardie par nécessité. La bonne société a rendu Émilie aussi bonne, aussi douce, aussi modeste, en un mot, aussi accomplie qu’elle était auparavant violente, arrogante, orgueilleuse, fière et vindicative.


V.—LE VERBE.

Le nom, l’article, l’adjectif et le pronom ne servent qu’à nommer, à déterminer, à qualifier, à représenter les personnes, les animaux ou les choses.

Si l’on dit le ciel... bleu, le soleil ... la terre, on ne fait que nommer des objets sans en rien affirmer.

Si l’on dit au contraire le ciel est bleu, le soleil éclaire la terre, on formule des affirmations.

Le mot indispensable pour affirmer, pour dire quelque chose, s’appelle verbe. Sans lui, les mots ne représentent que des idées détachées, sans liaison, sans rapport entre elles.

Le verbe est un mot qui exprime que l’on est ou que l’on fait quelque chose.

Le verbe exprime donc l’état ou l’action.

Ex.: L’éléphant est intelligent. Le bœuf traîne la charrue. Est marque l’état.—Traîne marque l’action.

Nota.—On reconnaît qu’un mot est verbe quand on peut le conjuguer, c’est-à-dire quand on peut mettre devant lui un des pronoms je, tu, il, nous, vous, ils.

Ainsi chanter est un verbe, parce qu’on peut dire je chante, tu chantes, il chante, etc.

Questionnaire: Qu’est-ce que le verbe?—Qu’exprime le verbe?—A quoi reconnaît-on qu’un mot est verbe?

 

Exercice 260.Quelles actions fait-on avec:

Modèle du devoir: Avec le sel on peut saler.

Le sel. Le poivre. La bêche. La pioche. La faux. Le compas. La scie. La lime. Le rabot. Les ciseaux. Les tenailles. Des ailes. Des nageoires. La charrue. Une clef. Un seau. Un sceau. Une pipe. Un soufflet. Une truelle. Une échelle. Un davier. Une corde. Une ancre. Un crible. Un levier. Une alène. Une plume. Un baromètre. Un thermomètre. Un fouet. Un diapason. Une nasse. Un éteignoir. Un couteau. Une aiguille. Un marteau. Un mètre. Le gramme. Le litre. Le franc. Une lancette. Des balances. Une vrille. Un canif. Un rouet. Un van. Un crayon. Une règle. Un rapporteur. Un étau.

Exercice 261.Quel est l’animal qui fait l’action de:

Voler. Nager. Ramper. Hennir. Braire. Rugir. Aboyer. Hurler. Miauler. Bêler. Beugler ou mugir. Grogner. Croasser. Coasser. Glouglouter. Piauler. Jaser. Glousser ou caqueter. Glapir. Siffler. Chanter. Gazouiller. Pépier. Bourdonner. Craqueter. Bramer. Gémir ou roucouler. Parler. Trompeter. Grisoller. Râler. Baréter. Huer. Flûter.

Exercices 262 et 263.Remplacez le tiret par un verbe convenable:

262. Leçon à ——. Blé à ——. Vin à ——. Vigne à ——. Souliers à ——. Champ à ——. Pain à ——. Foin à ——. Tabac à ——. Brebis à ——. Fossé à ——. Couteau à ——. Chaise à ——. Cartes à ——. Chapeau à ——. Chanvre à ——. Lettre à ——. Devoir à ——. Longueur à ——. Fleurs à ——. Graines à ——.

263. Arbre à ——. Pauvres à ——. Affligés à ——. Patrie à ——. Problèmes à ——. Linge à ——. Malades à ——. Aiguille à ——. Fer à ——. Parents à ——. Papier à ——. Route à ——. Pierre à ——. Dé à ——. Montagne à ——. Machine à ——. Chanson à ——. Tableau à ——. Croquis à ——. Bois à ——. Filet à ——. Défauts à ——. Conseils à ——. Livre à ——. Récompense à ——.

LECTURE et DICTÉE.—La Sentinelle endormie.

C’était quelques jours avant la célèbre bataille d’Iéna. Les régiments français vinrent un soir, après une très longue marche, camper non loin des bivouacs prussiens. Napoléon, craignant une surprise, parcourait la nuit les alentours du camp, avec quelques officiers. Il aperçoit une sentinelle qui n’avait pu résister au sommeil; il s’avance seul vers elle, lui enlève doucement, et sans l’éveiller, son fusil, fait la faction à sa place et attend qu’on vienne le relever. Quelques secondes après le soldat s’éveille. Quel est son trouble quand il reconnaît celui qui l’a remplacé! «L’Empereur! s’écrie-t-il, je suis perdu!—Rassure-toi, mon ami, lui dit Napoléon: après tant de fatigues, il est bien permis à un brave comme toi de s’endormir; mais une autre fois choisis mieux ton temps.»

C. A.

Exercice 264.Soulignez les verbes contenus dans cette dictée.

Exercice 265.Faites ce récit: 1º oralement; 2º par écrit.

Exercice 266.Remplacez le tiret par un verbe convenable:

La Seine —— Paris. Le vent —— la poussière. Jean le Bon —— la bataille de Poitiers. L’abeille —— le suc des plantes. La France —— la Lombardie du joug de l’Autriche. La Creuse se —— dans la Vienne. L’hirondelle —— en automne et —— au printemps. Le Pas de Calais —— la France de l’Angleterre. L’ours blanc —— les régions polaires. La France —— le Tonkin. L’avoine —— à la nourriture des chevaux. Ravaillac —— Henri IV. La rouille —— le fer. Le stère sert à —— le bois de chauffage. Les populations européennes —— à la race blanche. On —— quotient le résultat de la division. Pour faire le cidre, on —— les pommes. La Loire —— des Cévennes. La paix de Cateau-Cambrésis —— les guerres d’Italie. C’est ordinairement à la fin du mois de juin que l’on —— les foins. Vauban —— un grand nombre de nos places. Les maires du palais —— les rois fainéants. L’océan Atlantique —— la Manche.

 

Le Sujet.

On nomme sujet d’un verbe le mot représentant la personne, l’animal ou la chose dont le verbe exprime l’état ou l’action.

Le sujet répond à la question qui est-ce qui (pour les personnes et les animaux) ou qu’est-ce qui (pour les choses) faite avec le verbe. Ex.: Le chien aboie.

Qui est-ce qui aboie?—Le chien. Chien est sujet de aboie.

⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓

Le sujet d’un verbe peut être un nom, un mot quelconque pris substantivement, un pronom[22] ou un verbe à l’infinitif. Ex.:

Le soleil brille.Soleil (nom) est sujet de brille.

Cinq et quatre font neuf.Cinq et quatre (adjectifs numéraux pris substantivement) sont sujets de font.

Nous étudions.Nous (pronom) est sujet de étudions.

Mentir est honteux.Mentir (verbe) est sujet de est.

Le sujet peut suivre le verbe au lieu de le précéder. Ex.: Le long d’un clair ruisseau buvait une colombe.

Qui est-ce qui buvait?—Une colombe. Colombe est sujet de buvait.

Nota.—Des neuf parties du discours le verbe seul peut avoir un sujet.

Questionnaire: Qu’appelle-t-on sujet d’un verbe?—A quelle question répond le sujet?—Quels mots peuvent être sujets du verbe?

 

Exercices 267 et 268.Trouvez un sujet à chaque verbe suivant:

Modèle du devoir: Qui est-ce qui teint? le teinturier. Teinturier, sujet de teint.

267. Teint. Voyage. Mendie. Cultive. Inspecte. Conquiert. Conte. Examine. Interroge. Dessine. Ment. Flatte. Médit. Protège. Babille. Copie. Gronde. Taquine. Dort. Jardine. Ramone. Écrit.

268. Préside. Sert. Observe. Se vante. Navigue. Chicane. Carillonne. Étame. Maçonne. Vole. Arpente. Forge. Nivelle. Calcule. Chante. Joue. Rit. Construit. Ciselle. Sculpte. Peint. Tisse. Calomnie. Assiège. Défend. Court. Marche. Laboure. Décore. Pêche. Chasse.

Exercice 269.Analysez les sujets suivants mis en italique:

Modèle: cœur | n. c. masc. sing. sujet de bat.

Le cœur bat. Nous chantons. Les moutons broutent. Chacun espère. La grêle ravage. Travailler est un devoir. Les méchants nuisent. L’éclair brille. Nos prairies sont fertiles; les vôtres dessèchent. Elle joue; tu étudies. Les flots écument. Celui qui pense existe. On doit travailler. Les étoiles scintillent. Je lui pardonne. L’obus éclate.

Exercices 270 et 271.Joignez trois verbes aux noms suivants considérés comme sujets:

Modèle: l’oiseau | chante, gazouille, vole.

270. L’oiseau. Le père. Le navire. La rivière. L’élève. L’abeille. La branche. L’océan. La violette. Le fruit. Le soldat. La foudre.

271. Le soleil. L’aérostat. L’instituteur. La rouille. Le laboureur. Le vin. L’avare. La fortune. Le volcan. Les cheveux. L’ouragan. La neige. Le chien. Le feu. Le mouton. Le nuage. La campagne. L’œil.

LECTURE et DICTÉE.—Déloyauté punie.

Les Anglais, commandés par le duc de Lancastre, vinrent faire le siège de Dinan. Du Guesclin était dans la ville et la défendait. Un jour de trêve, son frère Olivier, qui se promenait sans défiance autour des murailles, fut saisi et emmené prisonnier par un seigneur anglais appelé Thomas de Cantorbéry. Prévenu, Du Guesclin monta aussitôt à cheval et se rendit seul à la tente du duc de Lancastre pour se plaindre de l’outrage qu’on lui avait fait. Un combat en champ clos fut décidé entre le chevalier breton et Thomas de Cantorbéry. Celui-ci était un des plus redoutés parmi les siens, et les habitants de Dinan éprouvaient une grande inquiétude en voyant leur meilleur défenseur jouer ainsi sa vie. La lutte fut longue et terrible, mais Du Guesclin déploya tant d’agilité, d’adresse et de sang-froid, qu’il finit par terrasser son redoutable adversaire. Le duc de Lancastre assistait au combat; il témoigna son admiration au vaillant chevalier, qui devait plus tard chasser les Anglais de France.

C. A.

Exercice 272.Analysez les sujets des verbes en italique.

Exercice 273.Racontez cette histoire: 1º oralement; 2º par écrit.

Exercice 274.Donnez trois sujets à chacun des verbes suivants:

Modèle: Qui obéit?l’écolier, le soldat, le serviteur.

Obéir. Commander. Instruire. Vieillir. Partir. Caresser. Plaire. Siffler. Éclater. S’enfuir. Enrichir. Tourner. Noircir. Croître. Paraître. Trembler. Divertir. Approcher. Changer. Déplaire. Retentir.

Exercice 275.Remplacez le tiret par le sujet convenable:

Le —— se jette dans la Saône. Le —— courbe les arbres. —— se distingua à Fornoue. Le —— est le siège de la pensée. Les —— et les —— ensanglantèrent Paris sous Charles VI. La —— est un peu aplatie aux pôles. —— fabrique de belles soieries. La —— passe à Metz. Le —— rachète la faute. —— construisit le palais de Versailles. —— fut vaincu à Ivry. Les —— ont fait la conquête du Dahomey. Les —— peuplent la voûte des cieux. La —— courbe le corps. Le —— du berger est le gardien du troupeau. L’—— est le plus léger de tous les gaz. Les —— donnent de l’ombrage. —— fut surnommé l’organisateur de la victoire. Le premier —— franchit les Alpes au mont Saint-Bernard. La —— du Cotentin s’avance dans la Manche. —— renversa le Directoire.

DICTÉE et RÉCITATION.—L’Aigle et le Limaçon.

Sur la cime d’un pic, un limaçon grimpé

Fut, par un aigle, aperçu d’aventure.

«Comment, à ce haut poste, oubliant ta nature,

As-tu pu t’élever? dit l’oiseau.—J’ai rampé.»

    Combien, dans le siècle où nous sommes,

    De limaçons parmi les hommes.

                            Formage.

Exercice 276.Analysez les cinq sujets de cette poésie.

LECTURE et DICTÉE.—L’Asie.

L’Asie, berceau primitif de notre civilisation, est la plus grande et la plus peuplée des cinq parties du monde. Elle est quatre fois et demie plus étendue que l’Europe et quatre-vingts fois plus grande que la France. Le nord de l’Asie est occupé par de vastes plaines, les steppes de la Sibérie, où règne un froid très rigoureux; le centre est couvert d’un plateau gigantesque, le Pamir, auquel vient se rattacher l’Himalaya, la plus haute chaîne de montagnes du monde. De cet énorme plateau sortent de longs et larges fleuves. Le sud jouit d’un climat chaud; il produit en général une végétation remarquable. On trouve en Asie les diamants, les pierres précieuses, l’or, l’argent, les perles, le cuivre, la houille, les céréales, le riz, la gomme, le caoutchouc, le bambou, le cocotier, la canne à sucre, le camphre, le thé, l’opium, le café, les dattes, les épices, le coton, le bananier, l’indigotier, le mûrier et les bois précieux. On y rencontre le lion, le tigre, la panthère, l’éléphant, le rhinocéros, l’ours, l’hermine, la martre, le loup, le renard bleu, le zébu, le chameau et les animaux domestiques, le crocodile et une foule de singes, d’oiseaux et de serpents.

La France possède en Asie la Cochinchine, le Tonkin et cinq villes de l’Hindoustan: Pondichéry, Chandernagor, Mahé, Yanaon et Karikal; elle a en outre établi son protectorat sur l’Annam et le Cambodge. C. A.

Exercice 277.Soulignez les verbes et analysez les sujets.

Exercice 278.Reproduisez de mémoire cette étude sur l’Asie.

 

Personnes.—Nombre.

Il faut considérer dans le verbe: les personnes, les nombres, les auxiliaires, les formes, les modes, les temps, la conjugaison.

La personne est la forme particulière que prend la terminaison du verbe, selon que le sujet joue le premier, le second ou le troisième rôle dans le discours: je vais, tu vas, il va.

Le nombre est la forme particulière que prend la terminaison du verbe, selon que le sujet est du singulier ou du pluriel. Ex.: Tu aimes, vous aimez.

Il y a trois personnes dans le verbe:

PERSONNES.SINGULIER.PLURIEL.
La 1re est celle qui parleJe chante.Nous chantons.
La 2e est celle à qui l’on parleTu chantes.Vous chantez.
La 3e est celle de qui l’on parleIl chante.Ils chantent.

Questionnaire: Que faut-il considérer dans le verbe?—Qu’est-ce que la personne?—Qu’est-ce que le nombre?—Combien y a-t-il de personnes dans le verbe?

 

Exercice 279.Dites à quelle personne sont les verbes en italique:

Je dois compatir au malheur d’autrui. J’estime le courage et tu le loues. L’homme naît, souffre et meurt. Le boa étouffe sa proie. Elle coud et tu brodes à la perfection. Je promets ce que tu demandes. Tu échoueras s’il agit mal. L’heure passe rapidement. Elle arrose les fleurs. Toi, tu aimes la mer, et moi, je préfère la montagne. «Que je te plains, petite plante!» disait le lierre au thym. Ce livre vous plaît, je vous le donne. Le maître commande, obéis. Je suis souris, vive le rat! La bataille s’engage; l’ennemi fuit. Je te prie de travailler.

Exercice 280.Mettez au pluriel l’exercice ci-dessus.

Exercice 281.Dites à quelle personne sont les verbes en italique:

Nous louons les bienfaits. Les nuages parcourent l’espace. Vous travaillez pendant qu’ils se reposent. Ces roses sont fraîches, nous les cueillons. Nous, nous vous porterons, et vous, vous serez notre guide. Les arbres tiennent bon; les roseaux plient. Faites bien vos devoirs. Vous nous priez de vous venir en aide, nous vous envoyons des secours. Les bombes tombent, éclatent, tuent. Nous saurons bien ce que nous apprenons bien. Les abeilles butinent, elles vont de fleur en fleur. Vous parlez trop, pendant que nous écrivons. Songez à l’avenir. Les plantes naissent, vivent, meurent, mais ne changent pas de place. Nous habiterons la campagne et vous demeurerez à la ville. Ces bouquets vous plaisent, nous vous les offrons de bon cœur.

Exercice 282.Mettez au singulier les phrases de cet exercice.

 

Accord du verbe avec son sujet.

Tout verbe s’accorde en nombre et en personne avec son sujet.

Nombre.—Si le sujet est au singulier, le verbe se met au singulier: Le loup hurle.

Si le sujet est au pluriel, le verbe se met au pluriel: Les loups hurlent.

Personne.—Si le sujet est à la 1re personne, le verbe se met à la 1re personne: je danse, nous dansons.

S’il est à la 2e ou à la 3e personne, le verbe se met à la 2e ou à la 3e personne: tu danses, vous dansez; il danse, ils dansent.

⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓

Pour donner plus de rapidité à la phrase, il arrive souvent qu’un sujet peut être commun à plusieurs verbes.

Ex.: La mouche va, vient, fait mille tours.

Questionnaire: Comment le verbe s’accorde-t-il avec son sujet?—Un sujet peut-il être commun à plusieurs verbes?


Accord du verbe avec plusieurs sujets.

(Voir page 229.)

Quand un verbe a plusieurs sujets, il se met au pluriel. Ex.: Le bœuf et le chameau ruminent.

Si les sujets sont de différentes personnes, le verbe se met au pluriel et s’accorde avec la personne qui a la priorité[23].

La 1re personne a la priorité sur la 2e et sur la 3e. Ex.: Toi, Paul et moi partirons demain.

Partirons est à la 1re personne, parce qu’un des sujets, moi, est à la 1re personne.

La 2e personne a la priorité sur la 3e. Ex.: Toi et Paul partirez demain.

Partirez est à la 2e personne, parce que le sujet toi est à la 2e personne, tandis que l’autre sujet, Paul, n’est qu’à la 3e.

Questionnaire: A quel nombre se met un verbe qui a plusieurs sujets?—Quand les sujets sont de différentes personnes, comment s’accorde le verbe?—Que veut dire priorité?—Sur quelles personnes la 1re a-t-elle la priorité?—Sur quelle personne la 2e a-t-elle la priorité?

 

Exercice 283.Mettez les verbes au présent de l’indicatif et faites-les accorder avec leur sujet:

Je marcher. Vous chanter. Nous parler. Elles causer. Il crier. Nous broder. Elles briller. Tu frapper. Vous escalader. Ils pleurer. Tu écrire. Vous nous appeler. Vous et moi pardonner. Vous et lui étudier. Quand le lion rugir, tous les animaux trembler. L’Ardèche et le Gard se jeter dans le Rhône. La panthère ramper, sauter, bondir. L’Elbe et le Weser arroser l’Allemagne et se perdre dans la mer du Nord. L’Equateur diviser la terre en deux parties égales. Nous devoir aimer et honorer nos parents. Vous ordonner et nous vous écouter.

LECTURE et DICTÉE.—Le Chien.

Exercice 284.Mettez les verbes en italique au prés, de l’indicatif:

Le chien avoir toutes qualités qui pouvoir lui attirer les regards de l’homme. Il attendre les ordres de son maître pour faire usage de son courage, de sa force et de ses talents; il le consulter, il l’interroger, il le supplier: un coup d’œil suffire, il entendre les signes de sa volonté, il être tout zèle, tout ardeur et tout obéissance. Il ne se rebuter pas par les mauvais traitements; il les subir, les oublier, ou ne s’en souvenir que pour s’attacher davantage. Loin de s’irriter ou de fuir, il s’exposer de lui-même à de nouvelles épreuves; il lécher cette main, instrument de douleur, qui venir de le frapper; il ne lui opposer que la plainte et la désarmer enfin par la patience et la soumission. Il prendre le ton de la maison qu’il habiter; il être dédaigneux chez les grands et rustre à la campagne. Lorsqu’on lui confier la garde de la maison, il devenir plus fier; il veiller, il faire la ronde, et, au moindre danger, il donner l’alarme.

Buffon.

Exercice 285.Mettez au pluriel cette dictée (Les Chiens).

Exercice 286.Mettez au singulier le devoir suivant:

Les montres marchent, retardent, s’arrêtent. Vous admirez ces images. Nous réprimandons ces écoliers paresseux. Elles parlent et vous écoutez. Les souris sont plus petites que les rats. Les Gaulois étaient braves, mais inconstants. Les perdrix rouges se tiennent sur les montagnes. Les œufs des pintades sont plus petits que ceux des poules. Les mêmes hirondelles reviennent toujours aux mêmes endroits. Nous plantons les fleurs et vous les arrachez. Les faucons fréquentent les rochers les plus hauts. Vous arrivez quand nous partons. Les hiboux se logent dans les anciens bâtiments ruinés. Nous étudions les leçons que vous apprenez. Les geais nichent dans les bois, sur les chênes les plus touffus. Les mésanges osent attaquer les chouettes; elles s’élancent et cherchent à leur crever les yeux.

LECTURE et DICTÉE.—L’Aigle.

Exercice 287.Mettez les verbes en italique au prés. de l’indicatif:

L’aigle être solitaire comme le lion. Il avoir le regard très perçant, mais il n’avoir que peu d’odorat, et, lorsqu’il saisir sa proie, il l’emporter dans son aire; c’est ainsi que l’homme appeler son nid. Le montagnard assurer que le même nid servir à l’aigle pendant toute sa vie et qu’il y vivre plus d’un siècle. L’aigle être le roi des oiseaux; il être fort et il avoir le vol puissant. Il jeter un cri aigu, sonore, perçant, lamentable et d’un ton soutenu. Il boire très rarement et peut-être point du tout lorsqu’il être en liberté, parce que le sang de ses victimes suffire à sa soif.

Buffon.

Exercice 288.Mettez la dictée ci-dessus au pluriel (Les Aigles).

DICTÉE et RÉCITATION.—Le Poisson volant.

Certain poisson volant, mécontent de son sort,

Disait à sa vieille grand’mère:

«Je ne sais comment je dois faire

Pour me préserver de la mort;

De nos aigles marins, je redoute la serre

Quand je m’élève dans les airs,

Et les requins me font la guerre

Quand je plonge au fond des mers.»

La vieille lui répond: «Mon enfant, dans ce monde,

Lorsqu’on n’est pas aigle ou requin,

Il faut tout doucement suivre un petit chemin,

En nageant près de l’air et volant près de l’onde.»

                                               Florian.

Exercice 289.A quel nombre et à quelle personne sont les verbes en italique dans la fable ci-dessus?

Exercice 290.Racontez cette fable: 1º oralement; 2º par écrit.

Exercice 291.Traduisez au singulier le devoir suivant:

Jolies petites roses, vous embaumez les jardins et vous charmez nos regards. Nous aimons les fleurs et nous les cultivons. Vous contribuez aux bonnes actions si vous les louez. Si vous pratiquez les vertus, ne fréquentez pas les méchants. Ne vous fiez pas à ceux qui ne se fient pas à vous. Les chevreuils se cachent dans les taillis les plus fourrés. Vous fauchez vos prairies et nous allons couper nos blés. Les buses, oiseaux ignobles et lâches, ressemblent par leurs mœurs aux immondes vautours. Les autruches, quoique habitantes des déserts, ne sont pas bien sauvages. Mes chers petits enfants, vous jouerez et vos maîtres se mêleront à vos jeux, si vous travaillez avec ardeur. Ceux qui ont beaucoup vu peuvent avoir beaucoup retenu.

Accord du verbe avec le sujet: qui

Le pronom qui est toujours du même nombre et de la même personne que son antécédent, c’est-à-dire du mot qui le précède et dont il tient la place.

Il s’ensuit que l’accord du verbe avec le sujet qui doit se faire comme il se ferait avec l’antécédent lui-même: C’est moi qui suis; c’est toi qui es; c’est Paul et moi qui partirons; etc.

Exercice 292.Mettez les verbes au présent de l’indicatif et faites accorder chacun d’eux avec son sujet:

C’est moi qui être. C’est nous qui être. C’est vous qui être. C’est lui qui être. C’est vous qui chanter. Ce sont eux qui parler. C’est Paul et moi qui jouer. C’est Paul et toi qui arroser. C’est Paul et Henri qui passer. C’est mon père et moi qui partir ce soir. C’est votre mère et vous qui rester ici. C’est vous et moi qui aller à la campagne. C’est moi qui avoir soif. C’est toi qui avoir faim. C’est lui qui avoir froid. Ces plantes, c’est moi qui les cultiver et c’est vous qui les cueillir.

Exercice 293.Même exercice que le précédent:

C’est vous qui nous diriger. C’est un de mes amis qui être malade. Nous vous prier de regarder ce cadeau que Paul et moi faire à notre maître. C’est un de nos compagnons qui arriver. C’est vous qui m’interroger, et c’est moi qui vous répondre. Toi, mes amis et moi, profiter des bons conseils. C’est nous qui glaner et c’est vous qui moissonner. C’est Yvonne et Berthe qui aimer le jeu. C’est votre paresse et votre étourderie qui vous faire punir. C’est toi qui troubler la fête. C’est vous qui nous présenter et c’est nous qui saluer. C’est moi qui vous écrire et c’est vous qui nous répondre. C’est toi qui me réclamer des dessins et ce sont nos amis qui te les avoir envoyés. C’est nous, mes chers enfants, qui vous souhaiter toutes sortes de bonheur.

 

Verbes auxiliaires.

Les verbes avoir et être sont appelés verbes auxiliaires, parce qu’ils aident à conjuguer les autres verbes. Ex.: Jai chanté; je suis venu.

Quand les verbes avoir et être sont employés seuls, qu’ils se suffisent à eux-mêmes, ils ne sont plus auxiliaires. Ex.: Jai un livre; je suis content.

Temps simples et temps composés.

Les temps se divisent en temps simples et en temps composés.

Les temps simples sont ceux qui se conjuguent sans le secours du verbe avoir ou du verbe être: je parle, je parlais, je parlerais, etc.

Les temps simples sont: le présent de l’indicatif, l’imparfait, le passé simple, le futur, le présent du conditionnel, l’impératif, le présent du subjonctif, l’imparfait, le présent de l’infinitif et le participe présent.

Les temps composés sont ceux qui se conjuguent avec l’aide des auxiliaires avoir ou être: jai parlé, javais parlé, je sios venu, etc.

Les temps composés sont: le passé composé, le passé antérieur, le plus-que-parfait, le futur antérieur, les deux passés du conditionnel, le passé du subjonctif, le plus-que-parfait, le passé de l’infinitif et le participe passé.

Questionnaire: Qu’appelle-t-on verbes auxiliaires?—Comment divise-t-on les temps?—Qu’appelle-t-on temps simples? temps composés?—Nommez les temps simples; composés.

 

Exercice 294.Dites à quel temps, simple ou composé, se trouvent les verbes suivants:

Modèle: travaillons: à l’impératif, temps simple.

Travaillons tous avec courage. On récompensera les bons élèves. L’énorme boa n’hésite pas à attaquer les grands quadrupèdes. Les Anglais ont brûlé Jeanne d’Arc. Colbert travaillait seize heures par jour. Tu aurais reçu une récompense si tu eusses mieux travaillé. Respecte le bien d’autrui. Après avoir battu Vendôme à Oudenarde, Marlborough et le prince Eugène vinrent assiéger Lille. Au cri de: «La patrie est en danger!» les volontaires accoururent en si grand nombre que l’on suffisait à peine à inscrire leurs noms. Il faudrait que vous apprissiez mieux vos leçons. L’obélisque qui est à Paris est venu d’Égypte. Charlotte Corday tua Marat. Quand il eut vaincu les Prussiens à Iéna, Napoléon Ier entra dans Berlin. L’outil se polit en travaillant. La vie se passe à espérer et à se souvenir. En forgeant on devient forgeron.

LECTURE et DICTÉE.—L’Astrologue.

Louis XI fit venir un jour un astrologue, dont les prédictions l’avaient autrefois terrifié, et commanda à ses gens de ne pas manquer, à un signal qu’il leur donnerait, de se saisir de cet homme et de le jeter par la fenêtre. Aussitôt que le roi l’aperçut: «Toi qui es un habile homme, lui dit-il, et qui connais le sort des autres, apprends-moi donc quel sera le tien, et combien de temps tu as encore à vivre.» Soit que l’astrologue eût été secrètement averti du dessein du roi, soit qu’il craignît quelque dénouement fatal, il se hâta de répondre sans témoigner la moindre frayeur: «Sire, je suis certain que je mourrai trois jours avant Votre Majesté.» Comme on le pense bien, le superstitieux Louis XI, après cette réponse, se garda bien de donner le signal pour le faire jeter par la fenêtre; au contraire, il eut soin de ne le laisser manquer de rien.      c. a.

Exercice 295.Racontez cette historiette: 1º oralement; 2º par écrit.

Exercices 296 et 297.—1º A quel temps simple ou composé sont les verbes de cette dictée.—2º Indiquez le sujet des verbes en italique.

DICTÉE et RÉCITATION.—L’Aube.

L’aube pointait, la terre était humide et blanche;

La sève, en fermentant, sortait de chaque branche;

L’araignée étendait ses fils dans les sentiers

Et ses toiles d’argent au-dessus des landiers.

Première heure du jour, lorsque, sur la colline,

La fleur lève vers toi sa tige verte et fine,

Que mille bruits confus se répandent dans l’air

Et que vers l’Orient le ciel devient plus clair;

Heure mélodieuse, odorante et vermeille,

Première heure du jour, tu n’as point ta pareille!

                                     Brizeux.

Exercices 298 et 299.—1º A quel temps, simple ou composé, se trouvent les verbes de cette dictée?—2º Indiquez le sujet de chacun d’eux.

ANTONYMES.

Exercices 300 et 301.Donnez le contraire des verbes suivants:

300. Ouvrir. Boucher. Dételer. Sortir. Unir. Égayer. Attirer. Consoler. Désobéir. Échouer. Accélérer. Allumer. Récompenser. Céder. Diminuer. Nier. Appauvrir. Condamner. Refuser. Fortifier. Embellir. Alléger. Opprimer. Amuser. Abaisser. Pleurer. Gagner. Bâtir. Précéder. Avancer. Bénir. Se montrer.

301. S’approcher. Acheter. Descendre. Se méfier de. Louer. Planter. Allonger. Finir. Effrayer. Arriver. Estimer. Applaudir. S’épanouir. Se lever. Se fuir. Oublier. Apaiser. Naître. Grandir. Donner. Blanchir. Assombrir. Rétrécir. Ignorer. Maigrir. Haïr. Refroidir. Inhumer. Enterrer. Salir. Rajeunir. Vider. S’habiller. Asservir. Simplifier.

CONJUGAISON DU VERBE AVOIR.

 

Les temps composés sont en italique.

MODE INDICATIFFUTUR.M. SUBJONCTIF
PRÉSENT.J’aurai.PRÉSENT OU FUTUR.
J’ai.Tu auras.Que j’aie.
Tu as.Il aura.Que tu aies.
Il a.Nous aurons.Qu’il ait.
Nous avons.Vous aurez.Que nous ayons.
Vous avez.Ils auront.Que vous ayez.
Ils ont.FUTUR ANTÉRIEUR.Qu’ils aient.
IMPARFAIT.J’aurai eu.IMPARFAIT.
J’avais.Tu auras eu.Que j’eusse.
Tu avais.Il aura eu.Que tu eusses.
Il avait.Nous aurons eu.Qu’il eût.
Nous avions.Vous aurez eu.Que nous eussions.
Vous aviez.Ils auront eu.Que vous eussiez.
Ils avaient.M. CONDITIONNELQu’ils eussent.
PASSÉ SIMPLE.PRÉSENT.PASSÉ.
J’eus.J’aurais.Que j’aie eu.
Tu eus.Tu aurais.Que tu aies eu.
Il eut.Il aurait.Qu’il ait eu.
Nous eûmes.Nous aurions.Que nous ayons eu.
Vous eûtes.Vous auriez.Que vous ayez eu.
Ils eurent.Ils auraient.Qu’ils aient eu.
PASSÉ COMPOSÉ.1er PASSÉ.PLUS-QUE-PARFAIT.
J’ai eu.J’aurais eu.Que j’eusse eu.
Tu as eu.Tu aurais eu.Que tu eusses eu.
Il a eu.Il aurait eu.Qu’il eût eu.
Nous avons eu.Nous aurions eu.Que nous eussions eu.
Vous avez eu.Vous auriez eu.Que vous eussiez eu.
Ils ont eu.Ils auraient eu.Qu’ils eussent eu.
PASSÉ ANTÉRIEUR.2e PASSÉ. 
J’eus eu.J’eusse eu.MODE INFINITIF
Tu eus eu.Tu eusses eu. 
Il eut eu.Il eût eu.PRÉSENT.
Nous eûmes eu.Nous eussions eu.Avoir.
Vous eûtes eu.Vous eussiez eu. 
Ils eurent eu.Ils eussent eu.PASSÉ.
PLUS-QUE-PARFAIT.MODE IMPÉRATIFAvoir eu.
J’avais eu.PRÉSENT OU FUTUR. 
Tu avais eu........L’impératifMODE PARTICIPE
Il avait eu.Aie.n’a ni de 1re 
Nous avions eu........ni de 3e personnePRÉSENT.
Vous aviez eu.Ayons.}du singulier.Ayant.
Ils avaient eu.Ayez.ni de 
.......3e personnePASSÉ.
.......du pluriel.Eu (eue), ayant eu.

 

Remarque.—La 1re personne du pluriel de tous les verbes se termine par un s.

Ex.: Nous avons, nous aurons, nous fûmes, nous sommes, etc.

Conjuguez: avoir faim, avoir soif, avoir froid, avoir chaud, avoir la santé, etc.

CONJUGAISON DU VERBE ÊTRE.

 

Le verbe avoir entre dans les temps composés du verbe être: J’aurai été. Il a été.

Les temps composés sont en italique.

MODE INDICATIFFUTUR.M. SUBJONCTIF
PRÉSENT.Je serai.PRÉSENT OU FUTUR.
Je suis.Tu seras.Que je sois.
Tu es.Il sera.Que tu sois.
Il est.Nous serons.Qu’il soit.
Nous sommes.Vous serez.Que nous soyons.
Vous êtes.Ils seront.Que vous soyez.
Ils sont.FUTUR ANTÉRIEUR.Qu’ils soient.
IMPARFAIT.J’aurai été.IMPARFAIT.
J’étais.Tu auras été.Que je fusse.
Tu étais.Il aura été.Que tu fusses.
Il était.Nous aurons été.Qu’il fût.
Nous étions.Vous aurez été.Que nous fussions.
Vous étiez.Ils auront été.Que vous fussiez.
Ils étaient.M. CONDITIONNELQu’ils fussent.
PASSÉ SIMPLE.PRÉSENT.PASSÉ.
Je fus.Je serais.Que j’aie été.
Tu fus.Tu serais.Que tu aies été.
Il fut.Il serait.Qu’il ait été.
Nous fûmes.Nous serions.Que nous ayons été.
Vous fûtes.Vous seriez.Que vous ayez été.
Ils furent.Ils seraient.Qu’ils aient été.
PASSÉ COMPOSÉ.1er PASSÉ.PLUS-QUE-PARFAIT.
J’ai été.J’aurais été.Que j’eusse été.
Tu as été.Tu aurais été.Que tu eusses été.
Il a été.Il aurait été.Qu’il eut été.
Nous avons été.Nous aurions été.Que nous eussions été.
Vous avez été.Vous auriez été.Que vous eussiez été.
Ils ont été.Ils auraient été.Qu’ils eussent été.
PASSÉ ANTÉRIEUR.2e PASSÉ.MODE INFINITIF
J’eus été.J’eusse été. 
Tu eus été.Tu eusses été.PRÉSENT.
Il eut été.Il eût été.Être.
Nous eûmes été.Nous eussions été. 
Vous eûtes été.Vous eussiez été.PASSÉ.
Ils eurent été.Ils eussent été.Avoir été.
PLUS-QUE-PARFAIT.MODE IMPÉRATIF 
J’avais été.PRÉSENT OU FUTUR.MODE PARTICIPE
Tu avais eté........L’Impératif n’a 
Il avait été.Sois.ni de 1re niPRÉSENT.
Nous avions été........de 3e personneÉtant.
Vous aviez été.Soyons.{du singulier, 
Ils avaient été.Soyez.ni de 3ePASSÉ.
.......personne duÉté, ayant été.
.......pluriel. 

Le participe passé été est toujours invariable.

 

Remarque.—La 3e personne du pluriel de tous les verbes se termine par un nt.

Ex.: Ils sont, elles auront, ils auraient, etc.

Conjuguez: être sage, être gai, être studieux, être attentif, être content, être bon, etc.

 

Attribut.

L’attribut est la qualité que l’on donne, que l’on attribue au sujet. Il est ordinairement joint au sujet par le verbe être.

Ex.: La mer est vaste. —— Les corbeaux sont noirs.

Vaste est attribut de mer. —— Noirs est attribut de corbeaux.

Les verbes devenir, paraître, sembler, rester, etc., peuvent aussi être suivis de l’attribut: l’eau paraît transparente; le vin devient aigre.

L’attribut peut être exprimé:

1º Par un adjectif: Le renard est rusé. —— Rusé est attribut de renard.

2º Par un nom: L’or est un métal. —— Métal est attribut de or.

3º Par un pronom: Cette chatte est celle de ma voisine. —— Celle est attribut de chatte.

4º Par un participe: Cet enfant est toujours battant ou battu. —— Battant et battu sont attributs de enfant.

5º Par un verbe à l’infinitif: Souvent, vouloir est pouvoir. —— Pouvoir est attribut de vouloir.

6º Par un mot invariable: C’est bien. —— Bien est attribut de c’(ce).

7º Par une expression qui a le sens d’un adjectif: Cet enfant est en colère. —— En colère est attribut de enfant.

REMARQUES.

L’adjectif, le pronom et le participe passé, attributs, s’accordent en genre et en nombre avec le sujet du verbe.

L’attribut se met au pluriel s’il se rapporte à plusieurs sujets: Le merle et le corbeau sont noirs.

Questionnaire: Qu’est-ce que l’attribut? —— Par quoi est-il ordinairement joint au sujet? —— Quels autres verbes peuvent avoir un attribut? —— Par quels mots peut être exprimé l’attribut? —— Quels sont les mots attributs qui s’accordent avec le sujet? —— A quel nombre se met l’attribut qui se rapporte à plusieurs sujets?

 

Exercice 302. —— Remplacez le tiret par un attribut:

L’univers est ——. La terre est ——. La lune est une ——. La dynamite est un ——. Paris est ——. L’histoire est ——. Le bambou est un ——. Le bigarreau est une ——. La fortune est ——. Le chou est un ——. Louis XI était ——. Le houx est toujours ——. Le Sahara est un ——. Le perroquet est ——. La guerre est un ——. Les cerfs sont ——. L’air vicié est ——. Les fourmis sont ——. Jeanne d’Arc fut —— à Rouen. La baleine est ——. Les singes sont ——. Les rennes sont —— aux Lapons. Le sapajou est un petit ——. Le lion est ——. La France est ——. En été, les nuits sont ——; en hiver, elles sont ——. La Corse est une ——. Cinq-Mars fut —— à Lyon. Additionner, c’est —— plusieurs nombres en un seul.

Exercice 303.Remplacez le tiret par un attribut, que vous ferez accorder avec le sujet:

Le ciel paraît ——. Le sucre et la neige sont ——. Toutes les fleurs ne sont pas ——. Le Rhône est ——. Avec l’âge les cheveux deviennent ——. L’éponge est ——. L’eau, le verre et le cristal sont ——. La vie paraît ——. Toutes les mémoires ne sont pas ——. L’Europe est plus —— que l’Asie, et celle-ci est plus —— que l’Amérique. En hiver la nature semble ——. La jeunesse est ——. Le saphir et la turquoise sont ——. Les flatteurs sont ——. Mirabeau était ——. Le tigre et la panthère sont ——. Les vacances sont ——. L’aéroplane est une —— volante qui est plus —— que l’air.

Exercice 304.Analysez les attributs de l’exercice ci-dessus.

Modèle: bleu | adj. qual. masc. sing. attribut de ciel.

LECTURE et DICTÉE.—Les Deux Mulets.

Deux mulets étaient porteurs l’un de sacs d’avoine, l’autre de sacs d’argent. Ce dernier paraissait très fier d’une charge aussi précieuse. Aussi fut-il dur et méprisant pour son compagnon de route. «Tu es pauvre et grossier, lui dit-il, tandis que moi, je suis investi, comme tu vois, d’une mission de confiance.» Mais, soudain, la scène a changé: des brigands sont sortis de la forêt, et, laissant de côté le porteur d’avoine, ils sont tombés sur le porteur d’argent. Bientôt celui-ci est percé de coups, tandis que son compagnon reste sain et sauf. «Hélas! soupire le mourant, pourquoi nos destinées sont-elles si différentes?—Ami, lui répond l’autre, c’est que nos conditions, comme tu l’as fait remarquer toi-même tout à l’heure, n’étaient pas semblables. Si tu n’avais été, comme moi, qu’un serviteur de meunier, tu ne serais pas si malade. Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut emploi.

C. A., d’après La Fontaine.

Exercice 305.Expliquez l’orthographe des attributs en italique.

Exercice 306.—Racontez cette fable: 1º oralement; 2º par écrit.

SYNONYMES.

Exercices 307 et 308.Donnez deux synonymes à chaque verbe:

307. Babiller. Épouvanter. Ravager. Bâtir. Casser. Effacer. Accumuler. Guider. Arracher. Expédier. Déguiser. Flatter. Entourer. Ouïr. Assassiner. Exiler. Courir. Respecter. Imiter. Berner. Dérober.

308. Insulter. Punir. Gronder. Aimer. Démolir. Pacifier. Attrister. S’amuser. Plier. Mêler. Gaspiller. Trouver. Préserver. Récolter. Abhorrer. Abîmer. S’échapper. Découler. Enchanter. Enseigner. Tolérer. Aider. Penser. Partager. Conter. Exhausser. Fustiger. Instituer.

 

Compléments du verbe.

L’action faite par le sujet et exprimée par le verbe tombe nécessairement sur une personne, un animal ou une chose.

Si l’on dit: les soldats défendent..., on comprend que cette phrase est inachevée; l’action de défendre se rapporte évidemment à quelqu’un ou à quelque chose. En disant: les soldats défendent la patrie, on complète l’idée exprimée par le verbe; le mot patrie est complément.

Les compléments du verbe sont des mots qui complètent la signification de ce verbe. Ceux qui indiquent sur quel objet (personne ou chose) s’exerce l’action exprimée par le verbe s’appellent compléments d’objet.

Il y a deux sortes de compléments d’objet: le complément d’objet direct et le complément d’objet indirect[24].

Complément direct.

Le complément direct est le mot qui complète la signification du verbe directement, sans l’aide d’une préposition[25].

Le complément direct répond à la question qui ou quoi faite après le verbe. Ex.: L’écureuil mange des noisettes. Richelieu abaissa les grands.

L’écureuil mange quoi?—Des noisettes. Noisettes, nom, est complément direct de mange.

Richelieu abaissa qui?—Les grands. Grands, nom, est complément direct de abaissa.

REMARQUE.

Le complément direct peut être encore représenté par un pronom ou un verbe à l’infinitif. Ex.: L’orgueilleux se flatte. Je veux partir.

L’orgueilleux flatte qui?—Se (soi, lui). Se, pronom, est complément direct de flatte.

Je veux quoi?—Partir. Partir, verbe, est complément direct de veux.

Questionnaire: Qu’appelle-t-on compléments?—Combien y a-t-il de sortes de compléments d’objet?—Quels sont-ils?—Qu’est-ce que le complément direct?—A quelle question répond-il?—Quels mots peuvent être compléments directs?

 

Exercices 309 et 310.Donnez trois compléments directs aux verbes suivants:

309. Donner. Écrire. Allumer. Étudier. Vendre. Creuser. Tracer. Admirer. Rompre. Lancer. Écouter. Respecter. Dissimuler. Ménager. Approuver. Tendre. Venger. Tourner. Subir. Polir.

310. Franchir. Répandre. Trahir. Prononcer. Maudire. Craindre. Chanter. Célébrer. Cultiver. Vaincre. Acquérir. Fuir. Récompenser. Témoigner. Renouveler. Briser. Implorer. Fondre. Protéger. Ourdir.

LECTURE et DICTÉE.—Le Coche et la Mouche.

Sur une côte rapide et mauvaise, six forts chevaux tiraient une diligence. Le cocher, pour soulager son attelage, avait prié les voyageurs de descendre, et, malgré cet allégement, les bêtes avaient bien de la peine à gravir la montée. Une mouche survient et prétend à elle seule activer la marche de la lourde machine. Elle taquine un cheval, pique l’autre, importune le cocher, harcèle tout le monde, commet mille sottises, se rend insupportable. La voiture, enfin, atteint le sommet de la côte. La mouche aussitôt se donne toute la gloire de ce résultat et a l’impudence de réclamer un salaire aux malheureux chevaux exténués.

Bien des gens font ainsi les empressés, les nécessaires, et s’attribuent des succès dans lesquels ils ne sont pour rien. N’imitez jamais leur exemple. Le vrai mérite a deux caractères auxquels on le reconnaît toujours: la modestie et la discrétion.

C. A., d’après La Fontaine.

Exercice 311.Analysez les compléments directs en italique.

Exercice 312.Racontez cette fable: 1º oralement; 2º par écrit.

Exercice 313.Remplacez le tiret par un complément direct:

Le vent déracine les ——. Corneille a écrit de superbes ——. Les eaux du Doubs grossissent —— de la Saône. Le soleil fond la ——. Le travail épouvante le ——. Henri IV vainquit —— à Ivry. La Constituante divisa la —— en départements. On trouve la —— d’un rectangle en multipliant la —— par la hauteur. Le phylloxera ravage la ——. L’appétit assaisonne les ——. Sully encouragea l’——. La Somme arrose ——. Les lâches fuient le ——. Suger favorisa les ——. La chaleur corrompt la ——. La patience surmonte les ——. Bonaparte conquit l’——. Duquesne vainquit —— à Agosta. Le Nôtre dessina le —— de Versailles. Les bouches du Rhône forment l’—— de la Camargue. Charles VIII commença les —— d’Italie et Henri II —— finit. Le chancelier Michel de l’Hospital tenta de —— les —— et les ——. Le général français Faidherbe battit les —— à Bapaume.

Exercices 314 et 315.Faites précéder de trois verbes chaque nom suivant considéré comme complément direct:

Modèle du devoir: Attiser, allumer, éteindre le feu.

314. Le feu. La maison. Une toison. L’eau. Le pain. Sa santé. Une lettre. Un oiseau. Un conte. Le cœur. Le fer. La rue. La mort. L’or.

315. La France. Les parents. La terre. Le danger. La tête. La voix. Un mur. La foule. Une grâce. Un arbre. L’ennemi. La ville. Le troupeau. Le soleil. Sa patrie. Un trésor. La fièvre. La nature. L’orgueil.

LECTURE et DICTÉE.

Charles-Quint à la cour de France.

François 1er permit à Charles-Quint de traverser son royaume pour aller réprimer une révolte des Gantois. L’empereur vint donc à la cour de France. On lui fit une réception admirable, et néanmoins, pendant toute la durée de son séjour, il éprouva de vives craintes pour sa liberté. Un jour, un des fils du roi, pour s’amuser, sauta en croupe derrière lui, et, l’entourant de ses bras: «Sire, dit-il, je vous fais prisonnier!» Cette simple plaisanterie causa une terreur profonde à l’empereur. Il avait quelque raison de craindre, car plusieurs courtisans avaient conçu la pensée d’une trahison; mais le roi-chevalier ne partageait pas leur manière de voir. «Sire, lui dit un jour son bouffon, votre hôte est le plus grand fou de la terre.—Pourquoi donc? demanda le roi.—Parce qu’il a remis entre vos mains sa liberté et sa vie même.—Mais si je le laisse partir?—Alors je vous trouverai encore plus fou que lui.» Charles-Quint put partir sain et sauf: mais il ne tint pas la promesse qu’il avait faite de nous donner le Milanais en échange du service que le roi de France lui avait rendu.

C. A.

Exercice 316.Analysez les compléments directs en italique.

Exercice 317.Racontez cette histoire: 1º oralement; 2º par écrit.

Exercice 318.Remplacez le tiret par le verbe convenable:

Napoléon —— la victoire d’Austerlitz. Condé —— la bataille de Rocroi. Les agneaux —— l’herbe. Le paresseux —— le travail. L’Aveyron —— le Tarn. Le temps —— tout. La Fontaine —— des fables charmantes. La Convention —— la France de l’invasion. Les petits ruisseaux —— les grandes rivières. Bossuet —— de remarquables oraisons funèbres. L’occasion —— le larron. Dagobert fit —— la basilique de Saint-Denis. La lecture —— l’ennui. Le Jura —— la France de la Suisse. Saint Louis —— l’hospice des Quinze-Vingts. L’Océan —— les fleuves. La grêle —— les moissons. La Loire —— sa source dans les Cévennes, —— Nantes et —— ses eaux dans l’Atlantique. Le commerce —— une nation. En 1832, les troupes françaises —— Anvers et —— la Belgique du joug des Hollandais. Le général Joffre —— la victoire de la Marne.

 

Complément indirect.

Le complément indirect est le mot qui complète la signification du verbe indirectement, c’est-à-dire à l’aide d’une des prépositions à, de, par, pour, sur, etc.

Le complément indirect répond à la question à qui, à quoi, de qui, de quoi, etc., faite après le verbe.

Ex.: L’exilé songe à sa patrie.

L’exilé songe à quoi?—A sa patrie. Patrie, nom, est complément indirect de songe.

⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓

Le complément indirect peut être aussi un pronom[26] ou un verbe à l’infinitif. Ex.:

Contez-moi l’histoire. Contez à qui?—A moi. Moi, pronom, est complément indirect de contez.

Efforçons-nous de réussir. Efforçons-nous de quoi?—De réussir. Réussir, verbe, est complément indirect de efforçons-nous.

Questionnaire: Qu’appelle-t-on complément indirect?—Par quoi est joint au verbe le complément indirect?—A quelle question répond-il?—Quels mots peuvent être compléments indirects?

 

Exercice 319.Remplacez le tiret par un complément indirect:

L’enfant sourit à sa ——. Les Bourbons succédèrent aux ——. Le loup chercha querelle à l’——. L’avare songe à son ——. Vos maîtres dirigent vos travaux; vous —— devez le plus grand respect. Richelieu fit la guerre à la —— d’Autriche, aux —— et aux ——. Les carnivores se nourrissent de ——; les herbivores, d’——; les granivores, de ——; les insectivores, d’——; les frugivores, de ——. A l’——on connaît l’artisan. Obéissons à la —— de notre conscience. Tous les hommes regrettent la vie quand elle —— échappe. La vérité triomphe des obstacles qu’on —— oppose. Nous devons nous souvenir des ——. L’ennui est une maladie —— on guérit par le ——. Ne nuisez pas à ——. La terre est éclairée par le ——. La société doit récompenser les gens qui —— rendent service. Il ne faut pas se moquer des ——. Efforçons-nous d’—— l’estime de nos semblables. La terre —— donne ce qui est nécessaire à la vie. Méfiez-vous des ——. Au XVe siècle, la Renaissance des arts et des lettres commença ——, puis s’étendit ——.

Exercice 320.Analysez les compléments indir. de cet exercice.

 

Complément circonstanciel.

Lorsque le complément indirect complète la signification du verbe en y ajoutant une circonstance de temps, de lieu, de manière, de cause, etc., on l’appelle complément circonstanciel.

Le complément circonstanciel indique dans quelle circonstance de temps, de lieu, de manière, etc., une action a lieu.

Il est direct quand il se rattache directement au verbe sans préposition. Ex.: On dort la nuit.

Il est indirect quand il se rattache au verbe par une préposition. Ex.: On dort pendant la nuit.

Le complément circonstanciel répond à l’une des questions , quand, comment, pourquoi, etc., faite après le verbe.

Ex.: Je vais à Paris. Je partirai lundi. Je travaille avec ardeur.

Je vais ?—A Paris. Paris est complément circonstanciel de vais (Circonstance de lieu).

Je partirai quand?—Lundi. Lundi est complément circonstanciel de partirai (Circonstance de temps).

Je travaille comment?—Avec ardeur. Ardeur est complément circonstanciel de travaille (Circonstance de manière).

Questionnaire: Qu’appelle-t-on complément circonstanciel?—Quand est-il direct? indirect?—A quelles questions répond le complément circonstanciel?

 

Exercice 321.Remplacez le tiret par un compl. circonstanciel:

Le petit Chaperon Rouge rencontra le loup dans le ——. Les hirondelles partent en —— et reviennent au ——. Le connétable de Bourbon périt au —— de Rome. La France souffrit beaucoup pendant le —— de Charles VI. Il faut servir sa patrie avec ——. On perd par la —— ce que l’on gagne par le ——. Un bulletin trimestriel paraît tous les trois ——. Henri II périt par ——. La conquête de la Gaule par les Romains dura huit ——. Une mère aime ses enfants avec ——. Deux renards pénétrèrent la —— par —— dans un ——. Le coton nous vient surtout de l’ ——. La sève ne circule presque plus en ——. Parmentier répandit la pomme de terre en ——. Le Rhône vient de la —— et se jette dans la —— par plusieurs ——. Louis VII alla en —— malgré les —— de Suger. Il faut travailler pour ——. Les étoiles brillent pendant la ——. Les poissons vivent dans l’——. Le sergent Blandan fut tué à ——. L’ours grimpe sur les ——. La lune tourne autour de la ——, tandis que la terre tourne autour du ——.

Exercice 322.Analysez les compl. circonstanciels, et dites s’ils expriment une circonstance de lieu, de temps, de manière, de cause.

LECTURE et DICTÉE.—Le Milan et la Corneille.

Un paresseux s’en allait à l’aventure dans la campagne. Son attention fut soudain attirée par les cris d’une jeune corneille. Cet oiseau, dont les parents étaient morts sans doute, se plaignait de la faim. Tout à coup, à la grande surprise du promeneur, un milan vint apporter à manger à la pauvre abandonnée. «Ah! s’écria notre homme, voilà qui est merveilleux! Puisque le hasard me fait assister à un tel prodige en faveur d’une simple corneille, je n’ai plus à m’inquiéter de rien pour moi-même.» Là-dessus il se couche sur le gazon et s’endort. Le soir venu, personne ne lui avait rien donné. Il se passa de souper, et le lendemain matin il n’eut pas non plus à déjeuner. Comme il s’en étonnait, il vit le milan porter encore quelque pâture à la corneille, puis il l’entendit dire à celle-ci: «Tant que vous n’avez pu pourvoir vous-même à vos besoins, j’ai pris soin de vous; mais à présent que vous voilà grande, je ne reviendrai plus.» Cela dit, il disparut dans les airs. Le paresseux comprit la leçon et rentra tout de suite dans la ville pour demander du travail.

Il faut avoir pitié des faibles, des infirmes; mais tout homme valide doit lui-même suffire à ses besoins. Quiconque ne travaille pas commet une lâcheté.

C. A.

Exercice 323.Analysez les compléments en italique.

Exercice 324.Racontez cette fable: 1º oralement; 2º par écrit.

Exercice 325.Remplacez le tiret par le verbe convenable:

L’intempérance —— à la santé. Le soleil —— pour tout le monde. Le lierre s’—— aux arbres. Le cou —— la tête au corps. La Corse —— à la France par les Génois. La plupart des cours d’eau —— des montagnes. Les bons citoyens —— aux lois. L’automne —— après l’été. Les Arabes —— sous des tentes. Le plâtre —— avec l’eau une matière dure et compacte. Jeanne d’Arc obligea les Anglais à —— le siège d’Orléans. La persévérance —— de tout. Louis XII —— après Charles VIII, et François Ier —— à Louis XII. L’hypocrite —— contre sa pensée. Le jeu —— aux enfants. Celui-là est bon qui —— du bien aux autres. L’aigle —— son aire sur les rochers escarpés. Les armées de la Révolution se —— de gloire. L’éléphant se —— des injures. Les gendarmes —— après les voleurs. La paresse —— à la misère. —— aux autres ce que vous voudriez qu’on vous ——. L’homme courageux —— contre l’adversité. L’Afrique —— à l’Asie par l’isthme de Suez, dont le percement —— la mer Rouge à la mer Méditerranée. Il faut manger pour —— et non pas vivre pour ——.

Exercice 326.Analysez les compléments indirects et les compléments circonstanciels de cet exercice.

RÉCAPITULATION SUR LE SUJET, L’ATTRIBUT ET LES COMPLÉMENTS.

DICTÉE et RÉCITATION.—La Guerre.

Là, c’est le régiment, ce serpent des batailles,

Traînant sur mille pieds ses luisantes écailles,

Qui, tantôt furieux, se roule au pied des tours,

Tantôt, d’un mouvement formidable et tranquille,

Troue un rempart de pierre et traverse une ville,

Avec son front sonore où battent vingt tambours.

Là, c’est l’artillerie, aux cent bouches de fonte,

D’où la fumée à flots monte, tombe et remonte,

Qui broie une cité, détruit les garnisons,

Ruine par la brèche incessamment accrue,

Tours, dômes, ponts, clochers, et, comme une charrue,

Creuse une horrible rue à travers les maisons!

V. Hugo.

Exercice 327.Analysez tous les mots en italique et attribuez une fonction à chacun de ces mots.

LECTURE et DICTÉE.—Comment je devins économe.

J’avais pour compagnons de travail des compatriotes qui ne pensaient qu’à s’amuser. Un jour, je me laissai entraîner par eux au cabaret; je ne voulais pas d’abord y entrer, mais ils me demandèrent si je croyais qu’une dépense de vingt sous allait me ruiner, et se moquèrent si bien de ma lésinerie, qu’à la fin je les suivis. Lorsque je fus rentré à l’atelier, je me rappelai ce qu’on m’avait dit sur les vingt sous, et je me demandai combien vingt sous dépensés chaque jour feraient au bout de l’année. Je n’eus pas de peine à calculer que cela ferait trois cent soixante-cinq francs. Avec trois cent soixante-cinq francs, je compris tout de suite qu’on pourrait acheter bien des choses utiles, et que, si je m’appliquais à les faire valoir, je pouvais en tirer des profits de plus en plus considérables. En creusant cette idée, je vis que si je la prenais pour règle de ma conduite, et si je l’appliquais à toutes mes dépenses en général, cela pourrait aisément me conduire à améliorer ma position, peut-être même à faire ma fortune. Dès ce jour, ma résolution fut prise; j’ai eu le bonheur d’y rester fidèle.

Exercice 328.Mettez cette dictée à la 1re personne du pluriel. (Comment nous devînmes économes.—Nous avions pour...)—Exercice 329.A la 2e personne du singulier. (Comment tu devins économe.—Tu avais...)—Exercice 330.A la 2e personne du pluriel. (Comment vous devîntes économes.—Vous aviez...)—Exercice 331.A la 3e pers. du sing. (Comment il devint économe.—Il avait...)—Exercice 332.A la 3e pers. du plur. (Comment ils devinrent économes.—Ils avaient...)

 

Temps.

Le temps est la forme particulière que prend la terminaison du verbe pour indiquer à quelle époque se rapporte l’état ou l’action, (V. p. 235.)

Il y a dans un verbe trois temps principaux: le présent, le passé, le futur.

PRÉSENT, PASSÉ, FUTUR.

Le présent marque que l’action a lieu présentement: je travaille maintenant.

Le passé marque que l’action a déjà eu lieu: je travaillais hier; j’ai travaillé ce matin.

Le futur marque que l’action aura lieu: je travaillerai demain.

Il n’y a qu’un temps pour exprimer le présent, mais il y en a cinq pour le passé: l’imparfait, le passé simple, le passé composé, le passé antérieur et le plus-que-parfait; il y en a deux pour marquer le futur: le futur simple et le futur antérieur.

Questionnaire: Qu’est-ce que le temps?—Combien y a-t-il de temps principaux?—Que marque chacun d’eux?—Combien y a-t-il de temps pour exprimer le présent, le passé, le futur?

 

Exercice 333.Mettez chaque verbe suivant à la première personne du singulier du présent de l’indicatif, de l’imparfait et du futur:

Modèle du devoir:

Présent de l’Indicatif.Imparfait.Futur.
J’écoute le maître.J’écoutais le maître.J’écouterai le maître.

Écouter le maître. Écrire une lettre. Arracher l’herbe. Recevoir un colis. Punir le paresseux. Parler bas. Pleurer sans motif. Devoir de l’argent. Vendre du bois. Creuser un fossé. Agrandir le jardin. Ne pas mentir. Savoir la leçon. Poursuivre le gibier. Faire l’aumône.

Exercices 334 et 335.Conjuguez au présent de l’indicatif, à l’imparfait et au futur chacun des verbes suivants, en leur donnant un complément direct à chaque temps:

Présent de l’indicatif.Imparfait.Futur.
J’aime ma patrie.J’aimais mes parents.J’aimerai mon maître.
Tu aimes ta patrie, etc.Tu aimais tes..., etc.Tu aimeras ton..., etc.

334. Aimer. Réciter. Finir. Voir. Apprendre. Écouter. Haïr. Comprendre. Donner. Mesurer.—335. Apercevoir. Arroser. Laver. Repasser. Cultiver. Bâtir. Implorer. Savoir. Bénir. Entendre.

 

Modes.

Le mode est la manière de présenter l’état ou l’action que le verbe exprime.

Il y a six modes dans le verbe: l’Indicatif, le Conditionnel, l’Impératif, le Subjonctif, l’Infinitif et le Participe.

L’indicatif présente l’état ou l’action comme certain, positif: Je parle, j’ai parlé, je parlerai.

Le conditionnel présente l’état ou l’action comme dépendant d’une condition: Jécrirais, si je savais écrire.

L’impératif présente l’état ou l’action avec commandement, avec exhortation, avec prière: Faisons notre devoir. Ayez pitié de nous.

Le subjonctif présente l’état ou l’action comme subordonné, et par conséquent comme douteux, incertain: Je souhaite que vous réussissiez.

L’infinitif présente l’état ou l’action comme vague, sans désignation de personne ou de nombre: Vouloir, c’est pouvoir.

Le participe, qui est un adjectif verbal, exprime à la fois l’état ou l’action et une qualité: Je l’ai vu méditant, absorbé par ses pensées.

Chaque mode a sous sa dépendance un certain nombre de temps. (Voir les tableaux des conjugaisons page 115, etc.)

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L’indicatif, le conditionnel, l’impératif et le subjonctif sont des modes personnels, parce qu’ils ont des terminaisons propres à marquer le changement des personnes.—L’infinitif et le participe sont des modes impersonnels, parce qu’ils n’ont pas de personnes.

Questionnaire: Qu’est-ce que le mode?—Combien y a-t-il de modes?—Comment chacun d’eux présente-t-il l’état ou l’action?—Quels temps renferme chaque mode?—Quels sont les modes personnels?—Quels sont les modes impersonnels?

 

LECTURE et DICTÉE.—L’Araignée.

Fière de son art, une araignée, du haut de son tissu transparent, jetait des regards méprisants sur un ver à soie. Celui-ci, que l’enfant du maître du logis venait d’apporter pour son amusement, fut longtemps à examiner les travaux de l’araignée. «Voudrais-tu me faire la grâce, lui demanda-t-il enfin, de m’apprendre quel tissu tu formes là?—Ignorant, répondit l’araignée irritée; quoi! tu oses me troubler par de pareilles demandes? Sache que je travaille pour l’immortalité.»

A peine a-t-elle fait cette réponse arrogante, qu’une servante, armée d’un balai, s’avance et enlève de la muraille notre araignée et son immortel ouvrage.

Gellert.

Exercice 336.Dites à quel mode sont les verbes de cette dictée.

Exercice 337.Racontez cette fable: 1º oralement; 2º par écrit.

 

Radical et Terminaison.

Tout verbe se compose de deux parties bien distinctes: le radical et la terminaison.

Le radical est la racine du verbe; en principe il ne change jamais.

La terminaison est la partie du verbe qui varie selon la personne, le nombre, le temps et le mode.

Ainsi dans je chant-e, tu chant-ais, vous chant-eriez, chant est le radical; e, ais, eriez sont les terminaisons.

Conjugaison.

On appelle conjugaison l’ensemble des formes que prend un verbe pour exprimer les différences de personnes, de nombre, de temps et de mode.

On distingue: la conjugaison vivante, qu’on emploie pour les verbes nouvellement créés, et la conjugaison morte, qui sert pour les verbes appartenant à l’ancien fonds de la langue.

Conjuguer un verbe, c’est écrire ou réciter tous les temps de ce verbe dans un ordre déterminé.

Au point de vue de la conjugaison, les verbes de forme active sont rangés en trois groupes. (Les deux premiers groupes appartiennent à la conjugaison vivante; le troisième appartient à la conjugaison morte.)

Le premier groupe comprend les verbes du type chanter, avec l’infinitif en er et le présent en e (je chante).

Le deuxième groupe comprend les verbes du type finir, avec l’infinitif en ir et le participe prés. en issant (finissant).

Le troisième groupe comprend tous les autres verbes. (Les verbes à l’infinitif en ir qui n’ont pas le participe présent en issant, comme venir, partir, etc.; les verbes à l’infinitif en oir, comme recevoir, voir, etc.; et les verbes à l’infinitif en re, comme rendre, perdre, mordre, etc.)

Questionnaire: Qu’appelle-t-on radical?—Qu’appelle-t-on terminaison?—Qu’appelle-t-on conjugaison?—Qu’est-ce que conjuguer un verbe?—Au point de vue conjugaison, combien y-a-t-il de groupes de verbes?

DICTÉE et RÉCITATION.—Deux sœurs.

Il existe deux sœurs pareilles en tout point:

Taille, forme, couleur, chez elles se ressemblent;

Et cependant, malgré les liens qui les assemblent,

L’une est adroite et forte et l’autre ne l’est point.

 

Ces deux sœurs sont les mains. Pourquoi la différence

Qui fait que la mains droite a toute préférence?...

En voici le motif; enfant, retiens-le bien:

C’est que l’une travaille et l’autre ne fait rien.

C.A.

Exercice 338.De quel groupe sont les verbes de cette poésie?

LECTURE et DICTÉE.—Ingénieuse explication.

Avec ses principaux compagnons d’armes, Henri IV causait gaiement, après Ivry, des ligueurs qu’il venait de battre. Leur chef, Mayenne, homme de forte corpulence, était surtout l’objet des railleries. «Sire, dit Crillon en riant, vous souvenez-vous de ce passeur qui nous fit un jour traverser la Loire, et qui avait la barbe bien noire et les cheveux très blancs? Vous m’avez expliqué ce phénomène en me faisant remarquer que la barbe se trouvait, de vingt ans au moins, la cadette des cheveux. Mais, alors, que direz-vous du duc de Mayenne? Il est tout le contraire du passeur: chez lui, la chevelure est encore jeune, tandis que la barbe est toute grise.» Le Béarnais avait la repartie prompte: «Ami, dit-il à Crillon, avec un malin sourire, l’inaction conserve la fraîcheur; le travail exagéré, au contraire, use et vieillit. Eh bien, chez mon cousin Mayenne, qui est fort gourmand, comme tu le sais, la mâchoire travaille plus que la cervelle.»

C. A.

Exercice 339.A quel groupe appartiennent les verbes de cette dictée?

Exercice 340.Attribuez une fonction aux mots en italique.

Exercice 341.Racontez cette anecdote: 1º oralement; 2º par écrit.

LECTURE et DICTÉE.

Administration de Saint Louis.

Sa bonté, son indulgence, faisaient de Saint Louis un homme tout différent des rudes guerriers de son époque. Son administration fut réparatrice et bienfaisante; il sut faire aimer son gouvernement et réussit à pacifier les provinces. Il défendit le duel judiciaire et mit un frein aux guerres privées des seigneurs. Il voulut que la justice fût bien rendue. Souvent il allait s’asseoir au pied d’un chêne, dans le bois de Vincennes, et, entouré de ses seigneurs, il rendait lui-même la justice à ceux qui la lui demandaient. Sa renommée d’équité s’étendit si loin, que l’on vit des princes étrangers le choisir pour arbitre de leurs discordes. Très charitable, il fonda plusieurs grands hôpitaux, notamment les Quinze-Vingts, pour trois cents chevaliers à qui les Sarrasins avaient crevé les yeux. Il fit également élever à Paris la jolie petite église appelée la Sainte-Chapelle.

C. A.

Exercice 342.Reproduisez par écrit et de mémoire cette dictée.

Exercice 343.Mettez cette dictée à la 1re personne du singulier.

(Faites parler saint Louis. Ex.: Ma bonté, mon indulgence faisaient..., etc.)

Exercice 344.Mettez cette dictée à la 2e personne du singulier.

(Adressez-vous à saint Louis. Ex.: Ta bonté, ton indulgence faisaient..., etc.)

PREMIER GROUPE.—VERBE CHANTER.

 

Dans chanter, le radical est chant, la terminaison est er

Les terminaisons sont en caractères gras.—Les temps composés sont en italique.

MODE INDICATIFFUTUR.M. SUBJONCTIF
PRÉSENT.Je chanterai.PRÉSENT OU FUTUR.
Je chante.Tu chanteras.Que je chante.
Tu chantes.Il chantera.Que tu chantes.
Il chante.Nous chanterons.Qu’il chante.
Nous chantons.Vous chanterez.Que nous chantions.
Vous chantez.Ils chanteront.Que vous chantiez.
Ils chantent.FUTUR ANTÉRIEUR.Qu’ils chantent.
IMPARFAIT.J’aurai chanté.IMPARFAIT.
Je chantais.Tu auras chanté.Que je chantasse.
Tu chantais.Il aura chanté.Que tu chantasses.
Il chantait.Nous aurons chanté.Qu’il chantât.
Nous chantions.Vous aurez chanté.Que n. chantassions.
Vous chantiez.Ils auront chanté.Que v. chantassiez.
Ils chantaient.M. CONDITIONNELQu’ils chantassent.
PASSÉ SIMPLE.PRÉSENT.PASSÉ.
Je chantai.Je chanterais.Que j’aie chanté.
Tu chantas.Tu chanterais.Que tu aies chanté.
Il chanta.Il chanterait.Qu’il ait chanté.
Nous chantâmes.Nous chanterions.Q. n. ayons chanté.
Vous chantâtes.Vous chanteriez.Que v. ayez chanté.
Ils chantèrent.Ils chanteraient.Qu’ils aient chanté.
PASSÉ COMPOSÉ.1er passéPLUS-QUE-PARFAIT.
J’ai chanté.J’aurais chanté.Que j’eusse chanté.
Tu as chanté.Tu aurais chanté.Que tu eusses chanté.
Il a chanté.Il aurait chanté.Qu’il eût chanté.
Nous avons chanté.Nous aurions chanté.Q. n. eussions chanté.
Vous avez chanté.Vous auriez chanté.Q. v. eussiez chanté.
Ils ont chanté.Ils auraient chanté.Qu’ils euss. chanté.
PASSÉ ANTÉRIEUR.2e passé 
J’eus chanté.J’eusse chanté.MODE INFINITIF
Tu eus chanté.Tu eusses chanté.PRÉSENT.
Il eut chanté.Il eût chanté.Chanter.
Nous eûmes chanté.N. eussions chanté. 
Vous eûtes chanté.Vous eussiez chanté.PASSÉ
Ils eurent chanté.Ils eussent chanté.Avoir chanté.
PLUS-QUE-PARFAIT.MODE IMPÉRATIF 
J’avais chanté.PRÉSENT OU FUTUR.MODE PARTICIPE
Tu avais chanté........L’impératif n’aPRÉSENT.
Il avait chanté.Chante.ni de 1re niChantant.
Nous avions chanté........de 3e personne 
Vous aviez chanté.Chantons.}du singulierPASSÉ.
Ils avaient chanté.Chantez.ni de 3e pers.Chanté (ée), ayant
.......du pluriel.chanté.

 

Voir la conjugaison des verbes défectifs, page 268.

Conjuguez: aimer, parler, planter, ramer, travailler, donner, former, broder, etc.

 

Remarques sur les verbes en er.

La 2e personne du singulier de tous les verbes se termine par s, excepté à l’impératif des verbes en er: aime, chante, parle, va[27].

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Les verbes terminés au présent de l’infinitif par cer, comme lancer, avancer, prennent une cédille sous le c devant un a ou un o: il lança, nous avançons.

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Les verbes terminés au présent de l’infinitif par ger, comme manger, nager, prennent un e après le g devant un a ou un o: je mangeai, nous nageons.

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Les verbes qui ont un e muet ou un é fermé à l’avant-dernière syllabe du présent de l’infinitif, comme soulever, espérer, remplacent cet e muet ou cet é fermé par un è ouvert devant une syllabe muette: je soulève, il espère.

Dans les verbes qui ont un é fermé à l’avant-dernière syllabe, l’Académie maintient l’accent aigu au futur et au présent du conditionnel: il espérera, je compléterais.

Questionnaire: Quelle remarque faites-vous sur la 2e personne du singulier des verbes?—Quelle remarque faites-vous sur les verbes en cer?—Sur les verbes en ger?—Sur les verbes qui ont un e muet ou un é fermé à l’avant-dernière syllabe?

 

Exercice 345.Mettez les verbes suivants au présent de l’indicatif, à l’imparfait, au passé simple, et au futur:

Tu céder. Nous annoncer. Je mener. Tu loger. Elle avancer. Ils abréger. Nous songer. L’orage menacer. Tu compléter. Les remèdes soulager. Je préférer. Tu charger. Nous prononcer. J’espérer. La grêle ravager. Nous devancer. Je soulever. Nous exercer. Vous négliger. Tu posséder. Nous influencer. Tu prononcer. Je vendanger.

Exercices 346 et 347.—346. Mettez les verbes suivants au présent de l’indicatif, à l’imparfait.—347. Mettez cet exercice au pluriel:

Je forcer. Tu ronger. Il mener. Tu concéder. Je manger. Je remplacer. Il précéder. Tu reléguer. Je lier. Tu te démener. Elle succéder. Je colorier. Il amener. Tu propager. Je tracer. Tu parsemer. Il peser. J’exercer. Tu allonger. J’exiger. J’engager. Elle énumérer. Tu relancer. Il modérer. Je venger. Je dénoncer. Il opérer. Je ranger.

Exercice 348.Mettez cet exercice au futur: 1º au singulier; 2º au pluriel.—Exercice 349.De même au passé simple.

 

Remarques sur les verbes en er

Les verbes en eler, eter prennent deux l ou deux t devant un e muet: tu appelles, il jette.

L’Académie n’a pas pris le soin d’indiquer tous les cas où cette règle s’applique, mais l’usage veut que le redoublement n’ait pas lieu dans les verbes:

celerdégelermarteleracheter
ciselerdémantelermodelercrocheter
congelerécartelerpelerhaleter
décelergelerrecelerracheter

Ces verbes, au lieu de redoubler l ou t, prennent un accent grave: je pèle une pomme; le froid congèle l’eau; j’achète des livres; il crochète la porte.

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Les verbes en yer changent l’y en i devant un e muet: il coudoie, tu appuies.

Cependant, le verbe grasseyer et les verbes en ayer, comme payer, conservent plutôt l’y: il grasseye, je paye.

Les verbes en yer prennent un y et un i de suite aux deux premières personnes du pluriel de l’imparfait de l’indicatif et du présent du subjonctif: nous broyions, que vous appuyiez.

Les verbes en ier prennent deux i de suite à ces mêmes temps et à ces mêmes personnes: vous criiez, que nous priions.

Questionnaire: Quelle remarque faites-vous sur les verbes en eler et eter?—Quels sont les verbes qui font exception?—Quelles remarques faites-vous sur les verbes en yer et en ier?

 

Exercice 350.Mettez les verbes suivants au présent et à l’imparfait de l’indicatif et au présent du subjonctif:

Je cacheter. Il ciseler. Tu étiqueter. Elle étinceler. Je feuilleter. Il racheter. Tu botteler. Je m’effrayer. Il grasseyer. Tu déployer. J’empaqueter. Il déchiqueter. Tu harceler. Il amonceler. Elle projeter. J’enrayer. Tu égarer. Il verdoyer. Je crocheter. Tu jeter. J’épeler. Il becqueter. J’appeler. Elle employer. Tu modeler. Il s’ennuyer. Tu envier. Il forger. J’annoncer. Tu choyer. Je copier. Elle appuyer. Je balayer. Elle supplier. Tu nier. Il guerroyer. Je crier.

Exercice 351.Mettez cet exercice au pluriel, aux mêmes temps.

LECTURE et DICTÉE.—L’Alouette.

L’alouette est le musicien des champs; son joli ramage est l’hymne d’allégresse par lequel elle devance le printemps et accompagne le premier sourire de l’aurore. Ses accents sont les premiers qui frappent l’oreille du cultivateur vigilant. Son chant matinal était, chez les Grecs, le signal auquel le moissonneur devait commencer son travail, et il le suspendait au milieu du jour, à l’heure où elle cesse de se faire entendre. Elle se tait, en effet, pour un instant; mais, dès que le soleil s’abaisse à l’horizon, elle remplit de nouveau les airs de ses modulations variées et sonores. Elle se tait encore lorsque le ciel est couvert et le temps pluvieux; du reste, elle chante pendant toute la belle saison. On la voit s’élever perpendiculairement et décrire, en s’élevant, une courbe en forme de vis; elle monte, elle monte toujours chantant et forçant sa voix à mesure qu’elle s’éloigne de terre, de sorte qu’on l’entend aisément, lors même qu’on l’a presque perdue de vue. Elle se soutient longtemps en l’air, elle descend lentement jusqu’à dix ou douze pieds au-dessus du sol, puis elle s’y précipite comme un trait; sa voix s’affaiblit à mesure qu’elle en approche, et elle est muette aussitôt qu’elle s’y pose. z.

Exercice 352.Mettez cette dictée au pluriel. (Les alouettes...)

Exercice 353.Traduisez cette dictée à la deuxième personne singulier en prenant pour titre: A l’alouette. (Tu es le musicien...)

Exercice 354.Traduisez cette dictée à la première personne du pluriel. (Nous sommes les musiciens des champs; notre joli...)

DICTÉE et RÉCITATION.—Portrait du Sage.

Le sage écoute tout, s’explique en peu de mots;

    Il interroge et répond à propos.

        Rarement il ouvre la bouche

        Devant un plus sage que lui;

    Il n’est point curieux des affaires d’autrui,

Et ce qu’il doit savoir est tout ce qui le touche.

Exercice 355.Analysez tous les mots en italique de cette poésie.

Exercices 356 et 357.Conjuguez les verbes suivants aux premières personnes du singulier et du pluriel de tous les temps simples:

356. Appeler au secours. Harceler l’ennemi. Jeter un cri. Acheter du blé. Payer une dette.—357. Tracer une ligne. Ranger ses cahiers. Mener une barque. Espérer le succès. Broyer le grain. Lier la gerbe.

DEUXIÈME GROUPE.—VERBE FINIR.

 

Dans finir, le radical est fin, la terminaison est ir.

Les terminaisons sont en caractères gras.—Les temps composés sont en italique.

MODE INDICATIFFUTUR.M. SUBJONCTIF
PRÉSENT.Je finirai.PRÉSENT OU FUTUR.
Je finis.Tu finiras.Que je finisse.
Tu finis.Il finira.Que tu finisses.
Il finit.Nous finirons.Qu’il finisse.
Nous finissons.Vous finirez.Que nous finissions.
Vous finissez.Ils finiront.Que vous finissiez.
Ils finissent.FUTUR ANTÉRIEUR.Qu’ils finissent.
IMPARFAIT.J’aurai fini.IMPARFAIT.
Je finissais.Tu auras fini.Que je finisse.
Tu finissais.Il aura fini.Que tu finisses.
Il finissait.Nous aurons fini.Qu’il finît.
Nous finissions.Vous aurez fini.Que nous finissions.
Vous finissiez.Ils auront fini.Que vous finissiez.
Ils finissaient.M. CONDITIONNELQu’il finissent.
PASSÉ SIMPLE.PRESENT.PASSÉ.
Je finis.Je finirais.Que j’aie fini.
Tu finis.Tu finirais.Que tu aies fini.
Il finit.Il finirait.Qu’il ait fini.
Nous finîmes.Nous finirions.Que nous ayons fini.
Vous finîtes.Vous finiriez.Que vous ayez fini.
Ils finirent.Ils finiraient.Qu’ils aient fini.
PASSÉ COMPOSÉ.1er PASSÉ.PLUS-QUE-PARFAIT.
J’ai fini.J’aurais fini.Que j’eusse fini.
Tu as fini.Tu aurais fini.Que tu eusses fini.
Il a fini.Il aurait fini.Qu’il eût fini.
Nous avons fini.Nous aurions fini.Que n. eussions fini.
Vous avez fini.Vous auriez fini.Que v. eussiez fini.
Ils ont fini.Ils auraient fini.Qu’ils eussent fini.
PASSÉ ANTÉRIEUR.2e PASSÉ. 
J’eus fini.J’eusse fini.MODE INFINITIF
Tu eus fini.Tu eusses fini.PRÉSENT.
Il eut fini.Il eût fini.Finir.
Nous eûmes fini.Nous eussions fini. 
Vous eûtes fini.Vous eussiez fini.PASSÉ.
Ils eurent fini.Ils eussent fini.Avoir fini.
PLUS-QUE-PARFAIT.MODE IMPÉRATIF 
J’avais fini.PRÉSENT OU FUTUR.MODE PARTICIPE
Tu avais fini........L’impératif n’aPRÉSENT.
Il avait fini.Finis.ni de 1reFinissant.
Nous avions fini........ni de 3e 
Vous aviez fini.Finissons.{personnePASSÉ.
Ils avaient fini.Finissez.du sing.,Fini (ie), ayant fini.
.......ni de 3e 
.......pers. du pl. 

 

Voir la conjugaison des verbes défectifs, page 268.

Conjuguez: punir, avertir, salir, rougir, faiblir, guérir, agrandir, établir, etc.

 

Remarques sur les verbes en ir

(de la conjugaison vivante).

Bénir. Le participe passé de ce verbe a deux formes: Béni et bénit.

Bénit se dit des choses consacrées par une cérémonie religieuse: Du pain bénit, de l’eau bénite.

Dans tous les autres cas, on se sert de béni, bénie: Enfants bénis de leurs parents.

Béni, conjugué avec l’auxiliaire avoir, ne prend jamais le t, quelle que soit son acception: La mère a béni son fils; le prêtre a béni les drapeaux. Mais on doit écrire: Ces drapeaux ont été bénits.

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Fleurir signifiant donner, produire des fleurs, est régulier: Les rosiers fleurissaient hier.

Fleurir signifiant être dans un état prospère fait florissant au participe présent et je florissais, etc., à l’imparfait de l’indicatif: Les lettres florissaient sous Louis XIV.

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Haïr prend un tréma dans toute sa conjugaison, excepté au singulier de l’indicatif présent et de l’impératif: Je hais, tu hais, il hait,—hais.

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Remarques sur les verbes en ir

(de la conjugaison morte).

Tous les verbes en enir, comme venir, provenir, etc., se terminent au passé simple par ins, ins, int, înmes, întes, inrent, et à l’imparfait du subjonctif par insse, insses, înt, inssions, inssiez, inssent[28]. Ex.:

Je vins, tu vins, il vint, nous vînmes, vous vîntes, ils vinrent;—que je vinsse, que tu vinsses, qu’il vînt, que nous vinssions, etc.

Tous ces verbes prennent deux n devant un e muet: Que je vienne, que tu viennes, qu’il vienne (que nous venions, que vous veniez), qu’ils viennent.

⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓

Mentir, partir, sentir, sortir, se repentir perdent le t final du radical aux deux premières personnes du singulier de l’indicatif et à l’impératif:

Je mens, je pars, je sens; tu mens, tu pars, tu sens; mens, pars, sens.

Courir, mourir, quérir et leurs composés prennent deux r au futur simple et au conditionnel présent.

Je courrai, tu mourras, il acquerrait, nous conquerrions.

Questionnaire: Quelle remarque faites-vous sur le participe passé du verbe bénir?—Sur le verbe fleurir?—Sur haïr?—Sur les verbes en enir?—Sur mentir, partir, sentir, sortir, se repentir?—Sur courir, mourir, quérir?

 

TROISIÈME GROUPE.—VERBE RECEVOIR.

 

Dans recevoir le radical est rec, la terminaison est evoir.

Les terminaisons sont en caractères gras.Les temps composés sont en italique.

MODE INDICATIFFUTUR.M. SUBJONCTIF
PRÉSENT.Je recevrai.PRÉSENT OU FUTUR.
Je reçois.Tu recevras.Que je reçoive.
Tu reçois.Il recevra.Que tu reçoives.
Il reçoit.Nous recevrons.Qu’il reçoive.
Nous recevons.Vous recevrez.Que nous recevions.
Vous recevez.Ils recevront.Que vous receviez.
Ils reçoivent.FUTUR ANTÉRIEUR.Qu’ils reçoivent.
IMPARFAIT.J’aurai reçu.IMPARFAIT.
Je recevais.Tu auras reçu.Que je reçusse.
Tu recevais.Il aura reçu.Que tu reçusses.
Il recevait.Nous aurons reçu.Qu’il reçût.
Nous recevions.Vous aurez reçu.Que n. reçussions.
Vous receviez.Ils auront reçu.Que vous reçussiez.
Ils recevaient.M. CONDITIONNELQu’ils reçussent.
PASSÉ SIMPLE.PRÉSENT.PASSÉ.
Je reçus.Je recevrais.Que j’aie reçu.
Tu reçus.Tu recevrais.Que tu aies reçu.
Il reçut.Il recevrait.Qu’il ait reçu.
Nous reçûmes.Nous recevrions.Que nous ayons reçu.
Vous reçûtes.Vous recevriez.Que vous ayez reçu.
Ils reçurent.Ils recevraient.Qu’ils aient reçu.
PASSÉ COMPOSÉ.1er PASSÉ.PLUS-QUE-PARFAIT.
J’ai reçu.J’aurais reçu.Que j’eusse reçu.
Tu as reçu.Tu aurais reçu.Que tu eusses reçu.
Il a reçu.Il aurait reçu.Qu’il eût reçu.
Nous avons reçu.Nous aurions reçu.Que n. eussions reçu.
Vous avez reçu.Vous auriez reçu.Que v. eussiez reçu.
Ils ont reçu.Ils auraient reçu.Qu’ils eussent reçu.
PASSÉ ANTÉRIEUR.2e PASSÉ.MODE INFINITIF
J’eus reçu.J’eusse reçu. 
Tu eus reçu.Tu eusses reçu.PRÉSENT.
Il eut reçu.Il eût reçu.Recevoir.
Nous eûmes reçu.Nous eussions reçu. 
Vous eûtes reçu.Vous eussiez reçu.PASSÉ.
Ils eurent reçu.Ils eussent reçu.Avoir reçu.
PLUS-QUE-PARFAIT.MODE IMPÉRATIF 
J’avais reçu.PRÉSENT OU FUTUR.MODE PARTICIPE
Tu avais reçu..................L’impératif 
Il avait reçu.Reçois.n’a ni de 1rePRÉSENT.
Nous avions reçu..................ni de 3eRecevant.
Vous aviez reçu.Recevons.}personne 
Ils avaient reçu..................du sing.,PASSÉ.
.................ni de 3eReçu (ue), ayant
Recevez.pers. du pl.reçu.

 

Voir la conjugaison des verbes défectifs, page 268.

Conjuguez: concevoir, apercevoir, percevoir, décevoir, devoir, redevoir, etc.

 

Remarques sur les verbes en oir.

Les verbes en oir présentent une grande variété de types.

Six seulement se conjuguent sur recevoir; ce sont: apercevoir, concevoir, décevoir, percevoir, devoir, redevoir.

La consonne c des verbes recevoir, apercevoir, concevoir, décevoir, percevoir, prend une cédille devant les voyelles o, u: je reçus, tu aperçois.

⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓

Devoir, mouvoir, redevoir prennent un accent circonflexe sur l’u du participe passé, mais seulement au masculin singulier: , , redû.

⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓

Pouvoir, valoir, vouloir s’écrivent pas un x aux deux premières personnes du singulier du présent de l’indicatif: Je peux, tu peux; je vaux, tu vaux; je veux, tu veux.

⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓

Voir, pouvoir prennent deux r au futur simple et au présent du conditionnel:

Je verrai, tu verras..., etc.; je verrais, tu verrais..., etc. Je pourrai, tu pourras..., etc.; je pourrais, tu pourrais..., etc.

Questionnaire: Quels sont les verbes qui se conjuguent sur recevoir?—Quelle remarque faites-vous sur les verbes devoir, mouvoir, redevoir?—Sur pouvoir, valoir, vouloir?—Sur voir, pouvoir?

 

Exercice 358.Mettez au pluriel le devoir suivant:

Je chérirai. Tu aimes. Je chanterai. Tu as fini. Il aura reçu. Qu’il parle. Avance. Je parlai. Il gagnerait. Tu chantas. Il a démoli. Tu vaux. Il apercevra. Que je valusse. Je hais. Je nage. Je renouvellerai. Que je meure. J’aperçois. Tu voyais. Tu possédas. Vois. Il avait prévu. Tu aurais dû. Je tressaillais. Acquiers. Tu fuyais. Je conviens. J’acquerrai. Tu viens. Il provint. Je courrais. Qu’il tînt. Tu pourvois.

Exercice 359.Mettez au singulier le devoir suivant:

Nous achevons. Persévérez. Nous nettoyons. Vous chérirez. Ils finirent. Vous recevriez. Nous partons. Vous sortez. Que nous courions. Nous parvenons. Vous cueilliez. Ils bouillent. Nous fuyons. Nous fuyions. Nous concevons. Ils devront. Qu’ils prévoient. Ils devraient. Vous pouvez. Nous pourrions. Que vous obteniez. Qu’ils parlassent. Nous ressentirions. Vous mentez. Que vous triiez. Nous nous ennuyons. Vous balayiez. Ils manqueraient. Accomplissez. Qu’ils parcourent. Vous chancelez. Nous nivelons. Travaillez et vous réussirez.

TROISIÈME GROUPE.—VERBE RENDRE.

 

Dans rendre, le radical est rend, la terminaison est re.

Les terminaisons sont en caractère gras.Les temps composés sont en italique.

MODE INDICATIFFUTUR.M. SUBJONCTIF
PRÉSENT.Je rendrai.PRÉSENT OU FUTUR.
Je rends.Tu rendras.Que je rende.
Tu rends.Il rendra.Que tu rendes.
Il rend.Nous rendrons.Qu’il rende.
Nous rendons.Vous rendrez.Que nous rendions.
Vous rendez.Ils rendront.Que vous rendiez.
Ils rendent.FUTUR ANTÉRIEUR.Qu’ils rendent.
IMPARFAIT.J’aurai rendu.IMPARFAIT.
Je rendais.Tu auras rendu.Que je rendisse.
Tu rendais.Il aura rendu.Que tu rendisses.
Il rendait.Nous aurons rendu.Qu’il rendît.
Nous rendions.Vous aurez rendu.Que n. rendissions.
Vous rendiez.Ils auront rendu.Que vous rendissiez.
Ils rendaient.M. CONDITIONNELQu’ils rendissent.
PASSÉ SIMPLE.PRÉSENT.PASSÉ.
Je rendis.Je rendrais.Que j’aie rendu.
Tu rendis.Tu rendrais.Que tu aies rendu.
Il rendit.Il rendrait.Qu’il ait rendu.
Nous rendîmes.Nous rendrions.Que n. ayons rendu.
Vous rendîtes.Vous rendriez.Que v. ayez rendu.
Ils rendirent.Ils rendraient.Qu’ils aient rendu.
PASSÉ COMPOSÉ.1er PASSÉ.PLUS-QUE-PARFAIT.
J’ai rendu.J’aurais rendu.Que j’eusse rendu.
Tu as rendu.Tu aurais rendu.Que tu eusses rendu.
Il a rendu.Il aurait rendu.Qu’il eût rendu.
Nous avons rendu.Nous aurions rendu.Q. n. eussions rendu.
Vous avez rendu.Vous auriez rendu.Q. v. eussiez rendu.
Ils ont rendu.Ils auraient rendu.Qu’ils eussent rendu.
PASSÉ ANTÉRIEUR.2e PASSÉ. 
J’eus rendu.J’eusse rendu.MODE INFINITIF
Tu eus rendu.Tu eusses rendu.PRÉSENT.
Il eut rendu.Il eût rendu.Rendre.
Nous eûmes rendu.Nous eussions rendu. 
Vous eûtes rendu.Vous eussiez rendu.PASSÉ.
Ils eurent rendu.Ils eussent rendu.Avoir rendu.
PLUS-QUE-PARFAIT.MODE IMPÉRATIF 
J’avais rendu.PRÉSENT OU FUTUR.MODE PARTICIPE
Tu avais rendu...........L’impératif n’aPRÉSENT.
Il avait rendu.Rends.ni de 1reRendant.
Nous avions rendu...........ni de 3e 
Vous aviez rendu...........}personne duPASSÉ.
Ils avaient rendu.Rendons.singulier, niRendu (ue),
Rendez.de 3e pers.ayant rendu.
..........du pluriel. 

 

Voir la conjugaison des verbes défectifs, page 268.

Conjuguez: corrompre, interrompre, vendre, entendre, prendre, tendre, défendre, etc.

 

Remarques sur les verbes en re.

Rire, sourire, rompre, corrompre, interrompre ajoutent un t au radical à la 3e personne du singulier du présent de l’indicatif: il rit, il sourit, il rompt, etc.

Les verbes qui ont l’infinitif en indre et en soudre perdent le d aux deux premières personnes du singulier de l’indicatif présent: Je peins, tu absous, et à l’impératif: peins, absous.

Ils changent, en outre, le d en un t à la troisième personne du singulier du présent de l’indicatif: il peint, il absout.

⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓

Les verbes terminés au présent de l’infinitif par aître et par oître, comme connaître, croître, prennent un accent circonflexe sur l’i toutes les fois que cet i est suivi d’un t: Je connaîtrais, il croît.

Le participe passé de croître prend l’accent circonflexe: crû, tandis que ceux de ses composés: accroître, décroître, s’écrivent sans accent: accru, décru.

⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓

Comme les verbes en enir, le verbe prendre et ses composés doublent la lettre n devant un e muet.

Que je prenne, que tu comprennes, qu’il comprenne (que nous comprenions, que vous compreniez), qu’ils comprennent.

⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓

Faire, dire font à la 2e personne du pluriel du présent de l’indicatif et à l’impératif: vous faites, vous dites; faites, dites.

Il en est de même de tous les composés de faire: vous surfaites, vous contrefaites.

Quant aux composés de dire, le verbe redire est le seul qui suive cette règle. Ainsi l’on dit: vous contredisez, vous médisez, vous prédisez.

⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓

Tous les verbes en endre s’écrivent par e; répandre et épandre sont les seuls qui prennent a.

Questionnaire: Quelle remarque faites-vous sur rire, sourire, rompre, corrompre, interrompre?—Sur les verbes en indre, soudre?—En aître, oître?—Sur prendre?—Sur le participe passé de croître?—Sur faire, dire?—Sur le verbes en endre?

 

 

Formes du verbe.

Un verbe peut être à la forme active, à la forme passive ou à la forme pronominale.

Un verbe, à la forme active, présente l’action faite par le sujet (v. page 129). Il est alors transitif ou intransitif.

Verbe transitif.

Le verbe transitif est ainsi appelé parce que l’action qu’il exprime passe du sujet sur le complément; il y a passage, transition.

Un verbe est transitif lorsque l’action faite par le sujet passe sur un complément direct ou indirect. Ex.: Le soleil éclaire la terre. Le chien obéit à son maître.

Les verbes transitifs, tels que chanter, aimer, etc., qui peuvent s’employer avec un complément direct, sont appelés verbes transitifs directs. Ex.: aimer quelqu’un, chanter quelque chose.

Les verbes transitifs directs prennent l’auxiliaire avoir aux temps composés.

Les verbes transitifs, tels que obéir, songer, etc., qui ne s’emploient qu’avec un complément indirect, sont dits transitifs indirects: Obéir à quelqu’un, songer à quelque chose.

Questionnaire: Quelles sont les trois formes du verbe?—Que peut être un verbe à la forme active?—Quand un verbe est-il transitif?—Qu’est-ce que le verbe transitif direct? Le verbe transitif indirect?

 

LECTURE et DICTÉE.—Repoussé deux fois.

Un solliciteur vint un jour implorer Mazarin sans avoir soigné sa mise, comme on doit le faire quand on aborde un personnage puissant. Le cardinal n’aimait guère donner; aussi s’empressa-t-il de congédier le quémandeur, après l’avoir écouté à peine, sous prétexte que celui-ci n’avait point observé les lois de l’étiquette. Notre homme ne se tint pas pour battu. Quelques jours après, il vint de nouveau voir le ministre, mais avec un nouvel ajustement: il a, cette fois, une perruque neuve et bien noire, la moustache teinte, les joues fardées, un habit qui fait valoir sa taille bref, on lui donnerait vingt ans de moins que son âge. Le rusé ministre le reconnaît fort bien, mais il n’en laisse rien paraître. Il écoute le solliciteur, puis avec un admirable sourire: «Je suis désolé de ne pouvoir vous accorder cette faveur, lui dit-il, mais je l’ai déjà refusée, il y a quelques jours, à monsieur votre père.»

C. A.

Exercice 360.Racontez cette anecdote: 1º oralement; 2º par écrit.

Exercice 361.De quels verbes transitifs sont compléments directs ou indirects les mots en italique?

 

Verbe intransitif.

Un verbe est intransitif quand l’action qu’il exprime ne passe pas du sujet sur un complément. Ex.: Le poisson nage.

Le verbe intransitif exprime à lui seul l’action faite par le sujet; il s’emploie donc sans complément d’objet direct ou indirect.

Mais il peut avoir un complément circonstanciel. Ex.: Le loir dort l’hiver.

Hiver n’est pas ici un complément d’objet, mais un complément circonstanciel de temps.

Remarque.—Le participe passé des verbes transitifs indirects et intransitifs conjugués avec avoir est invariable: elles ont plu, ils ont nagé.

Le participe passé des verbes intransitifs conjugués avec être s’accorde avec le sujet: elles sont venues, ils sont partis.

Certains verbes sont tantôt transitifs, tantôt intransitifs. Ainsi descendre, courir sont transitifs dans: descendre un escalier, courir un danger; ils sont intransitifs dans: descendre au tombeau, courir après quelqu’un[29].

Questionnaire: Quand un verbe est-il intransitif?—Pourquoi le verbe intransitif s’emploie-t-il sans complément d’objet?—Quel complément peut avoir le verbe intransitif?—Quelle remarque faites-vous sur le participe passé des verbes transitifs indirects et intransitifs conjugués avec avoir? avec être?

 

DICTÉE et RÉCITATION.—Les Vendanges.

Avec des cris joyeux, ils entrent dans la vigne;

Chacun, dans le sillon que le maître désigne,

Serpe en main, sous le cep a posé son panier;

Honte à qui reste en route et finit le dernier!

Fêtez les raisins mûrs! Venez de toutes parts,

Enfants! Sur les tonneaux qui sonnent dans les chars,

        Grimpez, ô blonde fourmilière!

C’est votre fête à vous quand on cueille ce fruit;

C’est le jour du fou rire, et des chants et du bruit.

        Venez, ceints de pampre et de lierre!

                                    V. de Laprade.

Exercice 362.De quelle nature sont les verbes de cette poésie?

Exercice 363.Analysez tous les noms en italique de cette poésie.

TROISIÈME GROUPE.—VERBE VENIR.

 

conjugaison morte en ir.

Verbe intransitif Venir.

Les temps composés sont en italique.

MODE INDICATIFFUTUR.M. SUBJONCTIF
PRÉSENT.Je viendrai.PRÉSENT OU FUTUR.
Je viens.Tu viendras.Que je vienne.
Tu viens.Il viendra.Que tu viennes.
Il vient.Nous viendrons.Qu’il vienne.
Nous venons.Vous viendrez.Que nous venions.
Vous venez.Ils viendront.Que vous veniez.
Ils viennent.FUTUR ANTÉRIEUR.Qu’ils viennent.
IMPARFAIT.Je serai venu.IMPARFAIT.
Je venais.Tu seras venu.Que je vinsse.
Tu venais.Il sera venu.Que tu vinsses.
Il venait.Nous serons venus.Qu’il vint.
Nous venions.Vous serez venus.Que nous vinssions.
Vous veniez.Ils seront venus.Que vous vinssiez.
Ils venaient.M. CONDITIONNELQu’ils vinssent.
PASSÉ SIMPLE.PRÉSENT.PASSÉ.
Je vins.Je viendrais.Que je sois venu.
Tu vins.Tu viendrais.Que tu sois venu.
Il vint.Il viendrait.Qu’il soit venu.
Nous vînmes.Nous viendrions.Que n. soyons venus.
Vous vîntes.Vous viendriez.Que v. soyez venus.
Ils vinrent.Ils viendraient.Qu’ils soient venus.
PASSÉ COMPOSÉ.1er PASSÉ.PLUS-QUE-PARFAIT.
Je suis venu.Je serais venu.Que je fusse venu.
Tu es venu.Tu serais venu.Que tu fusses venu.
Il est venu.Il serait venu.Qu’il fût venu.
Nous sommes venus.Nous serions venus.Q. n. fussions venus.
Vous êtes venus.Vous seriez venus.Que v. fussiez venus.
Ils sont venus.Ils seraient venus.Qu’ils fussent venus.
PASSÉ ANTÉRIEUR.2e PASSÉ.MODE INFINITIF
Je fus venu.Je fusse venu. 
Tu fus venu.Tu fusses venu.PRÉSENT.
Il fut venu.Il fût venu.Venir.
Nous fûmes venus.Nous fussions venus. 
Vous fûtes venus.Vous fussiez venus.PASSÉ.
Ils furent venus.Ils fussent venus.Être venu.
PLUS-QUE-PARFAIT.MODE IMPÉRATIF 
J’étais venu.PRÉSENT OU FUTUR.MODE PARTICIPE
Tu étais venu.........L’impératif n’a 
Il était venu.Viens...ni de 1re niPRÉSENT.
Nous étions venus.........de 3eVenant.
Vous étiez venus.........}personne du 
Ils étaient venus.Venons..singulier, niPASSÉ.
Venez...de 3e pers.Venu(e), étant venu.
........du pluriel. 

 

Exercices 364 et 365.Donnez trois compléments directs aux verbes transitifs directs suivants:

Modèle: défendre sa patrie, une place, une forteresse.

364. Défendre. Obtenir. Répandre. Coudre. Agrandir. Trouver. Nouer. Distribuer. Trahir. Franchir. Devoir. Entendre. Essuyer. Calquer.

365. Recevoir. Répéter. Chanter. Lire. Pêcher. Soulever. Vouloir. Ouvrir. Savoir. Aimer. Étudier. Récolter. Chercher. Payer. Fuir. Faire.

DICTÉE et RÉCITATION.—Le Printemps.

L’hiver qui, si longtemps, a fait blanchir nos plaines,

N’enchaîne plus le cours des paisibles ruisseaux;

Et les jeunes zéphyrs, de leurs chaudes haleines,

          Ont fondu l’écorce des eaux.

 

Les troupeaux ont quitté leurs cabanes rustiques;

Le laboureur commence à lever ses guérets;

Les arbres vont bientôt de leurs têtes antiques

         Ombrager les vertes forêts.

                       J.-B. Rousseau.

Exercice 366.Écrivez de mémoire cette poésie.

Exercice 367.Indiquez la nature des verbes de cette poésie.

Exercice 368.Donnez trois compl. indirects ou trois comp. circonstanciels aux verbes transitifs ind. ou aux verbes intransitifs:

Songer. Aller. Courir. Nuire. Voyager. Dormir. Arriver. Obéir. Vivre. Partir. Plaire. Briller. Sortir. Succéder. Tomber. Nager. Sourire. Régner.

LECTURE et DICTÉE.—Les deux Servantes.

Une vieille dame occupait deux servantes à filer du matin au soir. Comme elle dormait peu, ainsi qu’il arrive à beaucoup de personnes âgées, elle quittait le lit dès qu’elle entendait le premier chant du coq, et courait à la chambre où reposaient les deux servantes. Elle les éveillait sans pitié et leur distribuait de la besogne pour toute la journée. Les deux victimes maudissaient tout bas leur maîtresse et pestaient surtout contre le coq, à qui elles attribuaient leur sort misérable. Pour échapper enfin à la tyrannie de ce réveille-matin emplumé, elles coupèrent le cou à la pauvre bête. Mais qu’arriva-t-il? De ce jour elles furent bien plus malheureuses encore, car la vieille dame, craignant de laisser passer l’heure, les réveilla beaucoup plus tôt.

En voulant éviter une faible gêne, on tombe souvent dans un mal plus grand.

C. A., d’après La Fontaine

Exercice 369.Racontez cette historiette: oralement; par écrit.

Exercice 370.Quelle est la nature des verbes en italique?

 

Forme active.—Forme passive.

Un verbe est à la forme active, lorsque l’action qu’il exprime est faite par le sujet. Ex.: Le chat mange la souris.

Un verbe est à la forme passive, quand il exprime une action reçue, soufferte par le sujet. Ex.: La souris est mangée par le chat.

Verbe passif.—Le verbe passif n’est autre chose que le verbe être suivi du participe passé d’un verbe transitif: être aimé, être averti, être exposé, etc.

Le participe passé des verbes passifs est un attribut qui s’accorde toujours en genre et en nombre avec le sujet: nous sommes aimés, elles sont averties.

⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓

Tous les verbes transitifs directs peuvent s’employer à la forme active et à la forme passive.

Les verbes intransitifs n’ont pas de forme passive.

Pour faire passer une phrase de la forme active à la forme passive, on prend le complément direct du verbe transitif direct pour en faire le sujet du verbe passif.

Réciproquement, pour faire passer une phrase de la forme passive à la forme active, on prend le complément indirect du verbe passif pour en faire le sujet du verbe transitif direct. Ex.:

FORME ACTIVE.FORME PASSIVE.
Louis XI organisa la poste.La poste fut organisée par Louis XI.
Un moine inventa la poudre.La poudre fut inventée par un moine.

Si le verbe passif n’a pas de complément indirect exprimé, il faut prendre le pr. indéfini on pour sujet du verbe transitif. Ex.:

Passif: Les ennemis seront vaincus.Actif: On vaincra les ennemis.

⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓

Nota.—Le verbe passif peut avoir plusieurs compléments. Dans ce cas, on choisit pour sujet du verbe transitif le complément indirect qui fait l’action exprimée par le verbe passif. Ex.:

Henri III fut tué—à Saint-Cloud—d’un coup de poignard—par Jacques Clément.

Qui fait l’action de tuer?—Jacques Clément. C’est donc ce dernier complément qui devient le sujet du verbe transitif, et l’on a alors:

Jacques Clément tua Henri III à Saint-Cloud d’un coup de poignard.

Questionnaire: Qu’exprime le verbe à la forme active?—Qu’exprime-t-il à la forme passive?—Qu’est-ce que le verbe passif?—Comment s’accorde le participe passé des verbes passifs?—Quels sont les verbes qui peuvent s’employer à la forme active et à la forme passive?—Comment fait-on pour faire passer une phrase de la forme active à la forme passive? De la forme passive à la forme active?—Que fait-on quand le verbe passif n’a pas de complément indirect?—Que fait-on quand le verbe passif a plusieurs compléments?

 

VERBE A LA FORME PASSIVE.

 

Verbe passif Être aimé.

(Modèle de conjugaison.)

Les temps composés sont en italique.

MODE INDICATIFFUTUR.M. SUBJONCTIF
PRÉSENT.Je serai aimé.PRÉSENT OU FUTUR.
Je suis aimé.Tu seras aimé.Que je sois aimé.
Tu es aimé.Il sera aimé.Que tu sois aimé.
Il est aimé.Nous serons aimés.Qu’il soit aimé.
Nous sommes aimés.Vous serez aimés.Que n. soyons aimés.
Vous êtes aimés.Ils seront aimés.Que v. soyez aimés.
Ils sont aimés.FUTUR ANTÉRIEUR.Qu’ils soient aimés.
IMPARFAIT.J’aurai été aimé.IMPARFAIT.
J’étais aimé.Tu auras été aimé.Que je fusse aimé.
Tu étais aimé.Il aura été aimé.Que tu fusses aimé.
Il était aimé.Nous aurons été aimés.Qu’il fût aimé.
Nous étions aimés.Vous aurez été aimés.Que n. fussions aimés.
Vous étiez aimés.Ils auront été aimés.Que v. fussiez aimés.
Ils étaient aimés.M. CONDITIONNELQu’ils fussent aimés.
PASSÉ SIMPLE.PRÉSENT.PASSÉ.
Je fus aimé.Je serais aimé.Que j’aie été aimé.
Tu fus aimé.Tu serais aimé.Que tu aies été aimé.
Il fut aimé.Il serait aimé.Qu’il ait été aimé.
Nous fûmes aimés.Nous serions aimés.Que n. ayons été aimés.
Vous fûtes aimés.Vous seriez aimés.Que v. ayez été aimés.
Ils furent aimés.Ils seraient aimés.Qu’ils aient été aimés.
PASSÉ COMPOSÉ.1er PASSÉ.PLUS-QUE-PARFAIT.
J’ai été aimé.J’aurais été aimé.Que j’eusse été aimé.
Tu as été aimé.Tu aurais été aimé.Que tu eusses été aimés.
Il a été aimé.Il aurait été aimé.Qu’il eût été aimé.
Nous avons été aimés.N. aurions été aimés.Q. n. eussions été aimés.
Vous avez été aimés.Vous auriez été aimés.Q. v. eussiez été aimés.
Ils ont été aimés.Ils auraient été aimés.Qu’ils eussent été aimés.
PASSÉ ANTÉRIEUR.2e PASSÉ. 
J’eus été aimé.J’eusse été aimé.MODE INFINITIF
Tu eus été aimé.Tu eusses été aimé. 
Il eut été aimé.Il eût été aimé.PRÉSENT.
Nous eûmes été aimés.N. eussions été aimés.Être aimé.
Vous eûtes été aimés.V. eussiez été aimés. 
Ils eurent été aimés.Ils eussent été aimés.PASSÉ.
PLUS-QUE-PARFAIT.MODE IMPÉRATIFAvoir été aimé.
J’avais été aimé.PRÉSENT OU FUTUR. 
Tu avais été aimé.SoisL’impératif n’aMODE PARTICIPE
Il avait été aimé.aimé.ni de 1re ni 
Nous avions été aimés.............de 3ePRÉSENT.
Vous aviez été aimés.Soyons}personne duÉtant aimé.
Ils avaient été aimés.aimés.sing., ni de 
Soyez3e personnePASSÉ.
aimésdu plur.Ayant été aimé.

 

Conjuguez: être reçu, être trahi, être invité, être averti, être chéri, être interrogé, etc.

Exercice 371.Conjuguez oralement, à la forme passive, le verbe Être chéri de ses parents, et répondez à chaque temps de la forme passive par le temps correspondant de la forme active:

Forme passive: Prés. de l’indicatif: je suis chéri de mes parents, tu en chéri de tes..., etc. Forme active: Présent de l’indicatif: mes parents me chérissent, tes parents te..., etc.

LECTURE et DICTÉE.

A menteur, menteur et demi.

La journée de travail était finie. Deux compagnons ouvriers, Blaise et Jean, regagnant ensemble leur demeure, passaient près d’un potager qui était situé à l’extrémité du village. «Regarde donc, dit Jean, comme ces choux sont beaux; jamais je n’en ai vu d’une si énorme grosseur.—Bah! répondit Blaise, je suis surpris de ton étonnement: ces choux n’ont vraiment rien de si extraordinaire. Au cours de mes voyages, j’en ai trouvé un qui était aussi gros que la maison que tu vois là-bas.—Oh! oh! répliqua Jean, d’un air de doute, voilà un chou qui avait été merveilleusement soigné.—Assurément, et, si incroyable que cela te paraisse, tu peux t’en rapporter à ma parole.—Soit, reprit Jean, je le crois, quoique le fait me semble bien invraisemblable. Mais, après tout, c’est possible: il nous est parfois donné de rencontrer des choses stupéfiantes; ainsi moi, j’ai vu un jour un chaudron plus grand que l’église de ce village.—Ah! quelle plaisanterie? cria Blaise; penses-tu me faire croire une chose pareille?—C’est pourtant la vérité même.—Allons donc! Et à quoi, s’il te plaît, était destiné ce gigantesque chaudron?—A quoi, dit Jean, mais, mon cher, à faire cuire ton chou.»

C. A.

Exercice 372.Racontez cette historiette: oralement; par écrit.

Exercice 373.Dites à quelle forme sont les verbes en italique.

Distinction entre le verbe passif et le verbe intransitif.

Il ne faut pas confondre les verbes passifs avec les verbes intransitifs qui se conjuguent avec être. Ces verbes intransitifs ne prennent l’auxiliaire être que dans leurs temps composés: je suis venu, etc., tandis que, dans ces mêmes temps, les verbes passifs se conjuguent avec les deux auxiliaires: j’ai été aimé.

Exercice 374.Dites si les verbes suivants sont intransitifs ou s’ils sont à la forme passive:

Je suis estimé. Il est parti. Nous sommes écoutés. Ils sont reçus. Vous êtes sortis. Elles sont arrivées. Tu es chéri. Elle est revenue. Nous serons interrogés. Tu serais invité. Ils sont venus. Nous sommes aimés. Elle est avertie. Je suis consolé. Elle est allée à Paris. Ce mouchoir est brodé. Ils sont nés en province. Cette langue n’est plus parlée. La pluie est tombée. Le secret est trahi. Les feuilles sont mortes.

Exercice 375.Mettez la forme active à la forme passive:

Le soleil éclaire la terre. La Loire arrose la ville d’Orléans. La montagne Pelée a détruit la ville de Saint-Pierre. Vasco de Gama doubler le cap de Bonne-Espérance. La pluie détrempera le sol. La grêle a ravagé les campagnes. La lime use le fer. Les Arabes ont inventé les chiffres La Convention condamna Louis XVI à mort. Colbert organisa notre marine. On accueille avec plaisir les bonnes nouvelles. Un tremblement de terre détruisit en grande partie la ville de Lisbonne vers la moitié du xviiie siècle. Le Danube traverse l’Autriche. Les Hollandais ont découvert l’Océanie. Guillaume Tell délivra la Suisse. Les Français vainquirent les Anglais à Fontenoy. Le moindre bruit tourmente une conscience coupable. Pierre le Grand battit Charles XII à Pultava. Le phonographe enregistre et reproduit la voix humaine, les sons.

DICTÉE et RÉCITATION.—L’Écolier et le Serin.

Un enfant, qui, toujours paresseux et volage,

        En deux ans n’avait rien appris,

Entendit un serin qui, perché dans sa cage,

Sifflait parfaitement un air des plus jolis.

        Émerveillé de ce charmant ramage:

«Je savais, dit l’enfant, qu’un serin chante bien;

        Mais j’ignorais qu’il pût être musicien.

Comment, ajouta-t-il, as-tu donc fait pour l’être?

        —Comment j’ai fait? répondit le serin;

        J’ai profité des leçons de mon maître,

        Lorsqu’il sifflait le soir et le matin

                                             Reyre.

Exercice 376.Attribuez une fonction à chaque mot en italique.

Exercice 377.Racontez cette fable: 1º oralement; 2º par écrit.

Exercice 378.Mettez la forme passive à la forme active:

La ville du Havre a été fondée par François 1er. La terre est rafraîchie par les rosées bienfaisantes. Les élèves studieux seront récompensés. L’égoïste n’est aimé de personne. Bayard fut tué à Abbiategrasso par un coup d’arquebuse. Le poids des ans est rendu léger par une bonne vie. Le Bourbonnais est arrosé par l’Allier. Je suis grondé. Tu es récompensé. Il fut battu. Nous aurions été applaudis. Vous aurez été blessé. Elles avaient été bien accueillies. La pesanteur de l’air a été démontrée par Galilée. Nos campagnes sont égayées par le chant des oiseaux. Les nuages sont poussés par les vents. Les Vendéens furent vaincus au Mans par Marceau. La Corse fut cédée à la France par les Génois. Rome a, dit-on, été fondée par Romulus. Le maïs a été importé d’Amérique. Le président Sadi Carnot fut assassiné à Lyon par un anarchiste italien. L’unité des poids et mesures métriques fut décrétée par la Convention. La foudre est attirée par le fer.

Exercice 379.Mettez la forme active à la forme passive:

La chaleur au printemps met en mouvement la sève des arbres. Voltaire a embrassé tous les genres de littérature. Brémontier fixa les dunes de Gascogne à l’aide de plantations de pins. L’éléphant surpasse en grandeur tous les animaux terrestres. Les eaux occupent les trois quarts de la surface de la terre. L’éclat du soleil blesse la vue. Jean Nicot apporta le tabac en France en 1560. François de Guise reprit aux Anglais la ville de Calais. Les folles dépenses refroidissent la cuisine. Le temps adoucit les plus fortes douleurs. La mort de Turenne consterna toute l’armée. Molière a créé la comédie en France. Bonaparte franchit les Alpes au Grand-Saint-Bernard. De nombreuses chaînes de montagnes couvrent l’Espagne. On sème en automne quelques variétés d’avoine. Le Gange arrose l’Hindoustan.

Exercice 380.Mettez la forme passive à la forme active:

La ville de La Rochelle fut prise par Richelieu. La couleur de pourpre a été découverte par un chien de berger. Les fleuves étaient remontés par les barques des Normands. La terre des montagnes est soutenue par les rochers, comme les chairs sont soutenues par les os du corps humain. La Fronde fut entreprise pour renverser Mazarin, mais celui-ci fut par elle, au contraire, consolidé au pouvoir. Une fleur est composée du calice, de la corolle, des étamines et du pistil. Les soldats furent soumis à une discipline sévère par Louvois. Si tu es estimé par les gens d’esprit, tu ne seras pas offensé par le mépris des sots. L’édit de Nantes avait été promulgué par Henri IV, mais il fut bien à tort révoqué par Louis XIV. L’Italie est dans toute sa longueur traversée par les Apennins. Les villes d’Herculanum et de Pompéi furent détruites par le Vésuve. Le millet est cultivé dans le midi de la France. L’Algérie est sillonnée au nord par la chaîne de l’Atlas. La culture du ver à soie fut introduite en France par Olivier de Serres. Les remparts de Constantine sont baignés par le Rummel.

 

Verbe pronominal.

Forme pronominale.—Les verbes transitifs et certains verbes intransitifs se présentent souvent accompagnés d’un pronom, à forme de complément, qui représente la même personne que le sujet: je me flatte, tu t’amuses, il se promène, nous nous repentons, vous vous souvenez, ils se vantent.

De tels verbes sont dits verbes pronominaux.

Le verbe pronominal est celui qui se conjugue avec deux pronoms de la même personne, comme je me, tu te, il se, nous nous, vous vous, ils se. Ex.: il se flatte (verbe se flatter); ils s’avancent (verbe s’avancer).

Le premier pronom est sujet, le deuxième complément.

Le pronom sujet est souvent remplacé par un nom à la troisième personne du singulier ou du pluriel: l’orgueilleux se flatte; les ennemis s’avancent.

Nota.—Les verbes pronominaux forment leurs temps composés avec l’auxiliaire être.

Parmi les verbes pronominaux, il faut distinguer:

1º Les verbes pronominaux réfléchis, qui expriment une action exercée par le sujet lui-même: il s’est blessé.

2º Les verbes pronominaux réciproques, qui expriment une action mutuelle: ils se sont battus (l’un a battu l’autre).

3º Les verbes qui ne s’emploient qu’à la forme pronominale: se moquer, se repentir, s’enfuir, s’envoler, etc.

Nota.—La forme pronominale a parfois le sens d’un passif: cela se dit et cela se fait.

Questionnaire: Qu’appelle-t-on verbe pronominal?—Quelle est la fonction de chacun de ses deux pronoms?—Par quoi est souvent remplacé le pronom sujet à la troisième personne?—Quelles sortes de verbes pronominaux distingue-t-on?

DICTÉE et RÉCITATION.—L’Enfant et le Petit Écu.

        Possesseur d’un petit écu,

Un enfant se croyait le plus riche du monde.

Le voilà qui fait voir son trésor à la ronde,

        En criant gaîment: «J’ai bien lu!

        —À merveille! lui dit un sage;

C’est le prix du savoir que vous avez reçu,

Du savoir tel qu’on peut le montrer à votre âge.

Mais voulez-vous encore être heureux davantage?

Aspirez, mon enfant, au prix de la vertu?

Vous l’aurez quand des biens vous saurez faire usage.»

        L’enfant entendit ce langage;

L’écu, d’après son cœur et sensible et bien né,

À rapporter le double est soudain destiné:

        Avec le pauvre il le partage.     Aubert.

Exercice 381.De quelle nature sont les verbes de cette fable?

Exercice 382.Analysez tous les mots en italique de cette fable.

VERBE PRONOMINAL SE FLATTER.

 

Le verbe pronominal se flatter se conjugue comme chanter, mais avec addition du pronom complément et emploi de l’auxiliaire être aux temps composés.

Les terminaisons sont en caractères gras.—Les temps composés sont en italique.

MODE INDICATIFFUTUR.M. SUBJONCTIF
PRÉSENT.Je me flatterai.PRÉSENT OU FUTUR.
Je me flatte.Tu te flatteras.Que je me flatte.
Tu te flattes.Il se flattera.Que tu te flattes.
Il se flatte.Nous nous flatterons.Qu’il se flatte.
Nous nous flattons.Vous vous flatterez.Q. nous n. flattions.
Vous vous flattez.Ils se flatteront.Q. vous vous flattiez.
Ils se flattent.FUTUR ANTÉRIEUR.Qu’ils se flattent.
IMPARFAIT.Je me serai flatté.IMPARFAIT.
Je me flattais.Tu te seras flatté.Que je me flattasse.
Tu te flattais.Il se sera flatté.Que tu te flattasses.
Il se flattait.Nous n. serons flattés.Qu’ils se flattât.
Nous nous flattions.Vous v. serez flattés.Q. nous n. flattassions.
Vous vous flattiez.Ils se seront flattés.Q. vous v. flattassiez.
Ils se flattaient.M. CONDITIONNELQu’ils se flattassent.
PASSÉ SIMPLE.PRÉSENT OU FUTUR.PASSÉ.
Je me flattai.Je me flatterais.Que je me sois flatté.
Tu te flattas.Tu te flatterais.Que tu te sois flatté.
Il se flatta.Il se flatterait.Qu’il se soit flatté.
Nous nous flattâmes.Nous nous flatterions.Q. n. n. soyons flattés.
Vous vous flattâtes.Vous vous flatteriez.Que v. v. soyez flattés.
Ils se flattèrent.Ils se flatteraient.Qu’ils se soient flattés.
PASSÉ COMPOSÉ.1er PASSÉ.PLUS-QUE-PARFAIT.
Je me suis flatté.Je me serais flatté.Que je me fusse flatté.
Tu t’es flatté.Tu te serais flatté.Que tu te fusses flatté.
Il s’est flatté.Il se serait flatté.Qu’il se fût flatté.
N. n. sommes flattés.N. nous serions flattés.Q. n. n. fussions flattés.
Vous vous êtes flattés.Vous vous seriez flattés.Que v. v. fussiez flattés.
Ils se sont flattés.Ils se seraient flattés.Qu’ils se fussent flattés.
PASSÉ ANTÉRIEUR.2e PASSÉ.MODE INFINITIF
Je me fus flatté.Je me fusse flatté.PRÉSENT.
Tu te fus flatté.Tu te fusses flatté.Se flatter.
Il se fut flatté.Il se fût flatté.PASSÉ.
Nous n. fûmes flattés.N. nous fussions flattés.S’être flatté.
Vous v. fûtes flattés.V. vous fussiez flattés.MODE PARTICIPE
Ils se furent flattés.Ils se fussent flattés.PRÉSENT.
PLUS-QUE-PARFAIT.Se flattant.
Je m’étais flatté.MODE IMPÉRATIFPASSÉ.
Tu t’étais flatté.PRÉSENT OU FUTUR.S’étant flatté.
Il s’était flatté.............
Nous n. étions flattés.............L’Impératif
Vous v. étiez flattés.............n’a ni
Ils s’étaient flattés.Flatte-toi.de 1re ni de
............}3e personne
Flattons-nous.du singulier,
Flattez-vous.ni de 3e
............du pluriel.

 

Conjuguez se promener, se rafraîchir, se vanter, se défendre, s’apercevoir, se dire, etc.

 

Verbe impersonnel.

Le verbe impersonnel ne s’emploie qu’à la troisième personne du singulier, avec le pronom il (sauf à l’infinitif et au participe). Ex.: il pleut, il a neigé, il faudrait, etc.

On l’appelle aussi unipersonnel (une seule personne).

Les verbes impersonnels sont tous intransitifs de leur nature.

Certains verbes personnels peuvent s’employer sous la forme impersonnelle: il fait beau; il y a vingt ans; il est vrai que; il nous arrive une bonne nouvelle, etc.

Nota.—Dans les verbes impersonnels, le pronom il, sujet, est un pronom neutre, indéterminé.

Questionnaire: Qu’appelle-t-on verbe impersonnel?—Pourquoi l’appelle-t-on aussi unipersonnel?—Qu’est le pronom il dans les verbes impersonnels?


Conjugaison du verbe impersonnel NEIGER.

Les terminaisons sont en caractères gras.—Les temps composés sont en italique.

INDICATIF.FUTUR.IMPARFAIT.
    Il neigera.    Qu’il neigeât.
PRÉSENT.  
    Il neige.FUTUR ANTÉRIEUR.PASSÉ.
    Il aura neigé.    Qu’il ait neigé.
IMPARFAIT.CONDITIONNEL. 
    Il neigeait.PRÉSENT.PLUS-QUE-PARFAIT.
    Il neigerait.    Qu’il eût neigé.
PASSÉ SIMPLE.INFINITIF.
    Il neigea.PASSÉ.PRÉSENT.
    Il aurait neigé.    Neiger.
PASSÉ COMPOSÉ.  
    Il a neigé.2e PASSÉ.PASSÉ.
    Il eût neigé.    Avoir neigé.
PASSÉ ANTÉRIEUR.———PARTICIPE.
    Il eut neigé.(Pas d’impératif.)PRÉSENT.
———    Neigeant.
PLUS-QUE-PARFAIT.SUBJONCTIF. 
    Il avait neigé.PRÉSENT.PASSÉ.
    Qu’il neige.    Neigé.

 

Conjuguez: pleuvoir, grêler, bruiner, grésiller, falloir, tonner.

DICTÉE et RÉCITATION.—L’Étoile du soir.

Pâle étoile du soir, messagère lointaine,

Dont le front sort brillant des voiles du couchant,

De ton palais d’azur au sein du firmament,

      Que regardes-tu dans la plaine?

  La tempête s’éloigne et les vents sont calmés.

  La forêt qui frémit pleure sur la bruyère;

  Le phalène doré, dans sa course légère,

      Traverse les prés embaumés.

  Que cherches-tu sur la terre endormie?

  Mais déjà sur les monts je te vois t’abaisser;

  Tu fuis en souriant, mélancolique amie,

  Et ton tremblant regard est près de s’effacer.

                                 A. de Musset.

Exercice 383.Dites de quelle nature sont les verbes contenus dans cette poésie, et à quel temps se trouve chacun d’eux.

Exercice 384.Expliquez les mots et les expressions en italique.

LECTURE et DICTÉE.—Bayard à Brescia.

Au siège de Brescia, en 1512, l’héroïque Bayard fut grièvement blessé d’un coup de pique. Les Français ayant pris la ville, on le transporta dans une maison habitée par une veuve et ses deux filles. Sa présence préserva leur demeure du pillage. Quand il fut guéri et sur le point de partir, la dame se montra fort inquiète; car, suivant les usages du temps, il avait le droit d’exiger d’elle une forte rançon. Elle lui offrit timidement un coffret contenant deux mille cinq cents ducats d’or. Bayard se mit à rire, et la pauvre dame, toute tremblante, pensant que le chevalier ne trouvait pas la somme assez forte, promit aussitôt de l’augmenter s’il le fallait. «Rassurez-vous, Madame, dit le héros; j’ai toujours mieux aimé les gens que les écus. Gardez votre or. C’est moi qui vous prie d’agréer l’expression de ma reconnaissance pour les bons soins que vous m’avez prodigués.» Puis, il l’invita à faire venir ses deux filles et donna à chacune d’elles la moitié des ducats, en disant que ce serait pour leur dot.

Bayard, on le voit, n’était pas seulement admirable par son héroïsme; des qualités de cœur, fort rares de son temps, le distinguaient entre tous ses contemporains. Il est le type accompli du chevalier français et de l’honnête homme; aussi l’histoire lui a-t-elle donné le nom de Chevalier sans peur et sans reproche.

C. A.

Exercice 385.Dites de quelle nature sont les verbes contenus dans cette dictée et à quel temps se trouve chacun d’eux.

Exercice 386.Racontez cette histoire: 1º oralement; 2º par écrit.

 

Conjugaison interrogative.

Quand on dit:

Je reçois une lettre, on emploie la forme affirmative.

Je ne reçois pas de lettre, on emploie la forme négative.

Reçois-je une lettre? on emploie la forme interrogative.

Tout verbe peut être pris interrogativement, mais seulement aux modes indicatif et conditionnel.

Pour conjuguer, dans les temps simples, un verbe sous la forme interrogative, on place le pronom sujet après le verbe, auquel on le joint par un trait d’union: entends-tu? venez-vous? te reposes-tu?

Cependant, l’euphonie ne permet pas toujours d’employer cette forme à la première personne du présent de l’indicatif, quand cette personne n’a qu’une syllabe. Ainsi, on ne doit pas dire: Cours-je? dors-je? lis-je? mens-je? pars-je? Mais on dit cependant: Ai-je? dis-je? dois-je? fais-je? vais-je? sais-je? vois-je?—C’est plutôt l’oreille que la règle qui décide.

Dans les temps composés, le pronom se place après l’auxiliaire: sont-ils venus? me suis-je reposé?

Lorsque la 1re personne du singulier se termine par un e muet, on change cet e muet en é fermé: aimé-je? chanté-je?

Il vaut mieux dire: est-ce que j’aime? est-ce que je chante?

Quand le verbe ou l’auxiliaire se termine à la 3e personne du singulier par e ou par a, on met à cette 3e personne, entre le verbe et le pronom, un t placé entre deux traits d’union: parle-t-il? aura-t-on fini?

Questionnaire: A quels modes les verbes peuvent-ils être employés interrogativement?—Comment conjugue-t-on un verbe interrogatif aux temps simples? aux temps composés?—Quelles remarques faites-vous?

 

Exercice 387.Donnez aux verbes suivants la forme interrogative:

Je finirai, je finirais, j’aurai fini, j’aurais fini mon devoir.
Tu aimes, tu aimas, tu aimais, tu aurais aimé le jeu.
Il craignait, il a craint, il avait craint, il craindra d’être puni.
Nous écouterons, nous avons écouté, nous écoutions vos avis.
Vous devez, vous eûtes dû, vous devriez, vous auriez dû partir.
Elles chantaient, elles auraient chanté, elles chanteront ce soir.
Tu es gai, il fut content, nous serons tristes, je suis heureux.
Nous tenons, je tenais, vous eûtes tenu, tu tiendrais parole.
Il pleut, il pleuvra, il avait plu, il eût plu, il a plu le soir.
Je me promène, je me fus promené, elle se serait promenée au loin.
Il est chéri, tu aurais été chéri, vous seriez chéri des parents.
Vous nagez, vous avez nagé, vous nagiez, vous nageriez très bien.

VERBE CHANTER employé interrogativement.

 

Les temps composés sont en italique.

MODE INDICATIF.PASSÉ ANTÉRIEUR.Aurons-nous chanté?
PRÉSENT.Aurez-vous chanté?
Chanté-je?Eus-je chanté?Auront-ils chanté?
Chantes-tu?Eus-tu chanté? 
Chante-t-il?Eut-il chanté?MODE
Chantons-nous?Eûmes-nous chanté?CONDITIONNEL.
Chantez-vous?Eûtes-vous chanté? 
Chantent-ils?Eurent-ils chanté?PRÉSENT.
Chanterais-je?
IMPARFAIT.PLUS-QUE-PARFAIT.Chanterais-tu?
Chantais-je?Chanterait-il?
Chantais-tu?Avais-je chanté?Chanterions-nous?
Chantait-il?Avais-tu chanté?Chanteriez-vous?
Chantions-nous?Avait-il chanté?Chanteraient-ils?
Chantiez-vous?Avions-nous chanté? 
Chantaient-ils?Aviez-vous chanté?1er PASSÉ.
Avaient-ils chanté?Aurais-je chanté?
PASSÉ SIMPLE.Aurais-tu chanté?
Chantai-je?FUTUR SIMPLE.Aurait-il chanté?
Chantas-tu?Aurions-nous chanté?
Chanta-t-il?Chanterai-je?Auriez-vous chanté?
Chantâmes-nous?Chanteras-tu?Auraient-ils chanté?
Chantâtes-vous?Chantera-t-il? 
Chantèrent-ils?Chanterons-nous?2e PASSÉ.
Chanterez-vous?Eussé-je chanté?
PASSÉ COMPOSÉ.Chanteront-ils?Eusses-tu chanté?
Ai-je chanté?Eût-il chanté?
As-tu chanté?FUTUR ANTÉRIEUR.Eussions-n. chanté?
A-t-il chanté?Eussiez-v. chanté?
Avons-nous chanté?Aurai-je chanté?Eussent-ils chanté?
Avez-vous chanté?Auras-tu chanté? 
Ont-ils chanté?Aura-t-il chanté? 

 

Exercice 388.Donnez la forme interrogative aux verbes suivants:

Je parlerai. Nous nous repentirons. Je serais averti. Vous avez écrit. Tu as raison. Elle est heureuse. Vous vous trompez. Nous dînerons. Vous avez été bien accueillis. Il aurait neigé. Ils sont partis hier. Si j’étais riche, je serais[30] heureux. Si je suis riche, je serai heureux. Vous avez travaillé consciencieusement. Il parle avec facilité. On avait fini de faucher le foin. Au foyer paternel, quand j’irai m’asseoir. J’aurai terminé quand tu arriveras. Comment je l’aurais fait, si je n’étais pas né. Il s’était vanté de réussir. Il aurait fallu travailler la nuit; nous y aurions consenti. Vous viendrez demain; nous devons vous attendre. Vous avez reçu des nouvelles; elles sont bonnes. Vous dites toujours la vérité; nous avons été obligés de vous croire. J’aurais entendu votre appel, nous aurions accouru. Nous sommes charmés de vos prévenances, nous devons vous en remercier, nous le croyons.

EXERCICES de RÉCAPITULATION.

Verbes en er (premier groupe).

Les verbes sont au présent de l’infinitif; faites-les accorder avec les sujets, et mettez-les au temps indiqué en tête de chaque paragraphe:

PRÉSENT DE L’INDICATIF.

389.—Je solfier. Nous commencer. Tu acheter. Il geler. Vous affirmer. Ils soulever. Nous partager. Tu nettoyer. Je payer mes dettes. Ce sont eux qui parler. C’est nous qui avancer. Les vents amonceler les nuages. L’intempérance abréger la vie. Les fleuves aller à la mer. Les Parisiens grasseyer. Les oiseaux becqueter les bons fruits. Nous nous engager à bien travailler. La musique précéder le régiment. Tu abréger trop tes heures d’étude. La neige niveler tout. Les dents broyer les aliments. Les genoux plier. Les oiseaux égayer les bocages. La Moselle se jeter dans le Rhin. Certaines mères choyer trop leurs enfants. Le sous-marin naviguer sous l’eau et lancer des torpilles.

IMPARFAIT.

390.—J’étudier. Tu accepter. Elle refuser. Nous appuyer. Vous supplier. Ils renoncer. L’ennemi nous menacer. Nous bénéficier de vos travaux. Les éclairs briller, le tonnerre gronder. Vous copier ces devoirs. Tu grincer des dents. Je me décourager trop vite. Nous délayer des couleurs. Vous employer mal votre temps. Les Huns ravager tout sur leur passage. Nous balayer l’escalier. Tu ranger tes livres. Vous oublier nos recommandations. Les jours d’orage, les Gaulois lancer des flèches au ciel. Jean Bart personnifier le type du marin.

PASSÉ SIMPLE.

391.—Tu obliger. Elle commencer. Vous effacer. Nous échanger. Ils rappeler. J’exercer. C’est toi qui aller. C’est nous qui annoncer. Henri IV assiéger Paris. Les Anglais condamner et brûler Jeanne d’Arc. Turenne être aimé de ses soldats. Nous chasser les Espagnols du Roussillon, et le traité des Pyrénées nous donner cette province. «J’éssuyer un échec au cap de la Hogue, s’écrier Tourville, mais je me venger au cap Saint-Vincent.» Vous enseigner les sciences. Pascal perfectionner la brouette. La Convention proclamer la République.

PASSÉ COMPOSÉ.

392.—Je trouver. Vous nier. Elles dessiner. Nous moissonner. Tu étudier. Il hériter. Deux renards trouver un trésor. L’orage ravager la campagne. Vous augmenter vos revenus et vous diminuer vos dépenses. La Gaule être envahie par les Barbares. Nous trouver le temps long. La neige et le froid redoubler. L’histoire m’intéresser. Les ruisseaux former les rivières. C’est toi qui veiller le malade. C’est nous qui encadrer ces tableaux. On rencontrer beaucoup de mines d’or en Amérique. Les phares éclairer les côtes. Annibal détester Rome.

393 et 394.Refaites cet exercice en employant les verbes: 1º au passé antérieur; 2º au plus-que-parfait.

DICTÉE et RÉCITATION.—Le Lapin et le Porc-épic.

Pourquoi me fuir, disait aux habitants des bois

    Un porc-épic d’une humeur familière;

Nous vivons tous ici sous de communes lois:

Comment refusez-vous de me traiter en frère?

—Nous aurions envers toi des procédés meilleurs,

    Dit un lapin; ton destin me fait peine.

Mais as-tu ce qu’il faut pour attirer les cœurs,

Toi que toujours hérisse une armure inhumaine?

        On recueille, suivant ses mœurs,

        L’amitié, l’estime ou la haine.

                          Dutremblay.

Exercice 395.Indiquez la nature, le mode et le temps de chacun des verbes contenus dans la fable ci-dessus.

Exercice 396.Racontez cette fable: 1º oralement; 2º par écrit.

FUTUR.

397.—J’avouer. Tu nouer. Il plier. Nous crier. Vous dénouer. Elles suppléer. Vous accentuer les mots. Chacun payer de sa personne. Les moissonneurs lier les gerbes. Nous apprécier vos bonnes qualités. Tu regretter le temps perdu. L’hirondelle s’en aller en automne. Nous préférer l’utile à l’agréable. Les laboureurs diligents semer, cultiver et récolter. Vous ne dérober point, vous ne tuer point. Tout passer avec le temps. A la fonte des neiges, les rivières augmenter, déborder et inonder les campagnes. L’exercice et la tempérance fortifier notre santé. On acheter toujours les vins de France. Vous ne maltraiter pas les animaux. Les paresseux végéter toujours.

398.Refaites cet exercice en employant le futur antérieur.

PRÉSENT DU CONDITIONNEL.

399.—Nous agréer. Vous cultiver. Tu balayer. Elle ourler. Je brûler. Ils se désoler. L’étude multiplier vos idées. La réussite vous payer de vos efforts. Les paresseux désirer manger[31] l’amande, mais ils ne casser pas le noyau. Certaines gens se noyer dans un verre d’eau. Sans peine vous n’arriver à rien. Nous avouer nos torts si nous avions moins d’amour-propre. Les avares amasser tout l’or du monde qu’ils en souhaiter encore. Archimède disait: «Avec un levier et un point d’appui, je soulever le monde.» Fuyez les méchants, ils vous suggérer de mauvais desseins. Si les raisins étaient mûrs, on vendanger. Les écoliers profiter des leçons du maître s’ils les écoutaient attentivement.

400.Refaites cet exercice en employant: 1º le premier passé; 2º le deuxième passé.

LECTURE et DICTÉE.—L’Éléphant.

L’éléphant n’est ni sanguinaire ni féroce; il est d’un naturel doux et jamais il ne fait abus de ses armes ou de sa force; il ne les emploie, il ne les exerce que pour se défendre lui-même ou pour protéger ses semblables. Cependant, il serait dangereux de lui faire la moindre injure; il va droit à l’offenseur, et, quoique la masse de son corps soit très pesante, son pas est si grand qu’il atteint aisément l’homme le plus léger à la course. Il le perce de ses défenses, ou, le saisissant avec la trompe, le lance comme une pierre et achève de le tuer en le foulant aux pieds; mais ce n’est que lorsqu’il est provoqué qu’il agit ainsi; il ne fait aucun mal à ceux qui ne le cherchent pas. Pourtant, comme il est susceptible et délicat sur le fait des injures, il est bon d’éviter sa rencontre et les voyageurs qui fréquentent son pays allument de grands feux la nuit et battent de la caisse pour l’empêcher d’approcher.

Buffon.

401.Mettez cette dictée au pluriel (Les Éléphants).

IMPÉRATIF.

402.Aimer tes parents. Écouter vos maîtres. Payer vos dettes. Pardonner à tes ennemis. Ménager nos forces. Oublier vos querelles. Rappeler-vous vos promesses. Songer à notre mère. Ne forcer point notre talent. Si tu n’as pas d’argent, gagner-en. Orthographier mieux vos devoirs. Corriger-nous de nos défauts. Cacheter ta lettre. Modeler-toi sur les gens de bien. Défier-vous des flatteurs. Si la patrie t’appelle à la frontière, aller-y. Aimer-vous les uns les autres.

PRÉSENT DU SUBJONCTIF.

403.—Il faut que je semer, que vous arroser, que tu cultiver, que nous bêcher, qu’il planter, qu’elles désherber. Il faut que nous certifier, que vous oublier, qu’il accepter, que nous appuyer, que vous convier. Il est bon que les enfants se récréer. Nous réussirons pour peu que nous essayer. Je désire que vous varier vos occupations. Que chacun de vous se rappeler les leçons du maître. Que l’ordre et l’économie régler vos dépenses. Il faut que nous nous corriger. Il est urgent que nous ne confier nos secrets à personne. Que le fort protéger le faible. Je désire que vous honorer et respecter vos parents.

IMPARFAIT DU SUBJONCTIF.

404.—Il fallait que j’abréger, que tu conter, que nous prolonger, que nous tracer, qu’elle juger, qu’ils condamner. Nous désirerions que vous travailler avec plus d’ardeur. Il faudrait que nous employer mieux notre temps. Les ennemis exigèrent que Louis XIV détrôner son petit-fils. Il serait ridicule que vous ne vous occuper que de vous. Les anciens ordonnaient qu’on jeter les parricides à la mer. Vos maîtres désireraient que vous étudier et que vous réciter mieux vos leçons.

PASSÉ.

405.—Nous désirons que vous étudier vos leçons, que tu réciter la fable, que nous copier cette musique, qu’il tracer ce croquis, qu’elles broder. Il faut que vous arriver à temps, que je nettoyer ce fusil, que tu acheter des provisions, que nous nous promener, qu’elle s’appliquer à l’écriture, qu’ils demander leur pardon, que vous le leur accorder.

PLUS-QUE-PARFAIT.

406.—Il faudrait que tu sarcler le jardin, que nous greffer ces arbres, que vous tailler la vigne, qu’il arracher les mauvaises herbes, que je semer les graines, qu’elles attacher les bouquets. On voudrait que je délayer les couleurs, qu’elle dresser la table, que nous nous occuper de la cuisine, qu’il fermer la porte, que tu protéger les faibles, que vous donner aux malheureux, et que vous leur porter secours.

Exercice 407.Mettez les verbes suivants: 1º au passé de l’infinitif; 2º au participe présent; 3º au participe passé (masculin et féminin):

Appuyer. Manger. Percer. Gronder. Flotter. Guider. Aller. Envoyer. S’emparer. Soulever. Ployer. Prodiguer. Labourer. Grêler. Publier. Se promener. Tomber. Allier. Déblayer. Annexer. Imiter. Irriter.

LECTURE et DICTÉE.

Le Meunier, son Fils et l’Ane.

Un meunier et son fils allaient à la foire pour vendre leur âne. Afin que la bête, étant moins fatiguée, eût meilleure mine, ils commencèrent par la porter. Le premier qui les vit éclata de rire et se moqua d’eux. Aussi le meunier, remettant l’âne sur ses pattes, fit monter son fils sur le dos de l’animal. Plus loin, trois marchands déclarèrent que cette place commode convenait mieux au vieillard qu’au jeune homme. Le fils descendit aussitôt et fut remplacé par son père. Peu après, trois jeunes filles trouvèrent encore à redire à cet arrangement, si bien que le meunier prit son fils en croupe. «Il faut que ces gens-là soient fous! cria le premier qui les croisa. La pauvre bête sera écrasée sous leur poids.» Le vieillard et le jeune homme mirent tous deux pied à terre et l’âne se prélassa devant eux. «Les nigauds! dit un dernier passant; ils marchent à pied quand ils ont une monture qui pourrait les porter!—Nigauds, c’est possible, repartit le meunier; mais c’est trop de donneurs de conseils! Je n’en veux faire qu’à ma tête!» Il le fit et fit bien.

Avant de prendre un parti, réfléchissez mûrement; mais lorsque vous vous serez arrêtés à une résolution, ne vous préoccupez plus des observations oiseuses. Contenter tout le monde est chose impossible.

C. A., d’après La Fontaine.

Exercice 408.Indiquez la nature, le mode et le temps des verbes.

Exercice 409.Racontez cette fable: 1º oralement; 2º par écrit.

Verbes en ir (2e et 3e groupes).

Les verbes sont au présent de l’infinitif; faites-les accorder avec les sujets et mettez-les au temps indiqué en tête de chaque paragraphe:

PRÉSENT DE L’INDICATIF.

410.—J’avertir. Tu mentir. Il haïr. Nous établir. Vous guérir. Elles ralentir. Il bouillir. Tu sortir. J’acquérir. Tu te repentir. Nous remplir nos devoirs. Vous haïr l’injustice. Elles obéir à leurs parents et elles les chérir. Il n’est pire eau que l’eau qui dormir. Les plantes grandir, grossir, périr, pourrir. Les ailes soutenir les oiseaux. Nous courir tous après la fortune. Les rayons du soleil éblouir le hibou. Tu partir et tu revenir aussitôt. Je bouillir, nous bouillir d’impatience. Je me repentir de mes fautes. Chaque chose venir à son temps.

IMPARFAIT.

411.—Tu fuir. Il souffrir. Nous tressaillir. Elles courir. Je conquérir. Vous bouillir. Il haïr. Vous fuir devant le péril. Nous cueillir ces fleurs. Les privilèges dont jouir la noblesse furent abolis par la Révolution. Nous bâtir des châteaux en Espagne. Les lettres fleurir sous Louis XIV. Ces fleurs fleurir quand nous les cueillir. César entretenir la désunion chez les Gaulois. Maître Corbeau tenir un fromage dans son bec. Les Chinois se servir de la boussole bien avant les Européens.

PASSÉ SIMPLE.

412.—Je venir. Nous entretenir. Il parvenir. Elles soutenir. Vous acquérir. Tu sortir. Les Francs franchir le Rhin. Louis XVI abolir la torture. Richelieu soutenir les protestants d’Allemagne. Clovis courir au-devant des Alamans; ceux-ci vaincus s’enfuir et Clovis tenir le vœu qu’il avait fait: il se convertir au christianisme. Nous partir de grand matin, nous parcourir la forêt, nous cueillir des noisettes, nous en remplir nos poches, vous venir à notre rencontre, nous vous offrir de vous promener avec nous, vous consentir, l’orage survenir, nous fuir, nous sortir en toute hâte du bois et nous revenir à la maison. Sous le règne de Louis XV la France acquérir la Lorraine et la Corse.

PASSÉ COMPOSÉ.

413.—Nous ouvrir. Tu tenir. Elle obtenir. Vous découvrir. Tu frémir. Ils acquérir. Elles venir. Vous courir de grands dangers. Jacques Cartier découvrir le Canada. Tu agir avec discernement si tu choisir un ami véritable. La France établir sa domination au Tonkin. L’éclair jaillir, nous tressaillir, et nous nous enfuir vers notre demeure. Blanche de Castille tenir avec habileté les rênes du gouvernement. Les Romains conquérir la Gaule et celle-ci leur appartenir pendant quatre cents ans. Les nuages obscurcir le soleil et assombrir le jour.

414 et 415.Refaites cet exercice en employant les verbes: 1º au passé antérieur; 2º au plus-que-parfait.

LECTURE et DICTÉE.—Le Renard.

Le renard se loge au bord des bois, à portée des hameaux; il écoute le chant des coqs et le cri des volailles; il les savoure de loin; il prend habilement son temps, cache son dessein et sa marche, se glisse, se traîne, arrive, et fait rarement des tentatives inutiles. Il franchit les clôtures ou passe par-dessous et ne perd pas un instant; il ravage la basse-cour, il y met tout à mort, et se retire ensuite lentement, en emportant sa proie, qu’il cache sous la mousse ou porte à son terrier; il revient quelques moments après en chercher une autre qu’il emporte et qu’il cache de même, mais dans un autre endroit; ensuite une troisième, une quatrième, etc. Le jour ou le mouvement de la maison l’avertit qu’il faut se retirer et ne plus revenir.

Buffon.

Exercice 416.Mettez cette dictée au pluriel (Les renards).

Exercice 417.Mettez cette dictée au futur (Le renard se logera).

Exercice 418.Mettez cette dictée au passé simple (Le renard se logea).

FUTUR.

419.—Nous enrichir. Je saisir. Tu courir. Nous acquérir. Elle mourir. Il fuir. Nous souffrir. Vous tressaillir. Je venir. Elle obtenir. Ils bouillir. Chacun recueillir ce qu’il aura semé. Les bons cœurs subvenir aux besoins des pauvres. Les arbres jaunir en automne et reverdir au printemps. Le travail et l’économie nous enrichir. L’étude embellir et remplir votre vie. Tu ne mentir plus, tu tenir ta promesse et je devenir ton ami. Vous gémir sur le sort des malheureux et vous les secourir. Nous convenir de nos torts et nous nous repentir.

420.Refaites cet exercice en employant le futur antérieur.

PRÉSENT DU CONDITIONNEL.

421.—Tu parcourir. Nous courir. Je fuir. Vous accueillir. Il survenir. Les fleurs s’épanouir, puis se flétrir. Sans peine nous ne parvenir à rien. Ceux à qui tout le monde convenir, convenir rarement à tout le monde. Nous mourir si l’on nous privait d’air. Vous ne mentir pas si vous connaissiez toute la lâcheté du mensonge. Tu convenir de tes torts si tu avais moins d’orgueil. Si l’agneau s’éloignait du bercail, il devenir la proie du loup affamé. Les bonnes récoltes réjouir le laboureur. Si nous vivions d’espérance, nous courir risque de mourir de faim. Vous ne faillir point sans les mauvais exemples.

422 et 423.Refaites cet exercice en employant: 1º le 1er passé; 2º le 2e passé, en modifiant les phrases pour les rendre correctes.

DICTÉE et RÉCITATION.—Les deux Chauves.

      Un jour deux chauves, dans un coin,

  Virent briller certain morceau d’ivoire.

Chacun d’eux veut l’avoir; dispute et coups de poing.

Le vainqueur y perdit, comme vous pouvez croire,

Le peu de cheveux gris qui lui restaient encor.

      Un peigne était le beau trésor

      Qu’il eut pour prix de sa victoire.

                                    Florian.

Fort souvent les hommes se querellent et se battent pour des biens imaginaires dont ils ne connaissent même pas la vraie nature. Ils sont ensuite fort déçus, lorsque, au prix des plus grands sacrifices, ils acquièrent enfin l’objet de leur convoitise. Gardons-nous d’imiter un si déplorable exemple.

Exercice 424.Indiquez la nature, le mode, le temps des verbes contenus dans cette fable et dans les réflexions qui la suivent.

Exercice 425.Racontez cette fable: 1º oralement; 2º par écrit.

IMPÉRATIF.

426.Accomplir nos devoirs. Accomplir tes devoirs. Ne haïr pas ton prochain. Acquérir une bonne renommée. Tenir tes engagements. Ne vous réjouir pas du malheur d’autrui. Dans le doute abstenir-toi. Mourir s’il le faut pour ta patrie. Retenir bien ce que tu apprends. Ne sortir pas sans la permission de votre maître. Choisir bien nos amis. Dormir tranquille si ta conscience est pure. Obéir à vos maîtres comme à vos parents. Souvenir-toi des bienfaits que tu as reçus. Réjouir-nous du bonheur de nos amis. Partir et revenir vainqueur. Servir bien ton pays. Enfant, ne mentir jamais. Ne vous enorgueillir de rien.

PRÉSENT DU SUBJONCTIF.

427.—Il faut que je démolir, que tu courir, qu’elle mourir, que nous finir, qu’ils maintenir, que vous concourir. Ne crains pas que le travail te vieillir. Il est utile que nous acquérir de l’instruction. Tes parents désirent que tu acquérir de l’instruction. Fais ce que dois, advenir que pourra. Il faut que vous fuir les méchants. Est-il un scélérat qui mourir sans remords? Il est bon que les jeunes gens ne s’amollir pas et qu’ils s’aguerrir à la fatigue. Il importe que les hommes se souvenir plutôt du bien que du mal et se soutenir les uns les autres.

IMPARFAIT.

428.—Il faudrait que tu soutenir, qu’il venir, que je parcourir, qu’elles tenir, que vous survenir, que nous recueillir, qu’il courir, que je partir. Mes enfants, nous désirerions que vous acquérir de l’instruction et que vous devenir meilleurs. Il serait à souhaiter que les riches secourir toujours les pauvres. Vous voudriez que l’instruction vous venir sans peine. Il serait bon que nous venir vous voir et que vous nous tenir au courant de cette affaire. Il faudrait que tu parvenir au but le premier. Il faudrait que j’acquérir des connaissances utiles.

PARTICIPE PRÉSENT.

429.Remplir. Acquérir. Cueillir. Mûrir. Venir. Pâtir. Gésir. Tressaillir. Partir. Offrir. L’eau s’évapore en bouillir. On s’avilit en mentir. Un soldat se déshonore en fuir. On aime les enfants obéir à leurs parents. Le vin se bonifie en vieillir. Vous vous ferez aimer en agir bien. La lecture cultive l’esprit en le polir sans cesse. Bayard, en mourir, adressa d’amers reproches au connétable de Bourbon.

PARTICIPE PASSÉ.

430.Tenir. Courir. Dormir. Offrir. Ouvrir. Herbe fleurir. Bien mal acquérir ne profite jamais. Rester découvrir devant les vieillards. La patrie honore les guerriers mourir pour elle. La navigation est difficile dans les mers polaires couvrir de glaces. Les eaux croupir sont malsaines. Un homme prévenir en vaut deux. L’hiver venir la nature se repose. Bénir de leurs parents, les bons fils sont heureux. Les bases ramènent au bleu la teinture de tournesol rougir par les acides.

LECTURE et DICTÉE.—Une Leçon de politesse.

C’était avant l’arrivée de Dubois aux très hautes fonctions de premier ministre et de cardinal. Prodigue à l’excès quand son ambition était en jeu, il se montrait d’une avarice sordide envers tous ceux qu’il jugeait incapables de servir ses intérêts. Il était fort sensible aux petits cadeaux, et les courtisans, connaissant la grande influence qu’il exerçait sur le régent Philippe dont il avait été précepteur, saisissaient toutes les occasions de lui être agréable. Un jour, un laquais fut chargé de lui apporter une superbe corbeille de fleurs; il s’était déjà plusieurs fois acquitté de pareils messages sans jamais avoir reçu la moindre récompense. Fatigué d’accomplir une besogne aussi peu lucrative, il déposa brusquement la corbeille sur la table en disant: «Voici des fleurs que vous envoie mon maître.—Plaît-il? s’écria Dubois; est-ce ainsi que tu remplis tes fonctions? Tiens, prends ce siège; nous allons changer de rôle, et tâche une autre fois de mettre à profit ce que je vais t’enseigner.» S’avançant respectueusement vers le laquais qui s’était assis dans un large fauteuil, il lui dit, en lui présentant la corbeille: «Monsieur, je suis chargé par mon maître de vous prier de vouloir bien accepter ce petit cadeau.—Vraiment? reprit malicieusement le valet, c’est très aimable à lui; et tiens, mon brave garçon, voici deux écus pour toi.» Dubois, un peu interdit par cette riposte, s’empressa de congédier le domestique, mais il ne se montra pas plus généreux dans la suite.

C. A.

Exercice 431.Indiquez la nature, le mode, le temps des verbes.

Exercice 432.Racontez cette historiette: 1º oralement; 2º par écrit.

Verbes en oir (Troisième groupe).

Les verbes sont au présent de l’infinitif: faites-les accorder avec les sujets et mettez-les au temps indiqué en tête de chaque paragraphe:

PRÉSENT DE L’INDICATIF.

433.—Nous recevoir. Tu valoir. Il pouvoir. Vous percevoir. Elles vouloir. Il falloir. Je devoir. L’or valoir moins que le diamant. Nous devoir la locomotive à Stephenson. Un bon élève savoir toujours ses leçons. Nous ne voir pas toujours les choses telles qu’elles sont. Il pleuvoir chaque année six mois en Guyane. Si tu vouloir corriger tes défauts, aujourd’hui valoir mieux que demain. Le receveur recevoir et le percepteur percevoir. Ce que l’on concevoir bien s’énonce clairement. L’homme se devoir à sa patrie. Je savoir une chose, c’est que nous ne savoir rien. Cette leçon valoir bien un fromage, sans doute.

IMPARFAIT.

434.—Je voir. Nous devoir. Il pleuvoir. Vous vouloir. Nous nous asseoir. Il pouvoir. Tu prévaloir. Chez les Grecs, les jeunes gens ne s’asseoir jamais devant les vieillards. Charlemagne prévoir les malheurs qu’allaient causer les Normands. Le bouc ne voir pas plus loin que le bout de son nez. Les armées anciennes se mouvoir avec lenteur. Les premiers hommes ne savoir pas trouver le feu. Que vouloir-vous qu’il fît contre trois? Henri IV vouloir que chaque paysan pût mettre la poule au pot le dimanche. Un petit écu d’argent valoir trois francs.

PASSÉ SIMPLE.

435.—Il pleuvoir. Nous pouvoir. Je apercevoir. Il falloir. Tu t’asseoir. Vous prévoir. Nous devoir. Elles vouloir. Un renard apercevoir des raisins au haut d’une treille. Suger savoir gouverner avec habileté. Charlemagne recevoir des présents du calife Haroun-al-Raschid. Richelieu concevoir d’habiles projets. Les Anglais vouloir conquérir la France, mais Jeanne d’Arc les chasser. Une grenouille voir un bœuf qui lui sembler de belle taille. La routine prévaloir souvent contre le progrès. Les prières de Philippine de Hainaut émouvoir Édouard III qui devoir faire grâce aux bourgeois de Calais.

PASSÉ COMPOSÉ.

436.—Vous décevoir. Ils devoir. Tu valoir. Je surseoir. Nous pourvoir. Elles vouloir. Nous n’oublions pas ce que nous savoir bien. Aimez bien vos parents de qui vous recevoir tant de marques d’affection. Prévoir-tu toutes les conséquences d’une indiscrétion? Nous savoir la nouvelle avant vous. Je concevoir un projet auquel je devoir renoncer. Souvent les événements décevoir nos espérances. L’homme recevoir le don de la parole. Bonaparte pouvoir s’échapper de l’Égypte. Charles-Quint vouloir reprendre Metz, mais il ne pouvoir réussir. L’Europe devoir parfois s’incliner devant la volonté despotique de Louis XIV.

FUTUR.

437.—Je pouvoir. Tu voir. Elle devoir. Nous valoir. Vous revoir. Ils concevoir. Il falloir. Le paresseux ne savoir jamais rien. Les écoliers devoir toujours de la reconnaissance à leurs maîtres. S’asseoir qui vouloir. Nous voir comment vous savoir vos leçons. Il vous falloir travailler pour vivre. Quand nous pouvoir travailler, nous pourvoir nous-mêmes à nos besoins. On avoir beau vous flatter, vous n’en valoir pas mieux pour cela. Si tu es sage et travailleur, tu pouvoir tout ce que tu vouloir. Tu tirer la bobinette et la chevillette choir.

PRÉSENT DU CONDITIONNEL.

438.—Je décevoir. Vous prévoir. Tu voir. Nous pouvoir. Il prévaloir. Elles vouloir. Ne faites pas aux autres ce que vous ne vouloir pas qu’on vout fît. Nous devoir nous mettre en garde contre le mensonge. Je vous voir avec plaisir travailler avec goût. Voir-vous des défauts chez votre camarade, que vous ne devoir pas vous moquer de lui. Il valoir mieux que tu fusses muet que menteur. Les hommes ne savoir se lasser d’admirer la nature. Ne sois pas ambitieux, l’avenir pouvoir tromper tes espérances. Vous pouvoir étudier davantage et vous savoir mieux vos leçons. Cesser de prospérer équivaloir à péricliter.

IMPÉRATIF.

439.Savoir tes leçons. Savoir nos leçons. Savoir vos leçons. Pourvoir-toi. Vouloir modifier vos désirs. N’apercevoir pas la paille qui est dans l’œil du voisin, et voir celle qui est dans le nôtre. Mon enfant, avoir soin de tes cahiers et de tes livres. Prévoir l’avenir si vous pouvez. Mes amis, ne vouloir que le bien. Asseoir-nous et causer en bons amis. Avant d’aller en classe, revoir vos leçons. Concevoir bien nos pensées avant de les exprimer. Enfant, recevoir avec plaisir les bons conseils, et ne surseoir jamais à faire une bonne action.

PRÉSENT DU SUBJONCTIF.

440.—Il faut que je pouvoir, que tu vouloir, qu’il s’asseoir, que nous apercevoir, que nous savoir, qu’elles recevoir, que tu voir, qu’il se mouvoir, que nous pourvoir, que tu valoir, que nous valoir, que nous surseoir. Nous doutons qu’il pleuvoir demain. Je crains que nous ne pouvoir réussir. Je regrette que tu ne vouloir pas suivre mes avis. On désire que nous prévoir les événements, que nous voir clair, que tu apercevoir le but à atteindre. Que le riche vouloir aider le pauvre!

IMPARFAIT.

441.—On voudrait que nous pourvoir à nos besoins, que vous voir plus juste, qu’il pleuvoir moins, que Paul savoir mieux ses leçons, que je recevoir des félicitations, que tu pouvoir te lever de bonne heure, que vous vouloir vous coucher tôt, que nous nous apercevoir de nos défauts et que nous vouloir nous en corriger. Il faudrait que vous recevoir le colis, que tu savoir mieux lire, que vous vous asseoir un moment, que vous pouvoir parler à votre aise, qu’il prévoir le péril.

PARTICIPE PRÉSENT.

442.Recevoir. Apercevoir. Concevoir. Percevoir. Devoir. Pouvoir. Échoir. S’asseoir. Se mouvoir. Voir. Valoir. Savoir. Équivaloir. Souvent on perd tout en vouloir trop gagner. Charlemagne pleura en apercevoir les barques normandes. On se délasse en se asseoir. En savoir obéir, on apprend à commander. Sachez, le cas échoir, profiter d’une occasion. C’est en travailler et en avoir soin de ne rien négliger que vous réussirez. En prévoir le danger souvent on l’évite.

PARTICIPE PASSÉ.

443.Asseoir. Déchoir. Échoir. Mouvoir. Pouvoir. Entrevoir. Pleuvoir. Falloir. Voir. Vouloir. Valoir. Savoir. Prévaloir. Devoir. Souvenez-vous d’un service recevoir. Voilà des leçons bien savoir. Rendez à chacun ce qui lui est devoir. Voici un devoir bien concevoir. Un malheur prévoir est plus facile à supporter. Mouvoir par la vapeur, le navire marche contre le vent. La cigale se trouva fort dépourvoir. Bien pourvoir de vivres et de munitions les soldats sont partis.

Exercices 444 et 445.Un verbe étant donné, formez-en un nom et un adjectif:

444. Sécher. Savourer. Valoir. Épouvanter. Humaniser. Voir. Avantager. Scandaliser. Importuner. Préciser. Vouloir. Pleuvoir. Mollir. Mentir. Recevoir. Ambitionner. Hasarder. Humilier. Ralentir. Distribuer. Certifier. Éterniser. Douter.

445. Percevoir. Guérir. Offenser. Appauvrir. Fertiliser. Gronder. Modérer. Décevoir. Négliger. Couronner. Savoir. Obscurcir. Éclaircir. Mouvoir. Outrager. Peiner. Noircir. Prévoir. Honorer. Affectionner. Économiser. Effrayer. Enorgueillir. Faciliter. Étourdir. Polir. Préférer.

Exercices 446 et 447.Répétez oralement les deux phrases suivantes, en mettant les verbes aux temps simples des modes indicatif, conditionnel et subjonctif (pour le mode subjonctif, commencez la phrase par: il faut que... il fallait que ...):

Modèle:{Prés. de l’indicatif:L’heure vient, la cloche retentit...
Imparfait:L’heure venait, la cloche retentissait...

446.—L’heure venir, la cloche retentir, elle appeler les élèves, ils apercevoir le maître, se placer en rang, entrer en classe, commencer le travail, réciter, expliquer, corriger, recevoir punitions ou récompenses.

447.—L’oiseau bâtir son nid, élever ses petits, pourvoir à leurs besoins, voir du grain, le vouloir, découvrir le piège, avoir peur, s’enfuir, revenir tranquille, sautiller, voltiger, gazouiller, chanter.

Exercices 448 et 449.Employez ces verbes aux temps composés.

LECTURE et DICTÉE.—Les Pois.

Un jongleur demanda la permission d’exécuter devant Louis XII un tour d’adresse tel qu’on n’en avait pas vu encore de pareil. Le roi consentit, et notre homme se présenta portant une écuelle pleine de petits pois détrempés et amollis dans l’eau. Ensuite, il dit à une personne de tenir une aiguille à quelques pas devant lui, et se mit à lancer ces pois, l’un après l’autre, avec tant d’adresse que tous s’enfilaient dans l’aiguille. Louis XII lui dit: «Mon ami, je conçois que vous avez pris beaucoup de peine, et que vous avez mis beaucoup de temps pour acquérir une aussi prodigieuse adresse; il est donc juste de vous en dédommager.» Alors le roi parla bas à un de ses pages, qui sortit et revint apportant un sac assez lourd. Le bateleur était ravi, il s’imaginait que ce sac était rempli d’or. Mais lorsqu’on l’ouvrit, on y vit... des petits pois. Louis XII avait pensé avec raison que c’était assez récompenser un talent qui n’est d’aucune utilité pour la société.

C. A.

Exercice 450.Indiquez la nature, le mode et le temps des verbes contenus dans cette dictée.

Exercice 451.Racontez cette historiette: 1º oralement; 2º par écrit.

Exercice 452.Mettez au pluriel le devoir suivant:

Je nage. Il nivelle. J’avais faibli. Qu’il démolisse. Pétris. Tu aurais pâti. Je hais. Elle tint. Qu’il tînt. Je tressaille. Acquiers. Tu aperçus. Je dus. Elle voyait. J’aurai prévu. J’ai perçu. Que tu eusses valu. Tu possèdes. Que je vaille. J’avais noirci. Tu émouvais. Tu pries. Tu enseignes. Tu auras dîné. Je monterais. Tu eusses cacheté. Il envoie. Je devance. Tu protégeas. Il avait trahi. Tu souffris. Il a cueilli. J’eus vu. Tu aperçus. Prévois. Qu’il veuille. Qu’elle voulût. Je suppliai. Tu remercies. Sache. Je vais. J’enverrai. Tu acquerras. Il ment. Que je connusse. Elle aurait offert. Je sers. Il bout. Je pars.

Verbes en re (Troisième groupe).

Les verbes sont au présent de l’infinitif; faites-les accorder avec les sujets, et mettez-les au temps indiqué en tête de chaque paragraphe:

PRÉSENT DE L’INDICATIF.

453.—Je répondre. Tu entendre. Il vaincre. Nous absoudre. Elle peindre. Vous contraindre. Je feindre. Il rompre. Vous faire. Vous dire. Vous médire. Vous contrefaire. L’écho répondre. La chaleur corrompre la viande. Tous les fleuves se perdre dans la mer. A l’œuvre, on connaître l’artisan. Les bons comptes faire les bons amis. Nous nous résoudre difficilement à mourir. Les hommes naître, croître et mourir. Qui trop embrasser, mal étreindre. Les vices atteindre bien vite l’oisiveté. Quand la défiance naître, l’amitié disparaître. L’éléphant craindre le serpent. Le temps paraître court à ceux qui travailler. Le soufre ne se dissoudre pas dans l’eau.

IMPARFAIT.

454.—Tu défendre. Vous rire. Je revendre. Il corrompre. Elle méconnaître. Nous convaincre. Tu croire. Je croître. Il comprendre. Tu perdre au jeu. La fourmi dire à la cigale: «Que faire-vous au temps chaud?» Les Romains s’adjoindre les peuples qu’ils vaincre. Au moyen âge, on moudre le blé au moulin seigneurial, et on cuire le pain au four banal. Les anciens croire que la terre être plate. Les Grecs descendre des Égyptiens. Comme nous rire de bon cœur, quand nous être à l’école! Corneille et Descartes vivre sous Louis XIII. En 1792, tous les hommes valides s’inscrire comme volontaires.

PASSÉ SIMPLE.

455.—Je répandre. Tu refondre. Nous répondre. Elle rendre. Vous faire. Il détordre. Tu démordre. Vous sourire. Vous confondre. Nous connaître. Vous déplaire. Tu naître. Je coudre. Tu peindre. Villars vaincre à Denain. François II ne vivre que seize ans. Le peuple de Paris assiéger, prendre et détruire la Bastille. Perrault écrire des contes amusants. Charlemagne résoudre de vaincre les Saxons, et il les vaincre. Napoléon 1er naître en Corse, battre les ennemis de la France, être nommé consul, puis empereur, combattre contre toute l’Europe, conduire bien souvent ses soldats à la victoire, être vaincu à son tour et mourir à Sainte-Hélène. Mazarin être un grand ministre, mais il accroître sa propre fortune aux dépens de l’État.

PASSÉ COMPOSÉ.

456.—Je surfaire. Il plaire. Elles convaincre. Il teindre. Vous reconnaître. Nous recoudre. Vous contraindre. Il remoudre. Nous lire. La nuit disparaître, le jour poindre, le soleil luire. La Fontaine écrire des fables charmantes. Jeanne d’Arc contraindre les Anglais à lever le siège d’Orléans. Raphaël peindre de belles fresques. Mansard construire les Invalides. Mirabeau et Danton être les plus célèbres orateurs de la Révolution. César écrire à Rome: je venir, je voir, je vaincre.

DICTÉE et RÉCITATION.—Le Myosotis.

Ma fleur, d’un bleu pâle, s’agite

Au moindre vent, au moindre bruit;

Ma coupe d’or est si petite

Qu’une larme d’oiseau la remplit.

Je n’ai ni parfum, ni richesse,

Et si près de moi l’on s’empresse,

Si l’on m’interroge tout bas,

C’est que ma corolle inquiète,

En songeant aux absents, répète

Ces trois mots: Ne m’oubliez pas!

                              A. Spinelli.

Ces mots: «Ne m’oubliez pas» tirent leur origine d’une touchante légende. Deux fiancés se promenaient avec leur famille sur les bords du Danube. Une fleur d’un bleu céleste se balance sur les vagues, qui semblent prêtes à l’entraîner; la jeune fille admire son éclat et plaint sa destinée: aussitôt le fiancé se précipite, saisit la tige fleurie et tombe dans les flots. Par un dernier effort, il jeta la fleur sur le rivage et cria en disparaissant pour jamais: «Ne m’oubliez pas!»

Exercice 457.Indiquez la nature, le mode et le temps des verbes contenus dans cette dictée, et dites à quel groupe ils appartiennent.

Exercice 458.Analysez tous les mots en italique de cette poésie.

FUTUR.

459.—Je refondre. Vous répandre. Tu répondre. Elle tordre. Nous confondre. Il mordre. Nous confire. Vous joindre. Ils surfaire. Tu faire. Nous moudre. Ils absoudre. Je découdre. Nous accroître notre bien. Vous reconnaître vos torts. Qui vivre voir. Rire bien qui rire le dernier. Jamais la dispute ne convaincre personne. Nous plaire plus par ce que nous faire que par ce que nous dire. Les hâbleurs promettre toujours plus qu’ils ne tenir. Tu connaître un arbre à ses fruits. A table vous attendre qu’on vous serve, vous ne répandre pas de sauce sur la nappe, vous ne boire pas de vin pur, vous n’interrompre personne et vous répondre poliment à tout ce qu’on vous demander.

PRÉSENT DU CONDITIONNEL.

460.—Il vendre. Tu tordre. Je vaincre. Ils plaire. Nous boire. Vous construire. Je moudre. Vous absoudre. Ils éteindre. Les avares tondre un œuf. Si vous luttiez, vous vaincre. Vous ne convaincre jamais un entêté. Ceux qui feindre une chose et qui en faire une autre être perfides et méchants. Les flatteurs corrompre le meilleur naturel. Si ma patrie était attaquée, je la défendre avec courage.

IMPÉRATIF.

461.Faire tes devoirs. Faire nos devoirs. Faire vos devoirs. Apprendre tes leçons. Apprendre nos leçons. Apprendre vos leçons. Défendre votre ami absent. Coudre ton cahier. Ne médire pas de votre prochain. Ne dire que ce que vous pensez. Enfants, ne contrefaire pas les infirmes. Ne dire pas tout ce que nous faisons, mais faire tout ce que nous disons. Tordre ton linge, puis étendre-le. Mon ami, ne prendre jamais le bien d’autrui. Écolier, entendre bien ma question, comprendre-la et répondre. Enfants, ne répondre pas avec aigreur.

PRÉSENT DU SUBJONCTIF.

462.—Que je perdre. Que nous sourire. Que tu rompre. Qu’ils rire Que tu résoudre. Que nous moudre. Qu’elle contraindre. Que vous contrefaire. Que je comprendre. Qu’ils convaincre. Que nous croire. Que nous croître. Que je boire. Qu’elle plaire. Qu’ils paître. Que les devoirs te plaire ou te déplaire, fais-les. Vivre la patrie! Il faut que vous absoudre l’innocent. Il est nécessaire que vous vous conduire bien. Il n’y a que les punitions qui faire travailler les paresseux. Il faut que nous vaincre notre nonchalance. Que votre devoir être bien fait.

IMPARFAIT.

463.—Il fallait que tu répondre, que nous entendre, que je revendre, qu’il interrompre, que je tendre, que vous écrire, que tu apprendre, qu’elles lire. On désirerait que je défendre le faible, que vous répondre poliment, que vous rire moins haut, que tu entendre l’explication, qu’elle paraître à table, qu’ils confondre le coupable. Il serait bon qu’elle apprendre mieux, que Paul lire couramment, qu’il écrire plus vite, qu’il résoudre ses problèmes, qu’il vaincre sa paresse, que nous peindre avec goût, que vous comprendre bien, qu’il s’instruire toujours.

PARTICIPE PRÉSENT.

464.Croire. Croître. Paraître. Dire. Moudre. Absoudre. Teindre. Maudire. Coudre. Convaincre. Peindre. Exclure. Craindre. Vaincre. Prendre. Jeanne Hachette s’illustra en défendre Beauvais. Les chiens lapent en boire. En lire les bons livres, nous deviendrons meilleurs.

PARTICIPE PASSÉ.

465.Connaître. Coudre. Craindre. Croire. Croître. Dire. Faire. Joindre. Maudire. Mettre. Moudre. Naître. Taire. Nuire. Paraître. Peindre. Plaire. Prendre. Pendre. Feindre. Fruits confire. Pommes de terre frire. Ennemis vaincre. Pages bien écrire et bien lire.

Exercice 466.Devoir à mettre au pluriel:

Je nais. Que je croisse. Tu croyais. Je vaincs. Il naquit. Que je croie. J’admis. Il avait bu. J’eusse remis. Bois. Écris. Tu lis. Je gratifiais. Je lus. Tu as repris. Qu’il prédît. Qu’il ait conclu. Je crains. Recouds. Il déteint. Il prend. Tu plairas. Ne médis pas. Je redois. Que j’aperçusse. Que tu aies voulu. Qu’il ait valu. Qu’il puisse. Je pars. Que tu meures. Tu conquerrais. Elle cueille. Il a chéri. J’avais rajeuni. Tu achèves. Qu’il enlevât. Que je dévide. J’entonnerais. J’aurais cacheté. Que je balaye. Tu auras filé. Il eut calomnié. Il eût chanté. Il approuva. Que tu appuies. Je finissais. Que je conduise.

ANTONYMES.

Exercice 467.Donnez le contraire des mots en italique:

La justice doit condamner les coupables. Le soleil baisse. Le mauvais écolier chagrine ses parents. Évitez la société des méchants. On retient ce que l’on a bien appris. Le bonheur allonge la vie. La bonne foi débrouille les affaires les plus compliquées. La main qui hait le travail produit l’indigence. A la ville on se couche tard. On loue la modestie du savant. L’enfant qui obéit à ses parents et qui les respecte sera un bon citoyen. Lorsque le soleil est levé, les chauves-souris rentrent dans leurs trous. Les petits États se fortifient par la concorde. Le pauvre vend le nécessaire. Le travail fortifie et délasse le corps. L’infortune fait fuir les faux amis. Une âme ingrate oublie les services. Cherchez toutes les occasions de bien faire. Honte au mauvais cœur. qui se réjouit du malheur d’autrui! L’aigreur révolte les caractères les plus doux. La reconnaissance ennoblit l’homme.

LECTURE et DICTÉE.—Le Fromage.

Deux chats avaient volé un fromage. Ne se fiant pas à leur honnêteté pour en opérer un partage équitable, ils remirent à un singe cette tâche délicate. C’était un autre fripon. Celui-ci parut néanmoins vouloir faire scrupuleusement son devoir. Aussi, après avoir coupé le fromage en deux, il mit chaque morceau dans le plateau d’une balance. L’une de ces deux parts pesait plus que l’autre; vite, le maître grimacier y planta ses dents pour obvier à cette disproportion. L’autre morceau devint à son tour trop pesant; le singe le rapetissa par le même procédé. Comme il ne parvenait pas à établir un équilibre complet entre les deux plateaux, il répéta plusieurs fois l’opération. Les chats, voyant leur proie tomber presque à néant, s’aperçurent un peu tard qu’il eût mieux valu s’entendre entre eux, et réclamèrent ce qui restait du fromage. «Tout beau! messieurs! s’exclama le singe; la peine que j’ai prise ne vaut-elle pas un salaire?» Cela dit, il mangea la dernière bouchée.

Cette fable nous enseigne d’abord que le bien mal acquis ne profite jamais. Elle nous montre ensuite que les fripons s’accordent rarement entre eux. Enfin, et surtout, elle nous fait voir qu’il faut, autant qu’on peut, fuir les procès.

C. A., d’après La Motte.

Exercice 468.Indiquez la nature, le mode et le temps des verbes contenus dans cette fable. Dites à quel groupe ils appartiennent.

Exercice 469.Remplacez les mots en italique par un synonyme.

Exercice 470.Racontez cette fable: 1º oralement; 2º par écrit.

 

Le participe.

Le participe est un mode du verbe qui exprime à la fois une action (ou un état) et une qualité. Il participe donc de la nature du verbe et de celle de l’adjectif.

Il y a deux temps du participe: le participe présent et le participe passé.

Participe présent.

Le participe présent exprime une action présente; il est toujours terminé en ant: dormant, travaillant.

Le participe présent tient du verbe ou de l’adjectif.

PARTICIPE-VERBE.

Le participe présent tient du verbe quand il marque l’action. Alors il est invariable, et on peut le remplacer par un autre temps du verbe, précédé de qui, comme, lorsque, etc. Ex.: On aime les enfants obéissant aux volontés de leurs parents.

C’est-à-dire qui obéissent aux volontés de leurs parents.

PARTICIPE-ADJECTIF OU ADJECTIF VERBAL.

Le participe présent tient de l’adjectif quand il marque l’état; on peut le remplacer par un adjectif qualificatif quelconque. Alors il est variable et s’accorde en genre et en nombre avec le nom dont il exprime la manière d’être. Ex.: On aime les enfants obéissants.

C’est-à-dire on aime les enfants soumis, appliqués, etc.

REMARQUES.

1º Tout mot en ant qui est ou peut être précédé du verbe être est un adjectif verbal et variable. Ex.: Cette personne est obligeante.

2º Tout mot en ant qui a un complément direct ou indirect, ou qui est précédé de la préposition en, exprimée ou sous-entendue, est un participe et reste invariable. Ex.: Cette personne, obligeant tous les malheureux, est vraiment charitable. Ces taupes, nuisant aux prairies, seront détruites. C’est en forgeant qu’on devient forgeron.

Il est également invariable s’il est suivi d’un adverbe. Ex.: Ces élèves travaillant bien seront récompensés.

Questionnaire: Qu’est-ce que le participe?—Combien y a-t-il de sortes de participes?—Qu’exprime le participe présent?—Quand le participe tient-il du verbe? Quand tient-il de l’adjectif?—Quelles remarques faites-vous sur la variabilité des mots en ant?

 

Exercice 471.Corrigez, s’il y a lieu, les mots en italique:

Ces enfants sont caressant. La prairie est couverte d’agneaux bondissant. Je voyais les agneaux bondissant sur l’herbe. Le champ de bataille était encombré de morts et de mourant. Honneur aux guerriers mourant au champ d’honneur! On déteste les personnes contrariant tout le monde. On n’aime pas les personnes contrariant. Ne vous engagez pas sur cette mer mugissant. On entendait au loin la mer mugissant avec force. Des gens obligeant quelquefois peuvent n’être pas des personnes obligeant. Il y a de jolies étoffes changeant. On fabrique des étoffes changeant de couleur. On trouve peu d’ouvrages intéressant l’esprit et le cœur. On a écrit des histoires intéressant. On voit des pantins se livrant à des exercices divertissant.

LECTURE et DICTÉE.—Le Chien et le Chat.

Exercice 472.Corrigez, s’il y a lieu, les mots en italique:

Pataud, bon gros chien habitant seul avec son maître, vit un jour amener au logis un nouveau commensal, un chat nommé Raton. Pataud était d’une nature accueillant; aussi reçut-il fort bien le nouvel arrivant, et voilà les deux bêtes jouant, se poursuivant, s’atteignant, se fuyant, se rejoignant, roulant ensemble. Pataud se conduisait en bon camarade; Raton, au contraire, bien que jurant qu’il ne cherchait pas à faire mal, se servait, tout en s’amusant, tantôt de ses griffes, tantôt de ses dents. Pataud s’arrêta. «Eh quoi! Pataud, je te vois faisant la mine? dit le chat en s’étonnant. Ne sais-tu pas que seuls les sots vont se fâchant quand on badine? Ne me considères-tu pas comme étant ton ami?—Prends un nom convenant mieux à ton humeur maligne, répond Pataud en grondant. Je préfère un ennemi me déclarant et me faisant la guerre avec franchise à un ami qui m’égratigne en se jouant

C. A., d’après Arnault.

Exercice 473.Racontez cette fable: 1º oralement; 2º par écrit.

Exercice 474.Corrigez, s’il y a lieu, les mots en italique:

Des chiens courant. Des chiens courant après le gibier. Votre question est embarrassant. La demande embarrassant le coupable, il ne répondit pas. On voit des hommes rampant pour arriver aux honneurs. Il y a des plantes et des bêtes rampant. J’aime à voir les oiseaux donnant à leurs petits tremblant les premières leçons de vol. Il y a des personnes brillant, mais brillant d’un faux éclat. La bête, rugissant avec fureur, lançait des regards étincelant. La lionne rugissant bondit sur les chasseurs. Une physionomie riant. Des enfants riant toujours. Les eaux dormant ne tardent pas à devenir croupissant. Les enfants aimant l’étude feront des progrès surprenant. Le renard dit: «Vous leur fîtes, Seigneur, en les croquant, beaucoup d’honneur.»

 

Participe passé.

La variabilité du participe passé est soumise à trois cas généraux et à plusieurs cas particuliers.

1er CAS GÉNÉRAL

Participe employé sans auxiliaire.

Le participe passé employé sans auxiliaire s’accorde (comme l’adjectif) en genre et en nombre avec le nom ou le pronom auquel il se rapporte: des fleurs parfumées; une maison brûlée.

Le participe passé parfumées est au féminin pluriel parce qu’il se rapporte à fleurs, qui est au féminin pluriel.—Le participe passé brûlée est au féminin singulier parce qu’il se rapporte à maison, qui est au féminin singulier.

Questionnaire: A combien de cas est soumise la variabilité du participe passé?—Comment s’accorde le participe passé employé sans auxiliaire?

 

Exercices 475 et 476.Corrigez les participes, s’il y a lieu:

475. Enlevé par les deux canards, la tortue voyagea dans les airs. La récréation fini, reprenez votre travail avec ardeur. Les bonnes actions caché sont les plus estimables. Les ennemis battu ont pris la fuite. L’aumône fait avec discrétion est la meilleure. Des bienfaits reproché sont des bienfaits perdu. Ne regrettez pas les moments consacré à l’étude. La Belgique est une contrée bien cultivé. Les eaux croupi sont malsaines. Les fleurs et les fruits cueilli, les jardins sont tristes. Voilà des leçons bien su, bien répété et bien compris. Les lacs et les marais desséché par le soleil. L’utile et l’agréable réuni font un tout parfait. Quel triste et lugubre tableau représente la campagne ravagé!

476. Pris à Compiègne, Jeanne d’Arc, vendu aux Anglais, périt brûlé à Rouen. Grossi par la Dordogne, la Garonne prend le nom de Gironde. Un mensonge couvert par un autre mensonge, c’est une tache remplacé par un trou. L’heure mal employé ne se retrouve jamais. On voit en hiver les forêts dépouillé par les frimas, et en été, les coteaux et les plaines doré par les moissons. Chien hargneux a toujours l’oreille déchiré. Les guerres de religion terminé, Henri IV s’occupa de relever la France meurtri. Mal chaussé, mal habillé, mal nourri, mais électrisé par l’amour de la patrie menacé, les soldats de la République vainquirent l’Europe ligué contre eux. L’Amérique découvert, les transactions commerciales de l’Europe, jusque-là peu développé, prirent une grande extension. La France bien arrosé, bien cultivé, situé dans la zone tempéré, est une des contrées les plus favorisé de la nature.

 

IIe CAS GÉNÉRAL

Participe passé employé avec ÊTRE.

Le participe passé conjugué avec l’auxiliaire être s’accorde en genre et en nombre avec le sujet du verbe. L’Amérique a été découverte par Christophe Colomb.

Le participe passé découverte est au féminin singulier, parce que Amérique, sujet du verbe, est au féminin singulier.

Questionnaire: Comment s’accorde le participe passé conjugué avec être?

 

Exercices 477 et 478.Corrigez les participes, s’il y a lieu:

477. Les condors sont cité comme les plus grands et les plus forts des oiseaux; des enfants de dix ans peuvent être enlevé par eux. La terre est éclairé par le soleil. La France est divisé en départements. Les deux Corneille sont à Rouen. La flotte française fut défait à Trafalgar. La culture de la pomme de terre fut développé en France par Parmentier. Les jours et les nuits sont au mouvement de la terre sur son axe. Les fleurs ont été créé pour servir de parure à la terre. La Gaule a été plusieurs fois envahie par les Barbares. Les armées romaines furent plusieurs fois vaincu par Annibal. Les Suisses sont attaché à leur pays; ils aiment leurs montagnes avec leurs sommets couvert de neige. Toute matière métallique placé sur le passage de la foudre est fondu et volatilisé. La Perse fut conquis par Alexandre le Grand. Les courges et les concombres sont très varié. L’intention est réputé pour le fait.

478. L’Algérie n’a été à peu près conquis qu’après quinze ans de lutte. La charrue a été perfectionné par Mathieu de Dombasle. La Calabre est fréquemment ravagé par des tremblements de terre. Les racines sont chargé de puiser dans le sol les matières nécessaires à l’existence des plantes. La Prusse a été fondé par Frédéric le Grand. Les sciences et les arts sont dans les nations libres. Le papier et le verre n’étaient pas connu des anciens. Animé d’une ardeur extrême, nos soldats sont monté à l’assaut de la redoute, qui a été emporté avant même que l’ennemi eût l’idée qu’elle pouvait être attaqué. Les fleuves de l’Afrique sont infesté de crocodiles. Les prairies artificielles sont composé de trois espèces de trèfles. Les marées sont causé pat la double action combiné de la lune et du soleil. Voltaire et Jean-Jacques Rousseau sont tous deux mort la même année. La garance est employé comme substance tinctoriale depuis la plus haute antiquité.

 

IIIe CAS GÉNÉRAL

Participe passé employé avec AVOIR.

Le participe passé conjugué avec l’auxiliaire avoir s’accorde en genre et en nombre avec son complément direct, quand ce complément le précède. Ex.: Je me rappelle l’histoire que j’ai lue.

Le participe passé lue s’accorde avec son complément direct que (laquelle histoire) qui le précède.

Le participe reste invariable:

1º Si le complément direct le suit: Nous avons lu une histoire. (Lu est invariable, parce que le complément direct histoire est placé après le participe.)

2º S’il n’a pas de complément direct: J’ai lu. (Le participe passé lu est invariable, parce que le verbe n’a pas de complément direct.)

Remarque.—Les verbes intransitifs n’ayant jamais de complément direct, le participe passé de ces verbes conjugués avec avoir est toujours invariable: Ces histoires nous ont plu.

Dans ces phrases: les nuits qu’ils ont dormi..., les mois qu’il a vécu, les participes passés dormi, vécu sont invariables, parce qu’ils appartiennent à des verbes intransitifs. Le que représente un complément circonstanciel: les nuits pendant lesquelles ils ont dormi, les mois pendant lesquels il a vécu...

Toutefois les verbes de ce genre peuvent, dans certains cas exceptionnels, être employés activement. (V. p. 126.)

Questionnaire: Comment s’accorde le participe passé conjugué avec l’auxiliaire avoir?—Quand est-il variable?—Dans quel cas reste-t-il invariable?—Quelle remarque faites-vous sur les participes passés des verbes intransitifs?

 

Exercice 479.Corrigez, s’il y a lieu, les participes en italique:

Richelieu a fondé l’Académie française. La vertu a toujours fait le bonheur de ceux qui l’ont pratiqué. Ce matin, nous avons écrit à nos parents éloigné. L’esprit arrange les choses que le génie a trouvé. La famine a ravagé plusieurs fois la France au moyen âge. Ne divulguez jamais les secrets qu’on vous a confié. Le Français Cros et l’Américain Edison ont inventé le phonographe. Les femmes Spartiates se glorifiaient des blessures qu’avaient reçu leurs fils. Nous avons couru à perdre haleine. Les dangers que nous avons couru sont nombreux. Que de richesses la mer a englouti! Voltaire a composé tant de volumes que peu d’hommes les ont tous lu. L’exagération des éloges a toujours nui à celui qui les a donné et à celui qui les a reçu. Henri IV a sagement administré la France; les douze ans qu’il a régné, après la paix de Vervins, ont été une période de calme et de repos.

Exercices 480 et 481.Corrigez les participes, s’il y a lieu:

480. Beaucoup de fleuves ont plusieurs fois déplacé leur cours. Le dévouement de d’Assas est un des plus beaux dont l’histoire nous ait conservé le souvenir. La foudre a écrasé deux maisons. La foudre est tombé sur deux maisons qu’elle a écrasé. Les bonnes nouvelles sont toujours bien accueilli. Colomb croyait à l’existence d’une terre inconnu avant de l’avoir découvert. Développons les sentiments d’humanité que la nature a gravé en nous. Les lois de l’attraction étaient pressenti par le savant anglais Newton avant qu’il les eût formulé.

481. L’oiseau-mouche et le colibri se ressemblent tellement qu’on les a confondu sous un même nom. On contemple avec admiration les mille découvertes qu’a fait la science. Avec une puissance moins contesté, Richelieu eût trouvé peut-être dans la magnanimité la force qu’il a cherché dans la terreur. Les louanges qu’a dicté le cœur sont ordinairement des louanges mérité. Les beaux vers que nous a légué Racine et la prose harmonieuse que nous a laissé Fénelon ont orné notre esprit et enrichi notre mémoire. Charlemagne a créé des écoles. Une bonne action est récompensé par le mérite qu’on a de l’avoir fait.

LECTURE et RÉCITATION.

Le Volontaire de Jemmapes.

Exercice 482.Corrigez, s’il y a lieu, les participes en italique:

A la bataille de Jemmapes, que Dumouriez avait engagé contre les Autrichiens, une colonne française, soulevé par l’enthousiasme, défila devant le général Dampierre. Au milieu des conscrits, un vieillard fut remarqué par l’officier républicain; les larmes qu’il avait versé et qui avaient bouleversé sa figure, les coups dont il se frappait la poitrine, l’avaient désigné à son attention. «Qu’as-tu, mon ami? lui demanda Dampierre étonné. L’heure à laquelle les braves sont conduit à la victoire me semble mal choisi pour s’attrister.—O mon fils! disait tout bas le vieillard consterné, pourquoi faut-il que cette heure glorieuse soit empoisonné pour moi par la pensée de ta honte!» Et il raconta au général que son fils, enrôlé dans un bataillon, avait déserté le drapeau. Alors lui-même était parti pour rendre à la patrie la recrue qu’elle avait perdu par la lâcheté de ce jeune homme.

Ce trait, digne des anciens Romains, fut consigné dans les proclamations adressé par Dumouriez à son armée. Les jeunes soldats, quand on les en eut instruit, voulurent saluer ce vétéran qui donnait son sang pour que la faute de son fils fût lavé. Et ils pensaient à leur père en le voyant.

C. A., d’après Lamartine.

Exercice 483.Racontez cette histoire: 1º oralement; 2º par écrit.

Exercice 484.Corrigez, s’il y a lieu, les participes en italique:

Les enfants de Clodomir, devenu orphelins, furent tué par leurs oncles Childebert et Clotaire. La fermeté uni à la douceur est une barre de fer entouré de velours. La rosée féconde du matin a ranimé les plantes qu’avait flétri l’ardeur d’un ciel embrasé. Les ronces, toutes chargé de flocons de laine qu’y ont laissé les brebis, s’empourprent, quand la saison est venu, de petites mûres sauvages. Linné a étudié l’organisation des végétaux; il les a classé et décrit. De toutes les langues qu’ont parlé les nations puissantes, et qui ont atteint une perfection remarquable, aucune n’a mis à se constituer autant de siècles que la langue française. La planète que nous habitons a éprouvé des révolutions qui l’ont sensiblement modifié.

LECTURE et DICTÉE.—L’Afrique.

Exercice 485.Corrigez, s’il y a lieu, les participes en italique:

L’Afrique est trois fois plus grande que l’Europe et cinquante-sept fois plus étendu que la France. Elle est resté longtemps à peu près inconnu; mais aujourd’hui les nations européennes sont installé sur presque tout son littoral. La première place y est tenu par la France et l’Angleterre. Elles en occupent les points principaux. L’existence de grands lacs a été constaté dans le centre. L’imagination est émerveillé par les déserts immenses que l’on a découvert en Afrique, par les longs et larges fleuves qu’on y a vu, tout infesté de crocodiles et d’hippopotames, enfin par les vastes forêts peuplé de fauves, de singes et de serpents. La poudre d’or, les diamants, le cuivre, le plomb, la houille, sont répandu dans ce pays; on y trouve des arbres immenses, tels que le mancenillier, le baobab, le dragonnier, ainsi que l’olivier, l’oranger, le figuier, le caféier, le poivrier, le dattier, le palmier, le cotonnier, le chêne-liège, le cocotier, l’indigotier, la canne à sucre, l’alfa, soit que ces plantes y poussent naturellement, soit qu’on les y ait importé et qu’elles y soient cultivé. Aux animaux que nous avons déjà cité doivent être joint l’éléphant, le rhinocéros, la girafe, le buffle, le lion, le léopard, la panthère, l’hyène, le zèbre, l’antilope, le chacal, le dromadaire, le gorille, l’autruche, les perroquets et les oiseaux d’une variété in fini. L’Afrique est une région fort riche: on l’a colonisé et exploité depuis peu, et les plus brillants résultats sont attendu des efforts soutenu des Européens. L’Algérie, le Sénégal, une partie de la Guinée, la Côte d’Ivoire, le Dahomey, le Congo, Djibouti, Madagascar, les îles Comores et l’île de la Réunion sont possédé par la France; en outre, notre protectorat est reconnu sur la Tunisie et le Maroc.

C. A.

Exercice 486.Reproduisez de mémoire cette étude sur l’Afrique.

 

CAS PARTICULIERS.

Participe passé suivi d’un infinitif.

Le participe passé suivi d’un infinitif est variable s’il a pour complément direct le pronom qui précède; ce pronom fait alors l’action marquée par l’infinitif. Ex.: Les fruits que j’ai vus mûrir.

On peut dire: les fruits que j’ai vus mûrissant. C’étaient les fruits qui mûrissaient. Que, mis pour fruits, faisant l’action de mûrir, est complément direct de vus.

Le participe passé est invariable s’il a pour complément direct l’infinitif; alors le pronom ne fait pas l’action exprimée par l’infinitif. Ex.: Les fruits que j’ai vu cueillir.

On ne peut pas dire: les fruits que j’ai vu cueillant. Ce n’étaient pas les fruits qui cueillaient. Que, mis pour fruits, ne faisant pas l’action de cueillir, est complément de cueillir et non de vu.

En résumé, le participe passé suivi d’un infinitif s’accorde toujours avec le mot qui fait l’action marquée par l’infinitif, si ce mot le précède[32].

REMARQUE.

Les participes qui ont pour complément direct un infinitif sous-entendu ou une proposition sous-entendue sont toujours invariables. Ex.: Il n’a pas payé toutes les sommes qu’il aurait (sous-entendu payer). Je lui ai rendu tous les services que j’ai pu (sous-entendu lui rendre). Je lui ai chanté tous les morceaux qu’il a voulu (sous-entendu que je lui chante).

Le participe passé fait suivi d’un infinitif est toujours invariable. Ex.: La maison que j’ai fait bâtir.

Questionnaire: Quand le participe passé, suivi d’un infinitif, est-il variable?—Quand est-il invariable?—Lorsque l’infinitif est sous-entendu, que devient le participe?—Quelle remarque faites-vous sur le participe passé fait?

 

Exercice 487.Corrigez, s’il y a lieu, les participes en italique:

Nous arrosons les fleurs que nous avons vu naître. Vous avez mangé les cerises que vous avez vu cueillir. Il faut croire au mérite de ceux que l’on a entendu louer par leurs ennemis. Votre maison, je l’ai vu bâtir, et je l’ai vu tomber en ruines moins de dix ans après. Les chevaux que nous avons vu naître dans le pré, nous les avons vu ramener à la ferme. La chanson que j’ai entendu chanter est fort agréable. Les oiseaux que nous avons entendu chanter sont parti vers d’autres climats. Les hommes n’ont jamais plus admiré les singes que quand ils les ont vu imiter les actions humaines. Ces arbres nous les avions vu planter, nous les avons vu mourir. La maison que j’ai fait construire est situé sur une colline très élevé. Je lui ai écrit toutes les lettres que j’ai pu. Les arbres que j’ai fait planter ont été détruit par la gelée. Petites fleurs, je vous ai semé, je vous ai vu naître.

LECTURE et DICTÉE.—Les Croisades.

Exercice 488.Corrigez, s’il y a lieu, les participes en italique:

Pendant les croisades, ces expéditions lointaines que l’on a vu entreprendre par l’Occident contre l’Orient, des sommes considérables furent dépensé et beaucoup de sang fut répandu. Les résultats que l’on avait voulu obtenir ne furent pas atteint; mais ces guerres en eurent d’autres auxquels on n’avait pas songé. La France, que sa générosité a toujours fait participer aux grandes entreprises, prit part à toutes les croisades, la cinquième et la sixième excepté. Celles-ci furent conduit par des princes étrangers. La septième et la huitième, dirigé par saint Louis, furent désastreuses. Combien de ceux que l’on avait vu partir rempli d’espérance ne sont jamais revenu! De combien n’a-t-on jamais plus entendu parler! Mais des conséquences heureuses, que l’on n’avait pas prévu, découlèrent de ces expéditions: l’Europe débarrassé d’une foule de brigands, les Français du Nord rapproché de ceux du Midi, le commerce et l’industrie grandi, des produits et des plantes inconnu introduit en Occident, tels sont les bienfaits aux croisades. En outre, elles ont favorisé l’émancipation des petites classes sociales. Les seigneurs, en effet, furent obligé de se procurer de l’argent, et, dans ces circonstances, on les a vu vendre la liberté aux serfs et des franchises aux communes.

C. A.

Exercice 489.Reproduisez de mémoire la dictée ci-dessus.

Exercice 490.Corrigez, s’il y a lieu, les participes en italique:

Aimez toujours vos parents; souvenez-vous de la peine qu’ils ont eu à vous élever. La grandeur d’une offense n’est bien connu que par celui qui l’a fait ou par celui qui l’a reçu. Certains perroquets redisent nettement les mots qu’ils ont entendu prononcer. Les faits sont souvent dénaturé en passant par plusieurs bouches. Les belles espérances qu’avaient fait naître les premières mesures pris par Charles VI se sont bien vite évanoui. Colbert avait fait tous les efforts qu’il avait pu pour empêcher la révocation de l’édit de Nantes. La cigogne porte ses petits sur ses ailes et on l’a vu périr plutôt que de les abandonner; on l’a vu aussi donner des marques d’attachement aux hôtes qui l’avaient accueilli. La fauvette que j’avais entendu chanter est parti.

 

Participe passé des verbes pronominaux.

Les verbes pronominaux se conjuguent dans leurs temps composés avec l’auxiliaire être; mais cet auxiliaire être est mis pour l’auxiliaire avoir. Ex.:

Je me suis consolémis pour:j’ai consolé moi.
Tu tes réjouitu as réjoui toi.
Paul sest bien conduitPaul a bien conduit lui.

Le participe passé d’un verbe pronominal s’accorde avec son complément direct, si ce complément le précède. Ex.: Les lettres que Paul et Pierre se sont écrites sont aimables.

Il reste invariable si le complément direct le suit ou s’il n’a pas de complément direct. Ex.: Paul et Pierre se sont écrit des lettres aimables. Paul et Pierre se sont écrit.

Remarques.—1º Dans les verbes intransitifs employés pronominalement, le pronom est complément indirect, par conséquent le participe est invariable. Ex.: Ils se sont nui (ils ont nui à eux).

2º Les participes passés des verbes transitifs indirects employés pronominalement restent toujours invariables. Ex.: Ils se sont ri de mes efforts. Ils se sont plu à me tourmenter.

Participe passé des verbes impersonnels.

Le participe passé des verbes impersonnels est toujours invariable. Ex.: Les chaleurs qu’il y a eu étaient intolérables.

Les verbes faire, avoir sont transitifs de leur nature, mais ils deviennent impersonnels quand ils sont précédés du pronom indéterminé, neutre il. Ex.: Les chaleurs qu’il a fait; les inondations qu’il y a eu.

Questionnaire: Comment s’accorde le participe passé des verbes pronominaux?—Quelle remarque faites-vous sur le participe passé des verbes impersonnels?

 

Exercice 491.Corrigez, s’il y a lieu, les participes en italique:

Paul et Pierre se sont corrigé. Paul et Pierre se sont corrigé les devoirs. L’aveugle et le paralytique se sont prêté une mutuelle assistance. Beaucoup qui s’étaient endormi riches se sont réveillé pauvres. Les troupes de François de Guise se sont emparé de Calais. Les premiers croisés ont attaqué Jérusalem où s’étaient réfugié les musulmans des environs. Beaucoup de rois se sont repenti d’avoir mis leur confiance dans les grands; peu de s’être fié à leur peuple. Les inondations qu’il y a eu ont causé de grands ravages. Sans cesse pourchassé, les baleines se sont enfui de nos parages et se sont réfugié au milieu des glaces polaires. Les chaleurs qu’il a fait ont desséché la terre. Nous nous sommes souvenu de nos jeunes années et ces doux souvenirs nous ont rajeuni. Les trois fils de Saturne se sont partagé le domaine de l’univers. La meilleure réputation est celle qu’on s’est acquis soi-même. Que d’hommes se sont perdu par leur ambition!

Exercice 492.Corrigez, s’il y a lieu, les participes en italique:

La jeune Blandine, conduit au milieu du cirque, fut attaché à un poteau et livré aux bêtes féroces qui ne la touchèrent pas; cinglé alors de coups de fouet, elle fut enfermé dans un filet, puis abandonné à la merci d’un taureau furieux; elle eut enfin la gorge coupé par le bourreau. Nous nous sommes assuré qu’ils avaient tort. Les Français s’étaient ouvert une retraite glorieuse par la victoire de Hanau. La Neustrie et l’Austrasie se sont déchiré dans une lutte implacable. On a trouvé en Auvergne des volcans qui se sont éteint. Les tours féodales qui s’étaient élevé sur les collines étaient presque toutes devenu de vrais nids d’oiseaux de proie. L’armée de Philippe Auguste et celle des alliés s’étaient rencontré à Bouvines.

LECTURE et DICTÉE.—Réflexions.

Exercice 493.Corrigez, s’il y a lieu, les participes en italique:

Enfants, dans les années qui se sont écoulé jusqu’ici, vous vous êtes vu entouré d’affection et de sollicitude non seulement par votre famille, mais par tous ceux qui, de près ou de loin, se sont occupé de votre enfance. Vous êtes-vous demandé parfois pourquoi cette protection de tous les instants? C’est parce que, sur vos jeunes têtes, est placé l’espérance de l’avenir. Vous êtes-vous aussi interrogé quelquefois pour savoir si, de votre côté, vous répondiez bien à tout ce qui était attendu de vous? Les leçons que l’on vous a fait apprendre, les avez-vous retenu? Les bons préceptes que l’on vous a inculqué, les avez-vous gravé dans vos cœurs? Ne vous a-t-on jamais vu jouer quand il fallait travailler, rire quand vos efforts et votre attention étaient sollicité par une occupation sérieuse?... Réfléchissez à cela, et surtout évitez de retomber dans les fautes que vous avez commis. Pensez-y bien: les heures qui se sont envolé ne reviendront plus; et si elles n’ont pas été bien rempli, vous vous êtes préparé de cruels regrets, peut-être même des remords.   C. A.

Exercice 494.Expliquez l’orthographe des participes en italique.

 

Participe passé précédé de: le peu.

Le participe passé précédé de le peu est variable si le peu signifie une petite quantité, une quantité suffisante. Ex.:

Le peu d’attention que vous avez apportée à cette leçon vous a suffi pour la comprendre.

C’est l’attention que vous avez apportée, quoique vous en ayez apporté peu, qui vous a suffi pour comprendre la leçon; le participe passé apportée s’accorde avec son complément direct que, mis pour attention qui exprime l’idée principale.

Le participe passé reste invariable si le peu signifie le manque, l’insuffisance. Ex.:

Le peu d’attention que vous avez apporté à cette leçon vous a empêché de la comprendre.

Vous n’avez pas apporté d’attention à la leçon, ou vous en avez apporté trop peu, et c’est cela qui vous a empêché de la comprendre; la pensée s’arrête donc sur le peu qui exprime l’idée dominante, et le participe apporté s’accorde avec que mis pour le peu (le manque).

Questionnaire: Quand le participe passé précédé de le peu est-il variable?—Quand est-il invariable?

 

Exercice 495.Corrigez, s’il y a lieu, les participes en italique:

Le peu de bravoure que la nature a donné aux vautours fait de ces oiseaux des voleurs plutôt que des guerriers. On vous récompensera du peu de bonne volonté que vous aurez montré. Faire des fautes en écrivant, c’est montrer le peu d’instruction qu’on a reçu. Le peu de journées que vous avez consacré à l’étude et le peu de conseils que vous ont donné vos maîtres ont suffi pour vous faire regagner les semaines de travail que vous avez perdu. Le peu de discipline qu’avait gardé dans sa marche l’armée de Louis VII causa sa ruine. Tôt ou tard on regrette le peu d’instruction qu’on a reçu. Le peu de consolation que nous avons goûté, nous l’avons trouvé dans l’affection sincère de nos amis. Une conscience pure s’est toujours ri de la calomnie. Je n’ai jamais observé la plus simple corolle, que je ne l’ai vu composé d’une manière admirable. Richelieu employa au service de la France le peu de forces que lui avait laissé une longue maladie. Les bons livres que j’ai lu, les conseils que l’on m’a donné ont développé le peu de bonnes qualités que j’ai reçu de la nature.

 

Participe passé placé entre deux: que.

Le participe passé placé entre deux que est invariable s’il a pour complément direct la proposition qui le suit. Ex.: Les embarras que j’avais prévu que vous auriez.

J’avais prévu quoi?—que vous auriez des embarras.

Nota.—Les phrases où se trouve un participe passé placé entre deux que sont correctes, mais peu harmonieuses; il est bon de les éviter.

Participe passé et les pronoms: le, en.

Le participe passé précédé de le (l’), mis pour une proposition, a ce pronom pour complément direct, et, par conséquent, reste invariable. Ex.: La chose est plus sérieuse que nous ne l’avions pensé.

C’est-à-dire que nous n’avions pensé cela, qu’elle était sérieuse.

⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓

Le participe passé précédé de en reste invariable quand il n’y a pas d’autre complément direct que le pronom en. Ex.: Tout le monde m’a offert des services, mais personne ne m’en a rendu.

Mais il est variable dans: J’ai écrit à Londres; voici les réponses que j’en ai reçues. (Que, représentant réponses, est complément direct et précède le participe.)

Le participe varie si le pronom en est précédé d’un adverbe de quantité, plus, combien, autant, etc.: Autant d’ennemis il a attaqués, autant il EN a vaincus.

Mais le participe reste invariable si l’adverbe suit le pronom en. Ex.: Quant aux belles villes, j’en ai tant visité...

Questionnaire: Que devient le participe placé entre deux que?—Que devient le participe précédé du pronom le?—Que devient le participe précédé du pronom en?

 

Exercice 496.Corrigez, s’il y a lieu, les participes en italique:

Cette entreprise n’a pas réussi comme je l’avais espéré. La lettre que j’ai présumé que vous recevriez est-elle arrivé? Le glaive a tué bien des hommes, la langue en a tué bien plus. Combien en a-t-on vu qui, du soir au matin, sont pauvres devenu pour vouloir trop tôt être riches! Les embarras que j’ai su que vous aviez ont accéléré mon départ. Cette opération n’était pas si difficile que nous nous l’étions figuré. L’infortune ne déshonore que ceux qui l’ont mérité. J’en ai beaucoup entendu de ceux qui parlent sans réfléchir. Autant de combats a livré Alexandre le Grand, autant il en a gagné. La poésie est plus sérieuse et plus utile qu’on ne l’a généralement cru.

EXERCICES DE RÉCAPITULATION.

Exercice 497.Corrigez, s’il y a lieu, les participes en italique:

On pardonne aux enfants repentant les fautes qu’ils ont commis. Éveillé dès l’aurore, l’alouette chante le lever du soleil. Les polypiers sont assez résistant pour ne rien craindre des vagues mugissant. On montre l’égalité de deux triangles en les superposant. Les Russes et les Autrichiens furent vaincu à Austerlitz. On a retrouvé les ruines des villes de Pompéi et d’Herculanum qu’avaient englouti les cendres du Vésuve. Tout citoyen est obligé de se soumettre aux lois qu’a sanctionné la majorité. Pour pouvoir affirmer les choses, il faut les avoir vu s’accomplir réellement. L’invention de la boussole a fait faire de grands progrès à la navigation. Les sables se sont entassé au bord de la mer. On le punira du peu de bonne volonté qu’il a montré. Les marques d’honneur, les décorations payé ont toujours avili ceux qui les ont reçu et déshonoré ceux qui les ont accordé. Les généraux de la Révolution, inspiré par l’amour de la patrie, furent puissamment aidé par la tactique que Lazare Carnot avait adopté.

LECTURE et DICTÉE.—Le Héron.

Exercice 498.Corrigez, s’il y a lieu, les participes en italique:

Un jour, perché sur ses longues jambes, le héron, au long bec emmanché d’un long cou, s’en allait côtoyant une rivière. De nombreux poissons étaient venu jouer à la surface de l’eau. Aussi maintes carpes et maints brochets eussent été pris si le héron avait voulu. Mais le héron ne voulut pas; les heures de ses repas étant soigneusement fixé, les règles qui y présidaient étant sévèrement établi, pour rien au monde il ne les aurait enfreint. Cependant, quelques heures s’étant écoulé, l’appétit vint. L’oiseau, s’étant approché du bord, vit des tanches: il ne fut point tenté par cette proie, jugé par lui indigne de son palais délicat. La tanche rebuté, il trouva du goujon. «Du goujon! fit-il avec dédain; jamais les becs des hérons ne se sont ouvert pour si peu de chose.» Il fut obligé d’ouvrir le sien pour bien moins. Ne rencontrant plus aucun poisson, combien il regretta les goujons frétillant et les tanches grasses qu’il avait vu folâtrer à la portée de son bec et maintenant disparu! Pressé par la faim, il fut enchanté de prendre et de manger un limaçon. Il ne méritait pas mieux, après s’être montré si difficile.

Que de gens se sont trouvé réduit a des situations pénibles, pour avoir, guidé par un sot et ridicule orgueil, dédaigné le nécessaire agréable que la bonne fortune avait mis sur leur chemin!

C. A., d’après La Fontaine.

Exercice 499.Racontez cette fable: 1º oralement; 2º par écrit.

Exercice 500.Corrigez, s’il y a lieu, les participes en italique:

Les guerriers de Charles-Martel ont arrêté les Arabes et les ont vaincu à Poitiers. Une alliance qu’a fait la nécessité est peu solide. Les eaux dormant sont meilleures pour les chevaux que les eaux courant. Les pyramides qu’ont élevé les pharaons sont encore debout, malgré les quatre mille ans qu’elles ont duré. Les méchants se sont toujours vendu les services qu’ils se sont rendu. Le peu d’expérience que les Romains avaient acquis sur mer rassurait les Carthaginois. La France a fait à Victor Hugo des funérailles telles qu’aucun homme n’en a jamais eu. Les personnes prévenant sont généralement aimé. Les naturalistes nous ont peint les castors vivant en société dans un ordre parfait. Mme de Sévigné s’est rendu célèbre par la grâce et le naturel qu’elle a répandu dans les lettres qu’elle nous a laissé. Les cerises furent apporté d’Asie à Rome par le général romain Lucullus.

LECTURE et DICTÉE.—Les Roses.

Exercice 501.Expliquez l’orthographe des participes suivants:

Au jardin, ce matin, j’avais cueilli des roses;

Mais j’en avais tant pris dans mes ceintures closes,

Que les nœuds trop serrés n’ont pu les contenir.

 

Les nœuds ont éclaté. Les roses, envolées,

Dans le vent, à la mer, s’en sont toutes allées.

Elles ont suivi l’eau pour ne plus revenir.

 

La vague en a paru rouge et comme enflammée.

Ce soir, ma robe encore en est tout embaumée,

Et j’en garde sur moi l’odorant souvenir!

                       Mme Desbordes-Valmore.

Exercice 502.Corrigez, s’il y a lieu, les participes en italique:

Les services qui se sont fait trop attendre sont gâté quand ils arrivent. Bossuet a créé une langue que lui seul a parlé. Il y a en Afrique des hommes gémissant dans l’esclavage. La peine surmonté augmente le plaisir. Les Russes furent vaincu à Zurich par Masséna. Le Rhin se perd dans les sables qu’il a lui-même accumulé. Une chose commencé est à moitié fait. Les Tuileries, commencé sous Charles IX et lentement construit, furent abandonné par la monarchie qui leur préférait Versailles; devenu la résidence des souverains depuis l’Empire, elles furent incendié pendant la Commune. Les peuples barbares ont vaincu l’empire romain et se le sont partagé. Les trois fils de Philippe le Bel se sont succédé sur le trône. Les inondations qu’il y a eu en 1875 ont ravagé le midi de la France. Les arbres les plus élevé sont les plus exposé à la tempête. De tout temps, les conquérants ont causé la ruine des nations qu’ils ont vaincu et de celles qu’ils ont fait vaincre. L’histoire du Consulat qu’a écrit et publié Thiers est plus estimé que l’histoire de l’Empire composé par le même auteur.

Exercice 503.Mettez les verbes au participe passé masc. sing.:

Nota.—Pour connaître l’orthographe du participe passé masculin, retranchez la lettre e de ce participe mis au féminin. Ex.: permise, permis; peinte, peint; finie, fini. Il faut excepter absous, dissous, qui font absoute, dissoute.

Tu as écrire. Vous avez confire. Nous eussions offrir. J’ai mentir. Qu’il soit éclore. Il a comprendre. Qu’il fût assoupir. Nous avons surprendre. Être venir. Il eut conduire. Elle a fleurir. Tu es sortir. Être réduire. Nous avons accomplir. Ils auront entreprendre. Ayons remplir. Vous aurez feindre. Il aura détruire. Il fut contraindre. Qu’il fût mourir. Le petit poisson fut prendre et frire. Le phosphore est extraire des os des animaux. Attila mourir, son empire fut dissoudre. Celui qui a commettre une faute et qui s’en est repentir est absoudre. Si tu as acquérir un ami, tu as découvrir un trésor. Si tu as applaudir l’injustice, tu as commettre une faute. César a conquérir et soumettre la Gaule. Rubens a peindre de beaux tableaux.

LECTURE et DICTÉE.—Jeanne d’Arc.

Exercice 504.Corrigez, s’il y a lieu, les participes en italique:

Jeanne d’Arc, à Domremy, a contribué puissamment à chasser les Anglais de France. Touché des misères et des maux qu’elle avait toujours vu autour d’elle, ému des malheurs dont la patrie était accablé et des défaites qu’elle avait subi, obéissant à des voix par lesquelles elle s’était entendu commander de délivrer son pays, elle se transforma en héroïne. Une première fois elle s’était vu refuser toute assistance par le capitaine de Baudricourt; mais confiant en sa mission et revenant à la charge l’année suivant, elle obtint d’être conduit auprès de Charles VII. Des armes, un cheval et des guerriers lui furent donné, et, combattant avec vaillance, elle délivra la ville d’Orléans assiégé et sur le point d’être pris. Elle conduisit Charles VII à Reims pour qu’il fût sacré roi, puis elle voulut retourner dans sa famille, mais elle fut retenu à l’armée dont elle avait relevé le courage et la confiance. Dès lors, elle fut moins heureuse. Elle fut blessé devant Paris et fait prisonnière à Compiègne par les Bourguignons. Vendu aux Anglais qu’elle avait vaincu, elle fut par eux brûlé vive à Rouen. Mais, quand on l’eut fait monter sur le bûcher, Jeanne d’Arc mourant légua aux Français des sentiments que l’ennemi n’avait pas prévu: le patriotisme, l’amour du pays. Bien que disparu, celle qu’on avait vu combattre à la tête des hommes d’armes semblait les commander encore, et les Anglais furent enfin chassé de France.

C. A.

Exercice 505.Reproduisez de mémoire la dictée ci-dessus.

 

ANALYSE DU VERBE.

Pour analyser un verbe on en indique:

La Forme: active, passive ou pronominale; ou la Nature: s’il est transitif[33], intransitif, passif, pronominal ou impersonnel.

Le Mode: indicatif, conditionnel, impératif, subjonctif, infinitif, participe.

Le Temps; 4º la Personne; 5º le Nombre; 6º la Fonction (un verbe à l’infinitif ou au participe peut être sujet, attribut ou complément)[34].

Ex.: J’aimais les fleurs. Dormez. Nous serions reçus. Que Julien se soit perdu. Il pleuvra.

aimaisv. aimer, à la f. act. (ou v. tr. dir.) m.
 ind. à l’imparf., 1re pers. du sing.
MODÈLEDormezv. dormir, à la f. act. (ou v. intr.) m.
 imper., au prés., 2e pers. du pl.
{serions reçusv. être reçu, à la f. pas. (ou v. pas.)
 mode cond. au prés., 1re pers. du pl.
se soit perduv. se perdre, à la f. pron. (ou v. pron.)
D’ANALYSE m. subj. au pas., 3e pers. du sing.
pleuvrav. imp. pleuvoir, mode ind., au futur,
 3e pers. du sing.

Le participe passé employé avec un auxiliaire s’analyse avec cet auxiliaire, comme un autre temps du verbe. Employé seul, il s’analyse comme l’adjectif.

REMARQUES.

1º Les verbes avoir et être suivis d’un participe s’analysent avec le verbe qu’ils aident à conjuguer. Employés seuls, ils s’analysent comme les autres verbes: avoir et être sont des verbes à la forme active.

2º Pour ne pas dénaturer le verbe pronominal, il faut toujours l’analyser avec le pronom qui le précède. Mais ce pronom, qui est toujours complément, doit être d’abord analysé seul.

3º Le verbe faire suivi d’un infinitif intransitif ne doit pas s’analyser isolément; c’est alors une espèce d’auxiliaire qui donne une forme active au verbe intransitif qui le suit. Ex.: Le soleil fait mûrir les moissons. On analysera fait mûrir (verbe transitif direct) tout à la fois, et moissons sera le complément direct de fait mûrir.

Questionnaire: Que faut-il indiquer pour l’analyse du verbe?—Comment analyse-t-on le participe passé?—Quelle remarque faites-vous sur les verbes avoir? être? sur le verbe pronominal? sur le verbe faire suivi d’un infinitif intransitif?

 

Exercice 506.Analysez les verbes des phrases suivantes:

Le fruit du travail est le plus doux des plaisirs. Voulez-vous connaître vos défauts? écoutez vos ennemis. Tout vient à point à qui sait attendre. L’opium fait dormir ceux qui le fument. L’homme a trente-deux dents. Marceau fut tué à Altenkirchen. Annibal s’empoisonna. Celui qui prête l’oreille au médisant ne tardera pas à médire.

Il ne faut point, enfants, toujours parler de soi,

De ce que l’on a fait, de ce que l’on doit faire.

Ou d’un sot ou d’un fat c’est l’ordinaire emploi.

Ne sait-on rien de mieux? qu’on sache au moins se taire.

LECTURE et DICTÉE.—Au centre les ânes!

De nombreux savants, tels que Berthollet, Monge, Geoffroy-Saint-Hilaire, Larrey, etc., avaient suivi Bonaparte en Égypte. Leur insouciance en face du péril, et surtout la considération que leur témoignait le général en chef, leur avaient concilié l’affection et le respect des soldats, qui manifestaient ces sentiments d’une manière singulièrement pittoresque. Pendant les marches, les membres de l’Institut d’Égypte étaient montés sur des ânes. Quand, à l’approche de l’ennemi, nos bataillons se formaient en carrés, pleins de sollicitude pour leurs amis les savants, et glorieux de les défendre, nos soldats s’écriaient tout d’abord: «Au centre les ânes!» et l’Institut se retirait au milieu de ces citadelles vivantes. Les savants, qui profitaient de leur protection, ne s’offensaient point de ce que l’exclamation pouvait avoir de trivial; car ils savaient à n’en pas douter qu’elle prouvait à elle seule plus d’affection sincère que n’en contiennent ordinairement les compliments académiques.

C. A.

Exercice 507.Analysez les verbes contenus dans cette dictée.

Exercice 508.Racontez cette historiette: 1º oralement; 2º par écrit.

Exercices 509 et 510.Analysez les phrases suivantes:

509. Duquesne bombarda la ville d’Alger. Le roi Henri vainquit, à Fontaine-Française, les débris de la Ligue et les Espagnols.—Certains poissons vivent dans les eaux profondes. Une grenouille vit un bœuf qui lui sembla de belle taille.

510. Nous sommes tous mortels. Les trois quarts de la surface du globe sont occupés par les eaux.—La langue du muet est préférable à celle du menteur. L’espérance et la crainte se sont partagé la vie de l’homme.—Demander des conseils est une façon de quêter une approbation. Un enfant studieux s’acquitte avec plaisir de ses devoirs.

Exercice 511.Corrigez, s’il y a lieu, les mots en italique:

Le nom de chouans, donné sous la Révolution aux partisans de la cause royale, vient, dit-on, de l’habitude contracté par eux d’imiter le cri de la chouette pour se reconnaître. On entend au loin la mer grondant sur le rivage. On entend de très loin les flots grondant de la mer. L’eau, en se congelant, augmente de volume. La fumée de la gloire dissipé, le conquérant voit d’un œil triste la terre dévasté, les arts enseveli, les nations dispersé, les peuples affaibli, son propre bonheur ruiné et sa puissance réelle anéanti. L’hirondelle fend les airs en donnant la chasse aux insectes voltigeant. Le lion bondit sur l’agresseur en rugissant de colère. Arrivé depuis ce matin, nos soldats fatigué demandaient du repos. La mer a des agitations extraordinaires causé par des volcans dont la bouche submergé pousse jusqu’aux nues une épaisse vapeur mêlé d’eau, de soufre et de bitume. Dans le malheur, les reproches sont déchirant. On double son bonheur en le partageant avec un ami.

Exercice 512.Analysez tous les mots en italique de cet exercice.

LECTURE et DICTÉE.—Un trait de Montesquieu.

Le célèbre écrivain français Montesquieu était naturellement porté à la bienveillance. On cite de lui une foule de traits de générosité accomplis sans faste et qui lui font honneur.

Un jour, à Marseille, faisant une promenade en mer, il remarque l’inexpérience de son batelier. Celui-ci, presque un enfant, pressé de questions, finit par avouer en pleurant qu’il exerce ce métier seulement par surcroît, pour gagner plus vite la somme nécessaire à la rançon de son père, prisonnier chez les Barbaresques. Montesquieu le réconforte et lui demande une foule de détails. A quelque temps de là, le petit batelier est bien surpris et bien heureux de voir son père revenir à la maison. Un bienfaiteur inconnu avait payé sa rançon. Le jeune batelier devina sans peine que ce bienfaiteur était le promeneur qui l’avait tant questionné. Aussi, quand il revit Montesquieu, il se jeta à ses genoux pour le remercier; mais le philosophe, niant sa généreuse intervention, se déroba aux remerciements. Il ajoutait ainsi au prix de ses bonnes actions par la manière discrète dont il les accomplissait.

C. A.

Exercice 513.Donnez le participe présent et le participe passé masculin et féminin des verbes en italique.

Exercice 514.Racontez cette histoire: 1º oralement; 2º par écrit.


VI.—L’ADVERBE

L’adverbe est un mot invariable qui sert à modifier la signification d’un verbe, d’un adjectif ou d’un autre adverbe. Ex.:

Les heures passent rapidement. L’écureuil est un animal très vif. Les bons meurent trop tôt.

Rapidement modifie le verbe passent.—Très modifie l’adjectif vif.—Trop modifie l’adverbe tôt.

ADVERBES.

Voici les principaux adverbes qui marquent ordinairement:

le lieu: Ailleurs, alentour, autour, ci, deçà, dedans, dehors, delà, derrière, dessus, dessous, devant, ici, , loin, partout, , y, etc.

le temps: Alors, aujourd’hui, auparavant, aussitôt, autrefois, avant, bientôt, cependant, déjà, demain, depuis, désormais, dorénavant, enfin, ensuite, hier, jadis, jamais, maintenant, parfois, quand, quelquefois, souvent, tantôt, toujours, tard, tôt, etc.

la quantité: Assez, beaucoup, combien, davantage, encore, guère, même, moins, peu, plus, que, quelque, si, tant, tellement, tout, très, trop, etc.

la manière ou la comparaison: Ainsi, aussi, autant, bien, comment, ensemble, exprès, fort, mal, mieux, pis, pourquoi, plutôt, surtout, vite, etc., et une foule de mots en ment dérivés d’adjectifs comme sagement, doucement, bonnement, etc.

l'affirmation ou le doute: Assurément, certainement, certes, oui, peut-être, probablement, vraiment, etc.

la négation: ne, non, nullement, pas, point, rien, etc.[35].

Remarque.—Certains adjectifs qualificatifs sont quelquefois employés comme adverbes; dans ce cas, ils sont toujours invariables.

Ex.: Ces fleurs sentent bon. Cette étoffe coûte cher.

Bon, adjectif pris adverbialement, modifie sentent.—Cher, adjectif pris adverbialement, modifie coûte.

Questionnaire: Qu’est-ce que l’adverbe?—Nommez quelques adverbes de lieu, de temps, etc.—Que sont les adjectifs qualificatifs pris adverbialement?

 

Locutions adverbiales.

Les locutions adverbiales sont des assemblages de mots remplissant le rôle d’adverbes. Les principales sont:

à contrecœur.au-dessus.ici-bas.sans cesse.
à contretemps.au-delà. ne ... jamais.sans doute.
à demi.avant-hier.ne ... pas.sens dessus dessous.
à l’envi.d’abord.ne ... point.sur-le-champ.
à peu près.de nouveau.ne ... que.tour à tour.
après-demain.de suite.pas du tout.tout à coup.
à présent.de travers.pêle-mêle.tout à fait.
à propos.en deçà.petit à petit.tout à l’heure.
à regret.en avant.peu à peu.tout au plus.
au-dehors.en même temps.pour ainsi dire.tout de suite, etc.

Questionnaire: Qu’appelle-t-on locution adverbiale?—Citez-en quelques-unes.

 

Exercice 515.Soulignez les adverbes ou les locutions adverbiales contenus dans les phrases suivantes:

Le général Kléber périt misérablement assassiné par un mameluk. La lune est bien moins éloignée de la terre que le soleil. Certains enfants parlent beaucoup trop et réfléchissent trop peu. Le loup sait se tenir prudemment embusqué. Les avalanches tombent bruyamment dans les vallées. François 1er et Charles-Quint briguèrent concurremment la couronne impériale d’Allemagne. L’amitié est une chose si précieuse qu’il ne faut pas la prodiguer. En hiver, la nuit vient presque tout à coup. La chair de la chèvre n’est pas aussi bonne que celle du mouton. Obéissez tout de suite à la volonté de vos parents. Il vaut mieux ne pas travailler que de travailler mollement. Le lièvre est naturellement très poltron. A Lyon, le Rhône tourne brusquement vers le sud. Les mauvais écoliers prétendent toujours qu’on les punit très injustement. Maître corbeau, honteux et confus, jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

 

Exercices 516 et 517.Un adverbe étant donné, trouvez le nom et la préposition qui en sont l’équivalent:

Tout adverbe en ment équivaut à un nom précédé d’une préposition. Ainsi sagement est mis pour avec sagesse; nuitamment, pour de nuit, etc.

516. Sagement, Nuitamment. Vitement. Vivement. Secrètement. Habilement. Hardiment. Activement. Précisément. Mollement. Gaiement. Aisément. Poliment. Follement. Lentement. Loyalement. Ardemment. Certainement. Fermement. Bruyamment. Amicalement. Triomphalement. Modestement. Pacifiquement. Confidentiellement.

517. Discrètement. Constamment. Dignement. Facilement. Solidement. Doucement. Attentivement. Humainement. Cruellement. Sévèrement. Honorablement. Valeureusement. Péniblement. Instinctivement. Modérément. Furieusement. Élégamment. Affectueusement. Violemment. Franchement. Commodément. Excessivement. Publiquement. Confusément. Transversalement. Profondément. Abondamment.

LECTURE et DICTÉE.—L’Ours et le Vieillard.

Un ours, depuis longtemps, vivait tout seul et s’ennuyait beaucoup. Il serait[36] certainement devenu fou, car la raison abandonne ordinairement les gens qui vivent trop solitaires. Non loin de lui, un vieillard s’ennuyait également, n’ayant pas d’autre société que les arbres et les fleurs de son jardin. Tout à coup, leur isolement leur pesa si fort[37], qu’ils partirent à la recherche d’un compagnon. Soudain, ils se rencontrent. L’homme a très peur et voudrait bien se sauver; mais comment faire? Il s’en tire par une politesse: «Seigneur, dit-il à l’ours, je demeure en face; voulez-vous venir prendre un peu de lait et de miel?» L’ours accepte sur-le-champ; il va chez son hôte, s’y trouve bien, s’y installe, et les voilà heureux tous les deux, bien que l’on soit beaucoup mieux seul qu’avec des sots. L’ours se rendait utile autant qu’il le pouvait. Sa principale occupation consistait à écarter les mouches du vieillard, pendant que celui-ci sommeillait. L’une d’elles, un jour, le mit au désespoir: il avait beau la chasser, elle revenait toujours se poser sur le nez du dormeur. L’ours alors saisit un pavé, et, le lançant tout de suite avec vigueur, il écrasa en même temps la mouche et la tête du vieillard.

Rien n’est si dangereux qu’un ignorant ami;

      Mieux vaudrait un sage ennemi.

C. A., d’après La Fontaine.

Exercice 518.Dites quels mots modifient les adverbes ou les locutions adverbiales en italique.

Exercice 519.Racontez cette fable: 1º oralement; 2º par écrit.

Exercice 520.Remplacez l’adverbe par le mot et la préposition qui en sont l’équivalent:

L’âne boit et mange sobrement. Turenne manœuvrait prudemment. Le chien demeure fidèlement attaché à son maître. Une personne ne saurait parler d’elle trop modestement. Une mère croit facilement tout le bien que l’on dit de son fils. Le temps marche rapidement. La Loire coule lentement. Il y a de jeunes arbres qui croissent annuellement de plus d’un mètre. Les forêts de Suède et de Norvège fournissent abondamment du bois. Combien d’hommes parlent plus bruyamment que raisonnablement! Mirabeau parlait éloquemment. Gustave-Adolphe fut mortellement blessé à Lutzen. Richelieu aida secrètement les protestants d’Allemagne. Charles V gouverna habilement son royaume. Les soldats de la République luttèrent glorieusement et victorieusement contre toute l’Europe. Il faut parler et écrire nettement et courtoisement. Louis XI s’habillait simplement.

Exercices 521 et 522.Une préposition et un nom étant donnés, trouvez l’adverbe qui résulte de leur combinaison:

521. Avec générosité. Avec étourderie. Avec audace. En silence. Avec bravoure. Avec honte. Avec patience. Sans pitié. Avec prudence. Avec pompe. Par accident. Avec clarté. Avec mystère. Avec vigueur. Avec résolution. Par habitude. Avec somptuosité. Avec rigueur. Avec gloutonnerie. En aveugle. Avec magnificence. Avec ingénuité.

522. Avec soin. Par an. Avec impétuosité. De préférence. Avec honnêteté. Avec pesanteur. Avec raison. En artiste. Avec simplicité. En roi. Avec promptitude. Avec douleur. En héros. Avec civilité. Avec vaillance. Avec insistance. A pied. Avec violence. Avec joie. Sans comparaison. Avec certitude. Avec régularité. Avec diffusion. En personne. A l’intérieur. Avec minutie. Avec fruit. Avec évidence.

Exercice 523.Remplacez le nom et la préposition par l’adverbe de manière équivalent:

Les loups mangent avec gloutonnerie. La Crimée fournit du blé en abondance. Le cheval sauvage vit en liberté en Amérique. Habituez-vous, enfants, à écrire avec soin, avec propreté, avec vitesse. La nécessité apprend à souffrir avec patience et résolution. La vieille garde périt avec héroïsme à Waterloo. Le bon ouvrier accomplit sa tâche avec régularité et ponctualité. Gaston de Foix combattit avec courage et mourut avec gloire à Ravenne. L’écolier studieux et appliqué travaille avec fruit. Celui qui juge avec précipitation juge d’ordinaire mal. Le zèbre est vêtu avec plus d’élégance que les autres quadrupèdes; des bandes noires et blanches environnent avec régularité toutes les parties de son corps. La terre est emportée avec rapidité autour du soleil. Certain renard vit au haut d’une treille des raisins mûrs en apparence. Le cerf et le daim courent avec légèreté.

Exercices 524 et 525.Un nom étant donné, indiquez l’adjectif, le verbe et l’adverbe de même famille.Modèle:

Noms. Adjectifs. Verbes. Adverbes.
Activité.Actif.Activer.Activement.
. . . . . . . . . . . . . . . .

524. Activité. Habitude. Dédain. Abondance. Admiration. Injure. Brusquerie. Régularité. Calomnie. Aigreur. Abus. Poète. Dureté. Faiblesse. Maturité. Simplicité. Exclusion. Tristesse. Correction.

525. Gaieté. Force. Flatterie. Égalité. Grandeur. Famille. Respect. Décision. Faveur. Frère. Soin. Richesse. Terreur. Fausseté. Merveille. Patience. Raison. Tyran. Mort. Triomphe. Paix. Généralité. Distinction. Lamentation. Trahison. Sympathie. Graduation. Main. Joie.

LECTURE et DICTÉE.—Plus fort qu’Harpagon.

Un vieil usurier très riche poussait si loin l’avarice qu’auprès de lui Harpagon aurait passé pour follement prodigue. Un jour, cependant, il se décida tout à coup à acheter un fromage. Mais, comme il n’avait fait cette emplette qu’à contre-cœur, il n’était pas rentré chez lui que déjà il regrettait amèrement sa dépense. Aussi, au lieu de manger le fromage, il l’enferma dans un bocal solidement bouché et voulut que son fils se contentât comme lui de regarder le flacon et d’exposer son pain au-dessus, en se délectant pour ainsi dire des émanations du contenu. Le surlendemain, comme il rentrait plus tard que de coutume, il trouva l’enfant occupé à frotter son pain au bocal. «Que fais-tu là? s’écria-t-il.—Papa, je dîne, répondit aussitôt l’enfant.—Ne pouvais-tu donc pas te passer de fromage pour un jour? Tu en as eu hier et avant-hier. Va, tu ne seras jamais qu’un dépensier, et ta prodigalité te conduira sûrement à la misère.» En même temps, il tira l’oreille du pauvre petit, qui n’avait pas su se refuser une jouissance aussi imaginaire.

C. A.

Exercice 526.Trouvez les adverbes et les locutions adverbiales de cette dictée, et dites quels mots ils modifient.

Exercice 527.Racontez cette historiette: 1º oralement; 2º par écrit.

ANTONYMES.

Exercice 528.Donnez le contraire des adverbes suivants:

Dessus. Devant. Près. Ici. Partout. Dedans. Avant. Jamais. Souvent. Tard. Pas assez. Beaucoup. Plus. Bien. Vite. Au dehors. Au delà. En arrière. Très bien. Mieux. Oui. Rien. Hier. Autrefois. Ensemble. Froidement. Gaiement. Postérieurement. Extérieurement. Facilement. Horizontalement. Pauvrement. Courageusement. Inutilement. Longuement. Supérieurement. Largement. Régulièrement.

 

ANALYSE DE L’ADVERBE.

Pour analyser un adverbe ou une locution adverbiale, on indique l’adjectif, ou le verbe, ou l’adverbe qu’ils modifient.

MODÈLE D’ANALYSE.

Un grand travail fait de bon cœur procure presque toujours un bien grand plaisir.

de bon cœur    loc. adv. modifie fait.
presque    adv. modifie toujours.
toujours    adv. modifie procure.
bien    adv. modifie grand.

Complément de l’Adverbe.

Les adverbes de quantité assez, autant, beaucoup, bien, combien, guère, infiniment, moins, peu, plus, que, tout, tellement, trop, et quelques adverbes de manière, tels que: conformément, contrairement, indépendamment, préférablement, relativement, etc., peuvent avoir un complément.

Ex.: Assez de paroles.—Conformément à la loi.

Paroles est complément de assez.—Loi est complément de conformément.

Questionnaire: En quoi consiste l’analyse de l’adverbe?—Quels sont les adverbes qui peuvent avoir un complément?

 

Exercice 529.Remplacez le tiret par l’adverbe convenable:

Le bonheur du méchant ne dure pas ——. On a —— besoin d’un —— petit que soi. L’écureuil est un petit animal —— éveillé et à demi sauvage. —— va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se casse. Quiconque a —— vu peut avoir —— retenu. Ne parlez jamais —— des autres. Aidons-nous ——; la charge des malheurs en sera —— légère. On ne ferme jamais tout à fait la porte aux flatteurs; on la pousse tout au plus —— sur eux. Nous regardons —— —— les injustices qui ne nous frappent point. A tous les cœurs —— nés —— la patrie est chère! Si vous voulez vous corriger de vos défauts, —— vaut tout de suite que —— ——. Quoique la justice ne se vende pas, il en coûte —— pour l’obtenir. Vous chantiez? j’en suis —— aise eh bien! dansez ——. Rien —— sert de courir, il faut partir à point. Les étoiles, qui sont —— grosses, ne nous paraissent —— petites que parce qu’elles sont —— éloignées de la terre. Verdun résista —— et —— pendant dix mois aux assauts —— répétés des armées allemandes.

Exercice 530.Analysez les locutions en italique et les adverbes.


VII.—LA PRÉPOSITION

La préposition est un mot invariable qui sert à joindre deux mots en marquant le rapport qu’ils ont entre eux. Ex.: Je vais à Paris.

La préposition à unit le verbe vais au nom Paris.

Les prépositions expriment toujours, entre le complément et le mot complété, un rapport de lieu, de temps, d’ordre, d’union, de but, de cause, d’indication, etc.

Les principales prépositions sont:

àdansduranthorsparmisous
aprèsdeenmalgrépendantsuivant
avantdepuisentremoyennantpoursur
avecderrièreenversnonobstantsansvers
chezdèsexceptéoutresaufvoici
contredevanthormisparselonvoilà

Quelques mots, tels que attendu, concernant, joignant, touchant, etc., sont accidentellement employés comme prépositions. Ex.: Je n’ai rien appris touchant cette affaire.

⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓

Remarques.—A, préposition, prend un accent grave: Je vais à Paris. A, verbe, s’écrit sans accent: Paris a de beaux monuments. La France a produit beaucoup de grands hommes.

Dès.—On met un accent grave sur dès préposition (signifiant depuis, à partir de) pour le distinguer de des article: La rivière est navigable dès sa source.

Locutions prépositives.

On appelle locutions prépositives des assemblages de mots remplissant le rôle de prépositions.

Les principales sont:

à cause deà traversautour dejusqu’à
à côté deau-dessus dede peur dele long de
afin deau-devant deen face deloin de
à force deau lieu defaute deprès de
à l’abri deau milieu degrâce àquant à
à la faveur deau prix dehors devis-à-vis de, etc.

Questionnaire: Qu’est-ce que la préposition?—Qu’expriment les prépositions?—Nommez quelques prépositions.—Quelle différence y a-t-il entre à préposition et a verbe? Entre dès préposition et des article?—Qu’appelle-t-on locution prépositive?—Citez-en quelques-unes.

 

Exercice 531.Soulignez les prépositions dans les phrases suivantes.

Les Huns, venus de l’Asie, se précipitèrent sur la Gaule. Le hérisson sait se défendre sans combattre. Les hommes courent après la fortune. La marmotte s’engourdit en hiver. Le Rhône prend sa source en Suisse, passe à Lyon et se jette dans la Méditerranée par plusieurs embouchures. Charles IX a régné avant Henri III et après François II. Le canal de Briare réunit le canal du Loing à la Loire. Charles VIII régna d’abord sous la tutelle de sa sœur Anne de Beaujeu. Vous serez récompensé selon vos mérites. L’hirondelle reste chez nous pendant la belle saison. Une lutte sanglante s’engagea au xvie siècle entre les catholiques et les protestants. L’indulgence pour le vice est une conspiration contre la vertu. A la mort de Mazarin, Louis XIV voulut gouverner par lui-même et sans premier ministre. La Seine coule vers le nord-ouest. Après une bataille de quatorze heures, les Autrichiens furent mis en déroute à Solferino. Les sels de radium sont lumineux.

DICTÉE et RÉCITATION.—L’Amérique.

Exercice 532.Soulignez les prépositions et les loc. prépositives:

L’Amérique est divisée en deux presqu’îles: l’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud, reliées entre elles par l’isthme de Panama. Elle est près de quatre fois plus grande que l’Europe et soixante-treize fois plus étendue que la France. L’Amérique nous est connue depuis quatorze cent quatre-vingt-douze, époque à laquelle Christophe Colomb la découvrit. Les deux continents sont traversés dans toute leur longueur par une chaîne de montagnes dont la partie principale porte le nom de Cordillère des Andes. Ils sont sillonnés par des fleuves énormes; des lacs et des prairies immenses occupent la région du nord; le sud renferme de vastes forêts à travers lesquelles circulent des quantités de fauves, de singes, d’oiseaux et de serpents. L’Amérique renferme, au milieu de ses terres, l’or, l’argent, les diamants et le cuivre. On y trouve le cotonnier, le cocotier, le palmier, le tabac, les épices, le caoutchouc, le café, le quinquina, la vanille, la canne à sucre, à côté de champs de blé et d’autres céréales, ou le long de forêts où s’élèvent l’acajou, le palissandre et d’autres bois précieux. On y rencontre le caïman, le tamanoir, l’ours, le jaguar, le cougouar, le tapir, le lama, le bison, le condor, le boa, le python, etc., et tous les animaux domestiques.

Voici les possessions de la France en Amérique: la Guyane, la Martinique, la Guadeloupe avec ses dépendances: Marie-Galante, les Saintes et la Désirade; enfin, Saint-Pierre et Miquelon.      C. A.

Exercice 533.Reproduisez de mémoire cette étude sur l’Amérique.

Exercices 534 et 535.Remplacez le tiret par une préposition:

534. Le printemps vient —— l’hiver. Girondins et Montagnards se livrèrent une lutte —— merci. L’honnête homme parle et agit —— sa conscience. La Maine, qui est formée —— trois rivières, se jette —— la Loire. Tous les protestants furent bannis —— Louis XIV, —— Duquesne. Les enfants préfèrent le jeu —— l’étude. Lannes culbuta les Autrichiens —— Montebello, —— un brillant combat —— avant-garde. Naître, souffrir et mourir, —— notre histoire —— trois mots. Saint Louis fit voile —— Tunis. L’industrie —— la soie a pris un développement considérable —— France.

535. L’abeille donne —— le Midi l’excellent miel —— Narbonne. La littérature jeta —— Louis XIV un éclat —— pareil. Les bateaux —— vapeur marchent —— le vent. Le paresseux travaille —— lui. La plupart des torrents sont —— sec —— l’hiver. Colomb partit —— trois navires et s’élança —— pleines voiles —— la mer inconnue. L’imprimerie fut introduite —— France —— Louis XI. Vercingétorix se rendit —— César —— l’espoir —— obtenir —— ses compagnons des conditions moins dures. Ne souffrez aucune malpropreté —— vous, —— vos vêtements, ni —— votre demeure. —— dignité, la vie n’a pas —— de prix. L’appétit vient —— mangeant.

LECTURE et DICTÉE.—Louis XIV et Molière.

Au temps de Louis XIV, des barrières presque infranchissables existaient entre les différentes classes de la société. Le gentilhomme ne frayait pas volontiers avec le bourgeois, ni celui-ci avec l’homme du peuple. Quant à la personne du roi, elle était comme enveloppée d’une sorte de majesté mystérieuse: aussi doit-on savoir gré à Louis XIV de s’être élevé une fois au moins au-dessus des préjugés de son temps.

Molière, en sa qualité de valet de chambre du roi, mangeait chez le contrôleur de la bouche; mais, malgré son talent déjà connu, on se conduisait fort mal envers lui, à cause de sa profession de comédien. Louis XIV l’ayant appris le fit appeler un matin et l’invita à se mettre à table vis-à-vis de lui. Après quoi il ordonna qu’on introduisît les courtisans. «Messieurs, leur dit-il, vous me voyez occupé à faire manger Molière, que mes domestiques ne trouvent pas d’assez bonne compagnie pour eux.» Et le roi servit de sa propre main une aile de poulet au poète. Les courtisans stupéfaits n’en pouvaient croire leurs yeux. Jusqu’à ce moment, personne n’avait recherché la compagnie de Molière; mais, à partir de ce jour, le célèbre poète fut accablé de prévenances et d’invitations.

C. A.

Exercice 536.Soulignez les prépositions et les loc. prépositives.

Exercice 537.Racontez cette historiette: 1º oralement; 2º par écrit.

 

ANALYSE DE LA PRÉPOSITION.

Pour analyser la préposition ou la locution prépositive, on indique les deux termes qu’elles unissent.

MODÈLE D’ANALYSE.

Les Arabes logent sous des tentes.—La persévérance vient a bout de tout.

souspréposition, unit logent et tentes.
à bout deloc. prép., unit vient et tout.

Des deux mots joints par une préposition, le second est toujours complément du premier.

Questionnaire: Qu’indique-t-on dans l’analyse de la préposition?

 

DICTÉE et RÉCITATION.

La Petite Fille et les Petits Oiseaux.

        Il ne cessait de neiger;

Depuis huit jours déjà la terre était couverte;

Et les petits oiseaux, n’ayant rien à manger,

        Piaulaient de faim. Le cœur de Berthe

        N’y tenant plus, soir et matin,

    On la voyait, de sa petite main,

        Près d’un mur balayer la terre,

    Puis déposer quelques miettes de pain.

    «Que fais-tu là? lui dit un jour son père;

Tu ne dois point sortir par ce froid rigoureux.

—Je fais, répond l’enfant, ce que je vous vois faire:

        Je viens en aide aux malheureux.»

                                    P.-B. des Valades.

Exercice 538.Analysez les prépositions et les loc. prépositives.

Exercice 539.Racontez cette fable en prose; tirez-en une morale.

Exercice 540.Remplacez le tiret par une préposition ou une locution prépositive:

Les Francs aimaient la guerre —— passion. L’orgueilleux se place —— tout le monde. Le siège —— Sébastopol dura —— un an. Soyez poli —— tout le monde. Napoléon 1er a fait trembler l’Europe —— quinze ans. Ne courez jamais —— du danger. N’entreprends rien —— y avoir bien réfléchi. Clodomir périt —— luttant —— les Bourguignons. Clovis alla —— l’armée des Alamans qu’il rencontra —— Tolbiac. Les successeurs —— Charlemagne étaient trop faibles —— continuer son œuvre. —— la bataille —— Pavie, François 1er vit tomber —— lui ses plus vaillants officiers. La terre est emportée —— soleil —— une grande rapidité: elle tourne en même temps —— elle-même. La retraite —— Russie fut un désastre —— l’armée —— Napoléon. —— 1860, la France intervint —— Syrie —— protéger les Maronites chrétiens —— les Druses musulmans.

Exercice 541.Analysez les prépositions et les loc. prépositives.


VIII.—LA CONJONCTION

La conjonction est un mot invariable qui sert à joindre deux propositions ou deux parties semblables de proposition. Ex.: On ne croit plus un enfant quand il a menti. Le printemps et l’automne sont agréables.

La conjonction quand joint la première proposition on ne croit plus un enfant, à la seconde il a menti.

La conjonction et joint les deux sujets printemps, automne.

Les principales conjonctions sont:

ainsicommemaisorquandsinon
aussidoncnéanmoinspartantquesoit
caretnipourquoiquoiquetoutefois
cependantlorsqueoupuisquesietc., etc.

Les conjonctions de coordination (et, ni, ou, mais, or, car, donc, etc.) unissent les termes d’une proposition ou des propositions de même nature.

Les conjonctions de subordination (que, lorsque, parce que, etc.) servent à introduire une proposition complément.

REMARQUES.

Comme est adverbe quand il signifie combien: Comme la nature est belle!

Il est conjonction dans tous les autres cas: Comme il était aveugle, Milton dictait ses poésies à ses filles.

Quand est adverbe s’il figure au commencement d’une phrase interrogative: Quand partirez-vous?

Il est conjonction partout ailleurs, c’est-à-dire quand il signifie lorsque, alors que: L’amitié diminue quand elle n’augmente pas.

Que est pronom, adverbe ou conjonction.

Que est pronom quand on peut le remplacer par lequel, laquelle, etc., ou par quelle chose. Ex.: La maison que j’habite est saine.

Que, adverbe, signifie combien: que la mer est vaste!

Dans tous les autres cas, que est conjonction: Sachez que la paresse est la mère des vices.

, adverbe, marque le lieu, et prend toujours un accent grave: Où allez-vous?—Ou, conjonction, signifie ou bien et s’écrit sans accent: Il faut vaincre ou mourir.

Si est adverbe quand il exprime une idée de quantité: La grenouille s’enfla si bien qu’elle creva.

Si est conjonction quand il figure dans une phrase conditionnelle: Travaillez si vous voulez réussir.

Questionnaire: Qu’est-ce que la conjonction?—Nommez les principales conjonctions.—Dans quels cas comme, quand, , si, sont-ils adverbes? conjonction?—Dans quels cas que est-il pronom? adverbe? conjonction?

 

 

Locutions conjonctives.

On appelle locutions conjonctives des assemblages de mots remplissant le rôle de conjonctions.

Les principales sont:

à condition queaprès quebien quedès que
afin queattendu quec’est-à-direjusqu’à ce que
ainsi queaussi bien quec’est pourquoiou bien
alors queaussitôt quede même queparce que
à mesure queautant quedepuis quequand même
à moins queavant quede sorte quetandis que, etc.

Questionnaire: Qu’appelle-t-on locution conjonctive?—Nommez-en quelques-unes.

 

Exercice 542.Indiquez le rôle des conjonctions ou des locutions conjonctives en italique:

L’air est impalpable, mais pesant comme tous les autres corps. Il ne faut mépriser ni rebuter personne. Travaillez afin que vous réussissiez. Henri IV, ainsi que Henri III, fut assassiné. Si l’on surcharge le chameau, il refuse de se lever. La Rance, quoique peu étendue, est un fleuve. Corrigez-vous de vos défauts, sinon vous vous en repentirez. Riches ou pauvres, nous avons tous nos peines. On rendit la liberté à Jean le Bon à condition qu’il donnerait un de ses fils en otage. Les faux amis nous entourent quand nous sommes heureux et nous abandonnent dès que le malheur nous frappe. Le diamant est rare, aussi il coûte cher. L’hirondelle part aussitôt que le froid arrive.

LECTURE et DICTÉE.—Un cœur généreux.

Un jour, en arrivant auprès d’une chaumière, je vis un petit paysan qui battait un autre enfant beaucoup plus grand et plus âgé que lui; l’aîné se contentait d’éviter les coups et n’en portait aucun. Je m’approche de ce dernier: «Est-ce votre frère, lui dis-je, qui vous bat de la sorte?—Non, madame, répondit le paysan, c’est un de mes voisins.—Il est donc bien méchant? repris-je; et pourquoi, lorsqu’il vous bat ainsi, ne le lui rendez-vous pas?—Mais, madame, repartit le paysan, je ne peux pas, je suis le plus fort.» A ces mots, je me dis tout bas: «Voilà un généreux petit enfant.»

Mme de Genlis.

Exercice 543.Dites de quelle nature sont les mots en italique.

Exercice 544.Racontez cette historiette: oralement, par écrit.

Exercice 545.Remplacez le tiret par une conjonction:

On ne croit plus un enfant —— il a menti. Il ne faut être —— trop avare, —— trop prodigue. La France est plus peuplée —— l’Espagne, —— moins peuplée —— l’Allemagne. Les coupables sont punis tôt —— tard. Le canal de Suez réunit la mer Rouge —— la Méditerranée. Obéis —— tu veux —— l’on t’obéisse un jour. La lune, —— la terre, reçoit la lumière du soleil. Les Français, —— inférieurs en nombre, vainquirent —— les Autrichiens à Marengo. Hâtez-vous d’étudier, —— le temps passe. Tous les hommes sont mortels; —— je suis homme: —— je suis mortel. Les anciens croyaient —— la terre était immobile.

LECTURE et DICTÉE.—La Colombe et la Fourmi.

Une fourmi était tombée dans un petit ruisseau. Il lui fallait regagner le bord, ou bien mourir. Elle faisait de son mieux, mais n’avançait guère. Aussi sa fin était-elle proche, quand une colombe qui buvait près de là fut émue de pitié et lui jeta un brin d’herbe. Ce fut comme un radeau qui sauva la fourmi. Tandis que la petite bête se séchait au soleil, passe un paysan qui marchait les pieds nus. Il avait une arbalète, et, dès qu’il aperçoit la colombe, il la vise, la croyant déjà dans son carnier. Comme il allait tirer, la fourmi le pique au talon; il se retourne, et avant qu’il n’ait repris sa première position, l’oiseau s’envole. Ainsi la colombe fut sauvée par un animal plus faible qu’elle-même, auquel elle avait rendu service.

  Il faut autant qu’on peut obliger tout le monde:

On a souvent besoin d’un plus petit que soi.

C. A., d’après La Fontaine.

Exercice 546.Dites de quelle nature sont les mots en italique.

Exercice 547.Racontez cette fable: 1º oralement; 2º par écrit.

Exercice 548.Remplacez par un adverbe, une préposition ou une conjonction, les locutions en italique:

L’avare amasse sans cesse. La guerre a ses faveurs, ainsi que ses disgrâces. Les étoiles brillent au-dessus de nos têtes. La panthère se plaît en général dans les forêts touffues et fréquente d’habitude les bords boisés des fleuves. Tous les Henri de France, à l’exception de Henri 1er, périrent de mort violente. Ainsi que la flamme, l’admiration diminue dès qu’elle cesse d’augmenter. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Du Guesclin était redouté à cause de sa force. Vous réussirez à condition que vous travailliez. L’Amérique est à peu près quatre fois plus grande que l’Europe. L’électricité, de même que la lumière, se propage par ondulations. Nous portons au dedans de nous un juge, la conscience, contre les arrêts duquel rien ne doit prévaloir.

 

ANALYSE DE LA CONJONCTION.

Pour analyser la conjonction ou la locution conjonctive, on indique les deux propositions ou les deux parties de proposition qu’elles unissent.

MODÈLE D’ANALYSE.

Les hirondelles partent dès que les premiers froids arrivent. Le soleil éclaire et réchauffe la terre.

dès queloc. conj. (de subordination), unit les hirondelles partent à les premiers froids arrivent.
etconj. (de coordination), unit le soleil éclaire à réchauffe la terre.

Questionnaire: Qu’indique-t-on dans l’analyse de la conjonction?

 

DICTÉE et RÉCITATION.—La Fleur et le Nuage.

L’été règne: une fleur languissante au vallon

          Appelle un nuage qui passe:

          «O toi qui voles dans l’espace

          Sur les ailes de l’aquilon,

          Verse-moi tes flots de rosée,

          Et par toi ma tige arrosée

          Verra renaître son printemps.

          —J’y penserai, dit le nuage,

          Mais je dois remplir un message:

                        Attends!...»

Il s’éloigne. Elle meurt, vers la terre penchée.

Le nuage revint sur la fleur desséchée

Répandre, mais trop tard, ses ondes par torrents;

Toujours le malheureux nous trouve indifférents;

          Mais quand sous sa croix il succombe,

          Souvent nous allons sur sa tombe

Semer de vains regrets, de stériles trésors:

Ni largesses, ni pleurs ne réveillent les morts.

Lachambeaudie.

Exercice 549.Analysez tous les mots en italique de cette fable.

Exercice 550.Racontez cette fable: 1º oralement; 2º par écrit.

Exercice 551.Analysez tous les mots en italique ci-après:

Nous sommes plongés dans l’air comme le poisson est plongé dans l’eau. Le chien sauvage est aussi féroce que le loup. Bayard, bien que mourant, reprocha sévèrement à Bourbon sa conduite si coupable: «Quant à moi, lui dit-il, je ne suis point à plaindre, car je meurs en homme de bien.» Le coq chante dès que le jour se lève. Charlemagne ne craignait pas les Normands; toutefois, ils l’inquiétaient beaucoup. L’exercice ainsi que la tempérance est utile à la santé de l’homme.


 

IX.—L’INTERJECTION

L’interjection est un mot invariable qui sert à exprimer l’admiration, la joie, la douleur, la surprise, etc.—Les principales interjections sont:

  Ah!  Clac!  Gare!  Heu!  O!  Pif!
  Aïe!  Cric!  Ha!  Ho!  Oh!  Pouf!
  Bah!  Crac!  Hé!  Holà!  Ouais!  Pouah!
  Bravo!  Diantre!  Hélas!  Hop!  Ouf!  Pst!
  Chut!  Eh!  Hein!  Hum!  Parbleu!  Sapristi!
  Clic!  Fi!  Hem!  Motus!  Paf!  Sus! etc.

L’interjection est un mot isolé, complet par lui-même, qui n’a aucune espèce de relation grammaticale avec les autres mots, entre lesquels il est comme jeté pour exprimer les mouvements vifs et subits de l’âme.

Certains mots peuvent accidentellement devenir interjections; ce sont notamment:

  Alerte!  Ciel!  Diable!  Hourra!  Peste!
  Allons!  Comment!  Dieu!  Malheur!  Preste!
  Bon!  Courage!  Ferme!  Miséricorde!  Silence!
  Ça!  Dame!  Halte!  Paix!  Tiens! etc.

⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓⁓

On appelle locutions interjectives des assemblages de mots remplissant le rôle d’interjections.

Les principales sont:

  Ah bah!  En avant!  Juste ciel!  Oui da!
  Dieu du ciel!  Fi donc!  Ma foi!  Qui vive!
  Dieu me pardonne!  Grand Dieu!  Mon Dieu!  Sabre de bois!
  Eh bien!  Hé quoi!  Or ça!  Tout beau! etc.

ANALYSE DE L’INTERJECTION.

L’interjection et la locution interjective n’exerçant aucune influence sur les mots qui les accompagnent, n’ayant pas de rôle, ne s’analysent pas; on se contente de mentionner leur nature.

MODÈLE.

Alerte! voici l’ennemi. Hé quoi! vous partez!

Alerte!  |  interjection.—Hé quoi!  |  loc. interjective.

Questionnaire: Qu’appelle-t-on interjection?—Nommez les principales interjections.—Citez quelques mots qui peuvent devenir interjections.—Qu’appelle-t-on locution interjective?—Citez-en quelques-unes.—Analyse-t-on l’interjection?

 

Exercice 552.Remplacez le tiret par une interjection ou une locution interjective:

——! bonjour, monsieur du Corbeau! ——! voici les ennemis! A ces mots, on cria ——! sur le baudet. Je vous confie ce secret, mais ——! n’en parlez à personne. Vous chantiez? j’en suis fort aise; ——! dansez maintenant! Les spectateurs émerveillés ont crié: ——! Le postillon fait ——! ——! avec son fouet. ——? crie la sentinelle en voyant approcher quelqu’un. ——! que de regrets se prépare le paresseux! ——! sire Grégoire, que gagnez-vous par an? ——! la branche se rompt et ——! voilà l’enfant par terre. ——! des animaux qui tremblent devant moi! ——! disait Henri IV, qui s’en prend à mon peuple s’en prend à moi! ——! le paresseux! ——! je me suis blessé. J’ai entendu ——! c’était un coup de fusil. ——! que cela sent mauvais! ——! que c’est beau! On arrête les soldats en leur criant ——! on les fait repartir en leur disant ——!

EXERCICES DE RÉCAPITULATION.

LECTURE et DICTÉE.—Le Petit Caporal.

Bonaparte était adoré de ses soldats qui, après Lodi, lui conférèrent par amitié le titre de «petit caporal». Pour eux sa personne était sacrée. Eh bien! pourtant l’un d’eux, un conscrit, osa, pendant la campagne d’Italie, lui opposer une résistance énergique. Voici dans quelles circonstances, Bonaparte, après une de ces rondes solitaires dont il était coutumier, revenait fort tard au camp. L’obscurité était profonde. Soudain il se trouve à quelques pas d’un factionnaire, qui, en l’apercevant, croise la baïonnette. «Halte-là! Qui vive? crie le soldat.—Diantre! pense Bonaparte, voici une sentinelle sur laquelle je n’avais pas compté. Mon ami, ajoute-t-il tout haut, je suis officier...—Bon!... en ce cas, vous avez le mot d’ordre.—Ouais! c’est justement ce que je n’ai pas.—Bah!... Alors hop! au large!... ou sinon, gare! je tire.—Silence! je vous dis que je suis...—Eh morbleu! quand vous seriez le «petit caporal», vous ne passeriez pas!» Attiré par le bruit, un sergent accourt avec des hommes portant des lanternes. «Eh! quoi! le général? s’écrie le factionnaire effrayé en reconnaissant son interlocuteur. Sapristi! je suis perdu!...—Non, mon ami, répond Bonaparte. Bravo! au contraire, pour la fermeté que tu as montrée!... Tiens, voici une pièce d’or; et demain viens me voir dans ma tente; désormais, j’aurai l’œil sur toi.»

C. A.

Exercice 553.Analysez tous les mots en italique de la dictée.

Exercice 554.—Racontez cette historiette: 1º oralement; 2º par écrit.

 

SYNTAXE

Pour permettre à l’élève de parcourir plus rapidement l’ensemble des neuf parties du discours, nous avons rejeté ici certaines règles ou remarques qui ne font pas partie de la grammaire proprement dite.

LE NOM

Noms des deux genres.

Il y a, en français, des noms qui prennent les deux genres sans que leur signification change notablement. Ainsi:

Aigle est du masculin:

1º Quand il désigne en général l’oiseau qui porte ce nom: l’aigle est fier.

2º Quand on parle d’un homme de génie: Bossuet fut surnommé l’Aigle de Meaux.

Aigle est du féminin:

1º Quand il désigne la femelle de l’oiseau: l’aigle femelle est plus petite que l’aigle mâle.

2º Quand il signifie étendard, enseigne militaire: les aigles romaines triomphèrent en Gaule[38].

Cependant on dit: l’aigle blanc de Pologne, l’aigle noir de Prusse.

Amour, délice et orgue sont masculins quand on les emploie au singulier: Un amour fatal, un grand délice, un orgue harmonieux.

Employés au pluriel, ils sont féminins: De fatales amours[39], de grandes délices, des orgues harmonieuses[40].

Couple signifiant simplement le nombre deux est féminin: j’ai mangé une couple d’œufs.

Couple est masculin s’il désigne deux êtres unis par un sentiment, par une cause qui les rend propres à agir de concert: un couple d’amis, un couple de bœufs.

Questionnaire: Quand aigle est-il du masculin? quand est-il du féminin?—De quel genre sont amour, délice et orgue employés au singulier?—De quel genre sont-ils employés au pluriel?—Quand couple est-il masculin? féminin?

 

 

Noms des deux genres (suite).

Enfant est masculin s’il désigne un petit garçon; il est féminin s’il désigne une petite fille: Paul est un enfant gentil; Berthe est une charmante enfant.

Foudre, feu du ciel, est du féminin: La foudre tue.

Foudre est du masculin:

1º Quand il désigne un grand tonneau: un foudre de 50 hectolitres.

2º Quand il signifie grand capitaine, grand orateur, etc.: Condé était un foudre de guerre[41].

Hymne, chant d’église, est féminin: une hymne sacrée.

Hymne est masculin quand il désigne tout autre chant: un hymne national[42].

Œuvre est généralement du féminin: le Louvre possède plusieurs belles œuvres de Raphaël.

Œuvre, employé au singulier, est masculin quand il désigne l’ensemble des ouvrages d’un musicien, d’un artiste: le grand œuvre de Mozart.

Œuvre dans le sens de bâtisse est aussi du masculin: le gros œuvre de cette maison est achevé.

Orge est du féminin: de l’orge bien levée.

Orge n’est masculin que dans ces deux expressions: orge mondé, orge perlé[43].

Pâque, fête des Juifs, est nom commun féminin et s’écrit sans s: la pâque des Juifs[44].

Paques, fête chrétienne, est nom propre masculin et s’écrit avec un s: nous partirons à Pâques prochain[45].

Questionnaire: Quand enfant est-il masculin? féminin?—Quand foudre est-il masculin? féminin?—Quand hymne est-il masculin? féminin?—Quand œuvre est-il féminin? masculin?—Quand orge, Pâques sont-ils masculins? féminins?

 

Exercice 555.Corrigez, s’il y a lieu, les mots en italique:

Annibal était un foudre de guerre. L’orge doit être semé au commencement du printemps. Les ancien hymnes de l’Église sont beau et simple. Un orgue vaut à lui seul tout un orchestre. Rien n’égale la puissance de l’amour maternel. Le jour de Pâques fleuri, l’on vend ou l’on distribue des rameaux bénits. Le rossignol chante l’hymne solennel du printemps. Les anciens regardaient l’aigle comme le messager de Jupiter. Le foudre a des effets bien singuliers. La petite mendiante est un enfant intéressant. Les mille voix des orgues harmonieux font mes plus cher délices. Les œuvres de la nature sont merveilleux. Le char des rois fainéants était traîné par un couple de bœufs. Les aigles impérial français ont souvent flotté victorieux sur l’Europe. Nos vignerons ont de grand foudres dans leurs celliers.

Exercice 556.Corrigez, s’il y a lieu, les mots en italique:

Mirabeau était un foudre d’éloquence. Que votre famille et votre patrie soient toujours vos plus cher amours. On ne peut apprivoiser l’aigle qu’en le prenant petit. Un couple d’œufs et une côtelette de mouton constituent un excellent déjeuner. Du Guesclin, dans sa jeunesse, était un enfant méchant et batailleur. L’œuvre entier de Mozart et celui de Beethoven sont plein de grandeur. La «Marseillaise» est l’hymne national français. Le paratonnerre préserve les édifices du foudre. Cet orgue est un des meilleur que j’aie entendu. Les œuvres de Corneille sont plein d’inégalités. Plus d’un hibou se croit un aigle. L’orge mondé est celui dont on a enlevé l’écorce, et l’orge perlé est l’orge que la mouture a arrondi en perles. L’empire français avait pour armes un aigle tenant un foudre dans ses serres. L’amour filial est le premier des devoirs. C’est un grand mais dangereux délice, que de boire frais en été. Le musée du Louvre possède plusieurs beau œuvres de Raphaël. Jupiter poursuivait ses ennemis de ses foudres vengeur. L’aigle impérial de Russie et celui d’Autriche sont à deux têtes.

 

Noms des deux genres (suite).

Période est masculin quand il signifie le plus haut point où arrivent une personne, une chose: Cicéron porta l’éloquence à son plus haut période.

Période est féminin dans tous les autres cas: la période du moyen âge finit avec Charles VII.

Personne, nom commun, c’est-à-dire précédé d’un déterminatif, est féminin: cette personne est heureuse.

Personne, pronom indéfini, est masculin: personne n’est plus heureux que lui.

Quelque chose, signifiant une chose, est masculin: j’ai appris quelque chose d’ennuyeux[46].

Il est féminin s’il signifie quelle que soit la chose: quelque chose que vous ayez promise, tenez parole[47].

REMARQUE.

Un grand nombre de noms, ayant la même orthographe, affectent un genre différent, suivant le sens dans lequel ils sont pris. Tels sont:

MASCULIN.FÉMININ.
Aide, celui qui aide.Aide, assistance; celle qui aide.
Cartouche, ornement de sculpture, etc.Cartouche, charge d’arme à feu.
Crêpe, étoffe de deuil.Crêpe, pâte frite.
Garde, gardien; celui qui veille.Garde, action de garder; troupe armée.
Guide, personne qui conduit; modèle.Guide, lanière pour diriger les chevaux.
Livre, volume, ouvrage.Livre, ancien poids; ancienne monnaie.
Manœuvre, aide-maçon, etc.Manœuvre, action de manœuvrer.
Mémoire, rapport écrit; état de frais.Mémoire, faculté de se souvenir.
Mode, forme, méthode; manière d’êtreMode, manière de s’habiller, d’agir, etc.
Moule, modèle creux.Moule, coquillage de mer bon à manger.
Mousse, jeune apprenti matelot.Mousse, plante; écume.
Office, service; cérémonie religieuse.Office, pièce adjointe à la salle à manger.
Paillasse, bouffon de foire.Paillasse, sac plein de paille pour les lits.
Pendule, poids qui règle les oscillations.Pendule, synonyme d’horloge.
Physique, constitution de l’homme.Physique, science de la propriété des corps.
Poêle, fourneau; drap funèbre; voile.Poêle, ustensile de cuisine.
Poste, fonction, emploi; lieu assigné.Poste, administration des postes.
Relâche, repos; suspension de travail.Relâche, lieu où s’arrêtent les vaisseaux.
Soldes, fin de compte; denrées défraîchies.Solde, paye des troupes, des employés.
Somme, sommeil.Somme, total; quantité d’argent.
Tour, mouvement circulaire.Tour, monument rond très élevé.
Trompette, celui qui joue de la trompette.Trompette, instrument à vent.
Vague, chose indéfinie, grand espace vide.Vague, eau de la mer agitée.
Vapeur, navire marchant à la vapeur.Vapeur, substance réduite en gaz.
Vase, ustensile pour les liquides, etc.Vase, bourbe.
Voile, étoffe pour cacher le visage.Voile, toile des mâts d’un navire.

Questionnaire: Quand période est-il masculin? féminin?—De quel genre est personne, nom? Et personne, pronom?—Quand quelque chose est-il masculin? féminin?

 

Exercice 557.Corrigez, s’il y a lieu, les mots en italique:

La guerre de Cent ans se divise en quatre périodes distinct. La démarche du lion a quelque chose de fier. Malgré la tempête, malgré le foudre, les petit mousses font le manœuvre dans les cordages. Sous Napoléon Ier, la France est parvenue au plus haut période de sa gloire militaire. Les personnes gracieux sont toujours bien accueilli. Quelque chose que vous ayez promis, donnez-le. Les grimaces du paillasse amusent la foule. L’huître est plus chère que le moule. Les personnes maniéré sont presque toujours froid et faux. Personne n’a jamais été plus courageux, plus loyal que Bayard. Grâce à l’aide puissant et au bon offices de la France, l’Italie a chassé les Autrichiens de la Lombardie. Les architectes rédigent de long mémoires. Suger fut pour Louis VI et Louis VII un aide intelligent et sage.

Exercice 558.Corrigez, s’il y a lieu, les mots en italique:

L’orgue de Barbarie est un petit orgue portatif. Le garde prussien fut battu à Auerstaedt. Le kilogramme équivaut environ à deux ancien livres. Une fille laborieuse est un grand aide pour sa mère. L’application du pendule à l’horlogerie est due à Galilée. Le voile d’un vaisseau est de tout autre tissu que le voile d’une mariée. Le touriste ne doit pas s’aventurer dans la montagne sans un guide sûr. Le crêpe est une étoffe très légère. Le mode, surtout chez les dames, est très changeant. Charles le Simple fut enfermé dans le tour de Péronne, où il mourut. Les trompettes anciens étaient des tubes droits. Le poêle en fonte s’échauffe et se refroidit vite. Les belles découvertes des lois du physique ont détruit la croyance à la sorcellerie. Napoléon stupéfiait l’ennemi par ses manœuvres hardi. L’entretien et le solde des troupes coûtent fort cher.

Exercice 559.Corrigez, s’il y a lieu, les mots en italique:

Le mode d’enseignement le plus simple est toujours le meilleur. Louis XI créa le poste pour son propre service. Le singe amuse par ses tours malin. Denis Papin découvrit la force du vapeur. Des sommes fou furent gaspillé par la cour de Louis XIV. Notre imagination se plaît souvent dans le vague. Le vase d’eau douce forme un excellent engrais. Cette barque montée par deux petit mousses a été coulée par un vapeur. De nombreux cartouches étaient employé par les peintres de la Renaissance. Les crêpes chaud, fin et léger sont excellent. Les exercices physiques procurent de bon sommes. Du Guesclin avait un physique disgracieux. Le mousse épais et vert abonde au pied des chênes. Dans les pendules habituel, le balancier remplace le pendule. Les paquebots vont du Havre à New-York sans faire aucun relâche. La manufacture de Sèvres produit de très beau vases.

 

Gens[48].

Gens veut au masculin les adjectifs ou les participes qui le précèdent, ainsi que ceux qui le suivent: tous les gens vertueux sont heureux.

Si un adjectif est placé immédiatement avant le mot gens, cet adjectif et tous ceux qui peuvent le précéder se mettent au féminin: ce sont de bonnes gens. Toutes les sottes gens sont orgueilleux[49].

1re Remarque.—Cependant, si l’adjectif qui précède immédiatement le mot gens est terminé au masculin par un e muet, comme brave, honnête, cet adjectif et tous ceux qui précèdent gens se mettent au masculin: tous les vrais honnêtes gens.

2e Remarque.—Gens, suivi de de et d’un nom qui le rend propre à désigner un état quelconque, veut tous ses correspondants au masculin: certains gens d’affaires, de robe, de lettres, etc.

Questionnaire: A quel genre se mettent les adjectifs qui qualifient gens?—Qu’arrive-t-il quand un adjectif précède immédiatement le mot gens?—Et si l’adjectif qui précède immédiatement le mot gens est terminé au masculin par un e muet, que fait-on?—Rappelez la seconde remarque.

 

Exercice 560.Corrigez, s’il y a lieu, les mots en italique:

Fuyez les gens près duquel la médisance trouve accès. Certain gens croient cacher leurs bassesses à force d’orgueil. Il y a, à la ville comme ailleurs, de fort sot gens, des gens faux, oisif. Les vrais honnête gens sont ceux qui ne trompent personne. Molière n’a pas ménagé les vilain gens qu’il a mis dans son théâtre. Les vieux gens de robe étaient autrefois les ennemis des brillant gens d’épée. Heureux[50] sont les vieux gens qui ont bien vécu! Il y a beaucoup de gens prodigue et peu de désintéressé. Certain gens d’affaires passent pour être peu délicat. Les gens sans bruit sont dangereux. Quel méchant gens que les calomniateurs! Il y a des gens qui s’imaginent n’être pas coupable parce qu’il ont pu sauver les apparences. Tout les vieux gens sont soupçonneux. Les gens maniéré sont presque toujours froid et faux. Quel pauvre gens que les avares! Soyez pleins de respect pour les vieux gens. Les vieux gens infirmes sont malheureux et tout à fait digne de compassion. Tout les jeune gens sont rempli d’espérance.

EXERCICES DE RÉCAPITULATION.

Exercice 561.Corrigez, s’il y a lieu, les mots en italique:

Le flux et le reflux de la mer ont des périodes régulier. Il n’y a personne de moins curieux d’apprendre que les personnes ignorant. Le pendule sert principalement à régler le mouvement d’une horloge, d’un pendule. Tout les gens gai ont le talent de mettre en bonne humeur les gens les plus sérieux. Quelque chose que je lui aie dit, je n’ai pu le convaincre. Prêtez tout votre aide aux malheureux. Les moules sont indigeste et peu recherché des estomacs délicats. Il faut environ dix kilogrammes de blé pour nourrir un couple de moineaux. Au moment d’un orage, les navires carguent tout les voiles. La lecture est pour moi un vrai délice. Les Lacédémoniens marchaient au combat au son des hymnes guerrier. L’orge est surtout employé pour la fabrication de la bière. Une sentinelle ne doit jamais quitter son poste. Les orgues auraient, dit-on, été inventé au huitième siècle. Le vapeur a une force d’expansion immense. Dans le dernier période de sa vie, Louis XIV n’eut guère que des ministres incapables.

LECTURE et DICTÉE.—Les deux Mères.

Exercice 562.Corrigez, s’il y a lieu, les mots en italique:

Carnassier et chasseur, les aigles sont très fort. Il peuvent soulever un enfant. La femme d’un garde avait un jour emporté sa petite fille dans la montagne, en y menant paître des chèvres. Elle eut la douleur de voir cet enfant, ses plus cher amours, enlevé par un de ces gros oiseaux. C’était une femelle, qui s’envola lourdement. L’aigle, heureux et fier de la proie qu’il avait choisi pour ses petits, avait compté sans le courage de l’autre mère. Celle-ci était seule; pas un personne aux environs qui pût lui prêter un aide efficace! Laissant son troupeau au garde de son chien, elle s’élança, armé d’un bâton, à la poursuite de la reine des oiseaux. Elle l’avait vu se diriger vers son aire. Toujours courant, la paysanne parvint jusqu’au nid situé au milieu de rochers plusieurs fois frappé par le foudre. Une lutte terrible s’engagea entre l’aigle et la femme; ce fut quelque chose d’affreux. Le premier avait sa force, son bec redoutable, ses terribles serres, ses ailes puissant; le second n’avait que son bâton, son courage et son intelligence qui lui suggérait d’adroit manœuvres. L’amour maternel décuplant ses forces, ce fut ce dernier qui demeura vainqueur. On juge avec quel délice elle reprit possession de la fillette, que l’oiseau avait laissé tomber au milieu des aiglons. Elle redescendit allégrement la montagne qu’elle avait gravi avec tant d’angoisse, en serrant dans ses bras tremblant le cher enfant qu’elle avait failli ne plus revoir.

C. A.

Exercice 563.Racontez cette historiette: 1º oralement; 2º par écrit.

 

Aïeul, ciel, œil.

Les noms aïeul, ciel, œil ont deux pluriels différents: aïeux, cieux, yeux ou aïeuls, ciels, œils.

Aïeux s’emploie dans le sens d’ancêtres: les Gaulois sont nos aïeux.

Aïeuls désigne le grand-père paternel et le grand-père maternel: mes deux aïeuls sont encore vivants.

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Cieux est le pluriel le plus ordinaire de ciel.

On ne se sert de ciels que dans les cas suivants: des ciels de lit, des ciels de tableau, des ciels de carrière[51].

Ciel, signifiant climat, fait également ciels au pluriel: l’Italie est située sous un des plus beaux ciels de l’Europe.

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Œil fait yeux: j’ai mal aux yeux.

On dit aussi: les yeux de la soupe, du pain, du fromage, ainsi qu’en terme de jardinage: tailler un pêcher à deux, à trois yeux.

Mais on dit: des œils-de-bœuf, des œils-de perdrix, etc.[52].